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"Celui qui n'a pas de passion, il ne lui sert à rien d'avoir de la science."

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2 août 2008 6 02 /08 /août /2008 00:07

 

Si vous visitez pour la première fois la cathédrale de St-Bertrand de Comminges, vous serez sans doute surpris d’y trouver un crocodile naturalisé, fixé sur le mur par des anneaux de fer.

Qui l’a amené là ? Pourquoi figure-t-il dans une église ?

Enquêtons !

 

La carte.

 

Cette carte postale représente le fameux crocodile de St-Bertrand. Elle est des éditions Théojac (Limoges), sans date. Voici sa légende (au dos de la carte-je conserve l’usage étrange des majuscules de l’original) :

 

« Le reptile légendaire de Saint-Bertrand (XIIe siècle).

 

Ce Crocodile fut, selon la légende, le Monstre diabolique terrassé par Saint Bertrand de sa Crosse épiscopale, de même que St Michel terrassa le dragon – En réalité on ignore sa provenance- il s’agit plus vraisemblablement d’un ex-voto apporté jadis d’Orient par un pèlerin qui avait fait un vœu au sanctuaire de Saint-Bertrand ».

 

L’histoire de Saint-Bertrand.

 

L’évêque du Comminges (XIe siècle) fait en effet parti des saints saurochtones (tueurs de serpents), à l’égal de Saint Michel ou Sainte Enimie. D’après la légende, il existait un monstre avant son arrivée, tapi dans la vallée de Labat-d’Enbès. Il imitait le vagissement des enfants pour attirer ses victimes et les dévorer. Pour en débarrasser le pays, Saint Bertrand alla à sa rencontre, armé de son seul bâton épiscopal. Le monstre s’avança vers lui la gueule ouverte… Le saint toucha sa tête du bout de sa crosse, et le reptile devint plus doux qu’un agneau. Il suivit docilement Bernard jusqu’au seuil de la cathédrale, où il mourut.

 

Ce récit semble bien symboliser tout simplement, la lutte du bien contre le mal...

 

L’ex-voto: hypothèse.

 

B. Duhourcau suppose que ce crocodile naturalisé aurait été en fait rapporté par un croisé du Comminges, qui serait parti en Terre sainte à la suite de Saint Louis et de Thibaud de Champagne.  

 

Un autre pistes : les sciences naturelles au Moyen-âge ?

 

Plus vraisemblablement, même si la piste de l’ex-voto n’est pas à négliger, il faut néanmoins rappeler que, jadis, lorsqu’il n’existait pas encore de musées ou de cabinets de curiosité, les curiosités d’histoires naturelles étaient conservées dans les églises. A Prats-de-Mollo, la côte d’une baleine est toujours plantée sous le proche de l’Eglise. Il existait à St-Pierre de Toulouse un cadavre de Baleine qui fut transporté en 1790 au muséum d’histoire naturelle de la ville.

 

Souvent, ces vestiges faisaient l’objet d’interprétations édifiantes. Il faut rappeler qu’au Moyen-âge, et même jusqu’au XVIIe siècle, la zoologie n’existait pas encore. Elle faisait place aux bestiaires, ouvrages dont la tradition remonte au Physiologos, compilation grecque des premiers siècles de notre ère. Par la suite, les bestiaires médiévaux ont proposé diverses interprétations théologiques des propriétés légendaires des animaux.

 

Le crocodile ou cocatrix des bestiaires médiévaux.

 

Or, il apparaît que, dans ces textes, le crocodile, parfois appelé cocatrix, est le symbole du mal incarné, opposé à l’hydre, autre animal aquatique bénéfique. Voici ce que dit de lui le Bestiaire de Pierre de Beauvais (début du XIIIe siècle) :

 

« Il existe une bête dans les eaux du Nil appelée hydre. Physiologue dit qu’elle éprouve une grande haine pour le crocodile : l’hydre possède cette nature et cette coutume que lorsqu’elle voit le c en train de dormir le long du fleuve, elle va se rouler dans la boue, afin de pouvoir glisser plus facilement dans e gosier du crocodile. Quand celui-ci aperçoit l’hydre, il se précipite sur elle et l’engloutit toute vivante. L’hydre ainsi avalée toute vive, met alors en pièce les entrailles du crocodile, et ressort de son corps bien vivante ».

