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Jeudi 27 octobre 2011 4 27 /10 /Oct /2011 21:13

 

cerf

 

Parmi les animaux mythologiques d'Occident, le cerf occupe une place de choix. Sa majesté naturelle, sa force, son mystère en ont fait au cours des temps le symbole des dieux, des rois, des sorciers...


Ce n'est pas sans raison. Le cerf, l'animal (cervus elaphus), a tout pour étonner. Imposant, il n'hésite pas à attaquer l'homme. Il y a mieux encore : plusieurs de ses propriétés le mettent comme naturellement en rapport avec les idées de vie et de fécondité. Ses bois chutent et regénèrent tous les ans aux printemps, image de la renaissance. En automne, pendant la période du brâme, il est également capable de couvrir plusieurs dizaines de biches, ce qui en fait aussi un symbole de l'énergie sexuelle...

 

De la nature à la culture, entrons donc dans les ténèbres de la mémoire, à la recherche de cette divinité morte.

 

 

I


PETITE MYTHOLOGIE DU CERF

 

(PREHISTOIRE ET ANTIQUITE)

 

 

L'ère paléolithique

 

L'ère paléolithique est celle de l'homme chasseur, qui bien sûr aura un commerce privilégié avec les grands ongulés. Il est sidérant de constater qu'alors que notre civilisation occidentale moderne peut à peine se vanter de 2000 ans d'existence, l'art paléolithique s'est étendu sur une vingtaine de millénaires. Beaucoup d'hypothèses ont été formulées quant au sens des peintures paléolithiques, depuis l'abbé Breuil jusqu'à André Leroy-Gourhan.

 

Pour ce dernier auteur, la symbolique de l'art préhistorique est essentiellement sexuelle ; le cerf est un symbole de virilité, une incarnation de la puissance sexuelle masculine.

 

baton lortet

Cerfs gravés sur le bâton de Lortet

 

Une autre théorie est celle de Jean Clottes, celle des "chamans de la préhistoire". Une grotte ariégeoise, celle des Trois-Frères, contient une peinture énigmatique, datant du Paléolithique supérieur, et qui fut découverte par le comte Bégouen et l'abbé Breuil. Il s'agit d'un cerf ou renne, dressé sur les pattes arrières pour ressembler à un homme, et qui en guise de sabots, possède des pieds et des mains humaines.

 

 

trois frères

 

Par comparaison ethnographique, on a pu rapprocher cette peinture de rituels existant chez des populations eurasiennes, où le chamane en transe accomplit des tâches dans l'autre monde, sous l'apparence d'un animal à corne. Ainsi, chez les Evenks de Sibérie, le chamane revêtait pour ces cérémonies, encore au XXe siècle, un costume en peau d'élan et de Renne. Les chamanes toungouses, d'après un dessin du XVIIIe siècle, officiaient avec un costume surmonté de cornes de grand mammifères.

 

chaman.JPG

 

 

Les Celtes: sous le signe de Cernunnos 

 

D'innombrables millénaires, silencieux pour nous, s'écoulent... Voici le temps où les Celtes arrivent en Gaule.. Ce sont les peuples qui nous ont laissé les témoignages les plus évidents de l'existence d'un dieu cerf, malheureusement quoique n'ignorant pas l'écriture, les druides ne transmettaient leur savoir qu'oralement... Nous en sommes réduits à interroger objets et représentations.

 

cernunnos des nautes

 

Plusieurs sculptures évoquent un dieu Cernunnos. Son nom évoque, par son étymologie, une racine en rapport avec l'idée de corne (keras en grec, cern, carn en gaulois). Sa représentation la plus connue est celle du pilier des Nautes à Paris (ci-dessus), où son nom est écrit en toutes lettres. Sur la pierre, les traits d'un vieillard dont le crâne s'orne de deux bois de cervidé. Les spécialistes de mythologie ont rapproché cette représentation d'autres oeuvres celtes, où l'on aperçoit également des personnages cornus, peut-être identifiables à Cernunnos. Certaines le montre distribuant pièces ou graines; il semble être, pour Emile Thévenot, le dieu terrien des richesses. On peut supposer qu'il était l'équivalent des deieux romains Pluton ou Dis Pater. 

