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Invitation au voyage


Le Pays cathare ou Languedoc (Ariège, Aude, Haute-Garonne, Tarn)...

Venez y découvrir
les lieux méconnus...

...qui vous parlent de l'histoire, du patrimoine, des légendes du sud de la France.

Un monde si proche et si lointain de châteaux, de villages perchés, de pics et de forêts profondes s'ouvre désormais à vous.



"Les êtres et les choses sont créés et mis au monde non pour la production mais pour la beauté"
Joseph Delteil

 

"Ne soyez pas des régionalistes. Mais soyez de votre région."

Joë Bousquet 

 

"Celui qui n'a pas de passion, il ne lui sert à rien d'avoir de la science."

Miguel de Unamuno

15 février 2010 1 15 /02 /février /2010 19:48
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C'est un immense plaisir pour moi...
Voici, en exclusivité pour "Lieux secrets du pays cathare" la version intégrale de ce superbe article sur le grand chanteur toulousain, que nous devons à la plume talentueuse d'Hélène du Calame et la plume, bien connue des lecteurs de ce blog...



…Lorsqu’Abellion m’a chargé de pondre un article sur Nougaro, j’ai dit oui, tout de suite. Ecrire pour un ami tel que lui, sur Claude, un rêve…

Mais l’exercice se révèle bien périlleux !

-      Qui n’a jamais entendu Nougaro scander sa prose aux accords toulousains et aux longs silences destinés, gestes à l’appui, à cerner au plus prêt le mot, non seulement juste et chantant, rythmé, rimé, beau en un mot, succédé de phrases jaillies en saccades, lorsqu’enfin trouvé le filon, la source…

-      Qui n’a jamais entendu Nougaro parler, chanter, danser, dites,  comment arriver à le lui faire connaître ?

Les chansons fusent, lorsque je pense à lui.

D’ailleurs, dans ma ford intérieure, j’entends : « Les chan-songs fu-seu lorsqueu jeu pen-ssa-lui… »… Telles ses phrases jaillissant en geysers, lorsqu’il parle de ce qui le passionne.

(Vous m’excuserez, je ne puis point encore parler de lui au passé. Parce que Claude, c’est la vie ; ne m’appelant pas encore Dr House, je ne donnerai pas dans la rubrique nécrologique. (Vous savez : « heure du décès… » Pouah !)

-      On y va !


       
NOUGARO. CLAUDE

Toulousain comme Abellion. Pas de la même taille. Ni du même gabarit.

- Entre le géant d’apparence placide et le petit chanteur, (je n’invente rien !) résolument teigneux, un gouffre, peut-être ?

Et bien, pas tant que cela, figurez-vous… Mis-à-part le fait que Claude rêve sans cesse de sa ville, et qu’Abellion s’y sente vaguement prisonnier, tant de points communs… « Un torrent de cailloux roule dans (leur) accent », « Il y a de l’orage dans l’air et pourtant… »

Car on ne peut nier leur pugnacité commune, leur besoin d’en découdre, Ô enfants de cette Toulouse où « Ici, même les mémés aiment la castagne… » . Ni leur amour de la langue, cette envie sans cesse renouvelée de sortir des sentiers battus, de chercher sous les pierres, les racines profondes du « pourquoi » et du « comment », ce même désir de perfection…

 

… Allez, re : (mais lorsque je parle d’eux ma plume prend de ces envolées lyriques…)

                  NOUGARO. CLAUDE : « J’AI EU UN BEAU DESTIN : J’AURAI PASSE MA VIE A FAIRE MES DEBUTS. »


1-  CLAUDE ET SON ENFANCE
 

Notre petit oisillon point le bout de ses poings, (Boxe, boxe !), dans le nid-même de la musique : son Père, qu’il admire, est baryton au Capitole. De lui cette puissance vocale, cette volonté d’articuler toute théâtrale, ce phrasé littéraire et opéraïque qui ne le quitteront jamais.

Maman, musicienne et pianiste accomplie, réalise très tôt ses aptitudes musicales.

Cependant, il tombe tout d’abord amoureux des mots et de la poésie : « Je ressentais les mots comme des objets vivants. » « Ma langue fonde mon être ». Lorsqu’il parle des origines méridionales qui l’ont influencé, c’est pour dire, fort joliment : « Mes origines crépu-eu zé sarrazi-neues ».

Ses lectures sont d’un éclectisme réjouissant : des écrivains méridionaux, en passant par Hugo, « Il faut nourrir la jeunesse de bon grain hugolien… », Cocteau, aussi, « puissamment perché sur (son) arbre généalogique », tout est bon. Tout le nourrit.

Il regrette que la poésie soit considérée trop souvent comme un art élitiste ou mineur. Qu’elle ne soit pas assez lue, clamée.

