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Le Pays cathare ou Languedoc (Ariège, Aude, Haute-Garonne, Tarn)...

Venez y découvrir
les lieux méconnus...

...qui vous parlent de l'histoire, du patrimoine, des légendes du sud de la France.

Un monde si proche et si lointain de châteaux, de villages perchés, de pics et de forêts profondes s'ouvre désormais à vous.



"Les êtres et les choses sont créés et mis au monde non pour la production mais pour la beauté"
Joseph Delteil

 

"Ne soyez pas des régionalistes. Mais soyez de votre région."

Joë Bousquet 

 

"Celui qui n'a pas de passion, il ne lui sert à rien d'avoir de la science."

Miguel de Unamuno

4 septembre 2011 7 04 /09 /septembre /2011 09:40

jolly jack 2Dernièrement, j'ai regardé avec plaisir le dernier volet de la série "Pirates des Caraïbes", qui explorait avec humour et action le mythe des sirènes et de la source de jouvence ainsi que la figure du terrible pirate Barbe-Noire... Ne pouvant rien envisager sans y impliquer mon Languedoc natal, je me suis interrogé sur la possible existence de pirates nés dans notre région au XVIIe siècle, l'âge d'or de la flibuste.

 

Bien m'en a pris, car ce faisant j'ai croisé deux figures aussi terribles qu'attachantes : un gentilhomme gascon ayant opéré dans les Caraïbes, le sieur Mombars, (ou Monbars) et un pirate barbaresque, le capitaine Xaban "le français", originaire de Sérignan.

 

Hisse le grand foc, matelot, et écumons donc les mers en compagnie de ces deux figures étonnantes...

 

Le sieur de Mombars, corsaire des caraïbes

 

A l'image romantique du pirate sans dieu ni maître, il faut opposer celle du corsaire au service du roi, et menant  sur ordre ce celui-ci une guerre lucrative contre les ennemis du Royaume. Au XVIIe siècle, dans la mer des Caraïbes, ils s'emparaient des richesses tirées par l'Espagne du Nouveau Monde. Monbars était l'un d'eux. Impitoyable et sanguinaire envers ses ennemis, il avait acquis le surnom d'exterminateur...

 

Exquemelin, le chroniqueur des hauts faits des "aventuriers" ou flibustiers, le décrit ainsi :

 

"Je me souviens de l'avoir vû en passant au Honduras. Il est vif, alerte, et plein de feu, comme le sont tous les Gascons. Il a la taille haute, droite et ferme, l'air grand, noble et martial, le teint bazané. Pour ses yeux, on n'en sçauroit dire ny la forme ny la couleur, estant cachez comme sous une vouste obscure, à cause que ses sourcils noirs et épais se joignent en arcade au-dessus, et les couvrent presque entierement. On voit bien qu'un homme de cette sorte ne peut estre que terrible : aussi dit-on que dans un combat il commence à vaincre par la terreur de ses regards, et qu'il acheve par la force de son bras."

 

Nul doute que Mombars, tel plus tard Barbe-Noire, savait jouer de son apparence pour effrayer ses ennemis...

 

Blackbeard.jpgBarbe-noire (Edward Teach, 1680-1718), lien

 

Comment devient-on corsaire ?

 

Mombars détestait au plus au point les Espagnols, ce qui fut déterminant, dit Exquemelin, dans le choix de la carrière de Corsaire, plus encore que l'appât du gain. On disait que sa haine remontait au collège, où Mombars avait découvert dans les ouvrages de Bartolomé de Las Casas les actrocités perpétrées par les conquistadores. Il avait même tenté d'assassiner un camarade de collège qui jouait le rôle d'un Espagnol dans une pièce de théâtre ! 

 

Coup d'essai et coup de maître

 

Le jeune Mombars brûlait de prendre la mer. Un de ses oncles, commandant d'un vaisseau de corsaire, l'engagea au Havre pour croiser contre l'Espagne, avec qui la France était alors en guerre.

