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...qui vous parlent de l'histoire, du patrimoine, des légendes du sud de la France.

Un monde si proche et si lointain de châteaux, de villages perchés, de pics et de forêts profondes s'ouvre désormais à vous.



"Les êtres et les choses sont créés et mis au monde non pour la production mais pour la beauté"
Joseph Delteil

 

"Ne soyez pas des régionalistes. Mais soyez de votre région."

Joë Bousquet 

 

"Celui qui n'a pas de passion, il ne lui sert à rien d'avoir de la science."

Miguel de Unamuno

8 avril 2013 1 08 /04 /avril /2013 00:20

 

    Limoux est, paraît-il, la ville qui a le plus long carnaval du monde. Quelle est la raison de cette singularité ? Ce n'est pas seulement la conséquence du nombre de bandes - une trentaine - mais bien le fait que cette ville audoise est viscéralement carnavalesque, jusque dans ses pierres et l'air qu'on y respire. Ses multiples spécialités culinaires, son art de vivre, le sens de l'humour de ses habitants, tout l'y destinait !


LIMOUX-CARNAVAL-2012-aissables-1.JPG

 

   Je vous convie à une petite promenade carnavalesque à Limoux, à l'occasion de la sortie de la bande des Aïssables (les "Insupportables" en occitan, la bande de pierrots déguisés en clowns, ci-dessus) dimanche dernier, le 19 février.

 

 

I - La place centrale : petite lecture d'un paysage

 

LIMOUX CARNAVAL 2012 place république

Une place symbolique...

 

    Pour comprendre Limoux, il suffit d'aller directement à sa place centrale. celle-ci est, depuis des siècles, le lieu où les bandes de pierrots viennent accomplir leurs processions tous les dimanches de la période. On y trouve tous les ingrédients de la subtile alchimie carnavalesque :


-la tradition : les galeries, lieu du carnaval depuis au moins le XVIIe siècle dit-on, lien avec le passé, lieu où le public admiratif est à la merci des facéties des Pierrots !

-l'ombre portée de la religion : le profil du clocher Saint-Martin, rappelant que le Carnaval n'existerait pas sans le Carême. 

-la blanquette : le café, temple de Bacchus, où les pierrots viennent se recharger en blanquette loin des yeux du public.  

-l'amour : en la personne de la callipyge Vénus surmontant la fontaine, accompagné de cupidons qui chevauchent des dauphins. 

 

II - Eloge du gras

 

    Limoux est une capitale du diétitiquement incorrect. A l'époque où nos contemporains se ruinent la santé à faire des régimes souvent peu efficaces, le Limouxin et le carnavalier en particulier assument leurs rondeurs ! Bel exemple d'auto-dérision.

 

La sortie de 11 heures des Aïssables


   C'était justement le thème de la sortie de 11 heures des Aïssables dimanche dernier. Un chapiteau monté en pleine rue indiquait fièrement "Clinique Dukon", et des dessins évoquaient le régime alimentaire préféré du Carnavalier !   A 40 kilos, le carnavalier est débutant ; à 80, confirmé ; à 120, il est digne d'entrer dans la bande des Aïssables ! 

 

LIMOUX-CARNAVAL-2012-aissables-sortie-11-h-a.jpg

Certes, c'est un Simpson, mais l'honneur audois est sauf : il boit de la blanquette

 

   Peu après, la bande arriva : grâce aux bons soins des infirmières et des docteurs, chacun des masques ressortit de la clinique improvisée avec quelque chose en plus : un sumo flétri sortit rond comme une boule, un cannibale se vit doté des avantages érectiles dont la nature l'avait privé, etc. Tout l'inverse du less is more si cher à nos contemporains ; le Carnaval, c'est  more and more

 

LIMOUX-CARNAVAL-2012-aissables-sortie-11-h-b.jpg

La joyeuse équipe de la Clinique Dukon ! 

 

   Il n'est sans doute pas fortuit que ce "régime Dukon" caricature le régime Dukan, régime fondé sur les protéines et la viande... Carne-aval, la fête de la chair, dit une étymologie sans doute plus évocatrice qu'exacte. 

 

Sous le signe du Cochon

 

   Pendant cette sortie, des masques déguisés en Laurel et Hardi cuisiniers distribuaient des morceaux de saucisse au public ravi... A noter qu'une dame qui refusait ce présent culinaire en a reçu un bout dans son sac à main ! Il est des cadeaux qu'on ne refuse pas ! Cette sortie ne faisait en cela que perpétuer la tradition carnavalesque de consommation d'aliments gras, de préférence de la cochonaille... 


blason cochon limoux

Sa Seigneurie Verrat premier...

