Overblog Suivre ce blog
Editer l'article Administration Créer mon blog

Chercher Sur Le Blog

Esprit des lieux

Hauts lieux historiques
L'Antiquité
Le Moyen-âge, art roman et gothique
L'époque des cathares, châteaux "cathares"
Sur les chemins de Saint-Jacques
Le XVIe et le XVIIe siècles
Le Canal Royal du Languedoc (Canal du Midi)
Le XVIIIe siècle
Le XIXe siècle
Le XXe siècle

Lieux de pleine nature
La Montagne noire en Languedoc
Montagnes et forêts
Chapelles d'altitude ou maritimes
Bestiaire et herbier (animaux et plantes)

Légendes et contes
Pierres à légendes, bornes, croix
Légendes de fées
Légendes de dracs et de diables
Légendes de géants et d'hommes sauvages
Contes traditionnels

Traditions

Nourritures plus que terrestres

Culte des saints, légende dorée

Métiers de jadis
Aimer en Languedoc
Fêtes traditionnelles
La légende de la mort

Le monde des sorts

Villes et villages
Toulouse belle et mystérieuse
Carcassonne, histoire et traditions
Villages de la Montagne noire
Village du Lauragais
Villages audois

Création contemporaine
Graphisme, sites internet
Sculpture, peinture, bois
Bande dessinée, cinéma, musique

A propos du blog
Tout savoir sur ce blog
Je me présente en quelques mots...
Profil du blog sur Overblog

Divers
Origine des noms de lieux (toponymie)
Album photo des lieux : les photos de lieux superbes
Musée des lieux : des objets étonnants
Petit musée des horreurs
Mystifications et fausses légendes
Symboles anciens

Graphisme

Le design et les bannières du blog sont une oeuvre originale de Little Shiva. Un grand merci à cette graphiste de niveau international,  pleine de talent et de générosité. Son boulot est splendide.Vous pouvez aussi admirer son oeuvre d'artiste ici.

Allées et venues

Viateurs et nautes passés ici


A l'instant même,
parmi les    visiteurs d' Over-Blog, il y a     amateurs de lieux secrets... 

 

Locations of visitors to this page

Invitation au voyage


Le Pays cathare ou Languedoc (Ariège, Aude, Haute-Garonne, Tarn)...

Venez y découvrir
les lieux méconnus...

...qui vous parlent de l'histoire, du patrimoine, des légendes du sud de la France.

Un monde si proche et si lointain de châteaux, de villages perchés, de pics et de forêts profondes s'ouvre désormais à vous.



"Les êtres et les choses sont créés et mis au monde non pour la production mais pour la beauté"
Joseph Delteil

 

"Ne soyez pas des régionalistes. Mais soyez de votre région."

Joë Bousquet 

 

"Celui qui n'a pas de passion, il ne lui sert à rien d'avoir de la science."

Miguel de Unamuno

3 février 2008 7 03 /02 /février /2008 20:26
undefined
 
Préambule : le merveilleux vrai, le merveilleux frelaté.
 
J’aime passionnément les légendes anciennes, car elles me révèlent le tréfonds des désirs et des aspirations les plus profondes de l’humanité. En revanche, je déteste le merveilleux frelaté, diffusé à grands renforts d’émission de télévision ou de romans de gare, par des gens dont la culture littéraire ne dépasse pas le Gault-et-Millau. Et je déteste les pseudo-révélations fracassantes de certains spécialistes de « l’histoire secrète » dont les connaissances se limitent au rayon ésotérisme d’une librairie de gare.
 
Oui au merveilleux vrai, non au merveilleux frelaté. Les légendes authentiques du Languedoc, ce sont du Bordeaux servi dans un verre de cristal ; les élucubrations controuvées de certains spécialistes de Rennes-le-Château, c’est une piquette coupée d’antigel et de conservateurs qu’on vous sert dans un verre en plastique.  
 
Si je collectionne avec amour tout ce qui relève du merveilleux vrai, au contraire je taille en pièces toute forme de merveilleux frelaté dès que l’occasion s’en présente. Je traiterai donc aujourd’hui de cette fatidique affaire de Rennes-le-Château, qui est un exemple typique de merveilleux frelaté. J’examinerai d’abord la genèse de la Fable, ensuite les prétendues preuves que l’on a avancées pour la justifier, puis les acteurs de cette manipulation. Enfin, j’évoquerai l’hypothèse la plus vraisemblable quant à la véritable nature de ce trésor de Rennes-le-Château.
 
S’il est possible de tirer un tant soit peu de vérité et de bon sens dans cet amas d’illusions et de chimères, descendons donc dans le Pandemonium des théories oiseuses et le Maelstrom d’encre empoisonnée distillé par des plumitifs en manque de sensationnel. 
 
archéologie de la fable de RLC, en 3 étapes.
 
