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Le Pays cathare ou Languedoc (Ariège, Aude, Haute-Garonne, Tarn)...

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...qui vous parlent de l'histoire, du patrimoine, des légendes du sud de la France.

Un monde si proche et si lointain de châteaux, de villages perchés, de pics et de forêts profondes s'ouvre désormais à vous.



"Les êtres et les choses sont créés et mis au monde non pour la production mais pour la beauté"
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"Ne soyez pas des régionalistes. Mais soyez de votre région."

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Miguel de Unamuno

21 décembre 2009 1 21 /12 /décembre /2009 14:37

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Dans la partie du nord de l’Aveyron qui touche au Cantal, il est un ancien village aux toits couverts de lauzes. Il suffit d’y passer quelque temps pour être frappé par la douceur du pays et l’amabilité de ses habitants, mais aussi la richesse de son patrimoine.
 Qu’il fait bon flâner dans les rues du Mur-de-Barrez, parmi tant de témoignages d’une riche histoire… N'hésitez pas, chemin faisant, à cliquer sur les photos pour les agrandir.

 

Paysages

La commune actuelle de Mur-de-Barrez occupe une superficie de 2018 hectares, et comprend Mur, Bromme, Sinhalac (anciennes paroisses médiévales). On y trouve peu de forêts, mais de nombreux pâturages, un sol où les affleurements de roches volcaniques sont nombreux. Les vallées du Lot et de la Truyère ne sont pas très éloignées. Mur est construit sur une butte dominant un paysage de prairies et de bois clairsemés. De l’esplanade du château qui domine le bourg, on apprécie la belle unité du village, entièrement couvert de lauzes et bâti de pierre sombre. Les toits sont pentus comme il se doit en pays de neige.

 

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Une forêt de toits de lauze pentus, en pays de neige...

Antiquité et haut Moyen-âge

Sur le territoire de la commune se trouvait une voie romaine, ou plus précisément un itinéraire secondaire. En 987 apparaît la première mention de Mur dans une donation d’un certain Matfredus à l’abbaye de Conques. Il ne s’agissait donc encore que d’une « manse », domaine agricole, avec des prés, des jardins, des pâturages, consacré aux productions fruitières et céréalières.

 

Une ville à l’allure médiévale

 

La ville a conservé dans les grandes lignes sa topographie médiévale. Le tracé de l’enceinte rectangulaire est encore visible, une grand’rue matérialise l’axe nord-sud et deux portes médiévales subsistent. La cité est dominé par les ruines du château, rasé au XVIIe siècle (ci-dessous).


mur vestiges château
Vestiges du château rasé sur ordre de Louis XIII


Le Moyen-âge

 

Au XIe siècle sont citées les principales paroisses du territoire de Mur : Bromme (1061-1065), Sinhalac (1087-1107), Mur (1065-1090). Mur était dès cette époque doté d’un château. Quelque temps après (XIIIe s.), il est dit que les Albigeois s’emparent de la forteresse, mais que Mur est délivré par le seigneur de Thénières qui réclame ensuite à la ville délivrée une rente de six moutons d’or par an en guise de compensation… Toutefois, aucun document d’époque n’atteste cet épisode controversé.

 

Eglise et château

 

Au XIIe siècle est également construite une chapelle Saint-Thomas, qui deviendra l’église paroissiale (citée en 1191). Le château de Mur est entouré d'un bourg fortifié et de faubourgs. Aujourd’hui, il ne reste du château, détruit au XVIIe siècle, qu’une partie de la courtine sud, avec les fondements d’une tour ronde.

 

Mur semble être à cette époque dans la mouvance des Comtes de Rodez, qui y font installer un juge et un bailli (1270) ; Hugues de Rodez et son épouse Alcaïte accordent une charte de franchise (1246). Cette charte accorde un certain nombre de droits et de privilèges :

-exemption de la taille accordée aux habitants du bourg et des faubourgs

-protection des biens immeubles

-amendes pour troubles à l’ordre public

-absence de taxes sur les produits des jardins, le foin, la paille.

 

Le lieu était sans doute important sur le plan des échanges, jalon sur le parcours des estivages de troupeaux se rendant du Rouergue vers l’Auvergne.

 

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Porte du Pourtalou

Des temps troublés

 

En 1373, les Anglais s’emparent du château de Mur et de celui de Vallon, dans la vallée de la Truyère. Il semble qu’à la fin du XIVe siècle, la région de Mur, dévastée, ait été en fâcheuse situation, puisque le roi Charles VI exempte les habitants d’impôt pendant 2 ans (1392).

 mort-albinhac-t-te-danse-macabre.jpg
La mort d'Albinhac, près de Mur
 (XVe s.)