 

   Toutefois, à Limoux, le cochon n'est pas seulement l'invité temporaire du Carnaval, mais une véritable notablité en ville. L'une des spécialités de Limoux est en effet la fameuse fricassée, délicieux ragoût fait à base d'abats de porcs et de marc de blanquette... Fondant et goûteux à souhait. Le cochon est ici l'animal-roi, plus que le lion, et les charcutiers lui dédient même des blasons à la devanture de leur établissement ! Trois boudins en sautoir, au-dessus d'un élégant suidé qui s'avance d'un pas bonhomme. 

 

III - Esprit du Vin

 

    On pourrait croire que le Carnavalier, soumis à ce régime, se traîne. Or, il faut avoir vu, par exemple, la bande des Aïssables : ces grands escogriffes savent faire preuve d'une grâce étonnante, qu'il s'agisse de danser ou de manier la carabène... Mais quel est leur secret ? L'entraînement ? Peut-être aussi le carburant blanquette. 

 

fecos-pluie.jpgPierrot profitant d'un coin de parapluie...

 

    Il faut dire que lors de leur tour de place, les Pierrots disparaissent momentanément dans l'arrière-boutique des cafés où se jouent les mystères réservés aux initiés de Bacchus... Le plus difficile étant sans doute de cumuler l'ivresse réelle ou feinte avec la conduite du spectacle qui peut durer plusieurs heures. Etonnament, ils y arrivent...

 

IMGP7735.JPGTerroir de la blanquette de Limoux, La Bezole

 

    Il n'est pas jusqu'à la vieille réclame pour un peintre en bâtiment, dans la rue limouxine de la Carrasserie, rencontrée au hasard d'une promenade, qui n'évoque la dive bouteille !

 

limoux-peintre-ethylique.jpg

 

IV - Carnaval et religion

 

Saint Martin et les Goudils

  

   Carnaval et religion ne font pas toujours bon ménage...L'Eglise a voulu jadis l'interdire, et les carnavaliers n'ont pas manqué de la caricaturer, comme les Arcadiens qui mirent en scène naguère une visite du Pape Jean-Paul II, au grand dam de certains paroissiens dit-on...

 

  Pourtant, l'ombre portée de la religion est là. Pas de Carnaval sans Carême, pas d'abondance sans privation ! Les contraires ne peuvent exister l'un sans l'autre. Certains symboles religieux semblent aller dans un sens carnavalesque. Prenons par exemple le saint protecteur de Limoux, Saint-Martin. C'est le saint qui partage son manteau avec le pauvre, qui va donc mal vêtu et s'apparente ainsi des Goudils, les autres acteurs indispensables du Carnaval de Limoux (ci-dessous). Ces masques vêtus de loques et de vieux habits, incarnation de la gueuserie feinte, représentent un peu le pauvre auquel Martin a donné la moitié de son manteau.

 

goudil-limoux-2012.jpgLe Goudil (à gauche) s'impatiente... La mène n'est pas assez rapide !

 

   Daniel Fabre rapporte dans la fête en Languedoc des exemples de graves hommes politiques et magistrats publics qui trouvèrent jadis dans le déguisement du Goudil, clochard d'occasion, un exutoire à un désir de Carnaval incompatible avec leur gravité de personnage public ! Car même si celui qui l'incarne n'est pas pauvre lui-même, le Goudil, c'est la figuration héroïque du pauvre, du marginal, du déclassé... Celui que les bien-pensants veulent débarbouiller, éjecter des villes ou embrigader. Le pauvre fier et irrespectueux, Antisthène ou Diogène le Cynique. Cassé par la vie - le goudil représente souvent un homme chenu ou mieux, une vielle dame indigne - mais souverainement libre de tout faire dans la magie de Carnaval !

 

    Précisément, que trouve-t-on au centre de la place où les Carnaliers défilent ? L'effigie de Saint Martin avec son pauvre, les deux mal vêtus (ci-dessous). Aucun hasard là-dedans, une profonde cohérence symbolique au contraire...

 

saint martin limouxSaint Martin... et le premier Goudil de l'histoire ?