Les légendes se sont constituées naturellement
selon des conceptions valables et en vertu des apparences,
mais, introduites dans le domaine de la spéculation, elles
se sont développées avec une rigueur implacable,
en transgressant, dans certaines phases, les bornes de la raison.
Baltrušaitis, Aberrations.
 
La fable de Rennes-le-Château appartient selon moi au registre des aberrations. C’est-à-dire des constructions apparemment rationnelles et étayées de preuves, mais qui, lorsqu’on les observe d’un peu plus près que la moyenne des gens, s’écroulent comme un château de cartes.
 
Un fait inexplicable.
 
A l’origine de Rennes-le-Château, il y a un seul fait incontestable : l’abbé Béranger Saunière s’est enrichi au-delà de toute mesure, faisant rénover son église (dans un atroce style sulpicien) et son presbytère (dans un atroce style belle-époque) avec des moyens qui ne cadrent pas du tout avec son traitement de prêtre dans une campagne très pauvre. Cela, on en a des preuves tangibles et irréfutables, qui sont d’ailleurs exposées au musée de RLC, et je ne le nie pas.
 
Première phase de la fabulation : le trésor.
Mais c’est sur cette énigme réelle que les imaginations se mettent à surchauffer. Devant un enrichissement si subit, des hommes du Moyen-âge auraient parlé de pacte avec le diable ou d’épousailles avec une fée gardienne de trésors. Mais le XXe siècle, époque de « science et des progrès », ne peut pas croire à de telles superstitions. C’est pourquoi il va créer une légende tellement plus rationnelle, celle d’un trésor qui aurait été trouvé par l’abbé. Mais même apparemment rationnelle, cela reste une légende.
 
L’histoire prend d’autant mieux dans le coin que les légendes de trésor y pullulent de longue date. Ainsi, on raconte qu’au XVIIe siècle, un berger nommé Ignace Paris aurait trouvé une cache remplie d’or.
 
Selon une information invérifiable, donc sujette à caution, la servante de l’abbé elle-même aurait confirmé l’existence du trésor : « les habitants du canton, aurait-elle dit (ce n’est même pas sûr), marchent sur de l’or sans le savoir ». A ma connaissance, Saunière lui-même n’a fait aucune déclaration sur ce point. La servante parla du trésor, après la mort de l’abbé, à un personnage du nom de Noël Corbu, qui racheta la propriété de Saunière et s’occupa de la servante de l’abbé dans sa vieillesse.
 
Ledit Corbu fut le premier à diffuser à grande échelle l’histoire du trésor de Rennes-le-Château dans les médias dans les années 1950, avec des titres racoleurs et de mauvais goût (le « curé aux Millions »). La presse et la radio, toujours avides de sensationnel, donnent une audience maximale à la version Corbu. Les mauvaises langues diront simplement que Corbu avait voulu faire venir du monde au restaurant qu’il avait ouvert à RLC…
 
Deuxième fable de l'affabulation : les Mérovingiens (Gérard de Sède).
Un trésor est forcément l’émanation d’un ancien roi déchu. Or c’est aux recherches scurpuleuses de Gérard de Sède, auteur d’un esprit critique et d’une science reconnus parmi les historiens, professeur au collège de France (lire tout ceci comme une parfaite antiphrase), que nous devons cette réponse. Ce trésor est celui de Dagobert II, roi Mérovingien qui serait mort dans la région de Rennes.
 
Pour prouver ses dires, Sède donne une preuve massue : deux manuscrits, dont l’un où l’on peut lire la phrase suivante : « A Dagobert II et à Sion est ce trésor et il est la mort ». Ces manuscrits lui étaient communiqués par de mystérieux personnages, sur lesquels il donne peu de renseignements.
 
Troisième étape de l'affabulation.
Sède était déjà enclin à écrire n’importe quoi de vendable, mais il restait néanmoins cartésien dans son délire. Mais attention, ici nous franchissons la ligne rouge de la chimère et de l’aberration la plus totale, lorsque le Christ lui-même est mêlé à toutes ces histoires.
 
1981 voit la publication de l’Enigme sacrée, par H. Lincoln, un journaliste de télévision anglais (toujours un historien professionnel et reconnu). Ils y révèlent que Dagobert II descendait du Christ, et que celui-ci aurait eu des mouflets de Marie-Madeleine, que l’Eglise catholique aurait persécutés. Le trésor cesse donc d’être quelque chose de matériel, pour devenir un secret. Saunière trouve un parchemin indiquant la descendance du Christ en retapant son Eglise, et c’est en « faisant chanter » l’Eglise catholique (comme si c’était facile) qu’il aurait obtenu sa fortune.
Dans un autre ouvrage paru plus tard, le Message, Lincoln affirme que ce secret aurait été connu des « grands esprits » du passé : ainsi Dante, Poussin, et même Jeanne d’Arc (on ne prête qu’aux riches).
 
