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Le design et les bannières du blog sont une oeuvre originale de Little Shiva. Un grand merci à cette graphiste de niveau international,  pleine de talent et de générosité. Son boulot est splendide.Vous pouvez aussi admirer son oeuvre d'artiste ici.

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A l'instant même,
parmi les    visiteurs d' Over-Blog, il y a     amateurs de lieux secrets... 

 

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Invitation au voyage


Le Pays cathare ou Languedoc (Ariège, Aude, Haute-Garonne, Tarn)...

Venez y découvrir
les lieux méconnus...

...qui vous parlent de l'histoire, du patrimoine, des légendes du sud de la France.

Un monde si proche et si lointain de châteaux, de villages perchés, de pics et de forêts profondes s'ouvre désormais à vous.



"Les êtres et les choses sont créés et mis au monde non pour la production mais pour la beauté"
Joseph Delteil

 

"Ne soyez pas des régionalistes. Mais soyez de votre région."

Joë Bousquet 

 

"Celui qui n'a pas de passion, il ne lui sert à rien d'avoir de la science."

Miguel de Unamuno

21 septembre 2010 2 21 /09 /septembre /2010 22:10

Je sais que cet article déplaira sans doute à certains, mais tant pis. Il est un moment où l'on ne peut plus se taire.

 

Il m'est arrivé de parler ces derniers temps avec un adolescent, qui m'a dit fièrement "Moi, je suis un barbare". La phrase est moins anodine qu'elle n'en a l'air. Comment un jeune, qui est en fait l'héritier d'une civilisation plusieurs fois millénaire, de l'héritage antique au Moyen-âge, jusqu'à la modernité des droits de l'homme, a-t-il pu être conduit à se reconnaître dans l'image d'Epinal d'un être à demi-sauvage ?

 

Pourquoi tant de nos contemporains se réfugient dans des sous-cultures ou dans la violence ?

 

ingres-dessin-d-un-barbare-de-la-colonne-trajane-base-memo.jpg

 

Une définition de la civilisation

 

Vaste question, toutefois -c'est mon point de vue- l'on peut dire que la civilisation occidentale, au moins depuis la Renaissance, et aussi la civilité à l'âge classique, a fait aller de pair plusieurs concepts

-le savoir : la connaissance du monde est née progressivement d'une moins grande connaissance, ou d'une ignorance (les jalons en sont multiples : la pénétration d'Aristote en Occident au Moyen-âge, l'Humanisme, l'honnête homme classique, les Lumières...)

-la connaissance de l'autre : ce savoir aboutit à ce que chacun, par-delà ses particularisme de religion, de politique, etc. accepte de voir dans les autres ses semblables, d'autres hommes, ses égaux.

-la concorde : ainsi les conflits s'apaisent, car bien que des tensions existent, il y a le sentiment d'appartenance à une humanité commune.

-la langue commune : la langue commune cimente cette unité et permet de débattre courtoisement des problèmes au coeur de la cité. Le barbare opposé au civilisé, étymologiquement, est celui qui ne parle pas le langage de la Cité.

-la civilité et le respect : la politesse, l'urbanité sont le signe qu'on voit dans l'autre son égal, un homme aussi précieux que soi, même s'il pense à l'opposé de vous.

  

chasseriau-les-invasions-barbares.jpg

 

Perte de civilisation

 

Or dernièrement, certaines évolutions sociales menacent les trois points de ce fonctionnement

-un défaut de culture : le défaut de transmission culturelle et une certaine faillite de l'enseignement sont dus autant aux pédagogues et parents qui en bradent le contenu qu'aux élèves qui la refusent consciemment

-l'atomisation de la société : cette ignorance favorise la multiplication des communautarismes et des particularismes qui font que l'on se définit avant tout comme membre d'un groupe politique, social, ethnique ou religieux avant d'être citoyen d'un pays.

-les attaques contre la langue commune : les attaques contre la langue française, déformée, mutilée, la réduisent à un code réservé à une tribu (sabir franglais des technocrates et informaticiens, langage SMS des "djeuns", langues étrangères dans les transports en commun) plutôt qu'un instrument de communication  entre tous.

-la violence : les tensions entre groupes sociaux ne pouvant pas être résolues par un débat intelligent exprimé dans un langage clair et dépassionné, elles dégénèrent en actes de violence et en agressivité diffuse.

-l'incivilité, l'impolitesse généralisées sont des manières de signifier à l'autre son infériorité ou son inexistence, que ce soit dans les relations de voisinage (bruit, agressions sur l'espace public) ou sur internet (insultes derrière les pseudonymes, phénomène des trolls)

 

 Ce serait cela, un processus de perte de civilisation. Une progression de l'ignorance qui pousse les individus et groupes sociaux à cesser de parler entre eux et éventuellement à recourir à la violence, en abandonnant le respect de l'autre, idéal de la vie en société. 

Quelles sont les causes de ce phénomène ? la question est vaste. Entre autres, l'extrême individualisme, la société d'hyper-consommation, aussi bien que l'exhaltation disproportionnée de certaines valeurs ethniques ou religieuses ont joué leur rôle dans le processus qui ne cesse de s'amplifier.