 

Une fois en mer, un vaisseau espagnol apparaît. L'oncle de Mombars fait enfermer, son neveu, ayant peur de quelque acte inconsidéré... Les Espagnols sont les premiers à donner du canon ; le bâtiment français essuie le feu sans trop de dégâts et s'approche de sa proie... L'ordre d'abordage est donné. Mombars libéré y participe ; jouant du sabre, il va deux fois d'un bout à l'autre du navire ennemi, renversant tout sur son passage ! C'est la victoire pour les Français.

 

9502.jpgUn abordage au XIXe siècle, lien

 

Il s'avéra que le navire était chargé de richesses fabuleuses, dont Equemelin fait l'inventaire : " trente mille balles de coton, des tapis velus, deux mille balles de soye reprise, deux mille petites barriques d'encens, mille de cloux de girofle, puis une cassette remplie de diamans, dont quelques-uns paraoissoient de la grosseur d'un bouton commun."

 

Il y a là sans doute quelque exagération, mais quelle satisfaction pour un corsaire débutant que ette prise ! Exquemelin précise que plus que le butin, c'était le nombre d'Ibériques laissés sur le carreau qui contentait l'Exterminateur...

 

Au secours des boucaniers

 

Un autre épisode va permettre au jeune Mombars de prouver sa valeur, et de gagner son propre vaisseau. Les corsaires étaient en contact avec les boucaniers qui assuraient leur approvisionnement en viande. Ils chassaient les sangliers ou cochons marrons trouvés sur les îles, puis les préparaient en les fumant ou en les salant. Exquemelin avait goûté cette viande qu'il disait délicieuse, "d'une odeur admirable vermeille comme la rose, et dont on auroit envie de manger en la voyant."

 

Des boucaniers vinrent se plaindre aux corsaires que les Espagnols dévastaient leurs boucans (grills) en leur absence. Mombars leur propose de prendre leur commandement pour une expédition punitive. L'oncle donne quelques soldats en supplément à son neveu, et celui-ci part sur un canot des boucaniers.


boucanier.jpg

Gravure représentant un boucanier, lien

 

Arrivé sur leur île, le groupe aperçoit un détachement de cavalerie espagnole. Mombars va se jeter tête baissée quand un des boucaniers lui dit :


"Attendez, nous allons avoir ces gens sans qu'il en échappe un seul".


Suggestion qui était bien de nature à plaire à notre exterminateur...

 

Un stratagème diabolique

 

Les boucaniers firent semblant de planter leur tentes et de se donner du bon temps en buvant de l'eau-de-vie. Les Espagnols en furent ravis, attendant le moment où ils seraient fins saouls pour les attaquer.

 

Pendant ce temps, les boucaniers envoient des messagers secrets pour demander du renfort aux autres boucaniers de l'île. Puis, à la tombée de la nuit et à la faveur de la brume, les deux groupes se retrouvent dans le camp sans que les Espagnols ne se soient aperçus de rien.

 

Au petit matin, ceux-ci attaquent, pensant tomber sur des adversaires ronflants et avinés : mais ils se trouvent devant une foule de guerriers déterminés et prêts à en découdre !

 

hadoque.jpg

Lien

 

Le dénouement du combat

 

Mombars tue un Espagnol et vole son cheval pour mieux participer au massacre. Sa témérité est telle qu'il charge seul un escadron de cavalerie ! Entouré de toutes parts, il voit sa dernière heure arrivée, mais est sauvé au dernier moment par ses alliés.

 

Bientôt, les esclaves indiens des Espagnols, reconnaissant en Mombars un libérateur, se joignent au boucaniers et criblent de flèches leurs maîtres bien mal aimés. Quelques coups de mousquets encore, et la cavalerie ibérique n'est plus qu'un souvenir...

 

jolly-jack-3.JPG

 

Mombars disait lui-même que c'était là le plus beau jour de sa vie... Des mauvaises langues précisaient que c'était aussi un terrible carnage : on y voyait les morts baignant dans leur sang. les cadavres étaient tellement nombreux que les combattants trébuchaient dessus.