 

Le crocodile et l'hydre, bois original de L. Charbonneau-Lassay,
d'après un manuscrit du XIIIe siècle.


Allégoriquement, pour Pierre, le crocodile symbolisait ainsi l’enfer, et l’hydre qui le traverse le Christ (qui est descendu aux enfers pour en ressortir victorieux).

 

Bref…

 

Finalement, le crocodile de Saint-Bertrand garde son mystère. Il nous rappelle que jadis la zoologie était l’occasion de spéculations légendaires ou allégoriques diverses. La connaissance ne se suffisait pas alors à soi-même, et devait déboucher sur une prise de conscience plus générale et un enseignement moral.

 

De ce fait, rien d’étonnant, au final, à ce qu’on retrouve un échantillon de crocodile dans une église, même si l’on ignore qui et quand l’a amené là.

 

Sources.

 

B. Duhourcau, Guide des Pyrénées mystérieuses.

G. Bianciotto (trad. et prés.), Bestiaires du Moyen-âge (Stock).

L. Charbonneau-Lassay, Le Bestiaire du Christ.

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29 juin 2008 7 29 /06 /juin /2008 00:23


Digitalis purpurea. De magnifiques petites clochettes, pailletées de rosée. Une jolie trompe rose avec, à l'intérieur, de petites taches blanches, semblables à des décolorations.  Pour le promeneur insouciant, c'est juste une jolie fleur. Pour celui qui connaît... Un poison ou un médicament.

En effet, faire une tisane de digitale pourprée, ingérer sa fleur ou ses feuilles, peut aboutir à la mort à brève échéance.

Le gant de Notre-Dame.

Plante bisanuelle qui fleurit sur les sols siliceux, jusqu'à 1000 mètres d'altitude. On al rencontre souvent dans la Montagne noire, en particulier dans le Haut-cabardès, près du village de Cupserviès.

Hors de la période de floraison, la plante se remarque seulement par une simple rosette dans le sol ; lors de la floraison, une tige se développe, qui porte des feuilles et des fleurs en grappes, dont la taille dépasse parfois 5 cm de long. Leurs noms anciens sont fort poétique: doigt de la Vierge, gant de Notre-Dame, par analogie avec les fleurs allongées et les doigts d'un gant.

Les bourdons s'introduisent dans la corolle de la fleur pour boire le nectar, et sont alors couverts de pollen, qui pourra féconder une autre fleur.

Le remède de Galien.

Néanmoins, depuis l'antiquité, elle est utilisée comme médicament. Galien la prescrivait déjà... On l'utilisait pour soigner l'hydropisie, ancien nom de symtômes associés plus tard à l'insuffisance cardiaque. Le nom de digitale lui a été donné en 1542 par le médecin Léonard Fuchs. Mais c'est William Wittering qui, au XVIIIe siècle, a développé son utilisation médicale, en s'inspirant à la fois des travaux de Fuchs et du savoir empirique d'une rebouteuse du Stropshire (Angleterre). Il arrive à extraire le principe actif de la plante.

(Ferri-Larcenet, Le Retour à la Terre, t. I).

"Mon coeur qui bat"...

Dans les digitales, on trouve la digoxine et la digitoxine, digitaliques appartenant à la famille des glycosides. De la digitale pourpée on extrait la digitoxine. C'est en fait un stimulant cardiaque. Parmi d'autres effets, elle accroît l'amplitude des mouvements cardiaques, ralentit le rythme.  


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