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Le Pays cathare ou Languedoc (Ariège, Aude, Haute-Garonne, Tarn)...

Venez y découvrir
les lieux méconnus...

...qui vous parlent de l'histoire, du patrimoine, des légendes du sud de la France.

Un monde si proche et si lointain de châteaux, de villages perchés, de pics et de forêts profondes s'ouvre désormais à vous.



"Les êtres et les choses sont créés et mis au monde non pour la production mais pour la beauté"
Joseph Delteil

 

"Ne soyez pas des régionalistes. Mais soyez de votre région."

Joë Bousquet 

 

"Celui qui n'a pas de passion, il ne lui sert à rien d'avoir de la science."

Miguel de Unamuno

30 septembre 2009 3 30 /09 /septembre /2009 09:28


Il se dressent comme d'étranges sentinelles au milieu de la garrigue, ces deux murs de pierre sombre. La toiture qu'ils soutenaient s'est depuis longtemps effondrée.

Depuis, la voûte de Saint-Michel de Nahuze, c'est le ciel...

J'ai visité bien des chapelles de hauteur, mais celle-ci reste gravée dans ma mémoire. Le lieu est tellement extraordinaire qu'il a de tout temps frappé les imaginations. Objet de légendes, il a longtemps été le but d'un pèlerinage. Voici ses histoires, simples et grandioses à la fois...

Je précise que je n'ai pas trouvé beaucoup d'informations fiables sur la chapelle ; si quelque visiteur érudit a des renseignements complémentaires ou des références, je lui serai reconnaissant de me laisser un commentaire.

La Montagne d'Alaric, histoire et légende

On ne peut parler de Saint-Michel sans évoquer la montagne sur lequel le prieuré est bâti, l'Alaric. C'est un massif calcaire typique des Corbières, écrasé de soleil et battu par le vent de Cers... Seule une maigre garrigue et des pins peuvent y pousser. Les chemins y ressemblent parfois davantage à des amas de cailloux qu'à des sentiers... L'air y est sec, mais parfumé çà et là par des herbes aromatiques.

La plaine et les premières pentes de l'Alaric

Cette montagne a un patrimoine riche. Elle est couverte de châteaux et de prieurés. Le château de Miramont (où la légende prétend que mourut jadis le roi Alaric II) fut assiégé durant onze jours par les troupes françaises lors de la Croisade contre les cathares (Pâques 1210) ; ses habitants, voyant leur cause perdue, filèrent à l'anglaise, ainsi que le raconte avec verve Claude Marty. 

"Les Sudistes abandonnèrent la place par une nuit sans étoiles et s'évanouirent dans la forêt pour rejoindre le Val de Dagne puis au-delà le Termenès où continuait la résistance : un petit salut encore."

Ailleurs sur l'Alaric, les ruines abondent : c'est l'ancien château de saint-Pierre d'Alaric ; ou encore le site d'une chapelle disparue, dédiée à sainte-Colombe. La montagne est percée de cavités dans lesquelles la tradition populaire place la tombe du roi des Goths.  

Les murs

Après cette présentation de l'Alaric, revenons à Saint-Michel...

Nul besoin d'être un spécialiste d'histoire de l'art pour y voir un témoignage de l'art roman. L'architecture est particulière, faite d'arcatures en plein-cintre englobées les unes dans les autres, comme enchassées... De petits contreforts soutiennent le mur extérieur, décoré de bandes lombardes ; à l'intérieur, on trouve des piliers  et l'on aperçoit le départ d'arceaux, qui soutenaient peut-être une voûte en berceau (ou une charpente ?). On a vu dans cet architecture la marque de l'art du XIe siècle. L'édifice est orienté est-ouest, il semble donc légitime d'y voir une église. Peut-être avec une porte principale et une porte secondaire ("porte des morts", menant à un cimetière ?).


Question de mots

"Saint-Michel de Nahuze", cela sonne bien, mais que signifie ce vocable, que suppose-t-il ?

Pourquoi ce prieuré fut-il dédié à Saint-Michel, "chef des armées célestes" ? On constate généralement que les édifices religieux consacrés à cet archange sont situés sur des éminences, des hauteurs : ainsi, le Mont saint-Michel (VIIIe siècle), ou bien encore le Mont Gargan en Italie (Ve siècle). Notre saint-Michel de Nahuze ne fait donc pas exception, qui domine la plaine.

Quant à "Nahuze", c'est le nom ancien de la partie de la montagne où se trouvait la sanctuaire.

Saint-Michel autrefois

Pourquoi construire en un lieu si escarpé ? On suppose que la plaine était autrefois marécageuse, et qu'en ces temps troublés du début du Moyen-âge, on préférait bâtir en hauteur. Mais qu'était réellement ce lieu alors ? Un prieuré. Etait-ce une simple église ou un ensemble d'édifices ? Il est difficile de le savoir. Jean Rivière évoque un "centre religieux, agricole, et administratif", Jean Girou une église de montagne destinée aux hameaux et fermes des alentours (le Congoust, les Ilhes, Argentiers). Certains ont écrit que l'église était desservie par trois moines qui tenaient une hôtellerie, je n'ai pu vérifier. Elle fut abandonnée à une date indéterminée, lorsque les moines s'installèrent au pied de la montagne, au domaine des Ilhes.

Le pèlerinage

L'église, moins fréquentée, commença dès lors sa lente agonie et, à une date indéterminée, sa voûte s'effondra... Toutefois, jusqu'au milieu du XXe siècle, on y venait en pèlerinage, de Comigne, Montlaur, Ribaute. Cela se passait aux alentours de septembre ou, selon d'autres sources, en cas de sécheresse. Jean Girou a laissé une brève évocation de la cérémonie.

"L'ascension en plein Cers, sous le soleil de septembre, devait être déjà un sacrifice; dans le sanctuaire en ruine, un petit autel était dressé, couvert des fleurs de l'Aric. Un prêtre disait les vêpres et à la fin on chantait un cantique..."

Ce cantique ne manquait pas d'humour, jugez-en par vous-même:


San Miguel dona nos d'aiga
barrejada ame de vin
Mai de vin que d'aiga
Tout pur encara milhor



Saint Michel donne-nous de l'eau
mêlée à du vin
plus de vin que d'eau
pur, encore mieux


Girou précise que le premier vers "donne-nous de l'eau" était chanté par les femmes, tandis que le coeur des hommes reprenaient "Barrejada ame de vin". Complémentarité des sexes avantageuse, les hommes se gardant le beau rôle bien sûr !

Quelques réflexions...

Etrange rite, essayons de donner quelques éclairages...

-
Sècheresse ?
Ce pèlerinage s'inscrit dans le cadre plus global des processions et autres manifestations organisées autrefois en Languedoc pour lutter contre la sècheresse. Dans la mentalité d'autrefois, seul le sacré pouvait remédier à ce désordre, puisque tout mal, comme tout bien, venait du ciel. On trouve mention de ces rituels un peu partout dans l'Aude, l'Hérault, les Pyrénées-Orientales ; ils consistaient souvent à immerger ou à tremper la statue d'un saint dans l'eau. Certaines années de grosse sècheresse, certaines statues furent même abandonnées dans des ruisseaux par des paroissiens mécontents !