 

L'élément le plus frappant est que ce dieu est tantôt représenté jeune et imberbe, tantôt âgé et flanqué d'une longue barbe. D'après Anne Lombard-Jourdan, cette dualité est significative, dans la mesure où, pour nos anciens, la chute des bois du cerf et leur repousse correspondait à une renaissance, une nouvelle jeunesse pour le cerf coincidant avec le début du printemps et le renouveau de la nature. Le jeune et l'ancien n'étaient donc que deux états successifs du même dieu. 

 

 

val camonica

Le bestiaire romain et le dieu gaulois

 

Un rapprochement peut d'ailleurs être fait avec ce que les auteurs latins, Pline et Lucrèce principalement, nous disent du cerf. D'après eux, à chaque printemps, le cerf fait sortir le serpent de sa tanière en soufflant de ses naseaux, puis le broie en le piétinant et le mâchant. La légende est évoquée encore au Moyen Age par Isidore de Séville et Gaston Phébus. Selon plusieurs auteurs, en consommant le venin du serpent puis en buvant de l'eau, le vieux cerf est purgé de toutes ses vieilles maladies et comme régénéré.

 

D'après Anne Lombard-Jourdan, ce récit peut être rapproché des représentations de Cernunnos, qui est souvent accompagné d'un serpent, et cela dès sa plus ancienne représentation connue, au Val Camonica en Italie (IVe s. av JC, ci-contre). 

 

 

 

II

 

DU MOYEN-AGE A L'EPOQUE MODERNE

 

RECUPERATIONS DU MYTHE

 

 

La christianisation du mythe

 

La légende du cerf est bientôt christianisé. Le cerf qui se régénère en buvant sera l'image du renouveau apporté par le baptême ; le cerf mangeur de serpent deviendra le Christ qui tromphe de Lucifer ; encore une fois, le propre du christianisme est d'adapter des symboles antérieurs en leur conférant un nouveau sens.

 

 

saint hubert enluminure

 

Ce processus de syncrétisme est particulièrement frappant dans les mythes de saints liés aux cerfs, dans les légendes de Saint Edern, Saint Hubert (ci-dessus, manuscrit français médiéval) ou encore Saint Julien l'Hospitalier : le christ apparaît la plupart dub temps à ces chasseurs impénitents sous la forme d'un cerf pour les appeler à la conversion.

 

 

cerf blanc

Mais la plus belle version médiévale du mythe du cerf est celle que contient la Queste del saint Graal : Perceval, Galahad et Bohort suivent un cerf blanc jusqu'à un hermitage ; le cerf se tranforme en un roi sur un trône qui disparaît ; l'ermite explique alors qu'il s'agit d'une figure de la résurrection du Christ. Etrange parfum syncrétique pagano-chrétien que celui de ces légendes arthuriennes...


L'image médiévale du grand cerf blanc a été illustré par une mosaïque dans l'église de Tréhorenteuc, en forêt de Brocéliande, où un curé féru de mythes arthuriens la fit représenter au milieu du XXe siècle (ci-contre).

 

Une résistance à la christianisation ? Coutumes funéraires et mythes carnavalesques

 

Toutefois, le mythe n'est pas entièrement christianisé. A travers les coutumes, le respect envers le cerf perdure. 

 

Premièrement, les archéologues ont noté, pendant l'époque mérovingienne et au Moyen Age, la présence de bois de cerf dans les tombes. Coutume qui révèle la persistance de la croyance au caractère psychopompe attribué à l'animal (qui escorterait les âmes dans l'au-delà).

 

Ainsi le mythe perdure, fût-ce de manière parodique à travers les fêtes de Carnaval. En effet, les déguisements de cerfs sont attestés dès les premiers siècles chrétiens, et interdits par l'Eglise. Dans cette logique carnavalesque qui subvertit tous les idéaux, les bois de cerfs deviennent les attributs privilégiés du mari cocu. Au XVIIe siècle, le mari de Madame de Montespan, voulant protester contre la relation adultérine de Louis XIV et de son épouse, fera orner de bois de cerfs son carosse pour exposer à tous le scandale de l'inconduite du monarque ! 

 

Symbole monarchique au temps des Valois

 

cerf ailé royalLa récupération religieuse du cerf n'est pas la seule ; on peut également parler d'une récupération monarchique. Le cerf fut tout au long du moyen-âge un symbole de justice du pouvoir ecclésiastique ou laïc.