The Tomb of God.
Là, on frôle le loufoque le plus profond ; cet ouvrage fait passer l’Enigme sacrée pour un parangon de bonne foi, de méthode historique et d’esprit critique. Toujours à partir des parchemins de Sède, Schellenberger, un ingénieur en travaux publics (donc toujours un historien professionnel), foin de ses « caterpillars et autres bulldozers », nous pond cet ouvrage dans lequel il affirme que le Christ lui-même est enterré près de Rennes-le-Château. La preuve : notre ingénieur découvre dans les manuscrits de Sède une figure comportant un hexagramme, qui aurait également figuré dans une miniature médiévale, une carte de l’époque des croisades, les Bergers d’Arcadie de Poussin, et le saint Antoine de Téniers. Ce qui prouve qu’on était au courant depuis belle lurette (je me demande pourquoi il n’a pas essayé aussi de retrouver cette figure sur des étiquettes de boîte de Camembert, ça aurait peut-être marché). 
 
L’élément central chez tous ces auteurs est l’existence d’un organisme secret, le Prieuré de Sion, qui détiendrait les secrets de l’histoire de Rennes-le-Château. Plusieurs fois, le Prieuré aurait communiqué avec les « chercheurs » de RLC, notamment Lincoln, en la personne de Pierre Plantard de Saint-Clair (dont nous allons bientôt voir ce que l’on peut penser).
 
Les preuves.
 
La spéculation se fonde donc sur deux ensembles de preuves :
-d’une part, les parchemins de Sède, leur message crypté et leur « géométrie sacrée » révélée par le génie transcendant des chercheurs de l’affaire.
-d’autre part, les « révélations » de Pierre Plantard de Saint-Clair, et du Prieuré de Sion. 
Puisque tout est parti de là, y compris les spéculations géométriques délirantes de la suite, il convient donc en toute logique, pour mesurer la valeur historique réelle des hypothèses de RLC, de mesurer d’une part le degré de fiabilité des documents, et d’autre part celui des « informateurs ».
 
Les parchemins.
 
Sur les parchemins, deux choses à établir de manière impérative si l’on veut prouver la vérité de l’affaire de RLC
-sont-ils authentiques ? C’est une question de paléographie, discipline historique qui vise à connaître la datation des documents anciens.
-ont-ils réellement été en possession de Béranger Saunière, qui les aurait fait traduire à Paris en 1892 pour ensuite trouver le trésor ?
 
Authenticité : NON.
 
Conclusion d’un expert en paléographie qui les a examinés : « le faussaire a voulu imiter un document du XIIe ou du XIII siècle sans réussir dans sa tentative… » (Descadeillas, p. 71). Franchement, sans même en référer aux spécialistes qui a fait deux heures de paléographie dans sa vie ne peut pas croire que ces documents soient authentiques une seule seconde. Mais heureusement pour les auteurs de RLC, nos contemporains sont plus experts en informatique qu’en paléographie et en histoire, d’où le succès public (heureusement éphémère) de leurs théories.  
  
D'après certaines sources, on connaîtrait même le faussaire qui a produit ses documents: il s'agirait de Philippe de Cherisey, ami de Plantard. Chérisey lui-même aurait exposé son modus operandi pour fabriquer les faux parchemins.

Ont-ils été en possession de Saunière, qui les aurait fait traduire à Paris ? NON
.
 
Saunière, selon les papiers Lobineau, aurait porté les documents à un certain abbé Hoffet pour qu’il les traduise en 1892. Or à cette époque-là, Hoffet n’était pas à Paris (Descadeillas, p. 85). Il n’y a aucune autre preuve que Saunière ait possédé ces manuscrits.
 
Voilà pour les manuscrits. Donc, si les manuscrits sont faux, a fortiori toutes les figures géométrie sacrée qu’on a tenté d’y retrouver s’effondrent comme un château de cartes, et avec elles la thèse des mérovingiens comme celle de la tombe du christ.
 
De toute façon, faut-il être d’une inconcevable naïveté pour croire que l’histoire est pleine de cryptogrammes comme dans un Tintin ou un roman d’Arsène Lupin ? Des gens qui ajoutent foi à de tels bobards font preuve d’une profonde inculture et d’une méconnaissance de l’histoire coupable. Il confondent ou font semblant de confondre, la réalité et la fiction.
 
Pierre Plantard de Saint-Clair et le Prieuré de Sion.
 
Que penser maintenant de cet homme qui a volontairement entretenu l’idée du trésor de Rennes-le-château ? Est-il digne de foi ? Et que penser du fameux Prieuré de Sion ?
 