-
Date ?
La date du pèlerinage "régulier", hors période de sècheresse, semble avoir été septembre (Jean Girou). Comment ne pas voir une sorte de corrélation avec les travaux viticoles , la vigne étant si importante dans la région ?

-
Humour ?
Ce genre de manifestations qui mêlait dévotion et dérision n'était pas rare. Nos ancêtres prenaient plaisir à déformer plaisamment les paroles des cantiques. Ainsi, "Te rogamus audi nos" ("Ecoute-nous") devenait parfois "tu ronges un os"... Mais ici, quand les assistants demandaient du vin, ce n'était pas seulement de l'humour, puisque la pluie tant désirée devait effectivement faire pousser la vigne...   

La légende de Charlemagne

Enfin, pour finir, la légende de fondation...  Bien que Charlemagne ne soit jamais venu dans l'Aude, les légendes du Pays ne cessent de célébrer ses exploits, et ceux de son neveu Roland. On attribue à l'empereur à la barbe fleurie la fondation de l'abbaye de Lagrasse... 

La légende de Saint-Michel se rattache elle aussi à de hauts faits carolingiens. On y dégomme bien sûr du Sarrazin à tour de bras, comme il sied à cette époque belliqueuse, sanglante et "matamore"... Voici le récit, fait par Jean Rivière.

"Une légende raconte que sous Charlemagne, le comte d'Auvergne, l'abbé de Brioude et quatre évêques avec aux se rendirent à Nahuze et y fondèrent un monastère en l'honneur de saint Michel. Ensuite l'empereur envoya, pour occuper Nahuze, le comte de Flandres avec deux capitaines et cinq mille hommes de troupes. Quand ils y furent rendus, ils virent ariver l'armée des Sarrazins, et aussitôt, du haut de Nahuze, avec leurs olifants et de leurs trompettes, ils donnèrent l'alarme.

Le comte de Flandre descendit de la montagne avec les siens, fondit sur les ennemis en implorant le secours de Dieu, et il y eut une immense mêlée. Deux mille soldats Sarrazins et soixante-dix capitaines mordirent la poussière."


Simple légende, sans base historique aucune...

Bref...

Des moines de l'époque romane, aux vignerons du XXe siècle, ces murs ont sans doute vu défiler tant de personnages différents. Ils font partie du patrimoine et de la mémoire de ce coin de Corbières...

Sources

Christiane Amiel; "Ethnographie" (L'Aude, éditions Bonneton).
Jean Girou, Itinéraire en terre d'Aude. 
Jean Rivière (Mgr), La Sainteté en Pays d'Aude (art: St. Michel).
Claude Marti,
Corbières au Coeur.  

Liens

Article de Wikipédia sur Saint-Michel

Article de Wikipédia sur la Montagne d'Alaric

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19 avril 2009 7 19 /04 /avril /2009 13:42


Voici le témoignage de Maylhi, internaute originaire de Gruissan, sur cette chapelle. Elle nous raconte la manière dont se déroulait, il y a encore une dizaine d'années, le pèlerinages des jeunes de Lundi de Pâques, et nous apporte des précisions intéressantes sur le vol des ex-voto.

 Voilà, avant de lui laisser la parole, je la remercie encore de nous avoir gentiment fait part de son expérience et de sa connaissance du lieu.

La cérémonie du lundi de Pâques et le pèlerinage des jeunes


Je suis originaire de Gruissan et je peux témoigner de la commémoration du lundi de Pâques à "la Chapelle" pour ceux que ça intéresse.

Effectivement les jeunes du village "montent" à la chapelle comme le veut la coutume (du moins on le faisait encore il y a dix ans lorsque j'étais adolescente) le lundi de Pâques (aujourd'hui aussi d'ailleurs!). On part du village à pied avec de quoi manger et aussi boire c'est vrai (selon mon grand père nos ancêtres y montaient pieds nus, aujourd'hui ça ne se fait plus, du moins je ne l'ai jamais vu). En effet lorsqu'on arrive enfin sur le chemin qui monte à la chapelle où se trouvent les cénotaphes, beaucoup sont ivres (et ce n'est pas simulé!) et les arrosent d'alcool, comme pour dire on boit à votre santé, le tout dans une ambiance bon enfant en général. Arrivés en haut au niveau de la Chapelle les jeunes n'assistent pas à la messe, mais s'éparpillent dans la Clape derrière la chapelle, et se rejoignent souvent au lac artificiel qui se trouve non loin de là et finissent la journée là-bas.

Malgré l'alcool je trouve ça bien que les jeunes (il n'y a cependant pas que les jeunes qui font se "pèlerinage") de Gruissan continuent de perpétrer cette tradition même s'ils y vont pour faire la fête, les marins ne tombent pas dans l'oubli des Gruissanais.



Le vol des ex-voto

Je me souviens d'autre chose au niveau de la chapelle. On peux se demander pourquoi dans la chapelle les ex-voto sont peints en trompe-l'oeil directement sur le mur. A la fin des années 60 une cinquantaine d'ex-voto ont été volés dans la chapelle. Grâce à des vieilles photos, elles ont été reproduites mais directement sur le mur. Ici les gens ont beaucoup été marqués par cet acte de vandalisme, et peut-être si ils ont été peints, plutôt que reproduit c'était pour décourager les pilleurs d'art (et d'histoire).

Anecdote : Ma tante de Gruissan a retrouvé une dizaine d'années plus tard chez un brocanteur de la région marseillaise un des ex-voto, après quelques renseignements chez le marchand, elle est allée chercher la police (son mari était policier) de retour le tableau avait disparu malheureusement.

Merci Maylhi pour ce témoignage sur ces belles coutumes de notre sud, et cette histoire si proche de nous, familière de ces petites chapelles que j'aime tant... J'avais à coeur de publier ces deux commentaires, et maintenant c'est fait ! 
 

Liens

Mairie de Gruissan (divers renseignements sur la chapelle).
Mon premier article sur N.- D. des Auzils.
Maylhi me signale ce lien très intéressant sur la chapelle des Auzils et son pèlerinage.

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24 janvier 2009 6 24 /01 /janvier /2009 17:06

Quand on y pense, les églises pyrénéennes sont de véritables mosaïques culturelles, où les remplois romains voisinent avec l'architecture romane et les retables baroques. Mosaïque de cultures, d'époques, d'une incroyable richesse. Si l'une seule d'entre elles devait résumer ce foisonnement, ce serait peut-être pour moi l'Eglise de Saint-Aventin, située dans la vallée du Larboust, près de Luchon, en Haute-garonne.

Alors, à l'occasion d'une vieille carte postale, évoquons ce merveilleux édifice.

Vue d'ensemble.

