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Le Pays cathare ou Languedoc (Ariège, Aude, Haute-Garonne, Tarn)...

Venez y découvrir
les lieux méconnus...

...qui vous parlent de l'histoire, du patrimoine, des légendes du sud de la France.

Un monde si proche et si lointain de châteaux, de villages perchés, de pics et de forêts profondes s'ouvre désormais à vous.



"Les êtres et les choses sont créés et mis au monde non pour la production mais pour la beauté"
Joseph Delteil

 

"Ne soyez pas des régionalistes. Mais soyez de votre région."

Joë Bousquet 

 

"Celui qui n'a pas de passion, il ne lui sert à rien d'avoir de la science."

Miguel de Unamuno

21 septembre 2010 2 21 /09 /septembre /2010 22:10

Je sais que cet article déplaira sans doute à certains, mais tant pis. Il est un moment où l'on ne peut plus se taire.

 

Il m'est arrivé de parler ces derniers temps avec un adolescent, qui m'a dit fièrement "Moi, je suis un barbare". La phrase est moins anodine qu'elle n'en a l'air. Comment un jeune, qui est en fait l'héritier d'une civilisation plusieurs fois millénaire, de l'héritage antique au Moyen-âge, jusqu'à la modernité des droits de l'homme, a-t-il pu être conduit à se reconnaître dans l'image d'Epinal d'un être à demi-sauvage ?

 

Pourquoi tant de nos contemporains se réfugient dans des sous-cultures ou dans la violence ?

 

ingres-dessin-d-un-barbare-de-la-colonne-trajane-base-memo.jpg

 

Une définition de la civilisation

 

Vaste question, toutefois -c'est mon point de vue- l'on peut dire que la civilisation occidentale, au moins depuis la Renaissance, et aussi la civilité à l'âge classique, a fait aller de pair plusieurs concepts

-le savoir : la connaissance du monde est née progressivement d'une moins grande connaissance, ou d'une ignorance (les jalons en sont multiples : la pénétration d'Aristote en Occident au Moyen-âge, l'Humanisme, l'honnête homme classique, les Lumières...)

-la connaissance de l'autre : ce savoir aboutit à ce que chacun, par-delà ses particularisme de religion, de politique, etc. accepte de voir dans les autres ses semblables, d'autres hommes, ses égaux.

-la concorde : ainsi les conflits s'apaisent, car bien que des tensions existent, il y a le sentiment d'appartenance à une humanité commune.

-la langue commune : la langue commune cimente cette unité et permet de débattre courtoisement des problèmes au coeur de la cité. Le barbare opposé au civilisé, étymologiquement, est celui qui ne parle pas le langage de la Cité.

-la civilité et le respect : la politesse, l'urbanité sont le signe qu'on voit dans l'autre son égal, un homme aussi précieux que soi, même s'il pense à l'opposé de vous.

  

chasseriau-les-invasions-barbares.jpg

 

Perte de civilisation

 

Or dernièrement, certaines évolutions sociales menacent les trois points de ce fonctionnement

-un défaut de culture : le défaut de transmission culturelle et une certaine faillite de l'enseignement sont dus autant aux pédagogues et parents qui en bradent le contenu qu'aux élèves qui la refusent consciemment

-l'atomisation de la société : cette ignorance favorise la multiplication des communautarismes et des particularismes qui font que l'on se définit avant tout comme membre d'un groupe politique, social, ethnique ou religieux avant d'être citoyen d'un pays.

-les attaques contre la langue commune : les attaques contre la langue française, déformée, mutilée, la réduisent à un code réservé à une tribu (sabir franglais des technocrates et informaticiens, langage SMS des "djeuns", langues étrangères dans les transports en commun) plutôt qu'un instrument de communication  entre tous.

-la violence : les tensions entre groupes sociaux ne pouvant pas être résolues par un débat intelligent exprimé dans un langage clair et dépassionné, elles dégénèrent en actes de violence et en agressivité diffuse.

-l'incivilité, l'impolitesse généralisées sont des manières de signifier à l'autre son infériorité ou son inexistence, que ce soit dans les relations de voisinage (bruit, agressions sur l'espace public) ou sur internet (insultes derrière les pseudonymes, phénomène des trolls)

 

 Ce serait cela, un processus de perte de civilisation. Une progression de l'ignorance qui pousse les individus et groupes sociaux à cesser de parler entre eux et éventuellement à recourir à la violence, en abandonnant le respect de l'autre, idéal de la vie en société. 

