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28 mars 2009 6 28 /03 /mars /2009 18:12



Guilhem Bélibaste (v. 1280-1321) est une de ces figures marquantes du panthéon historique occitan.


C'était un des derniers bonshommes ou parfaits, les "prêtres" ou "moines" du catharisme, ceux qui donnaient le consolament. 

Toutefois, les persécutions et autres mésaventures qui lui sont advenues ont fait qu'il a eu une existence bien mouvementée. De fait, il est devenu tout sauf un enfant de coeur...


Il y a plus de 30 ans, Emmanuel Le Roy Ladurie posait déjà la question: Bélibaste, parfait ou pseudo-parfait ? Je vous laisse vous forger votre propre opinion. Voici les éléments du dossier...



La vie aventureuse de Guilhem Bélibaste

La jeunesse

Bélibaste naît à Cubières, petit village du Razès, aujourd'hui Cubières-sur-Sinople, dans l'Aude. Il a la chance de naître dans une famille de paysans aisés. Son père, qui s'appelait lui aussi Guilhem, disposait de plusieurs bâtiments de ferme. Ils abritaient la domus, c'est-à-dire la famille élargie, comprenant le patriarche et son épouse, leur trois fils, les épouses et les enfants de ces fils.



La vie à Cubières

La vie à Cubières, dans la maison Bélibaste, ne devait pas être désagréable. On y mangeait de la viande, du fromage, on buvait du lait : nourriture simple et frugale. Tous les habitants vivaient ensemble, soudés à la fois par la corésidence, le travail, mais aussi la foi cathare.  

En effet, la famille Bélibaste est entièrement acquise à la cause du catharisme. Guilhem voit les bonshommes aller et venir dans les parages. Une nuit, le parfait Raymond Pierre est hébergé dans la grange de paille toute proche, où l'on venait lui faire ses hommages. Ce qui est un acte de foi militant, à une époque où les Inquisiteurs sillonnaient le pays. 

La famille Bélibaste avait des relations étendues, parmi lesquelles Pierre Maury, berger itinérant et croyant cathare convaincu, qui connaissait la montagne comme sa poche, et servait de passeur aux persécutés qui voulaient se rendre en Espagne. Pierre Maury serait plus tard appelé à jouer un rôle important dans la vie de Bélibaste -à ses dépens.

Bélibaste aurait peut-être pu passer une vie assez paisible dans son village natal. C'est sans compter sur l'ascendant de la destinée, ou le hasard, ou la Providence, comme il vous plaira... 

 L'événement qui change tout
Comme dans un mauvais roman policier, tout commence par un crime. A une date indéterminée, entre 1305 et 1307, Guilhem tue un berger de Villerouge-Termenès, Barthélémy Garnier, lors d'une bagarre. Le crime serait peut-être passé inaperçu, mais Villerouge est la résidence de l'archevêque de Narbonne, et le criminel est issu d'une famille notoirement "hérétique"... Voilà une affaire bien mal engagée pour Bélibaste. La copie (faite au XVIIe siècle) d'un acte de 1307 précise la nature des sanctions qui lui sont imposées.

« Item un acte de l’an 1307, duquel resulte comme les biens d’un nomme Guilhaume Belibaste de Cubiere, feurent confisques au sieur archevesque de Narbonne, a cause du meurtre par luy commis en la personne de Barthelemy Garnier de Villerouge. Cotté n° 15. »

Bélibaste s'enfuit alors de Cubières pour échapper à la justice de l'archevêque, laissant une femme et un enfant qui ne lui survivront guère (ils meurent vers 1311). C'est dans la clandestinité et dans la fuite que la vocation sacerdotale va lui venir.
 
Les débuts de Bélibaste comme parfait

Bélibaste entre dans la clandestinité, auprès des bonshommes ou parfaits, les "prêtres" du catharisme. C'est ainsi qu'il est lui-même ordonné par Philippe d'Alayrac à Rabastens. Bientôt, les deux hommes sont arrêtés par l'Inquisition et enfermés dans la terrible prison de Carcassonne, le Mur, que les témoins de l'époque comparaient à un enfer sur terre... Ils réussissent néanmoins à s'évader en 1309, et gagnent la Catalogne.  