 

Les Noces de Cana


    Si l'on poursuit sa promenade vers l'Eglise de la cité, également dédiée à Saint-Martin, une autre découverte nous attend. On pourrait croire qu'en ce noble lieu tout esprit carnavalesque est aboli... Or, parmi les scènes représentées sur une série de tableaux du XVIIe siècle figure le miracle de la fête et de l'abondance par excellence, celui des Noces de Cana...

 

limoux noces de cana

Les Noces de Cana, oeuvre du XVIIe siècle

conservée à l'église Saint-Martin

 

    Tout y est : la servante chargée de plats, au corsage gonflé comme Dorine ; la mariée, un peu pompette, dans tout l'éclat de sa chair jeune, blanche et bien nourrie, les cheveux couronnés de fleurs ; le Christ qui multiplie les pains et change l'eau en vin, a comme un fin sourire aux lèvres ! Comme quoi la chair et l'esprit peuvent faire un bout de chemin ensemble... Quelle religion convient mieux au Carnaval que celle de l'Incarnation, après tout ? 

 

V - Circumambulations

 

En définitive, qu'est-ce qu'une sortie de Carnaval de Limoux ? Une sorte de tour dansé autour de la place. L'idée de rond, de circularité est essntielle dans le carnaval de Limoux. Les pierrots, comme la terre autour du soleil, tournent autour de la place, mais ce faisant tournent aussi autour d'eux mêmes en dansant. Cette circumambulation est l'image cosmique essentielle évoquant les révolutions des planètes... Rituel que l'on retrouve dans toutes les civilisations.

 

Le pierrot est en effet une lumineuse étoile, ou plutôt le météore d'un jour, que l'on vient voir à heure fixe tous les ans, un peu comme une comète.

 

IMGP7820.JPG

 

Bref...

Une seule chose à dire... Allez au carnaval de Limoux ! Défoulement, rire, bonne humeur et bonne chère garanties !

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24 mars 2010 3 24 /03 /mars /2010 07:00

limoux sortie 11 heures (14)On a beaucoup écrit sur l'origine du Carnaval de Limoux, des fécos et de leur danse. La tradition orale fait provenir leur costume de celui des meuniers. D'autres interprétations voient l'origine de la lente procession des fécos dans le piétinement des raisins lors des vendanges. Hypothèses aussi séduisantes qu'invérifiables...

Que nous disent l'histoire et les archives ?

Témoignages historiques et archives : meuniers et carnavals violents  sous l'Ancien Régime

On dit souvent que le carnaval de Limoux fut fondé par les meuniers. En effet, lorsque les tenanciers des moulins payaient la redevance à leurs seigneurs sous l'Ancien Régime, ils se livraient à des réjouissances. On rapporte qu'en 1582, l'adoption du calendrier grégorien fit coïncider la date de la fête avec le Mardi Gras. Gaston Jourdanne voyait dans cet événement l'origine de la "partie des meniers", cette manifestation au cours de laquelle les meuniers munis des attributs de leur profession venaient sur la place centrale de Limoux, suivis de hautbois, fifres et tambours.

Toujours est-il que les documents d'archives, s'ils ne disent pas grand chose des fécos, témoignent en tout cas de l'ancienneté et de la vigueur des traditions carnavalesques à Limoux.
Un texte de 1605 évoque un défilé nocturne au son du tambour et du violon, avec déjà des danses sous les couverts. Cette année-là, la manifestation dégénéra rapidement en bagarres au cours desquelles les consuls de la ville furent malmenés par la population ! L'esprit contestataire était déjà là...

limoux (11)
Au XVIIIe siècle, des documents évoquent aussi des carnavals houleux. Les métiers s'affrontaient (tisserands contre commerçants), comme les classes (violon des riches contre tambourin des pauvres). Fin janvier 1787, une dispute s'élève entre jeunes gens de bonne famille et garçons chapeliers. Dans un tel climat, les autorités municipales sont souvent contestées, recevant parfois injures et jets de pierre. En 1757, une tête de cheval en décomposition acompagnée d'un placard injurieux est retrouvée à la porte de la maison de Bonnet, avocat, premier consul de la ville.

En 1832, la tradition du défilé des meuniers existe encore, ainsi qu'en témoigne un texte de Labrousse-Rochefort cité par Georges Chaluleau :

"Ces prétendus meuniers sont les jeunes gens les plus riches qui, habillés de blanc, sur de beaux chevaux noirs, portent au lieu de sacs de farine des sacs de bonnes et fines dragées, qu'ils jettent galamment à toutes les dames qui garnissent les croisées ouvertes..."

Au fil du temps, costume du meunier aurait donné celui des fécos, le fouet du meunier la carabène, les dragées les confetti...