Avant de nous intéresser de plus près au clou de la visite, le porche, disons deux mots de l'architecture d'ensemble de l'édifice. Il n'est pas très précoce, pour du roman, datant du XIe-XIIe siècle.

Le clocher principal a la particularité d'être barlong, rectangulaire à la base et carré dans sa partie supérieure, par un système de retraits successifs, que l'on retrouve dans d'autres églises de la vallée, comme Cazeaux.

Au deuxième étage du clocher, deux baies comptant trois arceaux, qui reposent sur deux colonettes dépourvues de socle ou de chapiteau. Un autre clocheton, édifié au-dessus du coeur, date pour sa part du XIe siècle.



L'église a trois nefs, et, a son chevet, une belle abside en cul-de-four, agrémentée de deux absidioles.

L'ensemble de l'édifice semble avoir été construit par des bâtisseurs venus du sud (Andorre), dans le style catalano-lombard.

 



La vierge du porche.


Le proche est, à mon avis, le principal intérêt de l'édifice, notamment pour sa belle Vierge. C'est une sculpture vraiment remarquable, en bas-relief. Lorsque je l'ai vue pour la première fois, il m'a immédiatement rappelé le Christ roman de Saint-Sernin de Toulouse. Pour autant, la sculpture de Saint-Aventin est tardive, et ne semble pas remonter avant la seconde moitié du XIIIe siècle (Marcel Durliat donnait sa préférence à la fin du XIIe siècle). 


C'est une figure hiératique de face, trônant avec majesté sous une sorte d'arc architectural, orné à ses deux extrémités de têtes animales. Une inscription figure sur cet arc: RES MIRANDA NIMIS MATER DEI ERAT VI NIMIS, que l'on a traduit : "Chose des plus admirables, la mère de Dieu était toute-puissante".

L'image a été taillée de main de maître. Un drapé complexe et irréel, d'une infinie délicatesse enveloppe un corps massif et plein de force. La Vierge de Saint-Aventin, d'un doigt, montre son enfant qui tient un évangile et bénit. L'image dégage une sérénité quasi surnaturelle, dans sa stylisation qui frôle le symbole. Sur le côté droit de la Vierge, une sorte de Vieillard en extase, dans lequel on a pu voir le prophète Isaïe annonçant l'avenue du Messie.



Le porche. 

Il est parfaitement roman, avec ses colonettes, et ses archivoltes ornée de boudins et de billettes. 



Deux des sculptures qui ornent les chapiteaux, sur la gauche,  ont fait l'objet d'interprétation diverse. 

-on voit un personnage baigner ses pieds dans un liquide, assisté d'un autre accroupi. Pour certains, ce serait Jesus-Christ lors du lavement des pieds par Marie-Madeleine  ; pour d'autres, il s'agit de la mère de Saint-Aventin qui, selon la légende, aurait fait tremper ses pieds dans l'eau bénite pour faciliter ses couches (!). Un indice semblerait indiquer qu'il s'agit du Christ plutôt que de la mère d'Aventin: le personnage a un nimbe.

-ensuite, on aperçoit des personnages qui tiennent un enfant. Selon certains, c'est le massacre des Innocents; mais d'après la tradition, la présentation de Saint-Aventin à son père. 

Je vous laisse trancher selon la version que vous préférez !

Deux autres chapiteaux présentent, sans contestation possible, la suite de l'histoire de Saint-Aventin: son arrestation par les Maures et sa décapitation. Si vous voulez en savoir plus sur la légende et le culte de Saint-Aventin, je vous engage à lire cet autre article consacré au sujet. 

Vestiges romains. 

Enfin, cet église ne serait pas vraiment une église pyrénéene sans ses remplois d'éléments romains. On peut distinguer les restes d'une auge funéraire, représentant des animaux fantastiques en train de croquer des raisins, symbole d'immortalité. 

Deux cippes (autels) se remarquent également. L'un d'eux est dédié au dieu Abellio par Cisonten, fils de Cissobon; l'autre, également consacré à Abellio, a pour dédicataire Taurinus, fils de Bonecon. un dieu et des noms typiquements locaux. 


Bref... 

Il faudrait aussi parler du retable Louis XV et des autres merveilles que l'on voit dans cette église. je vous donne rendez-vous dans peu de temps pour vous parler du culte de Saint Aventin...

J'espère que la série sur les chapelles des Pyrénées vous plaît... C'est ce qui m'inspire en ce moment.

Sources.

Pyrénées romanes, Zodiaque.
Henri Pac, Les Eglises du Pays de Luchon, Le Livre d'histoire.
Le Patrimoine des Communes de la Haute-Garonne, Flohic.
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4 janvier 2009 7 04 /01 /janvier /2009 16:37


Il est une étrange chapelle exilée sur une montagne, au milieu des pâturages de l'Iraty, en pays Basque (commune de Mendive). Elle est située dans un lieu sauvage, à  une distance certaine des premières habitations. On l'appelle la Salbatore Kapera (chapelle Saint-Sauveur). Trappue, massive, elle semble à peine émerger du sol.

Evoquons les légendes et l'histoire de ce haut lieu.



I. Un lieu légendaire.

Si elle fut construite là, ce fut sans doute, très naturellement, pour conjurer les dangers de la montagne, réels ou mythiques...  

Autour d'elle, un paysage grandiose et austère de montagnes, de forêts et de brumes. Bien sûr, le temps n'est pas toujours particulièrement clément, les orages peuvent se montrer terribles, et sans doute est-il de bon aloi de demander la protection du ciel. 

Pourtant, dans les mentalités anciennes, la montagne était bien plus qu'un milieu hostile : c'était le domaine du démon, le grand bouc noir qui y organisait ses aquelarres, mieux connues dans nos contrées sous le nom de sabbat.


En effet, dans les anciennes légendes basques, ces montagnes fourmillaient de présences hostiles, étaient un espace tabou où il ne fallait pas s'aventurer sans bonne raison. Les forêts étaient le repaire du terrifiant Basa Jaun, le seigneur de la Montagne, ou des mauvais esprits et autres diables qui se déchaînent à la tombée de la nuit.

Est-ce pour conjurer le péril de ces peronnages maléfiques que la chapelle fut entretenue et entourée de croix ? Près de là, un oratoire (photo ci-dessous) préservait naguère la statue de l'étrange Xaindia, la jeune fille qui osa défier le diable en personne...


Evoquons les deux légendes attachés à ce lieu étrange, où semble encore plâner le souvenir des croyances, des démons et des génies d'antan.

La légende de Xaindia.

Autrefois, dans la région, vivait une jeune servante, Xaindia. Un jour, un homme de la maisonnée oublia un outil dehors- on dit que c'était une houe à deux dents, en basque haitzurrocha. Toutes les femmes de la maison refusèrent de se risquer dehors pour aller rechercher l'outil: elles savaient bien qu'il ne faut pas transgresser l'interdiction absolue de sortir à la nuit tombée...  

