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24 janvier 2009 6 24 /01 /janvier /2009 17:48

L'Eglise de Saint-Aventin est un des joyaux de l'art Pyrénéen, dont nous avons parlé dans un premier article. Mais il ne faut pas oublier que toutes ces Eglises furent construites pour rendre hommage à des saints, organiser leur culte en pélerinage. On disait également qu'elles avaient été construites dans des lieux où le saint avait passé sa vie.

Dans la vallée du Larboust, deux édifices ont trait à Saint-Aventin et à sa légende : une petite chapelle sur la route de Luchon, et la grande Eglise du village de Saint-Aventin. Ces lieux faisaient jadis l'objet d'un pèlerinage et sont encore de nos jours, fréquentés par de pieux visiteurs... 

Revenons sur la légende et les lieux qui lui sont associés. 

La légende de Saint-Aventin. 

Jadis, les habitants du Pays de Luchon étaient païens. Une femme souffrait les douleurs de l'accouchement depuis plusieurs heures, sans pouvoir être délivrée... Une servante raconta que l'eau bénite des chrétiens faisait des miracles. On en envoya chercher, et effectivement, dès que la parturiente en fut touchée, elle fut délivrée instantanément, et le petit Aventin naquit. 

Une fois adulte, son zèle de prédicateur fut mal vu des Maures qui occupaient la régions. Ceux-ci le firent enfermer dans le château de Saint-Blancat, près de Luchon. Mais Aventin sauta sans mal du haut du sommet de la tour... Là où il atterrit, son pied s'imprima dans la pierre.

Un autre épisode met Aventin en lien avec le roi des animaux Pyrénéens. Un ours de la montagne, fou de rage,s 'était jeté sur le saint. Celui-ci retira de sa patte une épine, ce qui creva l'abscès. De ce moment, l'ours devint docile et suivit partout son sauveur.

Les Maures finirent par s'impatienter pour de bon, et décapitèrent Aventin en l'an 800. Il prit sa tête coupée entre les mains, descendit la vallée d'Oueil, remonta la vallée du Larboust. Là, il alla s'enterrer lui-même sous la pierre où s'était gravé jadis son pied, lorsqu'il avait sauté de la tour.

Trois siècles passèrent, et nul ne se souvenait de l'emplacement du tombeau d'Aventin. 

Jusqu'à ce que l'emplacement de celui-ci soit connu, grâce à un boeuf qui venait s'agenouiller. On tenta d'en extraire le corps, mais un essaim d'abeilles le protégeait. il ne fallut rien moins qu'une lettre du Pape pour leur ordonner de partir ! 

On put alors transporter le corps d'Aventin, jusqu'à un lieu où les boeufs s'arrêtèrent et où on édifia l'Eglise qui porte son nom. 

La chapelle de Saint-Aventin (photo ci-contre). 

Elle est édifiée sur la route de Luchon, à l'entrée de la vallée du Larboust. Elle s'élève sur le lieu où la légende place le premier tombeau de Saint-Aventin, et l'endroit où il "atterrit" après avoir sauté de la tour. C'est une sorte d'oratoire, édifice de dimension modestes. Il a été réédifié à une date indéterminée, mais sans doute pas très ancienne, ainsi que nous apprend une inscription: 

CHAPELLE

RECONSTRUITE

PAR LA CHARITE DES FIDELES EN L'HONNEUR DE  ST AVENTIN, SUR LE LIEU OU SON CORPS FUT DECOUVERT, TROIS SIECLES APRES SON MARTYRE QUI EUT LIEU EN L'AN 800.

Le texte est surmontée de la représentation du saint céphalophore...  La peinture est frappante de réalisme naïf, elle m'a beaucoup impressionné.


 A l'intérieur de la chapelle est conservé le rocher où Saint-Aventin aurait imprimé son pied, en sautant du haut de la tour. Comme je n'ai pas pu entrer pour vérifier si la pierre y était toujours, je vous montre le dessin qu'en a fait Pertuzé...


L'Eglise de Saint-Aventin.

Elle est édifiée, selon la légende, au lieu où les boeufs qui tiraient le char de Saint-Aventin se seraient arrêtés. L'Eglise, édifiée à l'époque romane, est très importante pour un petit village. Elle a trois nefs, presque trente mètres de long, ce qui a conduit les historiens à penser qu'il y avait jadis en ces lieux un pèlerinage.


Ce qui est sûr, c'est que les reliques de Saint-Aventin faisaient l'objet d'un culte. La preuve en est le somptueux buste reliquaire du saint, qui a été conservé à ce jour. C'est un travail toulousain de la Renaissance (daté 1525), qui a subi diverses péripéties, puisqu'il fut maquillé de plâtre durant la Révolution. Peut-être pour le protéger ? Les sources que j'ai consultées n'en disaient pas plus.


Saint Aventin, avant nettoyage et après...


Le buste est surmonté d'une auréole, plus précisément un soleil portant le monogramme IHS.

Un saint à l'Ours ?