Le Carnaval à l'époque contemporaine

Il renaît dans l'après-guerre. En 1946 est constitué le comité carnavalesque, qui concentre trois ou quatre sorties autour du Mardi-Gras. En 1957, une commission spéciale de Carnaval regroupe trois bandes. D'autres apparaissent et, en 1974, dix bandes échelonnent leur sorties entre l'Epiphanie et le dimanche précédant les Rameaux. Le nombre de ces sorties est limité par les dimanches disponibles entre ces deux dates. Ces bandes du comité sont actuellement au nombre de 10 : L'Aragou, les Arcadiens, les Blanquetiers, las Fennas, Monte-Cristo, le Paradou, le Pont-Vieux, le Tivoli, les Aïssables, les Anciens.

Au début des années 1970, véritable petite révolution, la bande des Jouves quitte le comité de Canrnaval, et décide de sortir le samedi au lieu du dimanche. Le cas fera école et plusieurs bandes hors-comité apparaîtront, qui défileront elles aussi le samedi : Les Infialurs d'Achille, les Bronzinaïres, les Pitchouns,  les Maïnatches, les Remenils, les Estrangers, las Piotos, les Droles, les Encantados...

limoux (29)Le café de la Terrasse, repaire des Infialurs d'Achille

Titoulet, légende vivante du carnaval...

limoux sortie 17 heures (54)
Cette année 2010, le carnaval de Limoux rend hommage à Titoulet, c'est-à-dire Pierrot Clarac, 80 ans, le plus ancien carnavalier en activité, membre de la bande du Pont-Vieux. Chef de cave retraité, il incarne par son parcours deux passions de Limoux, la fête et la blanquette. La bande du Pont-Vieux est une des plus traditionnelles, utilisant l'ancien costume de pierrot noir, mais Titoulet voit d'un bon oeil les diverses évolutions : arrivée d'une première femme dans sa bande il y a trente ans, développement des bandes du samedi. Il regrette simplement la disparition de la chine, cette pratique qui consistait pour les goudils à prendre à part une personne du public et à révéler des détails de sa vie privée... Titoulet n'hésite pas à proposer avec humour une culture d'un genre tout particulier:

"Faire une plantation de carabènes dans la cour de la sous-préfecture, pour que l'Etat soit garant de leur qualité, et faire especter la parité homme-femme pour la musique du carnaval et pour le plaisir auditif et visuel des carnavaliers".

Bref...  

Voilà quelque notes éparses sur ce phénomène vivant, une tradition vivante admirable et à laquelle on souhaite une longue vie !


Lire
Georges Chaluleau, Carnaval de Limoux au coeur, Loubatières
La Dépêche, 2 mars 2010 (article sur Titoulet).

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23 mars 2010 2 23 /03 /mars /2010 22:35

IMGP8654Le carnaval de Limoux est peut-être unique dans le monde. Ici, ni chars, ni de reines de beauté, mais la mystérieuse beauté d'un rituel immuable. Dans un tourbillon de confetti, des pierrots armés de roseaux font le tour de la place centrale de la ville en danse et en musique.

Alors, pourquoi le public se presse-t-il au Carnaval de Limoux ? Peut-être parce que cette marche dansée possède la beauté propre à tout rituel, mais aussi une magie particulière, celle du masque et du satin...

Au royaume du Carnaval

Il faut d'abord vous donner une idée de ce qu'est le rituel du carnaval de Limoux. Nous sommes sur la place de la République, place centrale de Limoux, à dix-sept heures...

De café en café, le royaume des fécos...


limoux (5)
Des accords de musique retentissent, et soudain vous les voyez. Ce sont les vedettes du carnaval, les fécos (fecas en "graphie normalisée"). Des pierrots vêtus d'un pantalon et d'une chemise de satin, avec colerette et chapeau assortis, le visage cagoulé et masqué. Les fécos portent tous le même costume, celui de leur bande. Ils dansent sous les arcades de la place, progressant lentement, en 20 minutes environ, d'un café à l'autre. Ils évoluent gracieusement, avançant imperceptiblement de quelques dizaines de centimètres à chaque pas de danse. Miracle d'immobilité et de mouvement, de grâce aussi. 