Seule Xaindia, accepta de sortir, sous la promesse d'une somme d'argent. La transgression et la cupidité de la jeune fille allaient toutes deux être bien mal récompensées...

La jeune fille prit le chemin de la montagne, y trouva la houe. Tout semblait se dérouler sans encombre, jusqu'à ce que minuit sonne au clocher du village. A ce moment, Xaindia fut enlevée en l'air par des démons invisibles. 

Lorsqu'elle passa au-dessus de la maison, elle lança la houe qui tomba dans la cheminée. Mais les démons emportaient toujours plus haut la malheureuse, vers les sommets...

C'est alors qu'elle aperçut en contrebas la chapelle Saint-Sauveur. Elle se rappela de faire une prière. Les malins esprits perdirent alors tout pouvoir sur elle et la déposèrent doucement sur une montagne toute proche.

Une statuette polychrome fut réalisée à l'effigie de la jeune fille, et trôna longtemps dans un oratoire proche de la chapelle (ici, croquée par J.-C. Pertuzé). Depuis, on l'a heureusement mise à l'abri ! 

Pour Olivier de Marliave, le mythe traduit le fait que dans la tradition basque, le jour appartient à l'homme et que la nuit est le domaine à part entière de Gaueko, être légendaire plus ou moins identifiable au diable. En sortant la nuit, la jeune servante a trangressé l'équilibre des forces mythiques et en a été punie... Plus généralement, on peut dire que les montagnes et les lieux sauvages, dans la mentalité ancienne, sont le séjour désigné des êtres démoniaque.

Le chandelier du Basa Jaun. 

On voit dans la chapelle saint-Sauveur un chandelier de forme très rustique (voir dessin de Pertuzé ci-contre), dont l'origine est expliquée par une légende.

Jadis, il y a environ 900 ans, un homme vola le chandelier d'or du Basa Jaun, l'homme sauvage au corps couvert de poils, figure centrale des légendes basques. Le génie le poursuivit jusqu'à la chapelle, où il ne put rentrer: il craint en effet la croix et les symboles religieux.

Depuis, le chandelier est toujours là. On prétend qu'il devint noir lorsque les Espagnols mirent le feu à la chapelle. On a essayé de l'apporter à Mendive, mais on n'a pu y parvenir...

II. Eléments sur l'histoire de la chapelle.  

Par-delà les légendes, que nous apprend l'histoire de cette chapelle ?


L'édifice est fait d'un appareil de calcaire et de grès. La construction primitive de la chapelle est certainement romane. On peut le déduire de la forme semi-circulaire de l'abside de l'église. Des ouvertures romanes, étroites, sont encore visibles. La chapelle Saint-Sauveur est mentionnée aux XIIe et XIIIe siècles. Elle était alors dans la dépendance de l'ordre des Hospitaliers. Elle fut restaurée dans le deuxième quart du XVIIIe siècle par le curé de Béhorléguy, Jean Oxoby-Indart. Ce dernier fit inscrire son nom, avec la date de 1727, au-dessus de la porte ouest (photo ci-dessous).



Le mobilier.

Il confirme l'ambiance démoniaque qui imprègne le légendaire. Outre le chandelier du Basa Jaun, on voit là une statue de Saint-Michel pourfendant le démon. La montagne était autrefois le lieu de tous les dangers...


Le chemin de croix est particulièrement étonnant, dans sa beauté fruste. Il est formé de treize stations. Chacune d'entre elle est faite d'une colonne supportant un cube de pierre. ce dernier est à son tour surmonté d'une croix de fer.  


Si on regarde de plus près le socle des croix, on aperçoit sur certaines l'inscription "estacionea" (station en basque), le numéro de la station et le signe du lauburu, dit aussi "croix basque". 
  

La dernière station est représentée par une croix de bien plus grande dimension (photo ci-dessus). On y aperçevrait une représentation du Crucifié, ainsi que le soleil et la lune (moi, je n'ai rien vu).

 Bref.

Que de beautés et de mystères recèle cette chapelle, sous sa modeste couverture d'ardoises !

Sources.

Article de Barbara Pécheux, sur le site "Patrimoine de France".
Bernard Duhourcau, Guide des Pyrénées mystérieuses.
Olivier de Marliave, Panthéon Pyrénéen et Trésor de la Mythologie Pyrénéenne.
Pertuzé, Les Chants de Pyrène, t. 1.

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30 octobre 2008 4 30 /10 /octobre /2008 09:17

 

Etrange chapelle que celle-là, si proche de la mer et perdue dans les pinèdes de la Clape… On y accède par une allée bordée de tombeaux, élevés à la mémoire de marins gruissanais qui sont parfois morts au bout du monde.

 

Le plus mystérieux, c’est le rituel du double pèlerinage qui a lieu ici les lundis de Pâques et de Pentecôte : celui des adultes, officiel, plein de dignité et de souvenir pour les marins disparus, et celui des jeunes, officieux, alcoolisé, drolatique et un rien dissipé…

 

Evoquons un peu l’histoire et la légende de cette chapelle. Ce faisant nous rencontreront des ex-votos classés "monuments historiques", un ermite, des jeunes filles qui menacent un saint de coups d’épingles pour avoir un mari…

 

Histoire de la chapelle.

 

En ces lieux, des moines venus de l’abbaye de Cassan (Héraut) édifièrent un prieuré au XIe siècle. En 1223, les religieux de Boulbonne rachètent le prieuré, et pour la première fois on voit apparaître le nom : Notre-dame des Auzils.

 

Les Auzils, ce nom mystérieux n’a pas pu mettre les étymologistes d’accord : on l’a rapproche de l’occitan auzina (chêne vert) ou auzel (oiseau), mais aussi du latin de auxiliis (« du bon secours », hypothèse la plus vraisemblable) : ainsi Notre-Dame des Auzils serait la bonne mère, « Notre-Dame du bon secours ».

 

La chapelle, dans sa forme actuelle, semble dater de 1635. On trouve à un certain endroit de la nef ce qui semble un remploi d’une construction précédente : deux petits personnages à la tête ronde, comme encapuchonnés et d'allure franchement médiévale.

 

Les ex-voto.

Ce sont, par définition, des présents faits au sanctuaire à la suite d’un vœu (généralement prononcé par un marin en danger, lors d’un naufrage, etc.).

On admire beaucoup les ex-voto « tableaux », classés aux MH. Ces peintures représentent à la fois le moment du danger, et la Vierge qui intervient. Un grand nombre d’entre eux (50) a été volé dans les années 1960. Un seul a été retrouvé et mis en place, les autres étant remplacés par des peintures murales au début des années 1980.

D’autres sont plus spectaculaires : bannières, modèles de proues de navires, petites statues de la Vierge, maquettes.

 

Les ermites des Auzils.

 

Il existait autrefois des ermites qui vivaient près de la chapelle, « depuis la nuit des temps », disent les gens d’ici. Ils faisaient office d’accueil et de guides pour les visiteurs. Le dernier de ces ermites, Michel Cyprien, mourut en 1888. Le Conservatoire du littoral a reconstitué le jardin et la cabane de l'ermite.