 

Puis, plusieurs rois de France de la Renaissance ont fait du cerf un élément essentiel de leur héraldique personnelle. Le premier fut sans doute l'étrange Charles VI, le roi fou, qui fit figurer le cerf blanc et ailé porteur de couronne, qu'il aurait vu en rêve, dans des manuscrits enluminés contemporains (ci-contre). Plus tard, François premier et Henri II reprirent le symbole.

 

La nymphe de Fontainebleau sculptée par Benvenuto Cellini pour le premier de ces monarques met en scène un cerf, figure du roi, ainsi qu'en atteste la salamandre placée au-dessus de la tête du cerf (ci-dessous).

 

 

 

cellini nymphe fontainebleau

 

III

 

L'AGE CONTEMPORAIN

 

GLOSES SUR LE MYTHE

 

 

Spéculations modernes : le dieu cornu 

 

Certains spécialistes des mentalités n'ont pas hésité à formuler une hypothèse audacieuse, celle d'un dieu cornu, dieu de la fécondité adoré en secret et qui aurait été le dieu des sorcières, confondu ensuite avec le diable par les Inquisiteurs et autres juristes. Spéculations stimulantes, mais assez aventureuses. 

 

Le dieu cerf de Miyazaki

 

C'est peut-être en se fondant sur l'idée du dieu cornu que le grand artiste japonais Hayao Miyazaki propose sa propre version du dieu cerf dans son dessin animé Princesse Mononoké (1998). Appelé Shishi-gami en japonais, celui-ci est le grand esprit de la nature, qui donne tantôt la mort ou tantôt la vie.

 

dieu cerf miyazaki

 

Pour donner corps à son idée, le réalisateur japonais a déployé une iconographie aussi étonnante que frappante : son dieu cerf a la forme noctrune d'un gigantesque marcheur, tandis que le jour il apparaît sous la figure d'un cerf monstrueux, dont la face est un visage humain, et dont les bois multiples évoquent la ramure d'une forêt.

 

Signe de l'opposition irréductible entre l'homme et la nature, les humains, dotés d'armes à feu, finissent par tuer, même si, clin d'oeil au mythe, il finit quand même par renaître dans les dernières minutes du film... 

 

En somme...

 

Le cerf a tout de ces archétypes immémoriaux dans lesquel chaque époque projette ses idéaux ou ses angoisses. Le mythe se transforme mais ne meurt pas.. Espérance de fécondité, de renaissance après sa mort, le légendaire du cerf dit l'appétit fondamental de l'être humain pour la vie autant que son attachement à une nature trop souvent menacée.

 

Des hommes paléolithiques à Miyazaki, la rêverie humaine prend sa source dans la nature et y revient finalement. 

 

 

Liens divers :

Bibliothèque nationale : le cerf dans les manuscrits enluminés.

Article de Pierre Vial.

Analyse de Princesse Mononoké sur le site Buta Connexion.

 

Bibliographie sommaire :

1968. Emile Thévenot, Divinités et sanctuaires de la Gaule.

1971. André Leroy-Gourhan, Les religions de la Préhistoire.

2005. Anne Lombard-Jourdan, Aux origines du Carnaval.

 

Sources de l'inconographie :

 

Intro - Image 1 - Image 2 - Image 3- Image 4 - Image 5 et image 7 - image 6 - image 8 - image 9


Par Abellion - Publié dans : Mythologie occitane : géants et hommes sauvages - Communauté : Patrimoines de l'humanité
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Commentaires

C'est fabuleux , heureux de te revoir sur la toile et j'espère que tu vas bien .
A bientôt
Commentaire n°1 posté par Christian lemenuisiart le 27/10/2011 à 22h26

Et moi aussi. J'aurai enfin, je l'espère, un peu plus de temps pour flâner sur mes blog préférés comme le tien... Amitiés.

Réponse de Abellion le 27/10/2011 à 22h43
très contente de retrouver vos articles , toujours aussi passionnant . je me souviens de la rencontre avec un vieux cerf majestueux . on a arrêté la voiture et dans la lueur des phares , il a traversé majestueux la route , ça avait quelque chose de magique. bonne soirée
Commentaire n°2 posté par gene le 27/10/2011 à 23h38

Je n'ai jamais eu la chance de croiser de cerf, peut-être sont-ils rares dans la Montagne noire. Mais croiser un vieux mâle sanglier solitaire, c'est déjà quelque chose... Rencontrer un animal sauvage est vraiment une expérience étonnante.

