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Le Pays cathare ou Languedoc (Ariège, Aude, Haute-Garonne, Tarn)...

Venez y découvrir
les lieux méconnus...

...qui vous parlent de l'histoire, du patrimoine, des légendes du sud de la France.

Un monde si proche et si lointain de châteaux, de villages perchés, de pics et de forêts profondes s'ouvre désormais à vous.



"Les êtres et les choses sont créés et mis au monde non pour la production mais pour la beauté"
Joseph Delteil

 

"Ne soyez pas des régionalistes. Mais soyez de votre région."

Joë Bousquet 

 

"Celui qui n'a pas de passion, il ne lui sert à rien d'avoir de la science."

Miguel de Unamuno

3 juin 2008 2 03 /06 /juin /2008 08:40

 

 

Dans une vallée lointaine des Hautes-Pyrénées se dresse une tour à légendes. C’est le vestige de l’un de ces châteaux que l’histoire a oubliés, et sur lesquels on ignore à peu près tout… Mais là où l’histoire fait défaut, l’imaginaire doré des légendes vient à la rescousse. On ne s’étonnera donc pas de voir en ces lieux une comtesse sanguinaire, sorte de cousine commingeoise d’Erzsébeth Bathory. 
 

Une forteresse isolée au milieu des bois.


Le château mystérieux est perdu dans les bois. Il fait serpenter parmi les arbres torturés et les vieux murs moussus, pour arriver enfin en vue du château, perché sur son promontoire rocheux.
Dominant la vallée de la Barousse, la Tour de Bramevaque semble avoir un rôle de surveillance et de défense.

 

La chapelle et le donjon.



Un promontoire rocheux qui surplombe la cour nous mène à un deuxième palier, vers ce qui semble être une ancienne chapelle. Les murs sont ornés d’une sorte d’entablement ou de corniche, fait d’un motif à damier. Impératif de défense oblige, les fenêtres de la petite église sont en ébrasement vers l’intérieur, et non vers l’extérieur, comme il sied à toute bonne meurtrière.

 

 

La comtesse cannibale.


Elle s’appelait Marguerite et était châtelaine de Bramevaque. La légende raconte que chaque jour, elle réclamait pour son repas la chair d’un petit enfant. Un jour, le cuisinier ne trouvant pas le gibier habituel, se saisit d’un veau qu’il complotait de faire passer pour de la chair humaine. Les meuglements de l’animal, ou de sa mère (selon les versions de la légende) parvinrent à la comtesse, qui fut prise de pitié. Si une mère animale et son petit pouvaient éprouver une telle souffrance, qu’en devait-il être alors pour des mères ou des enfants humains ? Elle mit fin alors à son cannibalisme…

 



La femme séquestrée.


Les atrocités commises par les seigneurs d’autrefois sont une donnée récurrente de la tradition populaire. Si Erzsébeth Bathory, dame de Hongrie au XVIIe siècle, fit bien tuer plusieurs jeunes filles pour boire leur sang et préserver sa jeunesse, en revanche la présence d’une ogresse à Bramevaque ne semble pas attestée dans l’histoire.


Une autre version moins merveilleuse de la légende existe. Marguerite n’aurait pas été une ogresse, mais la femme de Mathieu, comte de Comminges, au XVe siècle. Elle fut d’abord mariée à l’âge de douze ans avec le comte d’Armagnac, tué lors du massacre des Armagnac à paris en 1418, qui marqua le retour au pouvoir du parti Bourguignon. Elle devait épouser ensuite le comte de Pardiac, qui fit un faux pour cela ; elle dut entrer en guerre avec lui pour mettre en échec cette manigance. Mais malgré ces épisodes douloureux, Marguerite n’avait pas encore touché le fond du malheur conjugal…


En effet, elle épousa en troisièmes noces un cadet de la famille de Foix, Mathieu, doté de maigres fiefs dont ses frères n’avaient pas voulu, dont Bramevaque. Pour une raison inconnue, dès le début de son mariage, Mathieu fit enfermer Marguerite dans la tour de Bramevaque. Elle devait y rester jusqu’à sa mort. Il est dit que le roi Charles VII lui-même intervint pour demander la libération de la prisonnière. Ce qui advint au bout de 22 ans de claustration. Marguerite, épuisée et sans doute malade, ne sortit de captivité que pour mourir à brève échéance.