La thèse de Rennes-le-Château parle d’un complot pour cacher la survivance des mérovingiens, descendance cachée du Christ. C’est P. Plantard qui a lancé le premier l’idée. Or, en avançant de telles thèses, ou en les suggérant à d’autres qui les colporteraient à sa place, Plantard ne fait que suivre une des tendances profondes de sa personnalité, celle d’une ambition politique mal tempérée. En effet, en 1941, il animait une organisation anti-juive et anti-maçonnique (là, ça sent vraiment mauvais), ce dont attesterait un rapport de police d’époque (http://priory-of-sion.com/psp/gap/feb41.html). Comme tout polémiste d’extrême droite de l’époque, il devait donc manier déjà avec aisance les thèmes du complot judéo-maçonnique : or, ce sera bien une théorie du complot qui se trouvera au centre de l’affaire de Rennes (complot contre les Mérovingiens).  
 
Nul besoin d’être historien spécialisé de la deuxième guerre mondiale pour voir chez le Plantard de 1941 un opportunisme bien senti (mais malodorant) en ces temps où Vichy interdit la franc-maçonnerie et fait déporter les Juifs. Ce que confirme le rapport de police le concernant, qui le décrit ce fils d’un valet de chambre, à la charge de sa mère, comme « l’un de ces jeunes gens illuminées et prétentieux, chefs de groupements plus ou moins fictifs, […] et qui profite du mouvement pour la jeunesse pour tenter de se faire prendre en considération par le Gouvernement ».

N’ayant pu faire carrière politique, même sous l’occupation, Plantard en sera réduit, quelques décennies plus tard, à s’imaginer une ascendance mérovingienne et à rêver qu’il est le grand roi dont parle Nostradamus… Ce qui est tout de même plus original de se prendre pour le descendant de Louis XVI ou pour la grand-duchesse Tatiana, si l’on songe à d’autres impostures célèbres du même genre. Pour conclure sur Plantard, on ne peut que citer le mot d’esprit de R. Descadeillas : il ne descend pas des Mérovingiens, il en dégringole. Belle épitaphe.
 
Quant au Prieuré de Sion, qui prétend dater des Templiers, nulle preuve de son existence avant 1956, où il est déclaré comme association 1901 près d’Annemasse.
 
D’où le cercle vicieux à propos des société secrètes : on n’a pas de preuve de leur existence car elles sont secrètes, mais le fait qu’il n’y ait pas de preuves ne parle pas en fonction de leur non existence, etc… Donc un cercle logique sans issue, bien propice aux manipulateurs de tous poils qui veulent mettre en échec l’esprit critique.
 
Mais on peut néanmoins affirmer les choses suivantes sur le compte du prieuré de Sion : des tentatives visant à établir l’existence du trésor de Rennes, dans les années 1970, sont parties de Suisse (cf les émissions de Radio-Genève). Ce serait à Sion, ville de Suisse, et non à Jérusalem, que réfèrerait ce fameux prieuré de Sion, nom par lequel les mystificateurs qui l’ont inventé auraient comme signé leur œuvre.
 
Ces manipulateurs se sont d’abord servis de Gérard de Sède, puis, lorsqu’ils ont vu qu’il passait -à juste titre- pour le dernier des bouffons, ils ont décidé de faire le travail eux-mêmes, sans avoir d’ailleurs plus de succès que Sède. Il fallut attendre l’Enigme sacrée et ses divagations géométriques, donc d’apparence pseudo-scientifique, pour que les gens arrivent à gober le poisson…
 
En fait, il apparaît selon des informations plus récentes que le prieuré de Sion est tout entier l’œuvre de Plantard, qui en aurait déposé les statuts à la préfecture de Haute-savoie en 1956 ; c’est même lui qui aurait déposé les papiers Lobineau, archives prétendues du prieuré, à la Bibliothèque nationale française. C’est du moins ce que prétend l’article de Wikipédia sur Plantard.  [http://fr.wikipedia.org/wiki/Pierre_Plantard]. Cet article dit aussi que Plantard, ayant causé un esclandre en mentionnant des personnalités politiques françaises parmi les pseudo-membres du Prieuré, dut avouer son imposture en 1993. Mais il faudrait que ces renseignements soient confirmés par d’autres sources.
 
Conclusion : Dan Brown qui se prend pour un grand féministe progressiste devrait vérifier ses sources avant de propager à son insu des thèses élaborées par un folliculaire d’extrême-droite.
 
Quid du trésor alors ? Ou l’énigme de Béranger Saunière.
 
La réponse est simple, et a été déjà donnée par plusieurs auteurs, qui cette fois-ci se sont appuyées sur des preuves concrètes et tangibles. Béranger Saunière n’a pas trouvé un trésor, mais plutôt une poule aux œufs d’or. Il a monté un trafic de fausses messes à l’échelon européen, qu’il faisait payer à des « clients » éloignés géographiquement par mandats postaux, après avoir passé des petites annonces. C’est ainsi que par cette juteuse simonie, il a amassé des sommes d’argent considérables (Descadeillas, p. 45). Il était également expert, paraît-il, pour récolter de l’argent auprès de célébrités, dont la comtesse de Chambord.
Peut-être est-ce Saunière lui-même qui a inventé l’histoire du trésor pour couvrir ses agissements coupables ? On ne le saura jamais sans doute.
 