La fuite en Catalogne

Nous retrouvions Bélibaste en 1313 à Morella, région de Tarragone. Il groupe autour de lui des croyants cathares,  ariégéois en exil comme lui.

 Bélibaste doit gagner sa vie. Il donne parfois un coup de main à l'équipe de bergers de Pierre Maury.  Il devient bientôt fabriquant de peignes à cardes. Il doit également, même de ce côté des Pyrénées, cacher son état de parfait. 

Un parfait maquignon

En Catalogne, Bélibaste a le pied à l'étrier. Il est maintenant responsable d'une communauté de croyants cathares. Et c'est justement lorsqu'il se doit le plus d'avoir une conduite exemplaire et édifiante qu'il se livre à de menus larcins...

Bélibaste et Pierre Maury avaient acheté en indivision -avec l'argent de Pierre-, six brebis. Le parfait, sans vergogne, file avec trois des brebis et cinq sous que lui avait donnés le berger, obligeant son pauvre ami à un don pieux dont celui-ci n'avait que faire. Pierre Maury raconte la scène ainsi :

" Comme nous avions acheté en indivision, Bélibaste et moi, six brebis, dont j’avais entièrement payé le prix (et je lui avais donné en outre cinq sous), l’hérétique voulut emmener avec lui trois brebis sur ces six, disant qu’elles étaient à lui, et que je lui avais donné l’argent de ces brebis et les cinq sous pour l’amour de Dieu. ".

Etait-ce l'instinct atavique du maquignon qui reprenait le dessus chez Guilhem ?



Une autre fois, Bélibaste prélève sa part sur les revenus de Pierre Maury. En l'absence de celui-ci, Guillemette, une fermière de San Mateo, tue 150 brebis appartenant à Pierre, dont elle avait la garde. A son retour, le berger entre dans une colère noire et interroge son associée sur les raisons de son acte. La pauvre femme prétend avoir utilisé les peaux et la laine des brebis pour vêtir sa famille, mais avoue également que Bélibaste a eu sa part des peaux, comme cadeau.... Pierre est si furieux qu'il prend congé de Bélibaste en le traitant de minudier (avare).

Pauvre Pierre Maury, dont la naïve confiance fut largement mise à contribution par notre parfait...

Le trio amoureux

Mais Bélibaste a fait pire...

Bélibaste avait une "couverture" en Catalogne, pour cacher son état le parfait. Un parfait ne peut se marier. Afin de passer pour un bon catholique, Bélibaste faisait donc semblant d'être le mari d'un ariégeoise en exil, Raymonde de son prénom, tout en pratiquant, en théorie, le célibat qui sied à tout bonhomme. Il affirmait à qui voulait l'entendre qu'il ne touchait pas à une femme "à chair nue", ou qu'il gardait son "caleçon" quand il couchait dans le même lit qu'elle ! Pourtant, il s'avère que Bélibaste et Raymonde étaient rapidement devenus amants. La belle était mariée, mais son mari était loin, resté en Ariège...  Bélibaste disait d'ailleurs plaisamment du cocu : "vif ou mort, Arnaud ne risque pas de nous déranger beaucoup dans ce pays".

Bientôt, Raymonde tomba enceinte des oeuvres du parfait (du moins, c'est très probable, selon Le Roy Ladurie). Qu'à cela ne tienne, le brave Pierre Maury va encore faire les frais de la filouterie de Bélibaste, qui "marie" en hâte le berger à sa maîtresse pour étouffer le scandale. Raymonde et Pierre, les deux faux époux, sont réunis par le parfait autour d'un repas, à Morella, puis couchent ensemble. Le pseudo-mariage ne durera d'ailleurs pas longtemps, pas plus d'une semaine... Juste le temps pour le pauvre Pierre Maury d'endosser la paternité de l'enfant à naître, du fils de Bélibaste !

Pierre Maury, vraie bonne pâte, sembla ne pas en tenir rigueur à son ami de cet épisode...