Amitiés

Réponse de Abellion le 29/10/2011 à 09h29
Bonjour Abellion,
Je suis à la fois heureux de vous revoir sur votre blog et surpris par le sujet: je ne m'attendais pas à lire un article (complet je dois l'avouer) sur "le Cerf".
Je pensais que le symbole de François 1er était la Salamandre. Aurait-il ajouté le Cerf pour montrer sa vitalité ? Il est vrai que le mythe de Fontainebleau relie les deux.
Quant aux bois qui illustrent le carrosse du mari de Mme de Maintenon,je ne sais pas si ce dernier a eu raison: Les bois du Cerf sont l'image de la "puissance" et, pour son compte, il aurait dû trouver une autre paire de cornes !
Au fait: je comprends votre longue absence de la toile: l'histoire du Cerf a dû vous demander beaucoup de temps en recherches !
Bonne chance pour votre continuation et à bientôt.
Amitiés, Eurosix.
Commentaire n°3 posté par eurosix le 28/10/2011 à 14h34

Cher Eurosix,

Les voix de la symbolique sont multiples ; les rois peuvent avoir des symboles personnels et d'autres dynastiques.

Pour ce qui est de l'article, détrompez vous... Il ne m'a fallu que quelques heures, mais je dirai que chacun de mes articles se nourrit de mes curiosités et de mes lectures, "digérées" et "macérées" pendant des années. Et puis un jour, l'envie me prend de mettre tout cela en forme.

Amitiés

Réponse de Abellion le 29/10/2011 à 09h31
le mythe est toujours présent dans notre inconscient. Le cerf, la force et la virilité, même si les cornes peuvent avoir une autre signification. Pour moi ce peut être une couronne.
je suis contente de te retrouver, il y avait longtemps que je n'avais plus de tes nouvelles
bisous
Moune
Commentaire n°4 posté par mouneluna le 29/10/2011 à 13h30

Moi aussi je suis heureux de voir que tu es toujours là sur la Toile. Le cerf mérite bien sa couronne, en tout cas, car c'est l'animal-roi par excellence. Moi aussi j'aime les mythes dans la mesure où ils traversent les époques et les civilisations, et constituent peut-être nos véritables racines par-delà les changements politiques, religieux... Il y a quelque chose de très profond là-dessous. 

Un poutou sur les deux joues.

Réponse de Abellion le 02/11/2011 à 14h27
Cher Abellion,
En ce jour des morts (qu'il ne faut pas craindre puisque c'est notre destinée et bien que l'on vienne de découvrir un rajeunissement des cellules) pardonnez ce qui me vient à l'esprit:
Il y a "cerf" et "serf". A une lettre près les anciens esclaves (car il y en a des nouveaux dans d'autres domaines) devenaient un symbole royal ! Il est vrai que dans le théâtre, la scène réunit les deux lettres .
Amitiés, Eurosix
Commentaire n°5 posté par eurosix le 02/11/2011 à 11h40

Cerf vient apparemment d'une ancienne racine indo-européenne "ker-", que l'on retrouve dans Cernunnos, et qui évoque la corne, tandis que serf - mais je ne vous apprend rien Eurosix, il me semble que vous êtes un latiniste chevronné - vient de servus, en latin l'esclave. Mais c'est vrai qu'en latin même on restrouve le jeu de mots cervus-servus. A creuser... Amitiés

Réponse de Abellion le 02/11/2011 à 14h32
Merci pour ce rappel autour du cerf, le mythe ancestral du Dieu cerf avec ses multiples variations ramène à nos racines profondes trop souvent ignorées.
L'évocation de Miyasaki me donne envie de revoir pour la Xe fois ce dessin animé.
Commentaire n°6 posté par fée des agrumes le 03/11/2011 à 11h06

Je reconnais votre fibre païenne, fée... Moi aussi il est des moments où je vibre pour ces mythes ancestraux qui, je ne sais pourquoi, évoquent toujours quelque résonance en nous. J'ai vu Princesse Mononoké à sa sortie... C'est un véritablement éblouissement ; il est dommage que dans l'animation française actuelle on ne sache pas arriver à une telle synthèse de rêve et d'intelligence.