Si cette histoire est vraie, comment se fait-il que la victime ait été changée en bourreau, l’épouse cloîtrée en comtesse sanglante ? Mystère, à supposer que l’histoire de la femme cloîtrée ne soit pas elle aussi une pure fable.

 



Bref…


Les châteaux comme Bramevaque, n’ayant pas ou peu laissé de trace historique, font le bonheur de l’imagination populaire.

Bramevaque n’en restera pas moins, dans la légende, cet édifice sulfureux peuplé de malins esprits  et d’une comtesse sanglante. C’est un de ces vieux castels qui étaient le refuge du diable dans l’imagination des nos ancêtres. Saint-Amant, le grand poète baroque, a chanté le charme de ces ruines :

 

Que j’aime à voir la décadence

De ces vieux châteaux ruinés

Contre qui les ans mutinés

Ont déployé leur insolence !

Les sorciers y font leur sabbat ;

Les démons follets s’y retirent,

Qui d’un malicieux ébat,

Trompent nos sens et nous martyrent ;

Là se nichent en mille trous

Les couleuvres et les hiboux.

 

Sources.

Sur le château de Bramevaques en Comminges.

B. Duhourcau, Guide des Pyrénées mystérieuses.

Jean Marigny, Sang pour sang, le réveil des vampires.


Article de Jérôme Ramond. sur un autre château de Bramevaque (homonyme), situé en Bethmale.

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3 avril 2008 4 03 /04 /avril /2008 22:23

 

  Le 20 mars 1817, la troisième année du règne de Louis XVIII, un corps est repêché dans l’Aveyron. Il s’agit d’un homme d’une cinquantaine d’années. Il avait été égorgé, vidé de son sang et jeté à la rivière. On reconnaît bientôt en lui Antoine-Bernardin Fualdès (1761-1817), ancien procureur impérial (1811-1814), révoqué lors de l’avènement de Louis XVIII pour son bonapartisme notoire. Qui est le meurtrier ?


 
Un crime politique ?

La plupart des historiens pensent qu’il ne s’agit pas d’un crime crapuleux, mais d’un crime politique. En effet, Fualdès s’était fait remarquer sous la Révolution française comme jacobin modéré. Avocat, il avait été le défenseur de Charlotte Corday. Mais c’est en 1814 qu’il se serait fait de puissants ennemis.

En effet, cette année-là, Fualdès est procureur du tribunal spécial à Rodez, pendant que se prépare dans les environs un complot royaliste. A Goudalie, près de Muret-le-Château, trois cents hommes en armes, sous la conduite des frères Goudal et de Bancalis de Pruines, n’attendent qu’un signal pour marcher sur Rodez. Mais, au dernier moment, la conspiration est déjouée par Fualdès.

Six semaines plus tard, une diligence chargée de l’or de la Caisse d’Espalion est attaquée près du manoir de Vayssettes. Fualdès soupçonne Bancalis, un des meneurs du mouvement de 1814, mais la chute de Napoléon, suivie de sa révocation par Louis XVIII, ne lui laisse pas le temps de mener l’enquête.

 
Les chevaliers de la Foi.

Ce seraient donc des royalistes qui auraient tué Fualdès, en guise de vengeance. Les responsables, comme l’a révélé le procès, auraient été deux royalistes notoire, Bastide et son beau-frère Jausion. Pour autant, une ambiguïté subsiste sur le motif de l’assassinat, puisque les deux hommes avaient contracté à l’égard de Fualdès une dette énorme de 26000 francs. Crime politique ou crime crapuleux ? 

Les tenants de la thèse royaliste ont parfois supposé que le meurtre de Fualdès était l’œuvre des Chevaliers de la foi, société secrète légitimiste fondée en 1810, mais apparemment sans preuve définitive.

 

Un assassinat sanglant.



Le procès révèle des circonstance de l’assassinat particulièrement romanesques, dignes de l’Histoire des Treize de Balzac ou même du Melmoth de Mathurin par leur sauvagerie ! Je vous laisse en juger.
  

Fualdès avait été attiré dans une maison mal famée. Là, il avait été égorgé et saigné avec sauvagerie, comme un animal. Détail macabre, Collard, un vielleux avait été loué pour maquer, par sa musique, les cris d’agonie du pauvre procureur.
 