La fin

Quoi qu'il en soit, et malgré ses manigances, Bélibaste n'a pas le choix. Il a péché publiquement, il doit, pour conserver sa légitimité de bonhomme aux yeux de ses ouailles, recevoir à nouveau le consolament (le sacrement cathare dont le péché fait perdre le bénéfice). Pour cela, il envisage de regagner la France, afin de le recevoir des reponsables de l'église cathare locale. Il ne sait pas encore que c'est là son dernier voyage.

C'est à ce moment qu'apparaît le personnage nécessaire au dénouement: le traître. Celui-ci se nomme Arnaud Sicre. Il ne s'est pas vendu pour trente deniers, mais l'évêque de Narbonne lui a promis de lui rendre la maison confisquée à sa mère pour motif d'hérésie, s'il lui amène la tête du parfait. Arnaud rencontre Bélibaste en Catalogne, le décide à faire le voyage des Pyrénées. Toutefois, leur chemin s'arrête à Tirvia, dans le comté de Castelbo, où Sicre livre Guilhem à ses ennemis...

Bélibaste est conduit et gardé en prison avec son dénonciateur, comme le veut l'usage. Il tente  persuader Sicre de se laisser consoler (administrer le sacrement cathare du consolament), puis de se suicider avec lui afin de gagner le paradis : en vain. Il est jugé à Carcassonne, et brûlé dans la cour du château de Villerouge-Termenès, le 24 août 1321. Une terrible fin pour celui qui aimait tant la vie...

Les idées et la prédication de Bélibaste

Nous n'avons aucun écrit de Bélibaste lui-même, mais nous disposons de ses propos, tels qu'il nous ont été rapportés par d'autres, et figurent dans le registre d'inquisition de Jacques Fournier.

Un homme de son temps

Bélibaste reste avant tout un homme du Moyen-âge, c'est-à-dire d'une époque où l'irrationnel ne choquait pas, où la vision du monde était tout autre, mais que pour ma part je me refuse à appeler "obscurantiste". C'est simplement une vision autre des choses. Ainsi pour lui, l'univers est empli d'âmes et d'esprits... Le Roy Ladurie n'hésite pas à parler d'animisme à propos de lui.
On voit souvent dans les de Bélibaste mots cette conception selon laquelle l'homme mauvais est possédé, manipulé par un esprit malin.

« Quand un homme dérobe, vole le bien d’autrui ou fait le mal, cet homme-là n’est rien d’autre qu’un esprit malin qui entre en lui : cet esprit lui faut commettre des péchés, il lui fait quitter la bonne voie pour la mauvaise. »




Métempsychose

Fondamentale apparaît aussi, dans le catharisme façon Bélibaste, la croyance en la réincarnation. Même si le catharisme est une forme de christianisme dualiste, d'après ses historiens les plus récents, il n'en reste pas moins qu'on ne peut s'empêcher de regarder vers l'Orient. Toutefois, il n'y a sans doute pas d'influence directe, plutôt des thèmes convergents.

Bélibaste croit évidemment à un substrat spirituel et personnel de l'identité, l'âme. Celle-ci est prisonnière dans le corps, s'en sépare à la mort. A l'heure fatidique, seule l'âme du juste peut espérer échapper au cycle des réincarnations successives et gagner le paradis. Les âmes imparfaites sont tourmentées par les démons, et se précipitent pour leur échapper dans le ventre des femmes, où elles animent de nouveaux foetus.

"Sauf dans le cas exceptionnel où un esprit a fait résidence dans le corps d’un défunt qui de son vivant fut juste et bon, l’esprit qui vient de s’échapper d’un corps mort est toujours volontaire pour se réincarner. Car les esprits malins qui se tiennent dans l’air font cuire cet esprit, quand il se trouve parmi eux ; ils le forcent donc à se fourrer dans un quelconque corps de chair, que celui-ci soit d’homme ou de bête ; parce que, aussi longtemps qu’un esprit humain est au repos à l’intérieur d’une chair, les mauvais esprits qui sont dans l’air n’ont pas la possibilité de le faire cuire, ni de le tourmenter."




En effet, l'esprit humain, libéré à la mort du corps, est pris d'une peur panique qui lui fait rechercher une nouvelle incarnation.