En tout cas, si Saunière a eu des problèmes avec l’Eglise catholique, ce n’est pas parce qu’il aurait trouvé quelque information scandaleuse à propos du Christ, mais bel et bien parce qu’il avait gravement failli dans son ministère, et risquait de jeter par là même l’opprobre sur l’institution ecclésiale, à une époque difficile des rapports entre l’Eglise et l’Etat en France. D’ailleurs Saunière était un personnage assez encombrant, qui aimait provoquer, notamment en prenant des positions monarchistes en chaire, dans un coin à tendance républicaine. Nul doute à ce que l’on ait été soulagé, en haut lieu, de mettre à l’écart ce trublion à la conduite peu édifiante.  
 
Saunière, loin de l’ésotériste ou du dandy qu’on a parfois vu en lui, semble plutôt avoir été un homme essentiellement pragmatique, prompt à trouver d’habiles expédients pour remplir ses caisses. Son enfance misérable et son affectation dans la paroisse délabrée de Rennes-le-Château lui avaient peut-être donné un appétit de revanche sociale, qu’il a pleinement assouvi par la suite, avec beaucoup d’arrogance. Ce qui n’empêche par ailleurs qu’il ait eu des bons côtés, faisant profiter de sa générosité les gens du village, ou des hôtes de passage, ou dotant telle fille pauvre de son entourage.  
 
undefined
Bilan et chronologie des événements.
 
On peut donc, comme dans tout bon roman de détective, convoquer les suspects et donner la reconstitution hypothétique la plus probable des événements.
 
1899. comme en attestent ses livres de comptes, Béranger Saunière, curé de Rennes-le-château, s’est livré à un important trafic de messes. Pour se couvrir, il laisse (peut-être) déjà courir la rumeur selon laquelle il aurait trouvé un trésor.
 
Saunière meurt en 1914, laissant ses biens à sa servante (qui était sûrement davantage...), Marie Dénarnaud.
 
Années 1940-1950.
Celle-ci, dame âgée et seule, raconte l’histoire à un individu imaginatif du nom de Noël Corbu, peut-être afin qu’il veille sur ses vieux jours. A partir des années 50, pour remplir le restaurant qu’il a ouvert à Rennes, ledit Corbu fait un tapage d’enfer autour de la légende, qui se répand comme une traînée de poudre dans les journaux.
 
A la même époque, les « chasseurs de trésors » commencent leurs déprédations à RLC, à coups de poêle à frire, pelle et pioche, ce qui amènera la commune à interdire les fouilles plus tard.
 
1957.
Une enquête historique sérieuse, menée pendant plus d’un an par René Descadeillas et M. Certain, conclut à l’inexistence du trésor.
 
Années 1960.
C’est à cette époque que certaines personnes subodorent l’occasion d’un canular ou d’une manipulation à grande échelle. Le groupe semble être basé en Suisse. Il contacte Gérard de Sède et lui donne les faux parchemins de Saunière : c’est le début de la fabulation mérovingienne. On fait également déposer à la BnF (Plantard ?)le ramassis d’erreurs historiques et d’ésotérisme de bazar qui sera désormais la Bible des spécialistes de RLC: les « dossiers Lobineau »
 
Années 1970.
Sède est rapidement discrédité ; un certain nombre d’autres auteurs, peut-être liés aux « informateurs » de Sède, se saisissent de l’affaire et tentent à leur tour de prouver l’existence du trésor (ex : Mathieu Paoli en 1973).
 
1971.
Henri Lincoln, journaliste de la BBC, rencontre Sède, fait son interprétation personnelle (géométrique) des faux parchemins, aidé en cela par de nouvelles divagations de Plantard ; il introduit le motif du Christ : ces joyeuses élucubrations feront l’Enigme sacrée (1981).  
 
Années 1990.
C’est en s’aidant des mêmes manuscrits faux et de la même non-méthode géométrique que Lincoln que l’auteur de The Tomb of God s’imagine que le Christ est enterré sous le Mont Cardou…  
En 1993, Plantard est inquiété par la justice et, parait-il, aurait avoué son imposture.
 
Et ainsi ad libitum… ou plutôt ad nauseam, jusqu’au Da Vinci Code. A chaque étape de la chaîne se trouve un individu qui a un mobile différend pour soutenir le mensonge : assurer sa sécurité pour Saunière et sa servante, attirer des clients dans son resto pour Corbu, panser son ego froissé pour Plantard, faire du tirage pour les autres plumitifs. Et à chaque fois la spéculation perd en cohérence et en crédibilité ce qu’elle gagne en complexité délirante. Trouver un trésor, cela arrive parfois ; mais trouver dans le sud de la France la tombe d’un homme mort au Ie siècle en Galilée semble relever de l’impossible pur. 
 