J'avais bien aimé les Triplettes de Belleville par exemple, admiratif face à la perfection technique la malice et la drôlerie du scénario. Toutefois, je suis au regret de constater que même dans ce dessin animé on ressent des relents du cynisme ricanant et glacé qui flotte comme une odeur de rance dans notre société, alors que Miyazaki arrive à parler des valeurs éternelles comme l'amour ou l'amitié, ou encore la nature... Peut-être faudra-t-il envoyer les scénaristes faire un stage dans un sanctuaire shintoiste.

Amitiés

Réponse de Abellion le 04/11/2011 à 13h33
Je viens de relire votre article.
La photo magnifique du cerf fait comprendre, à elle seule, sa "dominance" et son regard hautain, qui, pour lui ne veut pas dire "méprisant". il explique pourquoi les rois l'ont adopté. Mais pourquoi "la chasse à courre" ?
Est-ce pour "guerroyer" un ennemi ? Pourquoi alors l'avoir choisi comme emblème par ceux qui le chassaient ?
Après l'Ours, premier roi des animaux, puis le Lion, pourquoi ne pas avoir choisi le Cerf ?
Amitiés.
Commentaire n°7 posté par eurosix le 06/11/2011 à 14h26

EUROSIX, il me semble que la mythologie de la chasse et le légendaire du cerf sont liés depuis toujours. Le livre sur Les Origines du Carnaval en particulier révèle qu'il existait dans la chasse au cerf toute une série de rituels très élaborées : tels morceaux étaient donnés aux chiens, tels autres aux chasseurs. Selon l'auteur, ces rites recouvrent des traditions millénaire. Nous qui venons depuis des millénaires de néolithique et une cinquantaine d'année de nourriture sous vide, nous avons oublié à quel point l'acte de se nourrir était jadis hautement rituel, voire "spirituel"...L'appropriation peut-être de la force et de la puissance d'un animal sacré, étrange histoire entre magie et physiologie...

Cela nous change aussi de nos chasseurs du dimanches en treillis, 4x4 et portable : la chasse aristocratique d'ancien régime perpétuait des usages ancestraux aujourd'hui sans doute perdus. En soi, on peut chasser un animal sacré, du moment qu'on lui témoigne un certain respect.

Le cerf étant un dieu païen, comme l'ours, je pense que l'Eglise a vu d'un bon oeil l'avènement du lion pour les remplacer, le Christ étant lui-même selon le christianisme le "lion de la Tribu de Juda" dans lequel les Juifs voyaient leur messie.

Et puis le cerf est cornu, ne l'oublions pas... Donc peut-être indécent.

Amitiés

Réponse de Abellion le 14/11/2011 à 21h48
Content de voir que le blog renait de ses cendres, c'est toujours un plaisir de lire des articles bien écrits (j'ose espérer quelques beaux nouveaux textes sur la Montagne Noire)!

Je connaissais bien l'importance du cerf dans les mythes païens, mais beaucoup moins sa récupération par le christianisme. As-tu lu l'ouvrage de J. Clottes sur le shamanisme et l'art paléolithique? J'avais pour ma part beaucoup apprécié.

C'est marrant car au fil de la lecture, je me demandais si tu évoquerais le dieu cerf de "Princesse Mononoké". Sans surprise donc !

Pour finir, une petite coquille que j'ai relevé, quand tu écris "L'art paléolithique s'est étendu sur une vingtaine de siècles", ça ne fait jamais que 2000 ans au lieu des 20 000 que tu voulais, je pense, indiquer ;-).

Amitiés
Commentaire n°8 posté par Promethazine le 06/11/2011 à 20h44

Je suis toujours heureux de te revoir ici. Le blog est sans doute encore loin de reprendre son rythme de croisière, et je regrette beaucoup de n'avoir pas le temps d'écrire tous les articles qui me tiennent à coeur. J'ai jadis feuilleté l'ouvrage de J. Clottes, je trouvais également ses théories très intéressantes, il faudrait que je m'y replonge.