 Des procès rocambolesques.

Seulement voilà. Les trois procès se sont déroulés dans d’étranges circonstances. Clarisse Manzon, principal témoin, personnalité fantasque, ainsi que tous les autres témoins à charge se sot rétractés après le procès et l’exécution de Bastide, Jausion et Collard (3 juin 1818). On a d’ailleurs noté l’empressement de la justice à envoyer les coupables à l’échafaud. Qu’en était-il donc vraiment ?


 
Le premier procès de l’ère médiatique.

Malgré toutes ces incertitudes, le procès de Fualdès marqua un étape dans l’histoire. Ce fut le premier procès de l’ère médiatique : il passionna pendant trois ans toute l’Europe. On écrivit cette complainte pour immortaliser l’affaire :

 Bastide le gigantesque
Moins deux pouces ayant six pieds,
Fut un scélérat fieffé
Et même sans politesse
Et Jausion l’insidieux
Barbare, avaricieux.

…Ils méditent la ruine
D’un magistrat très prudent
Un ami, un confident,
Mais ne pensant pas le crime
Il ne se méfiait pas
Qu’on complotait son trépas.


 
Appel à infos.

Je n’ai rien pu rassembler de plus sur cette ténébreuse affaire. Merci aux lecteurs érudits de me signaler toute autre information ou source intéressante !


 
Sources.

J.-F. Ratonnat, Les mystères du Sud-Ouest, éditions Sud-Ouest.
Collectif, Rodez, Deux mille ans d’histoire, éditions du Rouergue.

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9 mars 2008 7 09 /03 /mars /2008 08:42
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L’assassinat et la légende.
 
En mars 1675, un homme est tué d’un coup de pistolet, alors qu’il voyageait sur la route de Paris à Lyon. Il s'agissait de l'abbé Pierre-Nicolas de Montfaucon de Villars. Les assassins ont eu le temps de s’enfuir. Mais bientôt une étrange rumeur se propage à Paris, où l’homme avait une certaine réputation. 

Les esprits railleurs disent que l’abbé a été tué par des esprits, d’autres par des magiciens. Et cela pour le punir d’avoir, plusieurs années plus tôt, en 1670, dévoilé des secrets de l’art magique dans son ouvrage le Comte de Gabalis.

D’après Stanislas de Guaita, membre de la société secrète des Rose-Croix au XIXe siècle, la sentence aurait été prononcée par un tribunal secret, une sorte de sainte-Vehme :
 
« …pour avoir profané et tourné en ridicule les arcanes de la Rose-croix à laquelle il était initié, Montfaucon de Villars fut condamné par u tribunal vehmique et exécuté en plein jour sur la route. »
 
Légende ou vérité ? Enquêtons donc !
 
L’itinéraire de Montfaucon de Villars.
Montfaucon est de sang noble, mais il naît cadet et donc pauvre, au manoir du Villars près d'Alet-les-bains (Haute-vallée de l'Aude). Pour réussir lorsqu’on part avec un tel handicap, une seule voie : les études théologiques et l'Eglise. Et l’abbé s’y fait remarquer par des succès fulgurants : il prêche à saint-Sernin de Toulouse alors qu’il n’a que vingt ans (vers 1655). C’est alors qu’il monte à Paris. Mais il se met alors à fréquenter les esprits forts et libertins, et aurait même conspiré contre Mazarin (il est embastillé en 1661). Plus tard, il écrit son œuvre maîtresse, le Comte de Gabalis, qui circule en manuscrit dès 1668, et est imprimée en 1670.
 
Le comte de Gabalis.
 
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L’ouvrage est un dialogue entre un cabaliste et un sceptique. Le premier évoque la possibilité pour les sages de contracter un mariage sacré avec des esprits élémentaires, particulièrement les sylphes, esprits de l’air. Il y révèle également un certain nombre d’autres secrets, dont le mot magique Agla, qui contiendrait la quintessence du savoir des cabalistes.

L’ouvrage, par ses thèmes équivoques et libertins, comme son appel à un certain merveilleux, est un véritable succès de librairie et s’arrache. Une carrière d’écrivain à succès s’esquisse pour Montfaucon. Tout cela jusqu’à ce jour de 1675, où il connaît la mort.. En a-t-il trop dit dans son ouvrage ?
 