Conclusion : des chimères plus inquiétantes qu’il n’y paraît.
 
Qu’on excuse le ton un peu emporté de cet article, mais je pense avoir aussi donné des preuves tangibles de la fragilité des spéculations autour de RLC. C’est avant tout le cri du cœur de celui qui ne veut pas voir l’histoire et le légendaire de son pays défigurée par des gens qui en ignorent à peu près tout, et sont de plus généralement mal intentionnés.
 
Bien que (ou justement parce que) technologique et scientifique, notre civilisation connaît un déclin certain du sens critique, de la culture humaniste, littéraire et historique, qui laisse l’homme de la rue absolument vulnérable face au premier imposteur venu, qui utilise ses mensonges pour  refaire l’histoire et appeler à la haine contre tel ou tel groupe. La diffusion des Protocoles des sages de Sion est ainsi dans certains pays le fer de lance d’un anti-sémitisme d’état. Chez nous, les ouvrages comme l’Enigme sacrée ou le Da Vinci Code me semblent jouer le même rôle contre le christianisme, semant l’incompréhension et la haine de la différence. Que l’on soit chrétien ou pas, un tel ostracisme à l’égard d’une partie importante de l’humanité pose problème.
 
Ce qui ne laisse pas d’être préoccupant, pour la liberté et l’avenir de notre civilisation.
 
Bibliographie.
 
-René Descadeillais, Mythologie du trésor de Rennes-le-Château (peut-être le seul ouvrage sérieux sur le sujet, écrit par un vrai historien qui connaît la région). Il faudrait réactualiser cet ouvrage en y joignant des preuves contre les autres insanités parues après son impression. 
-L'ouvrage de Jean-Jacques Bédu a l'air intéressant a priori mais je ne l'ai pas lu.
-Sède, Lincoln, Brown et ejusdem farinae : au pilon. Si vous avez été infecté par un ouvrage d’un de ces trois auteurs, lisez immédiatement le seul contre-poison connu à ce jour : le Pendule de Foucault d’Umberto Eco (la fin est totalement ratée, mais quel livre sinon !). Liens 

Liens
Sur le prétendu Prieuré de Sion : http://fr.wikipedia.org/wiki/Prieur%C3%A9_de_Sion


undefined
Post-scriptum (déc. 2009)


Merci de me détester  !
ou
Qui s'y frotte s'y pique...

Certains chercheurs de Rennes-le-château détestent cet article, et je les en remercie. Leur réaction est typiquement celle de croyants choqués dans leur certitude par un point de vue sceptique, qu'ils veulent frapper de nullité en le taxant d'ignorance... Je les plaindrais presque, dans leur aveuglement.

Ah, les chercheurs de Rennes ! Que vous le vouliez ou non, et malgré vos savantes étymologies gréco-hébraïques et sublimes théories sur le gnosticisme, tout repose en définitive sur de vagues légendes, sur des manuscrits falsifiés et une pseudo-société  secrète fondée dans la deuxième moitié du XXe siècle. Ce qui fait peu en guise de preuves, avouez-le. Et je comprends que vous soyez de fort mauvaise humeur quand on vous le rappelle. Vous semblez vous étonner de ce que je m''attaque à ces théories fumeuses : or, elles ont été plusieurs fois réfutées (R. Descadeillas, J.J. Bédu) et je n'ajoute rien de mon propre chef. Et puis qui, ayant son bon sens rassis, peut encore croire à ces histoires de Mérovingiens et de Tombeau du Christ ?Ah, j'oubliais, vous avez bien le droit de "rêver" ! Mais que votre rêve ne contamine pas la réalité.

Allez, sans racune ! Je
vous englobe dans l'amour immodéré car aveugle que j'ai pour le genre humain. Pour vous montrer ma bonne volonté, je vous citerai un de mes auteurs préférés, et qui préconisait en pareils cas " plutôt l'ellébore que la cigüe".
Car, impossible de vous en vouloir, car ainsi que le dit la sagesse des nations,
 
"Passer pour un idiot aux yeux d'un imbécile est un plaisir de gourmet!"

Partager cet article

Repost 0

commentaires

Nanarbe 13/02/2017 19:31

Bonjour je suis un ancien enquêteur de G.de Sède et de R.Charroux j'ai également travaillé avec Mikaël Baigent le véritable enquêteur de l'énigme de RLC qui reste d'ailleurs toujours un énigme bien que beaucoup de détracteur cherchent a la simplifier ...Je dois dire que même si il n'y a pas de trésor ( ce que je pense ) il reste néanmoins quelque chose de vraiment mystérieux car on ne peut expliquer l'enrichissement soudain de ce curé de campagne que par une trouvaille ou une escroquerie monumentale pour laquelle il n'a jamais été inquiété a part par le clergé sous prétexte de "simonie " ce qui ne tient que dans l'imagination de gens pas très au courant de l'argent qu'il faut pour faire tout ce que ce curé a fait car il n'a pas que rénové son église mais aussi mis l'eau courante que même Carcassonne n'avait pas et fait des routes correctes pour monter dans ce village ou j'habite encore ...Je ne supporte pas qu'on traite G.de Sède de menteur pas plus que Charroux ou M.Baigent car moi en 1963 j'ai vraiment rencontré des témoins encore vivants de cette affaire ( je suis d'ailleurs le dernier survivant de ces enquêtes "les vraies sans dynamite ni destruction" )