Le XVe siècle semble voir réapparaître une certaine prospérité, avec des marchés importants où se vendent bétail mais aussi sel, huile, draps, fer, acier, marmites de cuivre, fromages, mercerie. Toutefois, à la même époque, les bandes armées menacent le village… En 1414, les Anglais reprennent la ville et l’église est incendiée, si bien que les voûtes de cet édifice roman sont refaites en style gothique après 1436. Les fortifications sont reconstruites également à partir de 1438. C’est de cette époque que date la porte monumentale « de Monaco », d'après les Monuments Historiques. Cette tour abrite une porte fortifiée, autrefois porte principale de la ville lorsque les fortifications existaient encore.  

 

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Porte de Monaco (XVe s.)

Les pestes et les troubles divers du XVe siècle ont dû causer, ici comme ailleurs, un certain sentiment de désolation, comme en témoigne l’étonnante représentation de la mort à Albinhac, non loin de Mur.

 
La Renaissance
de Mur de Barrez

 

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Maison de Cadilhac ou maison consulaire (XVIe s.)

Après les épreuves du siècle précédent, le XVIe siècle marque une prospérité retrouvée. D’après un témoignage de 1552, Mur était «  ville close de muraille et fossé », « les gens de ladite ville riches et aisés », et de grands marchés avaient lieu avec « grande dépêche et vente de bétails et de marchandises ». En 1515 est fondé un hôpital pour accueillir les pauvres et les pèlerins de Saint-Jacques. Il est transformé en 1555 en Hôtel-Dieu.

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Maison consulaire : étages

Le village se modifie, de nouvelles maisons apparaissent. C’est notamment le cas pour une belle maison du XVIe siècle, actuellement siège de la mairie et que l’on appelle « maison de Cadilhac » ou "maison consulaire". Son rez-de-chaussée a de superbes arcades qu’une intelligente restauration a dégagées (elles avaient été murées). Les clés de voûtes des arcades sont gravées de pieuses citations.  

 

In te domine speravi (En toi j’ai espéré Seigneur)- extrait du Te Deum

Cum apparuerit gloria tua (Quand ta gloire sera apparue) –Psaume XVI

 
Les étages ont de belles fenêtres à meneaux et des plafonds à la française. Détails décoratifs : la maison porte des armoiries (qui seraient celles de la famille de Vinzac ou Venzac) ; deux bustes en saillie, une figure masculine et une figure féminine.

 

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 Figure féminine  Figure masculine


Lors des guerres de religion, les Calvinistes prennent la ville et l’Eglise est à nouveau dévastée. L’ancien chevet comportant des chapelles rayonnantes est détruit. Dans le jardin de l'église, on peut encore voir le départ des voûtes détruites (photo ci-dessous).


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L’âge classique 

 

En 1620, Louis XIII ordonne de raser le château. En 1641, par le traité de Péronne, la vicomté de Carlat, dont Mur, entre en possession d’Honoré II de Grimaldi, Prince de Monaco, pour compenser des terres perdues dans le royaume de Naples et le Milanais. Mur-de-Barrez sera ainsi sous administration monégasque jusqu'à la Révolution (1791).


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Le monastère des clarisses 


Le XVIIe siècle voit aussi l’établissement d’une communauté de Clarisses, à l’initiative de François d’Humières, un seigneur du Carladez, qui donne une maison pour accueillir la future communauté et des revenus pour l’entretenir.  Les six premières clarisses ne sont autres que les trois sœurs et les trois filles de François d’Humières. Plus tard, la communauté s’installe dans le monastère actuel. Les Clarisses, d’après des témoignages du XVIIIe, se consacraient principalement à l’éducation des filles. On a pu compter jusqu’à 37 religieuses.

 
mur retable
Le retable (dernier quart du XVIIe siècle)

L’église est reconstruite au XVIIe siècle, son chevet est rebâti très en retrait du chevet roman originel, ce qui donne à l’édifice son plan allongé. La fin du XVIIe et le début du XVIIIe siècle poursuivent les améliorations à l’église : dans le dernier quart du XVIIe siècle est sculpté l'imposant retable, auquel Antoine Lacombe aurait participé comme doreur (selon les Monuments Historiques). Au centre du retable, un tableau assez saisissant représente le meurtre de Saint Thomas Becket, archevêque de Cantorbéry tué sur ordre du roi d’Angleterre Henri II Plantagenêt. Sur les parties latérales, les statues de Saint Pierre et de Saint Jean. L'année 1758 voit la réfection du clocher.