 

Un exemple : Orange mécanique

 

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Un bon exemple de ce processus est le personnage d'Alex dans le film de Stanley Kubrick, Orange Mécanique, qui raconte - faut-il le rappeler - le parcours d'un adolescent violent, véritable barbare moderne.

-les parents et éducateurs laxistes ne peuvent -ou ne veulent- rien faire passer ; l'enfant est obligé de se bricoler lui-même un à-peu-près de culture (son goût irrationnel et exclusif pour la musique de Beethoven en témoigne).

-l'individu ne fait plus partie de la société mais de micro-groupes, en l'occurrence des bandes ultra-violentes travaillant chacune pour soi

-une langue particulière permet à Alex et ses amis de communiquer ; comme il n'a même plus conscience du caractère particulier de cette langue, il l'utilise pour parler avec des personnalités de la société et passe pour inculte

-le groupe se soude par une violence aveugle dirigée contre tout le reste de la société qui n'en fait pas partie : on peut tout leur faire car ce sont des étrangers.

 

Alain Finkielkraut sur la décivilisation

 

Maintenant, sans avoir une adoration pour le personnage en général, mais parce que certains propos qu'il prononça ce jour-là me semblent sensés, je voudrai citer quelques propos A. Finkielkraut, en 2008 sur France Culture, tentait de définir ce qu'il appelait la décivilisation, avec plusieurs critères et exemples fort intéressants.

 

 

Civilisation et décivilisation

(En italique, retranscription des propos d'A. Finkielkraut que vous pouvez aussi écouter en appuyant sur lecture ci-dessus) 

 

"Le concept de civilisation est apparu avec les Lumières, il traduit une confiance dans le temps, c'est un concept dynamique, un même mouvement d'adoucissement des moeurs, d'éducation des esprits, de culture des arts et des sciences, d'essor du commerce et de l'industrie [...]. Or, il me semble aujourd'hui que cet ordre du temps se disloque. Nous ne vivons pas une crise de civilisation, nous sommes engagés dans une processus de décivilisation. L'expliquer, c'est en chercher les signes; j'en ai relevé dans l'actualité trois. Ce qui est important, c'est que cela touche toutes les couches de la société.

 

Premier exemple, Villers-le-Bel. Je ne parlerai pas des émeutes elles-mêmes, et de leur violence. une enquête est parue dans Le Monde, et c'était la vie d'un immigré du Bénin qui venait d'obtenir des papiers et qui avait déménagé de la cité de Villiers-le-Bel à la cité du Bois-Joli pour un petit HLM. Et il avait expliqué que dans cette cité il connaissait l'enfer. Des escaliers sentant l'urine et couverts de crachats, mais plus grave encore, il travaillait dans deux sociétés de gardiennage, il ne pouvait pas dormir à cause du bruit des motos et de ce qu'on appelle le Wheeling sur une roue. Les jeunes qui agissent ainsi le font en toute impunité, toute le monde a peur de leur dire quoi que ce soit. La civilisation, c'est ce qui permet la solitude, le bruit c'est la décivilisation en acte.

 

Deuxième exemple : un grand artiste, Bartabas [...] Il a une académie équestre, L'administrateur lui dit qu'il ne peut pas augmenter sa subvention. Coup de colère, il lance des chaises à la tête de l'administrateur, il casse des ordinateurs, il s'en va furieux après ce saccage, il continue d'exiger du respect. [...]

 

Le troisième exemple est le pire, parce que là il concerne les classes dominantes d'aujourd'hui. les modèles, le show-bizz [...] Une émission de Th. Ardisson sur Canal Plus [...]. On décerne des Aliens d'or, des monstres d'or, et on demande à cet aréopage de célébrités, on leur dit voilà : voici un certain nombre de personnages morts dans l'année - Pavarotti, Serrault ou Noiret, et il y avait le Cardinal Lustiger. On leur demande quelle est la mort qui vous a le moins touché. Et en se marrant, en ricanant, ils disent tous Lustiger. Et c'est très drôle. ça, si vous voulez, c'est la catastrophe du rire. [C'est] l'hilarité comme irruption convulsive des passions basses, invitation constante à la bassesse.

 

La civilisation devrait entrer dans la sphère de l'écologie parce que c'est quelque chose de fragile, de périssable. Le modèle n'est plus le gentleman, c'est l'enfant gâté. Avec les télécommandes, les écrans, on veut tout, tout de suite, et agir selon son bon plaisir."

 

Bref... 



Abstraction faite ou pas des positionnements politiques de Finkielkraut, ses idées sur la civilisation méritent que l'on s'y arrête. Un monde où on ne respecte pas la tranquillité indispensable à la vie de l'autre, où le moindre déplaisir engage une agressivité disproportionnée, où on peut rire de tout est-t-il encore un monde civilisé ?

 

Pour moi, j'ai une conviction. La pseudo-liberté, la liberté des imbéciles "je fais ce que je veux" semble avoir désormais prouvé ses limites. Elle est la porte ouverte d'un côté au n'importe quoi individualiste, de l'autre à de nouvelles idéologies totalitaires. La société française en est-elle réduite à devenir un paniers de crabes qui se détestent, parce qu'ils ne savent plus vivre avec les autres ?