Quelles sont les causes de ce phénomène ? la question est vaste. Entre autres, l'extrême individualisme, la société d'hyper-consommation, aussi bien que l'exhaltation disproportionnée de certaines valeurs ethniques ou religieuses ont joué leur rôle dans le processus qui ne cesse de s'amplifier.

 

Un exemple : Orange mécanique

 

l-internaute.com-cinema.jpg

 

Un bon exemple de ce processus est le personnage d'Alex dans le film de Stanley Kubrick, Orange Mécanique, qui raconte - faut-il le rappeler - le parcours d'un adolescent violent, véritable barbare moderne.

-les parents et éducateurs laxistes ne peuvent -ou ne veulent- rien faire passer ; l'enfant est obligé de se bricoler lui-même un à-peu-près de culture (son goût irrationnel et exclusif pour la musique de Beethoven en témoigne).

-l'individu ne fait plus partie de la société mais de micro-groupes, en l'occurrence des bandes ultra-violentes travaillant chacune pour soi

-une langue particulière permet à Alex et ses amis de communiquer ; comme il n'a même plus conscience du caractère particulier de cette langue, il l'utilise pour parler avec des personnalités de la société et passe pour inculte

-le groupe se soude par une violence aveugle dirigée contre tout le reste de la société qui n'en fait pas partie : on peut tout leur faire car ce sont des étrangers.

 

Alain Finkielkraut sur la décivilisation

 

Maintenant, sans avoir une adoration pour le personnage en général, mais parce que certains propos qu'il prononça ce jour-là me semblent sensés, je voudrai citer quelques propos A. Finkielkraut, en 2008 sur France Culture, tentait de définir ce qu'il appelait la décivilisation, avec plusieurs critères et exemples fort intéressants.

 

 

Civilisation et décivilisation

(En italique, retranscription des propos d'A. Finkielkraut que vous pouvez aussi écouter en appuyant sur lecture ci-dessus) 

 

"Le concept de civilisation est apparu avec les Lumières, il traduit une confiance dans le temps, c'est un concept dynamique, un même mouvement d'adoucissement des moeurs, d'éducation des esprits, de culture des arts et des sciences, d'essor du commerce et de l'industrie [...]. Or, il me semble aujourd'hui que cet ordre du temps se disloque. Nous ne vivons pas une crise de civilisation, nous sommes engagés dans une processus de décivilisation. L'expliquer, c'est en chercher les signes; j'en ai relevé dans l'actualité trois. Ce qui est important, c'est que cela touche toutes les couches de la société.

 

Premier exemple, Villers-le-Bel. Je ne parlerai pas des émeutes elles-mêmes, et de leur violence. une enquête est parue dans Le Monde, et c'était la vie d'un immigré du Bénin qui venait d'obtenir des papiers et qui avait déménagé de la cité de Villiers-le-Bel à la cité du Bois-Joli pour un petit HLM. Et il avait expliqué que dans cette cité il connaissait l'enfer. Des escaliers sentant l'urine et couverts de crachats, mais plus grave encore, il travaillait dans deux sociétés de gardiennage, il ne pouvait pas dormir à cause du bruit des motos et de ce qu'on appelle le Wheeling sur une roue. Les jeunes qui agissent ainsi le font en toute impunité, toute le monde a peur de leur dire quoi que ce soit. La civilisation, c'est ce qui permet la solitude, le bruit c'est la décivilisation en acte.

 

Deuxième exemple : un grand artiste, Bartabas [...] Il a une académie équestre, L'administrateur lui dit qu'il ne peut pas augmenter sa subvention. Coup de colère, il lance des chaises à la tête de l'administrateur, il casse des ordinateurs, il s'en va furieux après ce saccage, il continue d'exiger du respect. [...]

 

Le troisième exemple est le pire, parce que là il concerne les classes dominantes d'aujourd'hui. les modèles, le show-bizz [...] Une émission de Th. Ardisson sur Canal Plus [...]. On décerne des Aliens d'or, des monstres d'or, et on demande à cet aréopage de célébrités, on leur dit voilà : voici un certain nombre de personnages morts dans l'année - Pavarotti, Serrault ou Noiret, et il y avait le Cardinal Lustiger. On leur demande quelle est la mort qui vous a le moins touché. Et en se marrant, en ricanant, ils disent tous Lustiger. Et c'est très drôle. ça, si vous voulez, c'est la catastrophe du rire. [C'est] l'hilarité comme irruption convulsive des passions basses, invitation constante à la bassesse.