mur retable beckett mur retable saint pierre
Détail du retable: assassinat de Thomas Becket
 Détail du retable : St Pierre


Autres curiosités

-une maison qui aurait appartenu à Fualdès notaire anti-royaliste qui fut tué sur la restauration ; une affaire trouble qui a donné lieu à un procès retentissant


mur maison fualdès
Façade de la maison de Fualdès

-Dans l’église de Mur-de-Barrez, une particularité unique : un gisant figure en clé de voûte, à plusieurs mètres du sol !


 mur barrez gisant


Bref… 

Les richesses d’une histoire plus que millénaire, inscrites dans un beau village. Une visite que je vous conseille de tout cœur.

 

Localiser Mur-de-Barrez sur la carte interactive

Suggestions bibliographiques

Jean-Louis Boudartchouk, Le Carladez de l'Antiquité au XIIIe siècle.

Christophe Bellat, Mur-de-Barrez en Carladez. Au fil de l’Histoire.

 

Liens

Historique (OT de Mur-de-Barrez)

Historique du couvent (Clarisses de Mur)
Historique (Collège public de Mur)


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commentaires

P.Salvy 18/06/2017 18:24

Bonjour,
J'ai bcp apprécié votre ouvrage.Et à propos de vieilles pierres j'avais dans le jardin de ma maison de famille située sous le château de Mur un chapiteau provenant, vraisemblablement,d'une fenêtre bigémineé,sculpté sur ses 4 faces.Or, m'étant mis à l'étude de l'écriture Arabe,je me suis aperçu que
sur une de ses faces, était écrit Allah en lettres arabes.J'ai fait confirmer la chose par un érudit en Arabes.Par ailleurs la pierre est bien en basalte local.
Si cela vous intéresse je peux vous en adresser des photos.

Uline 13/02/2010 21:12


Une publication des archives du Carladès conservée aux Archives de Monaco a été entreprise en 1900 par Gustave Saige et le comte de Dienne, en deux volumes et republiée recemment en 2007 (1 tome
sorti à ma connaissance)
bonne soirée Abellion et encore merci pour votre gentillesse


Abellion 13/02/2010 21:36


C'est moi qui vous remercie de toutes vos visites et de l'attention que vous portez à mes articles. Je connais le Carladez depuis peu de temps, mais que je l'aime déjà, et cela me fait toujours
plaisir d'en parler avec une historienne passionnée par son sujet comme vous. par hasard, n'en sauriez-vous pas plus au sujet de cette mystérieuse clef de voûte ?
Amitiés


Uline 13/02/2010 21:08


entre l'Aveyron et le Prince de Monaco : non (le Pde M ayant perdu sa seigneurie à la Révolution française) mais entre le Carladès et le Prince de Monaco(Carladès dont faisait parti le mur de
Barrès) oui !excusez moi pour cette précision, je ne voudrais pas paraître agaçante ...!!!


Abellion 13/02/2010 21:34


Oui, vous avez raison Uline, merci de la précision !


Uline 13/02/2010 12:53


Enfin l'administration seigneuriale car l'administration royale était toujours présente notamment au niveau de la taille et aussi des registres paroissiaux et du notariat resté royal.En fait
c'était un dédommagement pécuniaire (il y avait aussi les Baux de Provence, St rémi etc) ni plus ni moins : ceci dit je serai pour une restitution des archives du Carladès qui sont à Monaco à la
France car le prince de monaco est resté comte du Carladès que 1 siècle et demi ! c'est si peu dans l'histoire du Carladès ... mais ça fait "exotique"


Abellion 13/02/2010 15:26


Détail fort intéressant. Ces documents ont-ils été publiés ou analysés par les historiens, ou encore numérisés ? Je me demande aussi si les Princes de Monaco sont venus faire un tour dans leur
ancienne posession. Pour ma part, je trouve l'association entre l'Aveyron et la Principauté très poétique, voire un rien surréaliste. Un charme de plus pour Mur-de-Barrez !
Amitiés


Hélène 01/01/2010 22:43


"Allons, c'est un peu court, jeune homme!
On pouvait dire-Ô Dieux!- bien des choses, en somme...", dirais-je à ce serpent biblique qui n'a même pas le bon goût de parler notre beau françois...

Tsss...Abellion, ignioriez-vous que je suis serpent dans l'astrologie chinoise?


Abellion 01/01/2010 22:45


Ah, parlons-en, ce ces signes chinois, il m'ont collé cheval ou quelque chose dans le genre. Je suis abonné au quadrupède herbivore. Serpent, cela vous a une autre classe, quand même !