 

J'espère bien que non. Ce blog Lieux secrets du Pays Cathare est visité par des gens d'horizons politiques, d'origines, de classes sociales différentes, mais tout sont unis par une culture, la conscience d'un héritage de civilité, de beauté, de bien dire qui est le nôtre. C'est là aussi une de mes raisons d'espérer.

 

Et vous, avez-vous des raison d'espérer ou de désespérer ? Pensez-vous qu'on va vers moins de civilisation, ou une autre civilisation ? Quel qu'il soit, votre point de vue sur cette question de fond m'intéresse.

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13 mai 2010 4 13 /05 /mai /2010 07:51

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Il y a quelque temps, je posais la question : la blogosphère a-t-elle perdu son âme , entre commerce et récupérations diverses ? Vous avez été nombreux à réagir.

 

Je vous remercie aussi infiniment de vos messages de soutien, notamment ceux de Jo, d'Eurosix et d'Elisabeth, qui me sont allés droit au coeur. Ces mots communiquent toujours chaleur et réconfort

 

Toutefois, il est vrai que par-delà l'expression d'un malaise, il y a aussi dans mon dernier article un vrai questionnement sur la qualité des blogs et ce qu'implique le fait d'en tenir un. Peut-on encore tenir un blog dont l'idéal réside dans la recherche, l'humanisme, le partage de la culture, le respect de la nature et du patrimoine, tandis que ce moyen de communication dans son ensemble semble dériver vers la désinformation, la pub, le consumérisme et le conformisme social, bref l'opposé ? C'est une vraie question que je pos, un cas de conscience. Si la conscience ne remplit pas les tiroirs-caisses, n'est pas productive, elle permet au moins de vivre debout, de se regarder dans une glace sans vomir.

 

Apparemment, je ne suis pas le seul à me poser ces questions... Mais j'ai trop parlé comme toujours, place aux autres.

 

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Christian : "90 % des blogs sont nuls, 10 % excellents"

Les blogs n'ont pas changé, 90% sont nuls et 10% sont excellents. Moi, je me fous d'être le premier si les juges sont de cons on n'est que le roi des cons. Mais je suis fier de mon mauvais classement et de continuer à produire les meilleurs articles et photos possibles. Le plaisir est plus important que tout !

Christan, d'Autour de.

 

Geneviève : "Je me fiche comme d'une guigne du blog rank"

Pour ma part ,je vois le blog comme un journal,  j'y publie ce que j'aime, j'essaie de répondre à tous les coms quand je peux et je me fiche comme d'une guigne du blog rank, je suis toujours en mode confiance et les 3 ou 4 euros de publicité vont sur un compte Paypal qui sert à mon fils à acheter ses cartes de Yugioh . Quand j'en ai marre , je mets en pause. Je recherche plutôt l'échange. Maintenant je conçois que certaines personnes n'aient pas les mêmes attentes et ne viennent que pour faire du chiffre si on peut dire. Je les zappe et je garde que le côté positif. En 2 ans de blog, j'ai appris beaucoup de choses, fait de beaux échanges. Mon seul bémol, je n'ai pas assez de temps pour approfondir, ça me demanderait d'y passer un temps fou et ça je m'y refuse. Alors j'essaie d'aller un petit peu partout ce qui fait que les coms s'en ressentent .

Geneviève, son blog

 

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Promethazine "Rien de nouveau sous le soleil"

Mon regard sur les blogs en général reste très limité ; à l'image de l'expérience que j'ai de la blogosphère.
J'ai toujours considéré que la quasi-totalité des blogs étaient dénués de toute forme d'intérêt (c'est d'ailleurs ici le seul blog où je me rende régulièrement) ; bien que ce soit une notion subjective. Par conséquent, je n'ai pas noté ce "changement" que tu décris.
Concernant l'insipidité de la plupart des sujets abordés sur la blogosphère; elle est à l'image de la vie de la plupart de nos semblables.
En somme, "Rien de nouveau sous le soleil"...

Promethazine

 

Anne-Claire : "Le blog, un bel objet qu'on fait à sa façon"

Pour ma part, je tiens comme je peux la barre de mon blog (j'en ai monté et démonté plusieurs en 4 ans). J'ai récemment tout regroupé sur un autre hébergeur par choix (le rank etc... je n'arrive pasà accrocher). La pente a été raide parfois, je me suis rendu compte que je n'avais pas autant la plume que je l'avais espéré. Le côté mercantile ne m'intéresse pas, la pub sur un blog, je n'arrive pas à m'y résoudre : pour moi un blog, c'est un bel objet qu'on fait à sa façon, que viendrait faire de la pub (et encore plus en rapport avec ma passion, ce serait sans doute cautionner ce que je récuse, les voyances automatiques et autre charlatanisme). Je poursuis ma route de bloggueuse pour continuer à m'essayer à l'écriture, pour témoigner de mon tout modeste art et du fait que la cartomancie (tarologie etc) est passionnante : histoires de langage, l'étude des symboles est sans fin même si je sais que très peu lisent entre les lignes et regardent au-delà de tout ce qui est servi tout cuit et réchauffé ; histoires de rencontres avec la plus belle, celle de soi-même.

