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8 février 2008 5 08 /02 /février /2008 14:56
Les documents n’abondent pas sur le rapport des anciens languedociens à leur corps et à la sexualité. Pourtant, le souci de son apparence et la furie de faire des enfants, qui sont très présents aujourd’hui dans notre pays, donnaient déjà lieu à d’étranges pratiques dans les siècles précédents. Voici néanmoins trois coutumes, dont l’une touche à la beauté et aux modifications corporelles, et les deux autres à des rituel de fertilité.
 
Beauté et modifications corporelles : le crâne toulousain (Albigeois, XIXe siècle).
 
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« Les Albigeois sont généralement d’une taille moyenne et d’un teint brun. Leur tête st allongée de devant en arrière et de bas en haut se termine postérieurement par une pointe élevée qui est plus ou moins aiguë. Cette disposition vicieuse résulte de la pression circulaire exercée sur ses côtés dès la naissance au moyen d’un bandeau… »
 
C’est ainsi qu’un témoin du XIX siècle décrivait le type crânien dit toulousain ; une forme de crâne allongé, conséquence de la pratique des mères et des sages femmes qui l’entouraient de bandeaux. Le crâne des nourrissons se prête à l’opération, étant fort malléable…
 
A cette pratique, il n’y a aucune raison rituelle ni religieuse avérée ; elle correspond de fait plutôt à une démarche esthétique, quelque étrange que celle-ci puisse paraître à nos yeux. Ce que confirment les témoignages de femmes qui disaient que c’était « plus joli ». Après tout, on peut voir là une sorte de correspondant des mutilations à valeur esthétiques répertoriées partout dans le monde : femmes-girafes en Asie, femme à plateau en Afrique centrale, femmes engraissées en Mauritanie, pieds chinois… Tout cela est bien connu.
 
Ce qui est étonnant, c’est qu’alors que dans beaucoup de régions, les modifications corporelles sont opérées sur des individus de sexe féminin uniquement, dans le Tarn, au XIXe siècle, ces pratiques touchaient les deux sexes.
 
Mais docteur, est-ce que ça fait mal? Au XIXe siècle, on a d’abord pensé que cela avait un effet néfaste sur l’intelligence, à partir d’études effectuées dans les hôpitaux et asiles. Mais il s’est avéré que de telles statistiques étaient faussées, et que plusieurs intellectuels avaient eux-mêmes subi l’opération sans dommages dans leur petite enfance. La pratique a disparu au début du XXe siècle.   
 
Un rituel carnavalesque (Poubeau-31, fin XIXe siècle).
 
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La sexualité a donné lieu dans certains endroits à des pratiques rituelles. Sont-elles authentiques ou folklorisées, ancestrales ou seulement le fait de bandes de jeunes ?
Un de ces rituels se déroulait au caillou d’Arriba-Pardin (photo), près de Poubeau, village de la vallée de Luchon. Il s‘intitulait "procession des Gagnolis", qui mettait en scène les jeunes hommes du village.
 
Le soir de mardi gras, les jeunes se dirigeaient en cortège bruyant vers le rocher. Arrivés là, ils allumaient un feu. Lorsque le brasier avait bien pris, ils dansaient autour, « penem manu proferentes » (le sexe à la main), dit pudiquement Miss Violet Alford. 
 
Ce rocher comporte d’ailleurs d’autres aspects qui le relient aux cultes de la féconité. Il était orné en sa sommité d’une pierre phallique, sans doute destinée aux « contacts » pour les femmes en mal d’enfant (comme sur beaucoup d’autres pierres de ce type). A la place de la pierre, il y aujourd’hui une croix fleurdelysée, portant la date de 1887, et sans doute destinée à conjurer la réputation sulfureuse du lieu. Il est également dit que les couples se donnaient nuitamment des rendez-vous nocturnes près du rocher.
 
Ce qui est étonnant pour nous autres qui imaginons les temps passés comme des ères de rigoureux moralisme, c’est que ce rituel de fécondité ne se faisait pas clandestinement, mais au vu et au su de tout le monde : ainsi, les propriétaires du lieu donnaient de la paille aux jeunes pour faire le feu. Les folkloristes du XXe siècle, notamment Violet Alford, sous l’influence des thèses de M. Mead sans doute, on vu là une survivance d’un culte de la fécondité. Mais qu’en est-il réellement ?
 
Autre rituel de fécondité (attesté près de Vaure 31)
 
On dit que certains habitants de Vaure, près de Revel, se rendaient la nuit en pèlerinage à une chapelle des environs, lorsqu’ils étaient en mal d’enfant. Il fallait que la jeune femme touche le verrou de la chapelle, puis ensuite que le couple y passe la nuit, en tentant de pourvoir au mieux à sa descendance. Ce rituel repose sur un principe de magie imitative simple. La symbolique sexuelle (serrure-clé) se retrouve dans des villages des Pyrénées, où les énormes clés tenues par les statues de saint Pierre sont réputées faciliter les grossesses quand on y touche.
 
En bref...

Finalement, même si les moyens ont changé, médicaux et non plus magiques, ce sont les mêmes obsessions qui travaillent les cerveaux humains. Le viagra a pris la place de la procession des Gagnolis, la procréation artificielle celle des pierres à légendes, mais la fécondité et la sexualité restent, sans suprise, une obsession récurrente de la plupart des êtres humains... Est-ce là "l'infortune à quoi nos vies se résument"? J'espère bien que non! Toujours est-il que les anciens rituels de procréation, sans doute inefficaces, avaient le mérite de ne pas être de véritables tortures pour les femmes. 

Bibliographie.
 
Le Tarn, éditions Bonneton (art. de B. de Viviès).
Violet Alford, Fêtes Pyrénéennes.
 

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