 

Le navire pris aux Espagnols fut rempli des nouvelles recrues, les boucaniers et les indiens liberés, et Mombars fut nommé commandant de ce navire. On adjoignit au jeune loup un vieux marin expérimenté pour tempérer son ardeur !

 

Un nouvel abordage

 

Huit jours plus tards, Mombars et son oncle sont assaillis par quatre navires espagnols. L'oncle en coule deux mais sombre avec son navire. Mombars coule à son tour un bâtiment ennemi, et se lance à l'abordage de l'autre, suivi de ses fidèles Indiens armées de fusils et de sabres.

 

1924041-Colonial_old_town_of_Cartagena-Cartagena.jpg

Cartagena de las Indias, cité coloniale espagnole (Colombie), lien

 

Pour venger son oncle, Mombars se lance à l'assaut d'une position espagnole. Le gouveneur, prévenu, fait tendre une embusacde et préparer huit cents hommes de troupe, avec quatre canons : peine perdue, c'est encore une victoire éclatante du Languedocien dans la mer des caraïbes, suivie bien sûr de sa scène de pillage réglementaire !

 

A suivre

 

Réalité ou fiction ? Certains n'ont pas hésité à remettre en cause l'existence de ce Capitaine, que l'on ne connaît après tout que d'après une seule source, le récit d'Exquemelin... D'autres soutiennent mordicus qu'il a vraiment vécu. Que vous en semble ? Selon moi, si non è vero, è bene trovato.


Si vous avez aimé écumer les Caraïbes en compagnie de Mombars, vous apprécierez sans doute de voguer en méditerrannée avec le capitaine Xaban, alias Guillaume Bedos, corsaire d'Alger...

 

Lien

Débat sur l'existence de Mombars

 

Sources

Alexandre-Olivier EXQUEMELIN ( ou Exmelin), Histoire des Avanturiers Flibustiers qui se sont signalez dans les Indes, tome II,  A Paris, chez Jacques le Fevre, 1699. Gallica

Jean MERRIEN, Histoire mondiale des pirates, flibustiers et négriers.

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commentaires

eurosix 05/10/2011 22:54


Cher abellion,
Mon intérêt pour la flibuste provoque chez moi, mais c'est peut-être particulier, une sorte de presssion "atmosphérique" qui me fait respirer comme un "toutou""qui tire sa langue après avoir
beaucoup courru. Par pîtié, ne me laissez pas haleter de la sorte trop longtemps.
Par ailleurs, sans vouloir m'immicer dans le com d'hélène et puisque vous devez lui adresser un mail, dites-lui que la philosophie et l'espoir sont source de vie. C'est du moins ma conviction.
Merci d'être mon intermédiaire mais son blog valait la peine d'être suivi pas à pas et aussi d'être compris. Son atelier d'écriture comme ses leçons de piano devaient être et sont un modèle du
genre. Il ne faut jamais désespérer. Merci et amitiés.


Abellion 06/10/2011 11:18



Que vous dire Eurosx, sinon que je brûle d'écrire cet article autant que vous de le lire, mais je dois toujours ajourner faute de temps. Il viendra malgré tout en son heure, soyez-en sûr ! Tout
vient à point à qui sait attendre...


Quant à Hélène, comme vous je lui maintiens toute mon estime et toute mon amitié en dépit de sa disparition de la blogosphère, où elle laisse un grand vide, bien sûr, pour tous ceux qui
l'appréciaient.


A bientôt


 



Hélène. 27/09/2011 20:29


Et bien, je suis ravie d'apprendre, Abellion cher,que vous battrez toujours pavillon, mais pas noir!
Il est important que des blogueurs sérieux, travailleurs mais ne dédaignant pas la facétie entretiennent, comme vous le faites, ûn intérêt pour le net!
Quant-à moi, je vous fais ici mes adieux d'internaute, pour raison de santé, mais pas dans la vraie vie!-Qui sait? Nos chemins se croiseront peut-être à nouveau?
Longue vie à la flibuste!
Amitiés,
Hélène.