Anne-Claire, son nouveau blog

 

Tatiana : "Tout s'achète et tout se vend."

Je pense que la blogosphère refléte l'état de la société et en ce moment ce n'est pas le top. Tout s'achète et se vend. Ainsi beaucoup se laissent piéger par des publicités qui leur rapporte peu d'argent mais qui nous agacent prodigieusement quand on lit un billet.
Tatiana, son blog

 

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Fée des Agrumes : "incarner le changement"

Pour réponse, voici une belle citation de Gandhi découverte il y a peu.:
Vous devez incarner le changement que vous souhaitez dans le monde.
Aussi futiles, fugaces soient nos actes, sur la blogosphère ou ailleurs, c'est en agissant que nous refusons de laisser les événements tourner vers des directions qui nous dérangent. Au moins par acquis de conscience.

Fée des Agrumes, son blog

 

Uline : "On nous abandonnera"

En fait, que peut on attendre d'un blog ?

 

Je suis d'accord : c'est un coin de passion que l'on veut faire connaître à d'autres et quand je visite d'autres blogs, j'espère "y" apprendre dans les espaces qui m'intéressent : quand j'écris un article sur un sujet, c'est que le sujet me tient à coeur, entre temps, j'attends. Il est vrai que la panoplie proposée par le top des blogs est plus "porteuse" que les notres et les articles plus nombreux : la façon dont sont faites les statistiques pousse à la production d'articles. Le plus ennuyeux là-dedans est que la multiplication des blogs en tout genre fait qu'on a le grand risque de passer à côté d'autres ...

 

Il y a aussi un glissement que je constate : les jeunes mais des adultes aussi, commencent à abandonner les blogs pour facebook par exemple, plus direct, plus rapide à écrire, sans fioritures, demandant moins de soin et d'attention, moins d'investissement... Je ne sais pas où cela va mener la blogosphère mais peut-être que ces désaffections vont épurer l'ensemble de toutes les scories que vous décrivez (publicités trop voyantes, sujets sans intérêt...).

 

Je suis ainsi effarée de lire certains propos très exigeants d'utilisateurs dans le forum d'entraide mais je crois qu'à partir du moment où on vous offre la possibilité de gagner quelques sous, les choses et les comportements changent : c'est ce qui se passe, on s'en trouve alors bousculé et relégué. J'ai été aussi très choquée de la possibilité qui est donnée depuis peu de pouvoir vendre ses photos alors que justement le blog, c'était une façon d'échanger et de montrer ce qui vous tenez à coeur et comme tel considéré parfois comme suspect (souvenez-vous la méfiance générale qui s'était développée au moment de la création des blogs). Maintenant c'est rentré dans le rang pourrait-on dire, dois-on abandonné pour autant ? A mon avis, je crois plutôt qu'"on" nous abandonnera, comme ne rentrant plus dans les critères statistiques de l'ensemble (pas assez de consultation, pas assez de référencement, pas assez etc etc....).

Uline, son blog

 

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Ourson : " C'est une question de plaisir"...

Mon aventure en tant que blogger a commencé il y a bien peu de temps et moi aussi j'ai déjà changé ma vision de la blogosphère comme on dit. Je pensais que cette blogosphère était un lieu d'échanges entre passionnés partageant les mêmes "passions", en faisant bref, ou alors des gens ouverts prêts à lire et à s'intéresser.

Depuis quelques mois, je ne vois plus les choses du même oeil. J'ai commencé mon blog en même temps que d'autres personnes. C'était le moment de la découverte (et je suis bien content d'être tombé sur le tien), ces personnes allaient sur de nombreux blogs, laissaient des messages, participaient à la vie de la blogosphère. Puis, le blogrank montant, je me suis rendu compte que ces personnes ne se donnaient plus la peine d'aller voir ce qui se passait au-delà de leur blog. Comme si la notoriété naissante de leur blog justifiait ce retrait, cette absence de curiosité et aussi d'une certaine manière cette bouffée d'égocentrisme. Mon blog acquiert une certaine réputation donc je peux m'éviter d'aller vers les autres puisque les autres viennent vers moi...

Ce qui m'a surpris aussi ce sont les communautés. Normalement dans une communauté, les blogueurs partagent tous au moins un centre d'intérêt. Je m'attendais à ce qu'il y ait une certaine émulation. J'en suis revenu. J'en suis à me demander si les gens ne vont pas dans des communautés uniquement dans le but de prouver, de montrer combien ils sont bons, férus, savants....etc. Il n'y a pas beaucoup d'échanges...

Pourtant, quand je regarde les statistiques de mon blog (qui ne sont pas spectaculaires loin s'en faut), je constate que des internautes viennent le visiter sans y laisser de commentaires la plupart du temps. Quelques fois, des bloggers que je ne connais ni d'Eve ni d'Adam viennent lire ma prose et me laissent un message plaisant, encourageant. Cela me fait plaisir. En outre, je sais que des connaissances viennent lire ce que j'écris en fonction des sujets sans tout le temps me laisser de messages.