Une légende rapporte que le dernier ermite s’était creusé une tombe dans le mur de soutènement de la chapelle mais que, pour une raison ou une autre, il n’y fut pas enterré.  

 

Le cimetière marin et le pèlerinage des adultes.

 

Trois pèlerinages ont lieu, dont chacun a sa finalité et son origine propre.

-le pèlerinage du Jour de Pâques, dédié aux marins disparu en mer. Ce pèlerinage aurait été instauré à la suite d’un terrible naufrage ayant eu lieu le 28 février 1797 (10 Ventôse an V), à la suite d’une tempête. L'événement est commémoré par un monument de style contemporain, à l'entrée du site (photographie ci-dessus).

-le pèlerinage de la Pentecôte, qui commémore la fin de l’épidémie de Choléra de 1835.

-le pèlerinage de fin août, destiné à s’attirer les bonnes grâces célestes avant les vendanges, moment crucial dans cette région vinicole.

Aujourd’hui, seuls les deux premiers pèlerinages semblent suivis.

 

L’allée des marins.

 

Lors de ces pèlerinages, la procession parcourt une allée qui monte à la chapelle, bordée de tombes tout au long de son parcours.

 

Ces tombeau vides (cénotaphes) ont des inscriptions parfois très émouvantes :

 

« Un père malheureux a élevé ce monument à son fils, égorgé au milieu de mers, juillet 1824 ».

 

« Le capitaine A. Pons, né le 30 avril 1800, commandant le brick Jean-Albert, et son fils, A. Pons, né le 11 février 1835, ont péri, sur la côte de Sicile ».

 

« A la mémoire de Jules Mathieu Fournier, né le 22 mai 1851, décédé à bord du Roucou, le 5 mars 1867, à 30 milles du cap Partivento, atteint par la foudre. Regrets de son père, de sa mère, de ses frères et amis. P.P.L. »  

 

D'autres encore évoquent les guerres navales de la première guerre mondiale (photographie ci-dessus).

Elles disent les dangers de la mer et la douleur des familles.

 

Le pèlerinage des jeunes.

 

On a pu le trouver irrespectueux, par son côté alcoolisé et chahuteur. Néanmoins, il rend hommage, à sa manière, aux marins disparus.

 

Son déroulement est le suivant. Le même jour que le pèlerinage « officiel » des adultes, les jeunes gravissent l’allée bordée de tombeaux, s’arrêtent devant chacun d’aux comme leur aînés. Mais ici, ce n’est pas pour dire des prières, mais pour « boire un coup » devant chaque tombeau. Les tombeaux sont parfois arrosés de vins, et on feint d’être ivre plutôt qu’on ne l’est vraiment.

 

L’ethnologue Christiane Amiel a vu dans ce rituel une sorte de libation, d’offrande faite à l’âme des morts défunts en mer.

 

« Condamnées à l’errance faute de sépulture, les âmes des morts ont, plus que toutes autres, besoin de l’aide des vivants.  Prières et libations se complètent dans le cimetière marin de Gruissan, facette d’un même rituel qui, en assurant le repos de ces morts, met la communauté villageoise à l’abri de leurs tracasseries ».

 

Le pèlerinage des jeunes ne s’arrête pas là : ils descendent ensuite de la chapelle par un autre chemin, avec arrêt dans des grottes, des falaises, tout un chemin sauvage et périlleux où il faut faire attention de ne pas se rompre le cou… On faisait un ultime plongeon dans la mer en rentrant. Manière symbolique de quitter l’espace des morts (le cimetière) pour rentrer dans le monde des vivants.

 La légende de la grotte de Saint-Salvayre.

 

Enfin, dernière légende associée à ce lieu. Au-dessous de la chapelle des Auzils, il existe une grotte dite « de saint Salvayre », dans laquelle se rendaient jeunes gens et jeunes filles. C’était un lieu propice à l’apprentissage amoureux. Les filles y allaient pour demander un mari, en menaçant saint Salvayre d’un coup d’épingle : « Balha me un fringaire o te foti un cop de pic ».

 
Bref… 

 

Un lieu insolite, à quelques kilomètres en voiture de Gruissan, dans le massif de la Clape. A ne pas manquer.

 

Sources.

 

Article publié par la municipalité de Guissan .

L’Aude, encyclopédies régionales Bonneton, « Ethnographie » (Chr. Amiel)

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14 juin 2008 6 14 /06 /juin /2008 08:29

 

Il existe au cœur du Pays basque une montagne sacrée. De son sommet dénudé, on aperçoit à perte de vue collines et pâturages. Une petite chapelle s’y élève, modeste et grandiose, à l’emplacement d’un temple oublié. On murmure même que sainte Madeleine en personne vécut ici.

 

A nous de débrouiller quelque peu l’écheveau de ces mystères et légendes qui se perdent dans des temps immémoriaux. Ce faisant nous croiseront un prêtre restaurateur d’église, un notable romain, des possédés et même l’étrange dieu de la foudre rouge.

 

Je ne veux pas annexer le Pays basque au Pays cathare, mais comme je l’aime tellement je ne peux me passer d’en parler sur le blog ! Nos amis basques me pardonneront cette brève excursion dans leur domaine.

 

La montagne magique.

 


Montagne magique, cette hauteur l’est naturellement. Elle culmine à 795 mètres dans cette région de petites collines. Il faut suivre une route qui grimpe et serpente pendant des kilomètres. On parcourt les pâturages déserts sur des corniches parfois vertigineuses. Puis on arrive enfin au sommet, en vue de la chapelle, échouée là telle l’arche de Noé sur le mont Ararat…

 

De là haut, on aperçoit la Soule vallonnée, le pic du midi d’Ossau, le pic du midi de Bigorre, et surtout la verdure des pâturages à perte de vue.

 

L’Eglise.

 

C’est un modeste édifice aux murs blanchis. Le premier élément qui frappe le visiteur en entrant est l’agencement intérieur, où le bois domine. Comme dans toute église basque, une tribune de bois s’étend sur la plus grande partie de l’édifice. Appuyée sur de puissants piliers, c’est une menuiserie solide, qui dégage une beauté puissante et saine. Le toit de la chapelle est lui aussi lambrissé de bois. Cette simplicité n’exclut pas quelques motifs décoratifs ou ornementaux, simples mais très agréables à regarder.

 


L’œuvre des hommes de la Soule.

 

Cette église simple et grandiose est à l’image de ses bâtisseurs, les nobles habitants de la Soule. Ce sont eux qui construisirent le premier édifice, avant le XVe siècle. Ce furent également eux qui la restaurèrent en 1897, puis en 1961, alors qu’elle menaçait ruine à la suite d’une tempête, sous la conduite de l’abbé Aguer. Ce lieu est l’expression même de la foi profonde du peuple basque, toujours bien vivante de nos jours. Elle s’exprime d’ailleurs dans deux pèlerinages, qui ont lieu le dimanche précédant les Rameaux et le 22 juillet, jour de la Sainte Madeleine.