 

La musique : Sa mère tente, en vain, de lui inculquer des bases solides. Il est si infernal avec elle, qu’elle engage une charmante jeune fille chargée de lui apprendre solfège et piano.

-      Ses géniteurs le qualifient « d’enfant turbulent et très indiscipliné » avec une indulgence toute « parentesque » :

…A chaque fin de cours, elle se précipite dehors, en pleurs. A tel point qu’ils soupçonnent l’intenable petit prodige… De l’avoir battue !

 

Claude se fait virer de tous les collèges et lycées de Toulouse et de ses environs.  Il passe ses années de régiment au mitard, où il compose, tranquillement.

Lorsqu’on lui demande pourquoi il était à ce point odieux : « J’étais d’un caractère franchement tendre, amoureux, innocent, désarmé. Il a fallu en toute hâte que je me cuirasse, que je me fabrique des poings, et des dents… »

nougaro

2-Un parcours en dents de scie


« J’ai un beau destin :

J’aurais passé ma vie à faire mes débuts. »

Claude trouve enfin ce pour quoi il se sent fait :

« La poésie devait naître, vivante, dans la chanson ». En pleine période Yé-yé. Tout le monde s’y trémousse, la facilité pousse au crime. Bigre.

Et lui, le chanteur-boxeur-poète-chanteur, de chanter :

« Sous un saphir en vrai saphir

Miroite mon sillon neuf ! » … Et puis il y a aussi ce coq, ce coq amoureux d’une pendule sur ses talons-aiguilles,  ce coq qui délaisse la basse cour, et dont « l’horloge (indifférente !) sonne le glas : co-qau-vingt »…

Nougaro refuse tout compromis avec ses  homologues surfant sur une vague trop facile : il a toujours été « à la lisière de la célébrité populaire ». Il travaille chaque mot, chaque rime. Pour lui, il n’y a « pas de honte à chanter sa vie » ; Il refuse la « ségrégation » entre l’homme et l’artiste.

Musicalement, il touche un peu à tout : le classique, le jazz endiablé du vol à la tire, inspiré du Brubeck Quartet ; mais aussi l’Afrique, le brésil, ainsi que la pauvreté, les favelas…

 

… Et un jour, il découvre qu’au lieu d’être un « as, (il était devenu) un has-been »…

Vient l’époque de New-York et de l’album qui lui est associé : une musique « néo-réaliste » qui lui apporte enfin la notoriété. Il a beaucoup appris, sur les orchestres, le travail en équipe…

Mais progressivement l’insatisfaction le gagne : il sent qu’il perd de vue l’essentiel : la ligne mélodique, et ses mots.

« Je peux échapper au mal

En jouant avec les mots »…

« La tête, c’est mes souliers,

Le ciel mon chapeau »…

 

Lui vient la nostalgie de ce dont il a toujours rêvé : une épure de chanson, sans artifices, sans feux d’artifices, sans trompettes et sans oripeaux…

Il cherche, et trouve, le pianiste de ses rêves : Maurice Vander.

Avec lui, c’est toute sa vie de chanteur-musicien qui prend une inflexion qu’il ne quittera plus : une voix, un piano, et c’est tout.

Il retravaille beaucoup de ses chansons, écrit « Cécile, ma fille »…Jusqu’à la fameuse studio-thérapie qui le terrasse.


Nougaro-Claude 1965-02

3-  Nougaro, son apparence, la femme, les femmes…


Eternellement complexé par son apparence, Claude rêve qu’il est un autre : « Un mètre quatre-vingt,

                   Des biceps plein les manches

                   Je crève l’écran de mes nuits blanches…

                   Et je me fais du cinéma…

                   La voilà déjà dans mes bras,

                   Le lit arrive en a-va-lan-an-an-che… »


Il travaille énormément sa chorégraphie, attache une grande importance à son apparence en concert: « Parfois, il me semble que sur scène, je deviens beau… »

La femme, dans sa « névrose », son « délire mental », représente pour lui « l’être inaccessible » par essence.

C’est « l’incarnation de la clarté, de la pureté : une idole… »

… Et à la fois une royale emmerdeuse qui, la conquête accomplie, se révèle vite pour lui comme étant attendrissante, mais dangereuse, et enquiquinante : « Parce qu’elle avait rêvé d’un amour, absolu éternel, (…) En bouffant en m’rasant, faut lui dire que je l’aime »

« Il faudrait n’exister, ne chanter que pour elle, chaque nuit chaque jour »… (Excusez-moi, c’est un peu dans le désordre, mais moi, quant-il chante : « ATTENDS-MOI, JE T’AIME, JE T’AIME ! »… Cela me donne des frissons, des orteils jusques à la racine des cheveux…)

Une garce, aussi… « Vais-je te prendre par les hanches…

Non… Je te dis « comment ça va ? »… Et je t’emmène au cinéma... »