J'écris avant tout pour moi mais aussi pour tout ceux que je viens de citer et cela me suffit amplement. Toi aussi tu as une base de lecteurs fidèles. Si cela te fait toujours autant plaisir de faire découvrir ce sud ouest, tu sais que tu auras des lecteurs/lectrices.

Il me semble qu'il faut abandonner la course au blogrank, ne pas y mêler sa vanité. En tout état de cause créer et développer un blog c'est comme beaucoup de choses, c'est une question de plaisir. Si le plaisir est là il passe au dessus de toutes les dérives que l'on peut constater.

Ourson, son blog

 

 

En bref...

 

Merci pour cette abondante matière à réflexion. Apparemment, je ne suis pas le seul à me sentir de plus en plus seul sur la blogosphère parce que je n'entre pas dans le moule...

 

Vous qui passez par là, n'hésitez pas à vous exprimer sur le sujet, si cela vous chante.

 

 

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5 mai 2010 3 05 /05 /mai /2010 19:37

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Depuis quelque temps déjà, j'éprouve une certaine réticence à publier un nouvel article, plutôt que de repeindre la chaise du jardin ou aller faire une balade. Je remarque aussi la même réticence dans d'autres blogs que j'apprécie et que je suis depuis maintenant deux ans.

 

Bien sûr, nous avons tout plus ou moins nos obligations, notre travail, notre famille qui nous tiennent éloigner d'internet. Mais au final, ce sont toujours des excuses. Quand on est passionné, on trouve le temps.

 

Alors quoi, avons-nous perdu le feu sacré ?

 

Si l'ampleur de cette désaffection se confirme, c'est une génération de blogueurs qui est en train de disparaître. Et à mon avis, ce n'est pas un hasard.

 

Je lâche la question qui fâche : les blogs auraient-ils perdu leur âme ?

 

Quand j'ai commencé ce blog voici deux ans déjà, les blogueurs étaient des passionnés, des individus qui faisaient part de leur passion, de ce qui les brûlait, les faisait vivre. Cela pouvait aller de l'histoire à la randonnée, en passant par la musique métal, la littérature hongroise ou les photos de fleurs.

 

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La blogo d'aujourd'hui

 

Aujourd'hui, la blogosphère me semble présenter un autre visage. Je ne suis pas loin de penser qu'elle a été, purement et simplement, récupérée et vidée de son contenu.  

 

Récupération

 

Cela a commencé par les blogueurs qui devenaient testeurs "objectifs" de telle ou telle marque de rouge à lèvres, mais  en échange d'un gros cadeau en nature (il ne faut quand même pas tomber sous le coup de la loi sur le travail) ! Il me semble que la pub, nécessaire sur une plate-forme gratuite, était plus discrète avant. Surtout moins insidieuse dans ses procédés.

 

Puis après le commerce, est venue la politique et tous ses avatars. Voilà que les blogs, inventés à l'origine pour exprimer l'intime (weblog), c'est-à-dire le plus profond et le plus cher de chaque individu, devenaient un moyen de recruter de nouveau militants. Avec, il faut bien le dire, des discours éculés nec varietur, toutes tendances politiques confondues, et une absence de largeur de vue à peu près totale.

 

Perte de substance

 

Je m'interroge aussi sur le niveau de certains commentaires. Si la majorité des commentateurs sont des gens respectueux et intéressants, beaucoup semblent être des aigris à la recherche d'accrochages verbaux ou encore d'aventures amoureuses plus ou moins virtuelles.

 

Ce qui me préoccupe encore davantage, c'est les sujets développés par les blogueurs. Quand on voit que viennent en tête des classements des blogs traitant de jeux vidéos ou de séries télévisées, on se demande vraiment pourquoi tant de bruit pour rien. Une inflation monstrueuse de discours autour d'activités vides de sens, ou presque ? Qui parlera de la vie, de la mort, de la nature, et non de ces passe-temps par lequel nos contemporains se font un écran de fiction pour éviter de regarder le réel en face ?

 

Un avenir pour les blogs ?

 

Entre les magouilles commerciales et l'aveuglement militant, le démon de midi, les remèdes à l'ennui, y-a-t-il désormais place sur la blogosphère pour des voix singulières d'individus ?

 

Je me pose la question. Quel est le sens de continuer un blog comme "Lieux secrets", fondé sur la passion et la connivence, dans un lieu qui tient de plus en plus du supermarché ou du QG de campagne ?  

 

J'aimerais que, blogueur ou non, vous me donniez votre point de vue sur cette question qui me tient à coeur. La blogo est-elle en train de perdre son âme ?

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5 janvier 2009 1 05 /01 /janvier /2009 06:54

La  Chapelle St Sauveur et sa légende: Correspondance et essai d’articles sur le sort des femmes et des « Créatures monstrueuses » dans notre histoire.



Extraits de correspondance
 :


Hélène
 : « Abellion, quelle merveille encore !