Danse et geste

La gestuelle des fécos est strictement codifiée. La carabène (roseau orné de rubans) est tantôt tenue délicatement entre l'index et le majeur et maniée par le pouce, tantôt brandie à pleine main comme le fouet des meuniers dont elle serait issue. La main restée libre, comme celle qui tient la carabène, se tient souvent également au-dessus des épaules. Cette deuxième main, selon l'inspiration des fécos, dessine des arabesques, esquisse des gestes, bref traduit l'humeur du moment. On a même pu parler d'un langage muet, réservé aux initiés...

limoux sortie 17 heures (38)Les Pitchouns

La beauté de la danse naît avant tout de sa lenteur, mais aussi des reflets du satin, des gestes des mains et des carabènes. Le cortège arrivé devant un café, la musique s'arrête, et soudain les fécos disparaissent dans l'arrière-sale pour des libations à caractère strictement confodentiel. Puis, ils réapparaissent, au bout d'une dizaine de minutes. Ainsi se fait le tour de la place, de café en café.  

La musique

Les fécos sont inmanquablement suivis dans leur parcours d'un groupe de musique composé principalement de percussions (caisse claire et grosse caisse) et d'instruments à vent (trompettes,  clarinettes, trombones, hélicons, ). Les musiciens interprètent des airs traditionnels, qu'ils s'agisse de compositions originales ou d'adaptation de succès d'opérettes de la Belle-Epoque. Les musiciens sont tous habillés selon le code vestimentaire de leur groupe ; toutes les bandes ont néanmoins une blouse, un chapeau à larges bords et un foulard autour du cou ; seule la couleur de la blouse et du foulard change.

limoux sortie 17 heures (18)
Les goudils

IMGP8636Enfin, derrière les fécos et la musique, les groupes hétéroclites des goudils ferment le pas. Autant les costumes des fécos sont uniformes, luxueux et marqués par un certain esthétisme, autant ceux des goudils sont disparates et hétéroclites, faits de bric et de broc. Cela ne les empêche nullement d'être souvent très réussis. Les clowns aux couleurs chamarrés y côtoient d'étranges patriarches aux cheveux poivre et sel mêlés de plumes de paon. Le jeu de la confusion des sexes s'y donne à coeur joie : on y voit des hommes déguisés en gitanes à la noire mantille, en grands-mères à l'ombrelle élégante et aux formes généreuses... qui sont en fait des paquets de confetti !

Au contraire des fécos qui doivent obéir à des codes stricts, les goudils ont toute liberté de taquiner le public, d'emmener l'un des spectateurs le temps d'une danse, d'une tentative de rapt ou de séduction improvisée. Ils incarnent le désordre jubilatoire du Carnaval.

IMGP8685Goudils au meilleur de leur forme, taquinant le public

Le déroulement du Carnaval

3 mois de Carnaval

limoux sortie 11 heures (14)Le Carnaval de Limoux est, dit-on, le plus long du monde, puisqu'il ne dure pas moins du quart de l'année... Le signal du départ est donné en janvier de manière très officielle, à la sous-préfecture ! Ce jour-là, elle est en effet envahie par une délégation de Limouxins déguisés en meuniers, avec masque, bonnet, foulard, et longue chemise blanche (photo ci-contre). Le sous-préfet se se dérobe jamais à cette tradition bien ancrée. Puis, viennent trois mois pendant lesquels, chaque samedi et chaque dimanche, ont lieu les sorties des différentes bandes. Enfin, le dimanche qui précède les Rameaux a lieu la Nuit de la Blanquette, au cours de laquelle la dernière bande sort pour juger et brûler Carnaval... 

Une journée de Carnaval typique

Elle comporte trois temps forts.

La sortie de 11 heures,sans fécos mais avec des masques divers et généralement un spectacle qui tourne en dérision l'actualité locale ou nationale : la restauration controversée de la place de la République, nos chers gouvernants, les rumeurs de fermeture de la voie ferrée Carcassonne-Quillan, etc. Lorsque j'assistai à la sortie de onze heures au mois de février dernier, c'était une bande d'enfants qui procédait à une élection de miss parodique. Les candidates ont ainsi évolué devant un jury où l'on pouvait reconnaître Geneviève de Fontenay. Miss Pastis 51, particulièrement appréciée, faisait boire un membre du jury avec un entonnoir... Quant à Miss Infirmière, elle brandissait une énorme seringue aussi menaçante que le clystère de Diafoirus !

limoux sortie 11 heures (32)Concours de miss, version Limoux. Mme de Fontenay rhabillée pour l'hiver ?

La sortie de 17 heures est la traditionnelle ronde des fécos autour de la place, avec généralement le public le plus nombreux de la journée.