Dernier élément, la légende de Saint-Aventin rapporte qu'il eut comme animal de compagnie un ours. ceci le rapproche de tant d'autres saints pyrénéens, comme pare exemple saint Valier en Couserans.

Dans toutes ces légendes, l'animal sauvage est domestiqué par le saint qui en fait une bête de somme, ou une sorte d'animal de compagnie avant la lettre. Ainsi, dans la légende de Valier, le saint apprivoise le plantigrade après qu'il a dévoré son âne. L'âne de Valier était un cadeau de saint Martin, et on dit que depuis l'animal prit le nom de l'évêque de Tours...  

L'ours, vieux symbole païen de force et de fécondité, faisait-il ainsi son entrée dans le giron de l'Eglise ? On sait par les travaux de Michel Pastoureau que l'ours était jadis le roi des animaux, et que ce fut une entreprise de tout le Moyen-âge pour réduire son prestige, notamment au profit du lion.

Bref...

Etrangeté, merveilleux et naïveté d'une légende... Beauté des vestiges de sanctuaires... Attachement d'un pays à sa mémoire. Il y a tout cela dans la légende de Saint Aventin, et dans les lieux qui lui sont consacrés.


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commentaires

Plume de loin 01/02/2009 09:29

Désolé, j'ai trouvé seulement des articles de Wikipédia:
Serge de Radoneje (Sergij Radonejskij) http://fr.wikipedia.org/wiki/Serge_de_Radonège

Seraphin_de_Sarov (Seraphin Sarovsij) http://fr.wikipedia.org/wiki/Seraphin_de_Sarov

Abellion 01/02/2009 09:48


Merci Plume ! Je vais commencer par ces pistes, et un jour il faudra que j'apprenne le russe pour accéder à cette culture d'une si grande richesse, que vos articles si intéressant me font
entrevoir.


La Plume de loin 31/01/2009 08:00

Bonjour Abellion! C'est très intéressant :) Et l'épisode avec l'ours existe aussi aux hagiographies russes. Par exemple, Sergij Radonejskij, un du plus respecté des saints orthodoxes, nourrissait un ours affamé par son pauvre nourriture (par pain) et cet ours est devenu son "associé". Un autre ours visitait l'autre saint russe, Seraphin Sarovskij, et aimait beaucoup à être couché près des pieds du saint. Saint Seraphin disait: "Voici la bête que Notre Seigneur m'a envoyé à la consolation".

Amicalement,
Plume

P.S. Je n'ai trouvé aucun conte étoffé sur bouca... il me semble que ce personnage existe seulement dans les superstitions orales. Et dans les dictionnaires des personnages mythologiques.

Abellion 01/02/2009 07:49


Merci de cette précision très intéressante. Un médiéviste de chez nous, Michel Pastoureau, a pas mal écrit sur l'ours, qui à l'origine était un dieu païen, et dont l'importance a été combattue
jusqu'à ce que le lion devienne, à sa place, le roi des animaux. Savez-vous si on peut lire en français, ou en anglais, ces histoires de saints orthodoxes ?


bataillou 30/01/2009 14:48

belle légende.la foi etait grande à cette époque.
un évènement pareil aurait-il lieu aujourd'hui que personne n'y prèterait attention.

Abellion 01/02/2009 07:52


Grande oui, peut-être parfois un peu aveugle aussi -Crede ut intelligas, intellige ut credas... Mais j'adore tout de même ces récits étonnants de la légende dorée.


Naudinat 26/01/2009 11:09

Bonjour, je suis étudiant en tourisme, et dans le cadre de mes études je dois réaliser un projet afin de valider mon examen. J'organise un festival occitan dont le thème du second jour est "histoire et catharisme. Je trouve vos travaux trés interessants et je souhaiterai être en contact direct avec vous. Merci de me contacter par mail.

Abellion 26/01/2009 18:55


Aucun problème, je vous joins directement par mail...


Hélène 25/01/2009 15:43

Chez nous, l'église est constamment ouverte, mais par conséquent, il n'y a pas de troncs...Sauf des pubs pour le denier du culte...
Etant croyante et vaguement superstitieuse, j'aimerais bien brûler un cierge de temps à autres...

MHHH...Soleil=auréole? Nous sommes alors dans une époque où l'on nageait en plein mélange de Christianisme et de légendes pas très sérieuses...
C'est vrai que celle-ci est des plus drôles, mais j'aime ces chapelles aussi...
Amitiés,
Hélène.

Abellion 26/01/2009 07:54


Une église sans cierges ? Comment est-ce possible ? Quant à ces légendes, elles sont toujours étonnantes. C'est vrai qu'il y a de l'humour involontaire, mais moi j'y vois aussi et surtout du
merveilleux, des échos avec des thèmes immémoraux qui circulents dans les contes, etc... C'est aussi le charme de ces lieux secrets d'avoir conservé intact ces récits, dans avoir rien altéré de
leur imaginaire naïf. Et bien sûr, il y a matière à décryptage symbolique, ce qui n'est point chose facile...