 

La civilisation devrait entrer dans la sphère de l'écologie parce que c'est quelque chose de fragile, de périssable. Le modèle n'est plus le gentleman, c'est l'enfant gâté. Avec les télécommandes, les écrans, on veut tout, tout de suite, et agir selon son bon plaisir."

 

Bref... 



Abstraction faite ou pas des positionnements politiques de Finkielkraut, ses idées sur la civilisation méritent que l'on s'y arrête. Un monde où on ne respecte pas la tranquillité indispensable à la vie de l'autre, où le moindre déplaisir engage une agressivité disproportionnée, où on peut rire de tout est-t-il encore un monde civilisé ?

 

Pour moi, j'ai une conviction. La pseudo-liberté, la liberté des imbéciles "je fais ce que je veux" semble avoir désormais prouvé ses limites. Elle est la porte ouverte d'un côté au n'importe quoi individualiste, de l'autre à de nouvelles idéologies totalitaires. La société française en est-elle réduite à devenir un paniers de crabes qui se détestent, parce qu'ils ne savent plus vivre avec les autres ?

 

J'espère bien que non. Ce blog Lieux secrets du Pays Cathare est visité par des gens d'horizons politiques, d'origines, de classes sociales différentes, mais tout sont unis par une culture, la conscience d'un héritage de civilité, de beauté, de bien dire qui est le nôtre. C'est là aussi une de mes raisons d'espérer.

 

Et vous, avez-vous des raison d'espérer ou de désespérer ? Pensez-vous qu'on va vers moins de civilisation, ou une autre civilisation ? Quel qu'il soit, votre point de vue sur cette question de fond m'intéresse.

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commentaires

Patricia 13/08/2014 23:52

Le hasard de mes recherches sur la civilisation cathare m'a conduit jusqu'à vous.
Si je devais comparer le monde d'aujourd'hui par rapport à mes convictions personnelles, je vous proposerai le film V pour vendetta. Epouse et fidèle depuis 25 ans, mère de 3 enfants, j'élève mes enfants avant tout dans le respect de la vie et d'autrui. Tradition, famille, amour du travail bien fait. Tout travail mérite salaire, l'argent ne tombe pas du Ciel. Préservé l'unité et l'amour de la famille.
Je suis aussi actuellement l'unique déléguée syndicale de l'entreprise privée qui travaille en sous-traitance pour le centre de traitement des PV nationaux de France.
Je défends avec conviction mes idéaux : l'humanité, le respect et la reconnaissance du travail pour chacun. Je me bats pour unir les gens et non les divisés. J'apprends à mes enfants la politesse, le respect de leurs ainés et à se respecter eux-même. Le monde pourrait tellement beau si l'argent ne menait pas la danse... Transmettre le savoir, ses origines et défendre l'Amour le vrai sans attendre en retour, donner sous toutes ses formes, le bénévolat, la charité, toutes ses qualités, ainsi que le bon SENS qui n'a aucune valeur marchande mais qui à mes yeux sont les beaux trésors. Catholique, pratiquante occasionnelle, je défends les vrais valeurs de la Famille, je défends notre langue, parlée et écrite, je me bats pour préserver une bonne orthographe. J'écris encore mes courriers à la main pour les voeux de bonne année. J'incite mes enfants à faire autant à écrire quelques cartes de vacances aux gens qu'ils apprécient pour lutter contre le virtuel. Nous sommes malheureusement bien engagés dans une voie de désocialisation à l'ère de la communication virtuelle, les gens n'ont jamais autant de soufferts de solitude. Ils èrent comme des âmes en peine car le monde d'aujourd'hui est cruel et déshumanisé. Les médias banalisent la misère, le chômage, les guerres. Les gens deviennent indifférents.
Heureusement qu'ils existent encore des gens comme moi, qui malgré tout se rebellent contre le système et croient naïvement qu'une seule personne peut faire changer les choses dans le bon sens. Je veux y croire et je le transmets à toutes les personnes que je côtoie dans mon entourage. J'ai bien mené la grève en 2011 pendant 6 jours à Rennes au centre des PV avant d'être élue délégué du personnel.