Abellion 26/05/2017 03:43

A vous qui semblez parler avec calme et modération, je puis bien l'avouer : je réécrirais peut-être cet article avec plus d'aménité peut-être (il date de presque dix ans). Les mythes de trésor, comme tous les mythes, s'ils sont factuellement et scientifiquement faux, n'en appellent pas moins aux profondeurs de notre imaginaire et de notre âme. Le tout est de savoir, si ce mythe porte des fruits comestibles ou qui rendent malade. Se sent-on réellement meilleur après être allé à RLC ?
Cordialement.

Montello 08/09/2016 22:54

Dans vos commentaires tout le monde à tort, le secret de rennes n'est pas a rennes, ce n'est certes pas un trésor c'est beaucoup moins beau hélas. Et un trésor ce serait beaucoup mieux mais le problème est de regarder par le bon bout de la lorgnette. Terribilis est locus iste. Terrible est beau ou diabolique . Pensez autre chose réfléchissez un peu non beaucoup. Curiosité un et érudition deux, un Point c'est tout. Amitiés.

Abellion 12/10/2016 10:27

Cher Monsieur,
La vie humaine est courte. On ne peut la gâcher à courir après des chimères.
Ayant considéré qu'une chose est absurde ou douteuse, il est de mon devoir d'en informer mon prochain, afin qu'il ne perde pas son temps dans des chemins qui ne mènent nulle part.
Notez bien que ma démarche ne procède point d'une quête de la gloriole, mais plutôt d'un volonté d'aider mon semblable.
Quant à adhérer librement à quelque chose d'illusoire, c'est toujours possible. Mais pourquoi passer le peu de vie qui nous est dévolu sur cette terre à lâcher la proie pour l'ombre ?
Cordialement.

Renniste 06/10/2014 17:52

Je ne déteste pas cet article mais le simple fait que vous écriviez que Bérenger Saunière est décédé en 1914 montre que vous n'avez rien étudié de cette histoire et que vous ne faites que répéter vos deux sources biographiques à savoir Descadeillas et Bédu.
Libre à vous de vous faire écho de ces auteurs mais de grâce gardez le terme de croyant pour vous même qui, preuve en est faite (Saunière est mort le 22 janvier 1917...), n'avez jamais étudier cette histoire pour pourtant arriver à une conclusion qui sans doute vous rassure et vous arrange.
Au fait, c'est quoi une fausse messe?
Vous devriez vous mettre en rapport avec la communauté des chercheurs de Rennes-le-Château car il y a des bouteilles de champagnes à gagner pour celui qui montrera une annonce publiée par Saunière...
Sachez monsieur que les chercheurs sérieux savent très bien comment les messes en question sont arrivées. Bédu ne le savait pas lui, à l'époque de la publication de son livre. Vous non plus visiblement.
Résumer l'affaire de RLC aux questions de généalogies mérovingiennes, christiques ou autre, c'est montrer encore que vous n'avez pris en compte que ce qui pouvait aller dans votre sens. Vous n'avez pas un comportement cartésien sur cette question mais dogmatique.

Abellion 12/04/2015 03:20

Vous avez beau pinailler sur des dates ou sur des mots, l'essentiel de ce vieil article reste.
Peu importe au final Saunière : la reconstitution de sa vie ne sera jamais qu'hypothétique. En revanche, il est certain que le mythe du prieuré de Sion, avec ou sans Mérovingiens d'ailleurs, a été lancé par Plantard et amplifié sans doute par des pataphysiciens et des producteurs de TV, point. Agioter pendant des siècles, rationaliser a posteriori en puisant dans un ésotérisme mal compris une légende d'ailleurs à bout de souffle, et auquel le Da Vinci Code avait rendu ce sursaut d'énergie des mourants, occupe à peu de frais de bonnes soirées d'hiver. Je n'ai pas la patience de reprendre la dizaines de réfutations du Da Vinci Code...

Quant aux documents irréfutables étayant scientifiquement nos propos, livrez-les donc à la presse si vous êtes si sûr de vous. Le problème est que vos méthodes comme vos résultats ne sont partagés que par une minorité de convaincus qui respirent le même air raréfié que vous.

Il y a un dogmatisme de l'incrédulité et du doute orienté à sens unique, comme il y en a un du fanatisme, comprenne qui pourra. Oui, l'histoire de RLC a pris tous les caractères d'une vulgate, avec ses mythes fondateurs, ses interprètes autorisés, même si on a rarement vu une religion dont les prêtres se chamailleraient autant.