 

Le culte de la Madeleine.

 

Je rappelle ici brièvement quelques notions sur la Madeleine. Elle est né de l’identification de plusieurs personnages du Nouveau Testament : Marie de Béthanie, sœur de Marthe et de Lazare qui écoute la prédication de Jésus au lieu de travailler avec sa sœur en cuisine (Elegit optimam partem « Elle a choisi la meilleur part ») ; la pécheresse anonyme qui essuie les pieds du Christ de ses cheveux après les avoir enduits de parfum ; Marie de Magdala, riche suivante du Christ. On considère généralement dans la tradition catholique que ces trois Marie n’en sont qu’une seule, une ancienne courtisane, convertie par Jésus.


C’est pourquoi ses représentations font d’elle une mystique (en extase), qu’elle porte de longs cheveux, un vase de parfums et un crâne. Deux statues de la Madeleine conservées dans la chapelle, l’une en pied, l’autre agenouillé, la première dans le chœur, l’autre au fond de l’Eglise, donnent une interprétation simple et efficace de cette iconographie traditionnelle. Elles doivent dater des XIX-XXe siècles.

 

Les origines du culte de Madeleine.

 


Le culte de la Madeleine se répandit au Moyen-âge, lorsque l’abbé de Vézelay voulut attirer les pèlerins vers son abbaye. Il se procura alors les reliques de sainte Madeleine conservées jusque-là à Aix. Un des clous de la collection était le crâne présumé de la sainte, qui comportait une parcelle de chair intacte appelée le Noli me tangere. La légende prétendait en effet que le Christ ressuscité, en disant à la sainte « Ne me touche pas » (Noli me tangere) avait touché le visage de la sainte  un peu au-dessus de l'oeil gauche. Le saint contact aurait doué cette parcelle de chair d’une étrange incorruptibilité.

 

C’est à partir de ce moment-là (le XIe siècle) que l’on propagea toutes sortes de légendes édifiantes pour appuyer le culte naissant. On supposa qu’exilée de Palestine, elle s’était rendue en Provence avec saint Trophime et d’autres chrétiens des premiers temps. Elle aurait alors vécu en ermite, vivant dans une perpétuelle extase, si bien que ses cheveux, jamais coupés, couvraient entièrement son corps.

 

La Madeleine à Tardets.

 

Mais que venait faire la Madeleine ici en Soule, si loin de la sainte Baume de Provence ? La chapelle dédié à, Madeleine n’est pas attestée en ce lieu avant le XVe siècle. Ce sont surtout d’étranges légendes qui nous apportent une réponse. Les anciens disaient que Madeleine s’était réfugiée en ce lieu. Elle y priait avec une telle ardeur pour le pardon de ses fautes passées, qu’elle aurait creusé avec ses mains, en rampant,  des sortes de fossés. Celles-ci étaient l’objet d’un étrange rituel : les femmes venaient jadis s’y agenouiller pour prier la sainte. Le curé, sans doute embarrassé de ce rituel étrange et d’origine suspecte, fit édifier là un chemin de croix en 1895.


L'implantation d'un lieu de culte à Madeleine en ce lieu serait en fait liée au passage des pèlerins de Compostelle au Moyen-âge.
 

Le pèlerinage.

 

Jadis, le sanctuaire était fréquenté par deux types de pèlerins principalement : les jeunes filles nubiles et les fous ou malades mentaux.

 

-Les jeunes filles, se confiant à la réputation de sainte Madeleine, pécheresse convertie et épouse mystique du christ, venaient demander à la sainte un mari en chair et en os. Elles caressaient également le visage de la sainte pour avoir le teint frais.

 

-Les malades mentaux et les fous venaient, jusqu’à une époque récente, implorer leur guérison. On y aurait encore amené dans les années 1880 une femme prétendument possédée. Elle était enserrée dans une camisole et transportée dans une charrette.

On pourrait aussi ajouter les éleveurs sans doute, désireux d’une protection pour leurs troupeaux.

 

Le temple d’Herauscorritse.

 


Mais ce n’est pas là tout le mystère des lieux. Une autre énigme est celle d’une plaque dédicatoire, adressée à un dieu inconnu. Elle fut trouvée sur place et longtemps conservée ici, avant d’être remplacée par une copie. Comme dans beaucoup de chapelles, l’objet avait été remployé dans un mur du chœur, les chrétiens ayant toujours de la vénération pour ces pierres païennes. Un jour, ors d’une réparation, la pierre fut détachée du mur, et on put alors constater qu’il s’agirait d’un autel votif, avec patère et guttus. Voici le texte de l'inscription votive.

 

FANO

HERAUS

CORRTZE

HE.SACRM

C. VAL. VAL

RIANUS

 

C’est une inscription dédicatoire d’un certain C. Val. Valerianus à un dieu Herauscorritsehe. Ce dieu n’est mentionné que sur cette seule inscription connue à ce jour. C’est sans doute un de ces dieux topiques pyrénéens, attachées à une vallée ou un région bien délimitée, et inconnus au-delà.

 

L'énigme du dieu oublié.

 

Au XIXe siècle, l’inventaire systématique des inscriptions et les progrès de l’épigraphie ont permis aux érudits de tenter de décrypter l’identité de ce mystérieux dieu Herauscorritsehe. Tous furent d’accord pour dire que son nom provenait du basque. Néanmoins, les traductions différaient : pour Mgr de Saint-Pierre, il s’agissait du « dieu de la poussière rouge », pour le docteur Urutibehety du « dieu de la foudre rouge » (Heraus : ce qui descend du ciel, la foudre ; corritse : rouge ; HE : abréviation de Hic erexit « a érigé ici »).


Certaines spéculations plus récentes, à tendance néo-païenne ont vu dans Herauscorritse un dieu animal, semblable au bouc noir (Akerbeltz), dieu de la fertilité assimilé au diable par les inquisiteurs. Mais là aussi, ce n'est qu'un tissu d'hypothèses, certes passionnantes, mais qui supposent l'adhésion à l'idée controversée de la subsistance de cultes de la fertilité antiques dans le Moyen-âge.  C'est fou ce que l'ingéniosité humaine peut broder à partir d'un simple nom ! 
 

Quoi qu'il en soit, c’est la deuxième interprétation du nom d'Herauscorritse, « le dieu de la foudre rouge », qui a prévalu dans la littérature spécialisée. On s’accorde donc généralement pour dire qu’Herauscorritse était une ancienne divinité de la foudre, équivalent de Jupiter. Quoi de plus nécessaire en effet, pour les bergers, de s’assurer la bienveillante d’une divinité toute-puissante sur la météorologie ?

 


Le mystère de l’identité de Valerianus.