severac 09/05/2013 14:10

cette réflexion sur la société m'a extrêmement touché dans la mesure où elle traduit ce que je pense et aussi le fait que je ne sois pas la seule à le penser... j'ai eu très récemment une conversation avec mon fils qui a dû mal à accepter ces théories et ne voit pas l'utilité de réagir pour faire changer les choses.... il faut toujours espérer mais pour l'instant cela me parait compromis... en tous cas, je ne sais si c'est vous qui faites tous ces articles sur l'histoire de la montagne noire que j'aime énormément mais je vous en remercie.

Abellion 21/05/2013 21:50

Merci, je pense que nous ne sommes pas les seuls à parler d'une crise profonde de civilisation.
Si je devais réécrire cet article, je pourrais rajouter que cette crise a été provoquée, sinon voulue, tout ou partie, par l'establishment lui-même. Comme si la classe dominante n'avait comme solution pour rester au pouvoir d'abrutir le peuple, de l'infantiliser en lui ôtant ses valeurs autant qu'en agitant devant lui les hochets de l'individualisme, du consumérisme et de la facilité. De l'art de dresser les hommes les uns contre les autres... D'oublier que l'homme est un être de parole et un animal "politique" au sens noble du terme avant d'être cet espèce d'autiste abruti par les sirènes de la publicité et le ron-ron des médias aux ordres, n'ayant en mire que sa propre et finalement vaine existence individuelle, et incapable de voir qu'il fait parti d'une communauté, d'un tout...
Je pense que les gens sont toujours aussi intelligents que jadis, seulement leur esprit critique est neutralisé par une hypnose festivo-médiatique, qui est une sorte de décor de théâtre ou de village Potemkine dressé pour ne empêcher de voir les enjeux très graves qui se préparent.
Agir, nous pouvons tous le faire à notre petit niveau, en recourant au dialogue, en éclairant et en conseillant les gens... J'ai beaucoup d'espoir en la jeunesse pour ne pas rééditer les erreurs de ses aïeux...
A bientôt je l'espère.

Florence 27/02/2011 23:15


Ayant fait avec mon époux, une analyse bien négative de la société française, nous avons choisi d'émigrer. Ou bien est-ce aussi pour le travail? Il n'y a pas vraiment une seule réponse, mais un
ensemble de tout. Et c'est en privilégiant l'avenir de notre fille que nous sommes partis au Canada et dieu sait que l'histoire qui se déroule en ce monment nous donne raison. Ici, nous retrouvons
encore des valeurs qui sont tombées dans l'oubli en France. Nous nous sommes posés dans un tout petit village, loin de la grande ville que nous avons cependant fréquenté quelques années. Et bien,
nous ne regrettons rien. La vie y est plus rude mais oh combien plus droite, sincère et simple. Le climat y est peut être aussi pour quelque chose! En tout cas, de la désespérance, nous avons
retrouvé l'espoir, comme celui qui existait autrefois chez nous dans les années 70.La France est une société qui se regarde trop le nombril et vit repliée sur sa gloire passée en pensant que
celle-ci rejaillit encore le présent. Il n'en est plus rien. Il faut s'en éloigner pour se voir tels que nous sommes et tels que les autres nous voient:d'incorrigibles vaniteux, donneurs de leçons,
dont les enfants ont lâché le wagon et essayent de se construire par eux-mêmes, avec de nouveaux repères....si tant est qu'ils existent.Quand on ne sait plus rien, qu'on est rien, pour se prouver
que l'on existe il ne reste que la violence.


Abellion 28/02/2011 18:27



Que vous dire ? La société française me semble effectivement bien malade, malade surtout de l'incapacité de transmettre des valeurs structurantes à ses enfants et ses adolescents autres que la
sur-consommation et les horreurs diverses que l'on voit sur internet. Je suis loin de jeter la pierre à ceux qui veulent élever leurs enfants loin de ce chaos. Ici aussi il y a peut-être des
villes, des villages, voire des espaces dans les villes où les gens ont encore le sens du contact humain et du vrai, ne désespérons pas.