Et : « Mais il arrive que l’cœur s’accroche

          Aux épines d’une jolie fleur

          Et qu’elle vous mette dans sa poche

          Sous un mouchoir trempé de pleurs…

          C’est le danger le plus fréquent,

          Pour nous les Dom-Ju-Ju, pour nous les Dom Juan »…

Parce que, tout poète qu’il est, il n’en est pas pour autant à l’abri du désir, personnifié par un jupon, (oh, une fois dans votre vie, écoutez-donc, par pitié, « Elle et Il »…Son rap à lui) :

« Elle, a la larme facile,

Lui, promet d’être fidèle,

Elle,  jure d’être docile,

Il-froi-sse un peu ses dentelles »…

 

Nougaro-coquin, Nougaro sensuel, possédant au dernier degré l’art d’être charmant… Et charmeur !

 

Seulement, la mise n’est pas toujours remportée :


« Elle est partie avec un chat de gouttière

   Ce mal poli ce mal rasé »

 « Bas les pattes phallocat »

 

…Et parce que Nougaro, c’est un homme autant qu’un chanteur,

Une dernière perle :


« Nous tamiserons les lumières,

 Même quand la mort aura sonné

 Et nous dirons notre prière

 Sur un chap’let de grains d’beauté-é

 En attendant le jugement

 Nous les dom dom dom dom…Juan ! »

 

Finalement, son plus grand amour aura été « Cécile, ma fille »….

                                                                     

                                           Le 10 février 2010,


 
Une de ses plus ardentes conquêtes : Hélène. (Pas la vraie ! L'autre...)

clip image001
Sources de l'illustration 
Cigale mistral lavande
Musique only you

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commentaires

Heyoka 21/02/2010 09:22


J'ose avouer que je n'ai jamais été sous le charme de ce monsieur 100 000 volts... sans doute que j'étais trop jeune pour l'apprécier...


Abellion 22/02/2010 07:23


Des goûts et des couleurs, ma foi... A a mort de Nougaro, j'avais écouté les émissions d'hommages, avec des chansons beaucoup moins connues, et ma foi il y en avait des pas mal du tout. Peut-être
qu'on a trop entendu Armstrong, Le jazz et la java ?
A bientôt


Eurosix 16/02/2010 18:50


Désolé, Abellion, de ne pas faire de commentaire sur votre blog. J'en ai fait un directement sur le blog de l'auteur.. mais, si mes sens ne me trompent pas, je suis en train d'en faire un sur le
votre ! Amitiés, Eurosix !


Abellion 16/02/2010 20:47


C'est mieux ainsi, vous avez pu féliciter Hélène en direct. Je sens qu'Eurosix va bientôt devenir un nom dans le petit monde des blogs littéraires. Je vous vois bien participant avec brio à un des
prochains défis d'Hélène !
Je n'oublie pas aussi de publier votre article sur Béziers, mais j'aimerais d'abord "réinvestir" mon blog avec ma propre prose, sinon on va dire que "Lieux secrets" survit grace à des
"nègres" !
Amitiés


Fardoise 16/02/2010 01:35


Quel éloge, diable ! Mais il n'en méritait pas moins. Bravo Hélène j'en reste toute ébaubie.


Abellion 16/02/2010 07:39



Vous n'êtes pas la seule !



Hélène, le-calame-et-la-plume. 16/02/2010 01:32


Petit rectificatif, la demeure achetée dans les Corbières par Nougaro, Christian, à moins qu'il n'y en ait eu deux, c'était...à Paziols! Où il fit un concert gratuit pour les villageois, qui
restèrent tranquillement chez eux!

Moune, je me sens comme toi avec ma vie "liée" à celle de Nougaro, bien qu'il fût plus âgé que moi. Mais j'ai ri, me suis indignée, ai pris les sentiers de la guerre ou de l'amour, avec lui...


Abellion 16/02/2010 07:38


Merci Hélène de cette précision ! Hélas, cela ne m'étonne à moitié que les habitants d'une village n'aient pas fait le déplacement, ayant grandi moi-même dans une région rurale où on préférait les
stars placardées par la télévision ! Nougaro serait-il un urbain, bien que mériodionnal ? Dans le coin où j'ai grandi, les gens avaient de lui une vision caricaturale, celle d'un alcoolique
viveur. Quand bien même ce serait vrai, est-ce que cela empêche d'avoir du talent ?  


Christian lemenuisiart 15/02/2010 21:23


Et sur mon blog , j'ai passé la photo de l'esplanade Claude Nougaro , en mémoire pour son passage de plusieurs année . Sinon je sais qu'il avait aussi une maison dans l'Aude . Bonne Soirée .


Abellion 15/02/2010 22:02


Il faut absolument que je vois cela, Christian ! Ton blog est une vraie mine d'or, amitiés.