Enfin, dernier mystère : l’identité de ce Valerianus qui dédia cette inscription à Herauscorritze. Certains auteurs ont  rapproché son nom de celui qui figure sur une autre inscription votive conservée au musée de Tarbes, et dédiée aux dieux mânes (D.M.) par un certain Caius Valerius Valerianus, questeur de la province de Bétique en Espagne. Il s’agissait d’un individu unique, ou de plusieurs) importants personnages ayant le même nom et gentilice. Peut-être, comme le suggère Bernard Duhourcau, était-ce un auguste personnage, qui, à l’occasion d’un déplacement dans le nord des Pyrénées, aurait dédié des autels aux divinités locales ? Hélas, que reste-t-il de ce puissant personnage à ce jour, si ce n’est ce nom gravé et un peu de poussière ? Rouge, peut-être…


En clair.
 

La chapelle de la Madeleine, selon un principe très ancien et très répandu, aurait été construite à une époque indéterminée, mais sans doute postérieure au XIe siècle (développement du culte de Marie-Madeleine à Vézelay) sur les ruines ou le site d’un temple d’époque romaine. Mais aucune chapelle n'est attestée avant le XVe siècle dans les sources archivistiques.

 

La montagne du destin.

Une dernière légende aux résonnances métaphysiques et philosophiques se racontait autrefois à propos de cette montagne. On dit que Roland, le géant légendaire et neveu de Charlemagne, vint jadis en ces lieux. Il vit trois femmes; on lui dit qu'il s'agissait des trois parques qui filaient et coupaient la trame de la destinée humaine. A chaque fil coupé, une vie s'éteignait.

Roland, indigné, usa de sa force herculéenne pour jeter aux déesses le sommet de la montagne de la Madeleine, mais en vain. Depuis, les Parques continuent à tisser la destinée des hommes, et la montagne est moins haute... Que de beauté dans ce mythe, digne de celui de Sisyphe ou de Prométhée, dans la mesure où il dit la lutte desespérée de l'homme comme son destin.

Bref…


J’espère que l’évocation de cette montagne sacrée a fait naître en vous le désir de partir l’escalader. Comme ces milliers de promeneurs chaque année venu trouver le délassement, ou confier leurs intentions, souvent poignantes, à l’humble Madeleine de la Montagne. Il faut lire sur le livre d’or (gardé près de l’autel) le secret de ces âmes troublées, ou de ces simples visiteurs de passages. En 2004, une stèle fut apposée pour commémorer la libération de la Soule, et marquer en ces lieux le désir d'une paix durable en Europe.


Que celui-ci, en notre époque de fracture, ne reste pas lettre morte 
 


Sources.


B. Duhourcau, Guide des Pyrénées mystérieuses.

Histoire de la Soule.

Site de la communauté de communes de Soule.

Site des Madeleines.

 

 

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26 février 2008 2 26 /02 /février /2008 14:13
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Souvent, une ville ou un village se trouve sous la protection d’un saint : ainsi, Paris et sainte Geneviève, Toulouse et saint Sernin… Mais Dourgne, village plus modeste par le nombre d’habitants, a néanmoins le privilège d’être sous la garde de rien moins que quatre saints !
 
Ils s’appelaient Stapin, Ferréol, Macaire et Hippolyte (Chipoli). Ils étaient frères. Stapin et Macaire étaient de pieux ermites, Ferréol bouvier et Hippolyte un soldat romain. Tous périrent martyrs. Ils auraient vécu quelque part dans les ages sombres, vers le VIIe ou VIIIe siècle de notre ère.
 
Nous n’avons aucune source d’information réellement « historique » à leur sujet, mais seulement des traditions populaires et ecclésiastiques, ainsi qu’un certain nombre de rituels liés à leur culte. Il existe aussi un certain nombre de lieux où ils sont censés avoir vécu. C’est donc à une promenade rêveuse dans les traditions du Languedoc que je vous convie.
 
Saint Stapin l’insaisissable.
  
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Stapin est sans doute la figure à la fois la plus connue et la plus ambiguë de ces quatre saints. Il semble cumuler les attributs d’un saint catholique avec ceux d’un géant légendaire. Enquête sur un étrange personnage.
 
Saint Stapin le saint.
Saint Stapin apparaît avant tout, son nom l’indique, comme un saint. Deux sources de renseignements à ce sujet : le tradition ecclésiale et la tradition populaire.
 
-La tradition ecclésiale.
L’Eglise l’a reconnu comme saint depuis le XVIIe siècle au moins, où il est cité dans les Actes des saints des Bollandistes, mais le culte est attesté antérieurement. Elle le fête le 6 août, et l’invoque contre une maladie articulatoire, la goutte, d’où la popularité de son culte qui, parti de Dourgne, s’est étendu dans plusieurs pays d’europe : on lui attribue plusieurs miracles dans la guérison de personnes souffrant de troubles de la locomotion. D’où le surnom de Stapin « patron des podagres ». L’Eglise considère que Stapin est en fait le nom populaire d’Etienne, évêque de Carcassonne au VIIe siècle, et qui mourut martyr (il est inscrit au martyrologe romain).
 
-Stapin ermite.
La tradition populaire nous fournit d’autres renseignements sur Stapin. Il était ermite sur le plateau appelé aujourd’hui désert de Saint-Ferréol, au-dessus de Dourgne. Là, il se tenait dans un cercle de pierres blanches, où il priait sans cesse, si bien que la forme de ses jambes s’était empreinte dans le rocher, au lieu dit les Genouillades (Ginoulhados). Face à lui se tenait Satan qui le tentait, dans un cercle de pierres noires. Et si l’on se rend sur place, effectivement, l’on constate la présence de pierres plus ou moins sombres, ainsi que de différents phénomènes d’érosion de la roche.
 
-la mort de Stapin.
On ajoute que Stapin attira par sa sainte vie beaucoup de curieux, et qu’en ces temps troublés on lui proposa l’évêché de Carcassonne, qu’il finit par accepter, non sans avoir tenté de se dérober à cet honneur en se cachant dans un cluzel (souterrain). Chassé par l’invasion arabe, il revint ensuite à Dourgne où il mourut vers 720 selon Montagné. On ramena son corps de Carcassonne à Dourgne dans un char. Le char s’arrêta à Ventenac-Cabardès sans pouvoir avancer, jusqu’à ce qu’on construise en ce lieu une chapelle à lui dédiée. Puis, la dépouille repartit vers à Carcassonne où elle fut enterrée.
  