Ce que je partage avec vous, c'est l'idée que la France vit sur sa grandeur passée. Son poids économique et intellectuel est tellement diminué, ne serait-ce par rapport aux années 60 et 70...
Peut-être parce que nous produisons des génération frileuses, qui n'ont pas le goût de l'effort physique ou intellectuel, du dépassement de soi, de la prise de risque et préfèrent vivoter des
allocations ? Je veux croire néanmoins que ce n'est pas le cas de tout le monde et que certains ont encore la flamme, l'audace, le brillant qui fut le nôtre autrefois...


A bientôt.



Uline 09/01/2011 15:59


Peut-être est-ce pour ces adolescents qui se veulent des barbares de se poser CONTRE un monde où la civilisation montre le sens de la marche ? peut-être aussi cela vient-il des films qui glorifient
ces personnages qui ont voulu résister aux "envahisseurs" comme les écossais avec leur roi dont je ne me rappelle plus le nom et tous ces héros habillés de peaux de bête ... j'ai une fille de 15
ans ...


Abellion 11/01/2011 11:51



Oui, c'est un âge difficile !


Pour ma part, je pense qu'il y a des manières plus ou moins intelligentes de se révolter, chez les adolescents comme chez les adultes. Se révolter contre l'autorité venue d'en haut, c'est
naturel, pour ainsi dire (dans certaines limites) ; mais se révolter contre ce qui nous relie à nos semblables et à nos égaux, la politesses, le respect des autres, juste pour prouver que l'on
est plus fort, plus intelligent, ou au-dessus des autres, cela me semble contre-productif, car aucune société ne peut naître sinon de la coopération et du désir de vivre ensemble. 


Le barbare, pour moi, ce n'est pas tant le révolté en générale qu'au contraire le dominateur : celui qui veut fonder le rapport social sur la contrainte et la domination plutôt que sur le
dialogue ou la concertation mutuelle, qui sont censés être les fondements des démocraties modernes. Cette forme de barbarie-là est déplacée dans une société libre. Et effectivement, commencer à
imposer du bruit à des personnes qui ne peuvent se défendre est un acte de coercition, et donc un premier pas dans la voie de cette barbarie-là, même si l'on peut faire bien pire (etl'on fait
bien pire).


Amitiés



Fardoise 03/11/2010 11:37


Question fondamentale aujourd'hui avec la disparition des repères, dans tous les milieux sociaux. Car c'est bien de cela qu'il s'agit, de l'homme animal social. C'est une idée à laquelle j'adhère
et c'est l'une de celle remise en cause par les nouveaux "barbares", non comme ces populations qualifiées de telles par les hommes des lumières (je ne partage pas l'enthousiasme les concernant),
populations souvent très civilisées, car possédant une vraie culture, une vraie mémoire.
Ce n'est pas le cas aujourd'hui de personnes "déculturisées", et là je ne fais pas allusion qu'à la jeunesse déboussolée qui ne sait plus à qui se vouer. Je pense aussi, par exemple, aux Américains
qui se posent en modèle, et qui, souvent, raisonnent de manière sommaire et manichéenne.
Je pense vraiment que l'homme n'est un homme à part entière que s'il appartient à la société et qu'il partage une civilisation qui le modèlera. La civilisation, c'est tout le patrimoine qui peut
nous être transmis et qui fait que la vie vaut d'être vécue, c'est l'art et la manière de vivre ensemble.
Dans civilité, il y a civil, non militaire, et "policé" pour celui qui vit dans la cité, en bonne entente et dans le respect d'autrui. Tout ce que cet article énonce.
Sans la civilisation nous ne sommes que des animaux.


Abellion 22/11/2010 18:31



Merci de votre contribution au débat, Fardoise. le paradoxe de la civilisation, à mon avis, c'est qu'il en faut de manière mesurée. Trop peu de civilisation et c'est tous ces instincts primaires,
peur, haine qui ressurgissent en l'homme ; trop de civilisation, et le formatage des foules par les élites peut s'apparenter à de la manipulation ou du dressage... Il est des civilisations qui, à
chaque époque, visent à l'hégémonie en essayant d'imposer aux autres leur culture et leur manière de vivre, les Etats-Unis aujourd'hui, d'autres noms dans l'histoire... Sachons avoir les racines
dans la nature et la tête dans la culture, les deux aspects indispensables mais à contrebalancer pour être un humain équilibré. Amitiés