Abellion 03/10/2011 20:54



Hélène, allons, n'en jetez plus ! Je regretterai sans doute beaucoup de ne plus vous voir sur Internet, mais la vraie vie existe toujours. Je vous envoie un courriel un de ces jours...


Amitiés,


FL.



eurosix 23/09/2011 17:02


Cher Abellion,
Mea culpa ! Je ne regardais que la date et le pavillon de corsaire avant d'aler plus loin. Ensuite, je n'ai plus regardé la date mais seulement le pavillon. En le voyant, toujours le même, j'ai
pensé que vous étiez parti en voyage, malade peut-être (cela arrive à tout le monde), je ne suis pas allé tout de même jusqu'à la mort mais le temps m'a paru tellement long que j'ai parfois hésité.
Pardonnez-moi. La suite de Monbars, surtout pour le flibustier méditerranéen, m'a poursuivi dans mes rêves. Aujourd'hui, et tout à fait par hasard, j'ai poussé ma recherche un peu plus loin: quelle
est ma stupéfaction ? Je retrouve le sourire et l'espoir. Merci et continuez mais, si cela est possible, ne changez pas que la date. Changez le pavillon ! Encore bravo et amitiés. A bientôt,
Eurosix.


Abellion 24/09/2011 06:14



Oui, cher Eurosix, je suis toujours là et bien vivant.


La suite ne devrait pas tarder... Je devrais avoir un peu moins d'occupations dans les semaines qui viennent, et un peu de temps pour poster un ou deux articles !


L'histoire du renégat Guillaume Bedot devrait suivre dans pas longtemps. N'ai-je pas un art consommé de garder mes lecteurs en haleine ?


Amitiés



florence H 23/09/2011 13:56


Ce blog est trés intéressant! Félicitations! je partage ton goût (si tu permets ce tutoiement de web-principe) pour les légendes et autres mystères.Je vais mettre un peu de temps à lire tous les
articles, mais presque tous les titres m'attirent, ça va occuper mes longues soirées d'hiver^^.As tu une rubrique sur les lieux hantés du languedoc? Cônnais tu la maison (dites) hantée à la sortie
de Lunel (30)? J'aurais bien aimé lire quelque chose dessus car je ne trouve rien...Au plaisir de te lire @+


Abellion 24/09/2011 06:12



Personne ne te presse... Libre à toi de le découvrir au rythme de la balade ! Ici, le temps n'existe plus, le passé et le présent se mêlent de manière inextricable.


Je n'ai pas encore fait de véritable article sur les fantômes. J'ai simplement fait un article sur les légendes de revenants de la Toussaint (lien ici). Pourtant, j'ai assez de matière en termes de légendes et de témoignages pour en faire d'autres.


Toutefois, dans la veine des Vanités, il y a toute une section du blog consacrée à "la légende de
la mort" en Occitanie. En tant qu'artiste, je suis sûr que tu adoreras la Mort d'Albinhac, en
Aveyron...


J'adore les histoires de fantômes, c'est peut-être mon côte "victorien". As-tu plus d'informations sur la maison de Lunel ?


A bientôt.



Hélène. 29/08/2011 18:11


Bonjour, Abellion,
Malgré nos abcences successivees de la toile, je passe vous faire un coucou, ayant traversé votre belle ville avec nostalgie...
J'aime toujours autant vos articles, du Gascon toujours fier et magnifique en Capitaine Haddock sur un pont espagnol.Je me r'gale de vos clins d'yeux mais... Cela devient un peu petit pour moi!
(Les caractères!)

A un de ces jours, hombre,
Amitiés,
Hélène.


Abellion 30/08/2011 08:41



Chère Hélène,


Un été bien occupé m'a maintenu bien loin de ce blog (et je m'en excuse aussi auprès des autres lecteurs). Je suis heureux d'avoir de vos nouvelles.


Si 'ma ville' est Toulouse, alors elle ne l'est plus car je me suis mis au vert !


J'ai des centaines d'idées d'articles, à publier dès que le temps me le permettra. Et vous, écrivez-vous toujours ? Avez-vous un blog ?


Amitiés