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(Saint Stapin, patron des podagres).
Stapin le géant.
Par ailleurs, d’autres légendes populaires donnent à Stapin d’autres aspects qui cadrent moins avec l’idée que l’on se fait d’un saint, mais plutôt avec la figure d’un géant de légende. Ainsi la coutume du repas gargantuesque liée à lui, et qui existait encore sous Napoléon III :
 
« Le jour du 6 août [la fête de SS], encore sous Napoléon III, on plaçait un homme que l’on déguisait en saint Stapin dans la chapelle à la place de la statue du saint durant les offices. Ce personnage devait ensuite avaler un repas énorme formé traditionnellement de haricots. Il s’en suivait des jeux et des danses. »
 
D’autres traditions orales prêtent à Stapin et à ses frères une force herculéenne :
 
« Ils étaient quatre frères qui en des temps fabuleux habitaient les environs de Dourgne : Macaire, Hippolyte, Ferréol et Stapin. Ces frères se jetaient des meules de moulins, en guise de palais, d’une montagne à l’autre. »
 
Stapin est lié à des rituels de fécondité, attachés à sa chapelle dans le vallon du Taurou à Dourgne. Ainsi, selon Y. Blaquière, des habitants de Vaure (près de Revel) venaient toucher le verrou de la chapelle consacrée à Stapin pour avoir des enfants. Il est également lié à un rituel de circumambulation : les malades devant faire 9 fois le tour de la chapelle. Or la symbolique de la rotation évoque infailliblement par analogie les corps céleste et le pouvoir du soleil.
 
Qui est donc Stapin ? Un saint ou un géant ?
 
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Il y a donc dans saint Stapin le mélange d’un saint chrétien et d’autres aspects que l’on trouve identifiés dans la tradition à des géants (le repas gargantuesque) ou à des fées (l’aide dans la conception des enfants, la sacralisation de l’eau).
 
Y a-t-il eu christianisation d’un culte païen ancien ? C’est ce que les érudits positivistes du XIX n’ont pas hésité à affirmer, disant que Stapin avait été une sorte de druide, ce dont l’on a d’ailleurs aucune preuve. Plus simplement, B. de Viviès pense que Stapin ne pouvait dériver étymologiquement d’Etienne, mais seulement du verbe stapiner, qui signifie « se tenir debout » ou "danser d'un pied sur l'autre".
 
Ou bien y a-t-il eu réappropriation par le peuple d’un saint reconnu par l’institution ecclésiale ? L’Eglise a en effet plusieurs fois réagi contre certains excès superstitieux du culte du saint, au point même d’interdire le pèlerinage au XVIIIe siècle à la suite de certains « excès ». On ne le saura sans doute jamais, tant dans ce personnage unique se mêlent de manière indissociable des traits chrétiens et des traits plus légendaires.  
 
La seule chose dont on est sûr c’est l’attachement émouvant et infiniment respectable des dourgnols, comme de la communauté monastique d’En Calcat, à saint Stapin et à son culte, qui est éminemment respectable pour son ancienneté et son importance dans la cohésion de la communauté.
 
En méditant sur tout cela, vous pouvez vous rendre sur le plateau de Saint-Ferréol, au-dessus de Dourgne, où se trouve une chapelle édifiée après la seconde guerre mondiale ( à la suite d’un vœu de la population lors de la dernière guerre) près des genouillades et des pierres où vivait l’ermite, et dans le vallon du Taurou, où se trouve une petite chapelle où se déroulaient autrefois les pèlerinages à saint Stapin. 
 
Saint Ferréol et saint-Stapin, et la symbolique du franchissement de la Montagne noire.
 
Stapin avait un frère, Ferréol, qui, contrairement à lui, était un véritable mécréant. Un jour qu’il conduisait une charrette, sur le plateau qu’il domine Dourgne, le diable le fit s’embourber. Ferréol invoqua Dieu, lui promettant de changer de vie s’il le sortait de ce mauvais pas. Ce qui arriva effectivement, saint Ferréol devenant finalement un saint.
 
Quel est l’élément réel qui se cache derrière ce récit ? La légende de saint Ferréol est liée au franchissement de la Montagne noire, sur une voie très ancienne, le Cami Ferrat ou Saïssaguès. C’est une voie de passage, peut-être ancienne voie romaine, ou chemin de pèlerins. Ce qui viendrait corroborer cette interprétation, c’est que dans un conte de la Montagne noire recueilli au XIXe siècle, l’Oiseau bleu, saint Stapin apparaît sous les traits d’un pèlerin.
 
Pour l’homme d’autrefois, les déplacements, notamment ceux à finalité religeiuse (les pèlerinages) revêtaient une dimension symbolique très forte. Le long du chemin saissaguès ou d’autres chemins, dans la montagne noire, ou du côté de Saissac et d’Arfons, mégalithes, croix et de pierres à cupules, signes d’une sacralisation de l’espace, lié au passage de la montagne. Celle-ci remonte peut-être au néolithique et aux premiers agriculteurs. La légende de saint Ferréol serait un des derniers vestiges de cet espace sacré.
 
Saint-Macaire et Saint Hippolyte.
Venons-en eux deux derniers frères. Macaire était un ermite qui vivait dans un vallon où se dresse aujourd’hui un oratoire et une fontaine sacrée. Une coutume ancienne voulait que les malades se lavent avec un linge trempé de l’eau de la fontaine, qu’il laissaient ensuite sur place (les mouniès, qui ont donné leur nom au lieu). La pratique est attestée en de nombreux autres endroits.
Hippolyte, était un soldat romain. Quant à lui, il est associé à un site où se tenait une chapelle, et où auparavant s’était tenu un oppidum celte et un camp romain (fouilles). Là avait lieu autrefois un pèlerinage, le saint étant évoqué, comme son frère Stapin, pour les maux de jambes.
 
undefined(les genouillades) 
 
Le mystère des quatre saints.  
Pourquoi quatre saints ? Car leur quaternité dessine un espace sacré. Leur présence en différents endroits du territoire de Dourgne donne un sens religieux à différents lieux. On peut ainsi formuler l’hypothèse d’un lien entre chacun des saints et un élément : ainsi, Hippolyte est relié à l’air (on l’évoquait contre le vent d’autan), ou Macaire à l’eau (la source), etc.
 
Il n’en reste pas moins que ces légendes nous permettent de concevoir le rapport des anciens à l’espace, diamétralement opposé à celui des modernes : un espace semé de lieux sacrés et de rituels. Une invitation, quand nous croisons une chapelle ou une croix, à nous interroger sur ce qui a pu pousser les hommes d’autrefois à poser un témoignage de leur foi en tel ou tel lieu.
 
A voir sur place.
 
A Dourgne, vous pouvez visiter les lieux en rapport avec les traditions et les rites des quatre saints :
-le plateau de saint-Ferréol, avec la « capelette », les genouillades et les cercles de pierres de la légende. 
-la chapelle de Saint-Stapin (près du camping).
-le roc de l’Abbade (statue géante de saint Stapin, monument emblématique).
-l’oratoire de Mouniès (chapelle à ND de Fatima).
-les vestiges du site de saint Hippolyte (ancienne chapelle, camp romain).
Un agréable sentier pédestre dit des quatre saints fait le tour de ces sites en 5 heures environ. Le descriptif est à l’OT de Dourgne et dans le guide de randonnées Chamina « Montagne noire ».
 
Bibliographie.
 
A. Montagné, Saint-Stapin évêque de Carcassonne.  
V. Ferras OSB (auteur de divers ouvrages et articles sur Stapin et l’hagiographie locale).
B. de Viviès, Saints et géants au pays de Dourgne (reprise d’une thèse soutenue à l’EHESS).
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