La pauvre Xaindia qui passe pour cupide parce qu’elle a plus de courage que les autres ! (M’est avis que l’origine de ces légendes réside surtout dans le fait que les pères n’avaient pas envie de se retrouver avec des filles-mères sur les bras.(…)

Et le pauvre Basa Jaun, nous conterez-vous un jour son histoire ?


Abellion 
: « J’aime bien votre manière d’inverser ou de détourner le sens de ces légendes, c’est toujours très amusant !

Votre manière de prendre le parti de ceux qui transgressent les interdits, ou bien des êtres monstrueux ou apparentés… permet sans doute une autre approche de ces légendes. »




Hélène 
: «  Votre remarque m’a donné envie de réfléchir sur la condition de la femme à travers les âges(…) si cela vous intéresse ! (…) »


Abellion 
: « le monstrueux, dans les mythologies, les légendes, est à la fois un signe du sur-humain, (le divin), et du sous-humain (Le diable, l’animal)

Plus qu’un repoussoir, le monstre est peut-être un moyen que nous avons trouvé pour projeter les ambiguïtés de notre nature. »


Hélène
 :  « Ouh.. Je n’avais envisagé la chose qu’au point de vue social : « Monstre= être différent »…

Cela voudrait-il dire que moins nous assumons nos ambiguïtés, plus nous croyons ou aidons à faire circuler ces légendes ? »

 

      ( … A VOUS L’HONNEUR d’ouvrir ou de clore le débat…

      LN)

Ma foi, je dirai que j'ai exprimé son point de vue... Que ceux qui passent par ici nous disent à leur tour ce qu'ils en pensent !

Abellion.

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27 octobre 2008 1 27 /10 /octobre /2008 00:49

Et  voici, en guise d'épilogue à notre débat sur Victor, l'avis plein de sagesse et de pondération, comme toujours, de Fardoise. De quoi nous donner à penser.

Sur Victor, l'enfant sauvage.

Merci pour cet article tout aussi passionnant que pertinent. Car la véracité du "cas" Victor a été remise en cause, il aurait pu souffrir d'un handicap ou de maltraitances. Mais quoi qu'il en soit, ce qui est intéressant c'est l'expérience menée par le professeur Itard pour le ramener vers la société de ses semblables et son semi échec.

Car la théorie n'est pas tout et la froide méthode ne remplacera jamais l'amour dont un enfant a besoin, aussi, pour s'épanouir. Il a manqué à Victor/Joseph une Françoise Dolto qui lui permette d'accéder à sa personnalité propre.

Acquérir un langage, c'est utile, mais si ce n'est pas pour communiquer, à quoi bon. Lorsqu'on est différent, on reste étranger et donc solitaire. A-t-on seulement cherché vraiment ce qu'il lui était arrivé pour pouvoir le guérir de cette différence ?

Faudrait-il être optimiste ou pessimiste pour un Victor aujourd'hui ? 

Merci pour ce débat, qui porte sur un problème essentiel, l'humain et l'humanité. Ces enfants "sauvages", pour reprendre le titre du film de Truffaut, d'après le cas de Victor, ont bousculé les certitudes concernant notre supériorité. Pour nos ancêtres, ces enfants ne pouvaient être que des attardés mentaux.

Mais, si des scientifiques se sont penchés sur leur cas et si la plupart d'entre nous sommes "avertis" sur les questions d'inné et d'acquis, je n'en suis pas moins persuadée que le sort qui serait réservé à un "Victor" contemporain ne soit pas que le fruit du hasard qui conduirait ses pas. Tout dépendrait des premières personnes rencontrées et des structures qui le prendrait en charge.

Je pense au cas de cette femme qui a passé la majeure partie de sa vie en hôpital psychiatrique aux USA, car elle parlait un dialecte russe que personne ne comprenait. Nous pouvons être optimistes, car nous avons fait de grands progrès dans la compréhension et l'enseignement. Mais, il y a toujours lieu d'être pessimiste quant au comportement de l'homme face à ce qui le dérange, ce qu'il ne comprend pas. Je ne crois pas non plus à un véritable progrès moral. Mais, il y a des gens qui cherchent à comprendre les loups, l'espoir est donc permis.

Fardoise.

Lien.
Encrer le monde, le blog éclectique et passionnant de Fardoise.

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23 octobre 2008 4 23 /10 /octobre /2008 23:04
Il me faut souligner que le pessimisme dont parle FDA, n'est pas le but de cet article: le cas de Victor, comme bien d'autres, me posent question...Et je serais bien incapable de dénigrer et d'approuver! Je pense que c'est justement ce que me demandait Abellion, un sujet à débattre! (la patate-canapé, j'adôre....)

Hélène.


Oui, Hélène, je vous l'ai déjà dit : c'est ce que j'aime avec votre sujet, chacun avec ses centres d'intérêts apporte sa pierre à l'édifice : vous avez brillamment lancé le débat comme à l'accoutumée, et chacun y est allé de son angle d'approche. Fée des Agrumes nous a parlé avec pertinence des théories de Cyrulnick sur l'apprentissage du langage, et Promethazine nous a donné d'intéressants renseignements sur le passé de Victor dans les Monts de Lacaune, alors qu'il était encore Joseph...