Des motifs comme le cerf laissent supposer la continuité d'une réflexion sans cesse poursuivie au fil des millénaires ; paganisme et christianisme ne sont souvent pas si opposés qu'on peut le croire parfois. Ces lignes de forces sont fascinantes, elles constituent la véritable mémoire de notre continent.

Merci pour la coquille ! C'est 'énaurme', il faut que je corrige !

Amitiés

 

Réponse de Abellion le 14/11/2011 à 21h53
Ah ça fait plaisir de retrouver enfin tes articles!!

De mon côté, je suis en train de lire le livre de Pastoureau, "l'ours ce roi déchu". Plusieurs paragraphes parlent du cerf et notamment, de l'influence du christianisme dans le passage de l'ours au cerf comme animal roi des forêts. C'est intéressant.

Princesse Mononoké est l'un des films d'animation que je préfère!
Commentaire n°9 posté par Ourson le 20/12/2011 à 14h54

Quel plaisir de revoir l'Ourson traîner par ici ! Je n'ai pas trop eu le temps de m'occuper du blog ces derniers temps, il me faut trouver un peu de temps...

Merci de me signaler le passage de Pastoureau, j'avais lu le livre mais complètement oublié qu'il parlait du cerf, cela fera un bon complément pour l'article. Les symboles et les mythes me fascinent toujours autant, païens ou chrétiens.

Allez, je m'en vais préparer Noël, sinon ma chère moitié risque de m'assassiner...

Amitiés

 

Réponse de Abellion le 23/12/2011 à 10h00
Petit mot rapide pour vous souhaiter une belle année 2012.
Puisse la vie vous permettre de nous régaler encore de vos articles riches et intéressants.( Si ça marche, c'est que le reste laisse la possibilité de le faire et c'est bon signe, non? )
A bientôt
Commentaire n°10 posté par fée des agrumes le 01/01/2012 à 10h43

Merci Fée, cela me va droit au coeur... J'espère trouver le temps de poster davantage d'articles cette année.

Meilleurs voeux à vous.

Réponse de Abellion le 03/01/2012 à 17h27
Bonne et heureuse EB
Commentaire n°11 posté par Elisabethbaysset le 01/01/2012 à 21h22

Santé, prospérité et joie pour 2012 !

Réponse de Abellion le 03/01/2012 à 17h27
Cher Abelion,
Êtes-vous parti en voyage dans un lieu secret, ou même au "Centre de la Terre" comme Jules Verne, mais, contrairement à lui, "pile" sous le Pays Cathare pour rechercher d'autres lieux intéressants ?
Quoiqu'il en soit, je m'en voudrais de laisser passer l'occasion de vous souhaiter sincèrement une excellente année, au point de vue bonheur et santé mais aussi au point de vue trouvailles.
A tous ces points de vue, qu'elle soit fertile et bienfaisante.
Amitiés,Eurosix.
Commentaire n°12 posté par eurosix le 02/01/2012 à 12h15

Merci, Eurosix ! Fort occupé ces derniers temps, j'espère avoir plus de temps en 2012 et pour me promener - mais pas aussi loin qu'Arne Saknussem - et partager avec vous par l'intermédiaire d'articles.

Que 2012 vous apporte joies, santé et bonheur !

Réponse de Abellion le 03/01/2012 à 17h29
Bonjour et Bonne Année. J'arrive un peu tard mais très intéressé. Puisqu'on parle d'ouvrages de fiction autour de mythes du cerf, pourquoi ne pas citer le 2è tome de la saga de Fred Vargas: "dans les bois éternels", où le dix-cors "le grand Roussin" est au coeur (si j'ose dire) de l'intrigue. Respect et massacre de la bête, symbole de vitalité et de fécondité etc. Amitiés
PS je mets un commentaire sur la chapelle St Sauveur (64)
Commentaire n°13 posté par LUC le 08/01/2012 à 15h35

Je vous remercie de cette référence qui complète bien mon article. Le hasard a voulu que j'écoute la semaine dernière une émission sur FRance Culture où intervenait Michel Pastoureau qui a déclaré qu'au Moyen-âge la symbolique du cerf avait deux versants : diabolique (l'image de la bête en rut) et christique (le cerf blanc portant sousvent une croix entre ses deux cornes).

Réponse de Abellion le 15/01/2012 à 15h20
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