« Les esprits, quand ils sortent d’une tunique, c'est-à-dire d’un corps, courent très vite, craintifs et effarouchés. Tellement vite ils courent, que si à Valence un esprit était sorti d’un corps, et devait s'intégrer à un autre corps dans le comté de Foix, et s’il pleuvait fortement, à peine trois gouttes de pluie l’atteindraient ! En courant de la sorte, l’esprit effarouché se jette dans le premier trou qu’il peut trouver disponible ! Autrement dit dans le ventre d’un animal queconque, qui vient de concevoir un embryon, non encore pourvu d’une âme ; que cet animal soit chienne, lapine, ou juemnt. Ou même dans le ventre d’une femme. »


On peut juger par ces extraits des talents de Bélibaste prédicateur : même dans ce propos abstrait et passablement obscur, il a le sens de l'image concrète et qui frappe.

La critique du clergé

Outre cette métaphysique assez naïve, la prédication du parfait se faisait parfois beaucoup plus concrète. Ainsi, Bélibaste critiquait la rapacité du clergé catholique d'alors. Le pape agit à l'opposé de son prédécesseur saint Pierre.

"Le pape gobe la sueur et le sang des pauvres gens. Et de la même manière agissent les évêques et les prètres, qui sont riches, honorés, jouisseurs… Alors que saint Pierre, lui, avait abandonné sa femme, ses enfants, ses champs, ses vignes et ses posessions pour suivre le Christ ».


Quelques siècles avant Luther, Bélibaste proteste déjà contre les indulgences.

« Les indulgences du pape coûtent cher et elles ne valent pas grand-chose ».


En effet, les cathares ne croyaient ni à l'enfer, ni au purgatoire ; tout être humain était destiné à regagner le paradis après une série d'incarnations sucessives... Du coup, les indulgences devenaient effectivement inutiles.

Des moines séducteurs

Il n'hésite pas à brosser un tableau très satirique des méthodes utilisées par le clergé et les ordres mendiants pour capter de l'argent. 

« Les évêques, les prêtres, les Frères mineurs ou prêcheurs entrent dans les maisons des femlles riches, jeunes et belles ; ils leur prennent leur argent ; et, si elles consentent, ils couchent charnellement avec elles, tout en faisant des faces d’humilité ».


Les bonshommes incarnent ainsi, par opposition, l'idéal prôné par le Christ.

« Quand un homme se fait bonhomme, il doit renvoyer sa femme, ses enfants, ses possessions et richesses. Il se conforme ainsi au précepte du Christ, qui veut qu’on se mette à sa suite ».


Idéal que nous l'avons vu, Bélibaste a eu bien garde de pratiquer personnellement !


Bélibaste anarchiste avant la lettre ?

Etait-ce sa vie de proscrit ? Toujours est-il que Bélibaste, obligé de vivre dans la clandestinité, pourchassé par une inquistion dont le pouvoir royal était complice, ne tarda pas à développer une pensée critique à l'égard de tous les pouvoirs en général.

"Il y a quatre grands diables qui régissent le monde: le seigneur pape, diable majeur; je l'appelle Satan; le seigneur roi de France est le second diable; l'évêque de Pamiers, le troisième ; et le seigneur inquisiteur de Carcassonne, le quatrième diable".

La fin du surnaturel

Autre signe qui annonce des temps à venir, Bélibaste refuse de croire au surnatuel, à l'action de Dieu dans le monde. Sans doute pour les mêmes raisons toutes différentes de celles qu'avançaient les philosophes du XVIIIe siècle... C'est peut-être une des conséquences du dualisme cathare, qui contient Dieu dans le monde spirituel, tandis que le monde matériel est la création pure et simple du diable. Ainsi, les miracles que les catholiques attribuent aux saints, Bélibaste les attribue au diable.

Bref... 

Cet article ne prétend rien ajouter de nouveau sur Bélibaste, juste en tracer une esquisse, à partir des renseignements qui se dégagent des travaux des historiens à son sujet. Le personnage, pris entre des contradictions permanentes, est fort humain, trop humain même, a-t-on envie de dire...  

A noter que d'après Anne Brenon, Bélibaste n'est pas le dernier parfait cathare, comme on le dit souvent. On en connaît au moins un autre après lui.