Ceci dit, cette question d'optimisme ou de pessimisme est, pour moi, loin d'être secondaire. Mais je pense que ce pessimisme n'est pas tant le vôtre, Hélène, que le mien, en fait (je pense que Fée faisait référence à mon propre commentaire sur la société actuelle, plus qu'à vous qui êtes effectivement restée assez neutre en posant les bonnes questions).

En effet, je ne peux me garder d'une certaine question...
C'est peut-être, parmi les interrogations soulevées par Hélène, celle qui reste en suspens, lancinante, et moi elle me taraude :
Qu'est-ce que la civilisation a fait pour Victor ?
N'aurait-il pas été plus heureux, dans un univers hostile, mais auquel, par ses propres moyens, il s'était adapté et où il survivait ?
Serait-il mieux accueilli dans le monde d'aujourd'hui (je pense à un roman de Barjavel, déjà cité par Fée je crois). Il y a finalement un zèle interventionniste pas toujours bien intentionné, dans la civilisation d'aujourd'hui, qui me laisserait craindre le pire pour un Victor du XXIe siècle.

Si le progrès scientifique, au sens d'accumulation des connaissances, est une évidence, je ne crois guère au progrès moral (voir notre XXe siècle...). L'homme est fait d'un bois bien noueux, que l'on peut bien désespérer d'y tailler quelque chose de droit, comme disait Kant (qu'on ne peut accuser d'être un nihiliste de conviction !)

Ps: la patate canapé... Traduit peut-être un peu littéralement, mais peut-être pertinent ! Je devrais peut-être adopter le régime alimentaire de Victor pour perdre quelques kilos...

Abellion.

Mon cher, vous êtes trop modeste: remettez un intitulé qui rend à César...Ce qui lui appartient!(sans lui écraser les pieds, cette fois-ci...) Donc, pour VOUS répondre, Abellion, oui, votre argumentation me remet dans le droit chemin. Vous vous posez la question de ce qu'a, ou aurait fait, la société d'aujourd'hui, pour le bien de Victor?

1- Et si nous posions la question à l'envers: que serait devenu Victor à l'état sauvage? Imaginez qu'il se transforme en homme, qu'il fasse peur? Ou; s'il parvient à vivre seul, peut-être faudrait-il lui adjoindre, comme le Dr Frankeinstein à sa créature, une...fiancée? la solitude lui aurait peut-être pesé...

2- Cela peut dépendre aussi de la personne, (ou les!), qui le prendrait en charge aujourd'hui. Et qu'appelons-nous "une prise en charge?" J'ai l'air de blaguer, mais je vous assure que je suis très sérieuse!

Hélène.

Oui, relançons le débat ! D'abord sur votre 2-

Mais je suis bien certain que vous ne plaisantez pas. Le terme de "prise en charge" me fait penser que Victor serait confié à une batterie de blouses blanches qui le prendraient en charge "techniquement", peut-être en le laissant encore plus seul (au milieu de gens indifférents ou bien intentionnés, mais peu désireux de le comprendre) qu'il l'était dans la forêt...

Imaginons un instant ce qui aurait pu se passer, avec un Victor d'aujourd'hui...

Si un chasseur ne le dégomme pas sans sommations (remember Melba), on enverrait les CRS ou le GIGN, ou l'armée le capturer. Direction un grand CHU parisien.

On aurait eu un Victor dépendant aux sédatifs, une sorte de fantôme semblable à ceux qu'on croise dans les maisons de retraite ou les hôpitaux (ou même dans la rue) ? Réjouissant comme perspective ! Sûr que là, il ne se serait pas enfui: il n'en aurait même pas eu la force...

Ensuite, on donnerait à Victor je ne sais quel extrait de Papaye pour qu'il récupère des couleurs et on appelerait la télévision pour faire une belle démonstration, en disant que le prof Machin (botox, sourire Gibbs et moumoute poivre et sel) a bien su traiter le cas épineux du petit sauvage. Il se porte comme un charme, merci, son électrocardiogramme est normal et on l'a débarrassé de ses vers intestinaux. (Cela ressemble un rien à
Orange mécanique, vous ne trouvez pas ?)

Je noircis le trait (mercurialiser mon époque est un de mes travers), mais moi non plus je ne blague pas. Je pense qu'aujourd'hui, cela se passerait à peu près comme cela. La technique a-t-elle remplacé le désir de comprendre l'homme, de faire face à sa douleur ?  Peut-on faire face à la douleur d'un être humain inachevé, comme Victor, par de pures réponses techniques qui sont celles dont notre temps abuse ?

Puisqu'il est inoffensif, des hommes politiques et des penseurs médiatiques viendraient lui gratter la tête devant les caméras, en cherchant chacun dans ce petit être la confirmation de son petit système.

Y aurait-il un Itard, qui, malgré sa maladresse, prendrait Victor chez lui et lui accorderait le temps et la patience nécessaire pour le comprendre tel qu'il est, avant de le
traiter? Sans doute pas, les gens aujourd'hui n'ont plus le temps. Ou ne veulent plus l'avoir.