Descartes, c'était pas mal, mais il n'avait lu ni Lévi-Strauss, ni Eliade, ni Ricoeur, et autres théoriciens du récit et ethnologues. Nous, nous savons comment se crée et se sédimente un mythe, et RLC est un cas d'école. Hélas, la pauvreté idéologique et spirituelle abyssale de ce mythe, qui finalement ne dit rien, destine sans doute à un oubli prochain ces navrantes histoires de Grande Déesse et de prêtres de campagne.

L'ésotérisme chrétien a pourtant bien existé, et il est tout autre que ce que supposent les prétendus "chercheurs" (dans quelle revue à comité de lecture publient-ils, d'ailleurs ? Quel laboratoire du CNRS ?) de RLC supposent.

Manu du 95 10/06/2013 12:15

Bonjour,

Me concernant, un des arguments les plus fumeux dans cette histoire reste tout de même l'ascendance christique de la royauté merovingienne. Sachant qu'à l'époque de la mort du Christ,
les Francs n'étaient même pas un peuple constitué (ils demeurent d'ailleurs pour bcp d'historiens un assemblage plutôt qu'une "race") et n'avaient jamais mis les pieds en Gaule. On se demande donc comment les rois mérovingiens, dont le premier reconnu à peu près historiquement a vécu au Vième siècle de notre ère aurait pu descendre d'un homme mort en Judée ou en Gaule au Ier siècle.
Ca, comme tout le reste est digne d'un reportage de 36ième zone, distrayant certes mais rien de plus...

hélène 02/05/2014 09:10

Jules Verne pourtant attire notre attention sur ce village, en son temps, pas d'internet....???? Pas de spéculations (Jules Verne "Initié Initiateur").

Abellion 14/07/2013 06:27

Vous soulignez à juste titre des impossibilités logiques. Mais nous sommes ici dans le domaine du mythe fondateur, plutôt que celui de l'histoire.

Le plus intéressant dans les mythes, ce sont les conditions de leurs genèse plutôt que leur contenu lui-même. Pourquoi cette focalisation sur les Mérovingiens à RLC ? "Première race de nos rois" comme le disait l'histoire ancienne, ils sont baignés de légende et touchent aux origines même de la royauté française. A la basilique de Saint-Denis, je me souviens qu'une plaque authentifie comme ancêtre des rois de France les rois francs, dont certains sont vus comme légendaires. Et nous sommes dans un pays où le roi a été tué par le peuple - cela induit un rapport trouble à l'idée même de royauté, en même temps qu'un attachement paradoxal. La mythologie de RLC ne serait-elle pas une tentative collective pour compenser l'image du roi-père absent ? On pourrait psychanalyser là-dessus pendant longtemps !

Vous seriez surpris comme des gens sérieux et diplomés - ce qui n'est pas toujours un gage d'intelligence ou d'esprit critique, je vous l'accorde - sont passionnés par l'existence de cette possible lignée issue du Christ et de Marie-Madeleine.
Tout cela est plus de l'histoire mythique que de l'histoire réelle : croire à une légende est déjà une porte ouverte à l'irrationnel, mais en additionner plusieurs...

Il ne faut pas oublier non plus que les ésotéristes du XXe siècle de l'école traditionaliste (Guénon et surtout Evola) on développé l'idée d'un Roi-prêtre comme contrepoint au pouvoir religieux : je pense que ce thème retrouve un nouveau souffle dans les spéculations des adeptes de cette théorie.

Jacquy Mengal 07/12/2012 12:20

Cher monsieur,
J'ai pris beaucoup de plaisir à lire votre article. Enfin, quelqu'un qui a la "tête sur les épaules" et qui ne délire pas !
Oui, cette magnifique région du Languedoc mérite mieux que toutes ces sottises montées de toute pièce par des farfelus prétentieux et arrogants et/ou par de mercantiles filoux.
Voyez à présent, c'est la région du mont Bugarach qui va subir l'assaut de tous ces allumés. Je suis bien content de voir que les autorités vont mettre un "cordon sanitaire" autour de cette
montagne qui n'a jamais fait de mal à personne ... Enfin, peut-être que la seule chose positive dans tout cela est le développement du commerce (librairies historico-ésotériques et les
cafés/restaurants). Bien à vous cher monsieur et merci pour votre article. Jacq.

Abellion 17/12/2012 08:02



Merci monsieur, vous me faites bien trop d'honneur. Mon but n'était pas de trouver la vérité vraie, mais de donne rune version vraisemblable des choses. Il est dommage que le maire de Bugarach se
soit emballé dans les médias en quête de quelque publicité sans doute, sinon peut-être cette affaire de montagne n'aurait jamais pris ces dimensions...


Cordialement.