Sources

La vie de Bélibaste est connue par les déposition de ses amis contenues dans le registre d'inquisition de Jacques Fournier, ainsi que par d'autres documents d'archive.

Biblio

Anne Brenon, Cathares : la contre-enquête.

Emmanuel Le Roy Ladurie,
Montaillou, village occitan.

Article de Gaston Langlois, sur le site de la Mairie de Cubières, et des documents d'archive fort intéressants.

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commentaires

Dame Carcas 21/08/2010 18:21


Bonjour et bravo pour cet article passionnant, sur les traces de Guilhem Bélibaste, dernier Bon Homme...
Bonne soirée !


Abellion 02/09/2010 08:48



Tout le mérite est à Jean Duvernoy et Emmanuel Le Roy Ladurie, je ne suis qu'un nain sur des épaules de géant ! Mais parfois une petite synthèse comme celle-ci est très utile. Merci Dame Carcas
au pseudonyme si évocateur ! A bientôt sans doute.  



Mouneluna 03/01/2010 11:22


En tout cas il aura fait couler beaucoup d'encre, en ces temps là d'autres faisaient couler beaucoup de sang
Bises


Abellion 03/01/2010 12:16


C'est très bien dit et très vrai ! Le personnage a une épaisseur et une humanité incroyables... Le type même des caractères complexes forgés par la vie et par l'expérience.


Viviane 12/06/2009 15:00

Je pense surtout qu'il ne faut pas croire tout ce qu'un auteur écrit, pour lui, il faut rester dans "l'air du temps" pour accrocher le lecteur.
Pour moi Bélibaste était un humain très humain avant tout, mais il paraît que je suis partiale!
Bonne fin de journée
Viviane

Abellion 13/06/2009 08:36


Trop humain, certainement ! En tout cas, la question de la sincérité de sa vocation reste posée. Toutefois, ce que je trouve très beau, c'est le sursaut, à la fin de sa vie, où il propose à Sicre
de se suicider avec lui après avoir reçu le consolament. Là, deviendrait-il subitement très religieux ? Ou bien veut-il simplement échapper au sorrt effroyable du bûcher, en emmenant son
dénonciateur dans la tombe ? L'histoire ne nous permettra hélas jamais d'entrer dans le cerveau des hommes de jadis, et nous ne pouvons faire que des hypothèses... A bientôt sans doute.


Viviane 11/06/2009 11:23

Je ne me lasse jamais de lire la vie de cet homme intelligent qui a su parfaitement d'adapter au dualisme de cette religion "étouffée" par le catholicisme.
Je suis certaine moi aussi qu'il n'est pas le dernier Cathare.
Bonne journée
Amicalement
Viviane

Abellion 12/06/2009 08:32



Dualisme ou dualité ? on peut se poser la question pour Bélibaste, héraut d'une religion qui plaçait la barre de la pureté très haut, dont il ne put jamais vraiment mettre en pratique les
préceptes en oeuvre ! Moi, j'apprécie avant tout le côté humain du personnage. Il nous rappelle que nous avons chacun un côté ange, un côté bête, et que bien souvent "qui fait l'ange fait la
bête" !

Ceci dit, je suis fasciné par la manière vivante et incarnée dont il parlait aux gens des préceptes cathares, il semblait avoir un véritable don pour l'éloquence, la prédication. Il est dommage
que l'on n'ait pas gardé de recueil de ses homélies...

Bélibaste était-il un "parfait" sincère, ou devint-il "parfait" pour mieux vivre dans la clandestinité et mieux abuser son monde ? Le Roy Ladurie me semble souvent pencher pour la deuxième
hypothèse. Et vous, qu'en pensez-vous ?



Quichottine :0010: 30/04/2009 10:14

Un coucou ce matin... Siratus est absente, mais c'était son anniversaire et je ne voudrais pas qu'il manque un matelot sur la Galère lorsqu'elle rentrera.

Si vous pouvez, laissez-lui un message sous ce billet :

http://siratus-alabaster.over-blog.com/article-30271905.html

Merci.

Abellion 01/05/2009 07:49


Merci de m'avoir rappelé ces dates anniversaires. C'est le genre de choses que j'oublie facilement. Grâces vous soit donc rendues, aimable Quichottine...