Des gens comme Cyrulnick cité par Fée laissent un peu d'espoir: il y a encore des humanistes et des gens qui réfléchissent à une définition de l'humain.  Mais sont-ils si nombreux que cela ?

Et maintenant, Ln, pour donner ma réponse perso à votre 1-:
Je dirais qu'on arguerait de la dangerosité potentielle d'un Victor adulte (prévenir le danger, obsession sécuritaire de notre époque), on l'enfermerait et on le bourrerait effectivement de médocs (y compris pour réfréner ses "appétits charnels"). Ou plutôt non, on n'aurait pas besoin de l'enfermer, on n'a pas besoin d'enfermer les légumes... On le laisserait divaguer tout seul (bien sûr) dans le parc d'une clinique privée, sous des cèdres et de eucalyptus centenaires, une fois l'agitation médiatique retombée...

Au final, personne ne se serait laissé ébranler par Victor... Peut-être un infirmière, un jeune médecin, un journaliste auraient pu se poser plus de question que les autres ? Sans doute une infime minorité. Nul doute que les pouvoirs médicaux, politiques et médiatiques bâtiraient rapidement autour de l'être un filet inextricable...
Voilà, cela serait ma version... Sans doute très polémique et subjective... Très pessimiste aussi. Je dis comme cela me vient. Mais ce n'est que la mienne.

Ce que m'inquiète, dans mon époque (dans toute époque ?), c'est cette capacité à ramener l'inconnu au connu, sans se poser outrément des questions... et qui me laisse craindre le pire pour un Victor. Incapacité directement à relier au pragmatisme et au culte de l'efficacité (résoudre les problèmes vite et "bien", en appliquant des formules stéréotypées).

Je me demande ce que vous en pensez. Qu'arriverait-il à Victor de nos jours ? Peut-il y avoir seulement un homme sauvage dans un pays bétonné en résidences et villas " de vos rêves" ?

Abellion.
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Hélène et Abellion - dans Débats et devis
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23 octobre 2008 4 23 /10 /octobre /2008 23:00

Merci à vous deux pour ce sujet. J'ai été très intriguée par la question des enfants sauvages dans mon adolescence et finalement, c'est auprès de Boris Cyrulnick que j'ai trouvé des éclaircissements sur ces questions.



Affectivité et langage.

Les humains ont une capacité d'adaptation énorme qui nous a permis de survivre depuis des milliers d'années. Cependant, il est important que le petit d'homme ait des supports affectifs à des moments clés de son développement. Ainsi, par exemple, le langage. Si personne ne parle avec l'enfant à un âge donné, la partie du cerveau propre au langage ne se développe pas et passé ce moment, il est impossible à l'enfant d'apprendre par la suite à parler en dehors de traits très rudimentaires.

L'homme sauvage neuronal

Certains neurones, certaines parties du cerveau ne se développent que sous l'effet d'une "hormone" ( j'ai oublié ce que c'était exactement) émise suite à des caressess et des attentions affectives. le débat entre culture et nature est très ancien et mon ami Boris m'amène à penser , encore lui , que nous sommes faits des deux, que nous sommes hommes parce que nous avons les deux. Les enfants sauvages vivent en portant en eux des carences lourdes qui les ont empêché d'être humain. Parce que l'essentiel est la relation à l'autre humain. Vaste sujet...

Question d'éducation.

La question de l'éducation forcée des enfants sauvages parle surtout de la société qui a voulu l'infliger; Ce serait dfiférent de nos jours... peut être plus pernicieux au regard des pratiques à l'encontre des populations indiennes des forêts profondes. Ecore que ce ne sont pas des êtres détachés et isolés affectivement.
il est possible d'apprendre d'autres sons au delà de 5 ans mais c'est un travail d'abord physique puis de ré écoute et enfin de production;
ne soyons pas pessimistes pour nos sociétés, les humains ont tellement de ressources et de créativité. il y en aura tjs qqns pour rattraper les âneries d'autres ou leur ouvrir les yeux.
Mon espoir fou, toujours.

Ps...

Produire un son ce n'est pas parler et encore moins communiquer; le langage est sonore mais aussi muet, par le corps.
Le langage nécessite la relation à l'autre.
Je pense aux sourds-muets qui ont été considérés idiots pendant des siècles alors qu'ils leur manquait simplement un moyen de communication autre que verbal. En relation avec d'autres au moment clé, ils sont parfaitement capables de communiquer. Un autre sans problème physique mais carencé relationnellement à cet instant n'apprendra jamais à parler.
Il me semblait important de faire la part des choses craignant de m'être mal exprimée auparavant.  

Merci à Fée pour ces réactions à l'article d'Hélène, au com de Franck et au mien, qui dans les éléments médicaux et psychologiques qu'elles apportent, me semblent complémentaires du point de l'éclairage historique de Promethazine.

Et surtout, merci à Hélène dont l'article talentueux a permis de lancer ce débat passionnant.

J'espère qu'aucun de vous trois ne se sentira trahi par la présentation que j'ai donné de ses textes... N'hésitez pas à m'adresser critiques et suggestions le cas échéant.
 

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