La vérité sur le Comte de Gabalis.
 
En fait le comte de Gabalis n’est pas le grimoire de magie que l’on a complaisamment représenté. En effet, Montfaucon y révèle un savoir très limité en la matière. Le mot magique Agla, qu’il présente comme un grand secret, était alors présent dans tous les grimoires de colportages et autres clavicules de Salomon. L’histoire des génies élémentaires, il l’a tiré d’un ouvrage de Paracelse. Quand à la possibilité de s’unir charnellement avec des esprits, il a pu l’emprunter à la culture de l’époque, qui croyait encore aux enfants nés du commerce des femmes et des démons. 
Le succès du livre n'est pas tant dû à un prétendu savoir occulte qu'il renfermerait, qu'au parfum de scandale et de libertinage qui l'entoure...

La disgrâce de l'abbé. 
 
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Si Montfaucon de Villars n’a pas révélé de secret magique, pourquoi a-t-il écrit un ouvrage sur les "sciences occultes? 

C’est simple : pour ridiculiser la superstition ambiante par l’ironie. En effet, des pères de l’église et certains ecclésiastiques admettaient la possibilité de l’existence d’incubes (démons mâles capables d’engrosser les femmes). Ridiculiser cette croyance, par des histoires de mariages avec des sylphes, c’était se moquer de l’autorité de l’Eglise. D’ailleurs, les contemporains ne s’y sont pas trompés. Voici ce que nous dit Antony Mc Kenna sur la réception de l’ouvrage dans les milieux catholiques proches de Port-Royal :
 
« Les conversations des amis de Port-Royal à l'hôtel de Liancourt à Paris, telles qu'elles sont rapportées dans le Recueil de choses diverses, nous apprennent qu'indigné par le ton irrespectueux de Gabalis à l'égard des choses saintes, Antoine Arnauld fait chasser l'abbé de Villars de l'hôtel de Lionne ; dès la Saint-Thomas, le 28 janvier, 1671, l'auteur libertin est interdit de prêche par Guillaume Du Plessis de La Brunetière, archidiacre de Paris. »
 
Le vrai motif de l’assassinat.
 
Mais alors, si le comte de Gabalis ne révèle aucun secret compromettant pour les magiciens, et n’est finalement un motif de scandale que pour les religieux, qui, contrairement à ce que suppose un certain Dan Brown, n’ont pas la gâchette facile, qui a pu tuer l’abbé ? 

En fait, la raison de sa mort n’a strictement rien à voir avec le contenu de son œuvre. Et pour comprendre ses raisons, il faut la resituer dans son contexte, qui est celui de la petite noblesse languedocienne de la deuxième moitié du XVIIe siècle, dans la Haute-Vallée de l’Aude, et à Alet-les-bains notamment.
 
La vie à Aleth au XVIIe siècle.
 
Nous connaissons l’ambiance générale par diverses sources, dont les mémorialistes de l’époque. Il apparaît qu’à cette époque là Alet-les-bains et sa région était sous la coupe de familles nobles rivales, et qui n’hésitaient pas à jouer du couteau pour se débarasser des gêneurs. Ainsi, lorsque Nicolas Pavillon arrive en 1639 à Aleth pour exercer sa charge d’évêque, le pays est contrôlé par les frères d’Aoustenc : il lui faudra des années à l’évêque pour rétablir un semblant d’ordre.

Les méthodes que les familles nobles rivales utilisaient alors pour se faire la guerre ne brillaient pas par leur subtilité. Cela allait de la dévastation des cultures ou de l’incendie des châteaux au meurtre pur et simple. Une fois celui-ci commis, les coupables prenaient le maquis le temps que les esprits se calment.
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Montfaucon vs Ferrouilh.
 
Dans l’enchaînement de meurtres et de vengeances qui conduisit à la mort de l’abbé, se lit l’affrontement de eux familles nobles locales : les Montfaucon et les Ferrouilh. Jean-François de Montfaucon, le père de l’abbé, avait épousé Jeanne Ferrouilh de Montgaillard. Mais pour une raison inconnue, l’animosité, malgré ce mariage, avait éclaté entre les deux familles. Jean-François de Montfaucon est assassiné par son propre beau-frère, Paul de Ferrouilh, alors que le jeune Pierre, le futur abbé, n’était encore qu’un enfant. Ce meurte ne resta pas sa vengance : en 1662, l’abbé et ses frères tendirent une embuscade à Paul et l’assassinèrent sans pitié. Les criminels, condamnés à mort par contumace, réussirent à échapper à leur peine. Mais la vengeance appelle la vengeance… Et c’est Pierre de Ferrouilh, fils de la victime des Montfaucon, qui tue l’abbé à son tour an 1675, sur le chemin de Lyon.
 
Conclusion.
 
Un mystère cabalistique qui ne cache qu’une vendetta familiale… Encore une erreur à imputer aux savants et prétendus « initiés » du XIXe siècle ! Mais notre siècle n’est-il pas tout aussi fertile en naïvetés et en bobards ?
 
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Bibliographie.
 
Le Comte de Gabalis sur Gallica : gallica.bnf.fr/ark:/12148/bpt6k81817s
 
Roger Laufer : préface à son édition du Comte de Gabalis.
 
René Nelli, Histoire secrète du Languedoc.
 
Bibliographie de l’abbé Montfaucon de Villars : bibliophilie.blogspot.com/2007_08_31_archive.html
 
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4 mars 2008 2 04 /03 /mars /2008 12:58
Les grottes de Gargas (Hautes-Pyrénées) sont un lieu bien connu des touristes depuis des générations. On y admire les vestiges de la Préhistoire. Mais on étonnerait bien les visiteurs en leur racontant qu'il y a trois siècles, sévissait là un tueur en série sanguinaire. 

Blaise Ferrage, l'ogre de Gargas.
 
Blaise Ferrage vivait au XVIIIe siècle. Individu taciture et solitaire, peut-être berger, il avait établi son repaire dans la grotte de Gargas. Il enlevait des bergères dans son antre, les violait et les tuait. Après quoi, il se nourrissait de leur chair... Il tua une douzine de bergères avant d'être arrêté et de subir le supplice de la roue à Toulouse. 

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Trop sanglant pour être vrai.
Cette légende particulièrement sanglante est néanmoins fausse, aux dires des historiens. D'ailleurs, le phénomène des serial killers, malgré des exemples anciens comme Gilles de Rais, ne semble pas remonter à plus d'une centaine d'années, nous disent les spécialistes... Qu'est-ce qui a pu donner lieu à cette légende?  

Le vrai Blaise Ferrage. 
Il y a eu réellement un homme de ce nom, mais il ne vivait pas à Gargas (Haute-Pyrénées), mais en Ariège, près du village de Castillon en Couserans, selon le Mercure de France de 1783. Il y a donc eu transfert d'un criminel réel à Aventignan, et attribution de forfaits imaginaires. 

Une hypothèse. 
Une légende dit depuis toujours qu'il vivait autrefois dans la grotte de Gargas un géant répondant également au doux nom de Gargas, qui n'est pas sans rapport avec Gargantua. Blaise Ferrage ne serait donc que le doublet pseudo-historique de l'ogre légendaire.
Or, bien souvent, les légendes de géants sont provoquées par la découverte d'ossements énormes, comme ceux d'ours des cavernes, de mamouths ou de dinosaures, et autres créatures géantes dont on ignorait l'existence avant l'apparition de la paléontologie au XIXe siècle. Ainsi, les têtes de mamouths étaient interprétées comme les crânes de cyclopes.
A Gargas, les guides, pour accréditer la légende du géant, montraient des tas d'ossements, qui sont en fait des os d'ours, comme l'a révélé l'archéologue Carthailhac.  

Bilan, raison d'être de la légende et réflexions désabusées.
Ce serait donc la présence d'os géants ou en grand nombre qui aurait créé la légende du géant. C'est ensuite que l'exploitation touristique de la grotte, dès le XIXe siècle, rendit le récit plus vendable en ajoutant la mention de jeunes filles assassinées. 
Le corps féminin dénudé et blessé fait toujours vendre, c'est bien connu et le cinéma en a fait la démonstration éclatante, non? alors avant de nous moquer des légendes d'autrefois, balayons devant notre porte !  

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