La sortie de 22 heures, qui ne regroupe que les amateurs les plus convaincus du Carnaval, est peut-être la plus magique de toutes. Fécos et goudils défilent dans une étrange atmosphère nocturne, à la lueur des entorches qui projettent des ombres étranges sur les arcades... Ces luminaires sont fabriqués traditionnellement d'un bâton de noisetier sur lequel on a enroulé du papier résiné, qui se consume en exhalant une agréable odeur aromatique...  

IMGP8676A la lueur des entorches

L'organisation du Carnaval


Le carnaval de Limoux a tout de la mécanique impeccablement huilée. Mais comment expliquer un tel succès ?

La codification du rituel

La danse des fécos a tout pour intriguer. Ses origines sont incertaines, comme on le verra plus loin. Ce que l'on sait en revanche, c'est que le cérémonial fut fixé de manière stricte à partir des années 1940-1950, lorsque le comité du Carnaval fut créé. Celui-ci édicta les dix commandements du carnavalier. De ceux-ci, on peut retenir :
-l'obligation pour le fécos de se dissimuler entièrement par le masque, les gants, la cagoule, et l'interdiction de se démasquer en public
-le cheminement d'un café à l'autre, devant se faire en vingt minutes approximativement, "sans bousculade et sans énervement"
-l'obligation pour la bande des fécos de mener la musique, en donnant le départ et la fin.

limoux sortie 17 heures (8)Le Carnaval n'attend pas le nombre des années (Les Taps)

limoux (29)La musique et la mène

La musique est indispensable. Entre les fécos et le musiciens existe une relation de complémentarité et d'opposition. Les musiciens se font payer par les fécos, qui en veulent pour leur argent. Les fécos veulent faire durer le plus de temps possible le défilé entre chaque café, tandis que les musiciens ne veulent pas qu'il dépasse des limites raisonnables. Cet antagonisme pouvait jadis dégénérer en bataille rangée, les musiciens n'hésitant pas à expulser manu militari un carnavalier faisant traîner les choses... 

Le fait est que la cohabitation entre fécos et musiciens repose sur un équilibre savamment dosé. Dans le cortège, les musiciens sont précédés de fécos organisant la mène. Ce sont eux qui donnent la cadence aux musiciens, leur imprimant un pas plus ou moins rapide. Pour les connaisseurs, la réussite d'une sortie dépend en grande partie du savoir-faire de ce meneur.

Bref...

J'espère que cette incursion dans cette tradition vivante vous a plus, et vous donne rendez-vous pour un deuxième article très prochainement...

A suivre...

Lire
G. Chaluleau, Jean-Luc Eluard, Le Carnaval de Limoux, Atelier du Gué

Liens
Article en occitan sur Wikipédia
Présentation complète du Carnaval de Limoux par Philippe Esperce
L'arrivée des Meuniers au début du Carnaval (article de la Dépêche)
Les anciens du Carnaval défendent la tradition (article de l'Indépendant)
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2 novembre 2009 1 02 /11 /novembre /2009 11:45

Alors que les jours raccourcissent et qu'il fait bon au coin du feu, quel plaisir d'évoquer les légendes et les coutumes d'autrefois... Celles de la Toussaint et du Jour des morts sont étonnantes. On y parle de revenants en procession, d'enfants nés avec la capacité de voir les âmes des disparus... Voici quelques témoignages datés du XIXe s. et du XXe s., qui concernent le Tarn, l'Ariège et l'Aude...

La procession des morts

"La nuit entre la Toussaint et le Jour des morts, les morts sortent du cimetière. Ils reviennent tous et ils vont jusqu'à l'église. Celui qui les rencontre, malheureux !..."

Voilà ce que l'on racontait dans le Lauragais au XXe siècle, d'après les Les grandes heures des moulins occitans de Jean et Huguette Bézian. Les auteurs ajoutent :

"A Castelnaudary, la foire du deux novembre est très importante. Comme on partait très tôt le matin, on était pas tranquilles parce qu'on avait peur de rencontrer la procession des morts".

La procession des morts est également attestée dans la région de Narbonne, avec une mise en garde identique: 

"A minuit les morts sortent de leur couche, tous ! Qu'ils soient couverts de marbre dans le cimetière actuel, oubliés depuis des siècles dans quelque antique lieu de repos devenu de nouveau olivette ou garrigue, isolés et inconnus dans une cachette à la suite d'un crime, tous reviennent pour quelques instants dans notre existence agitée, dans ce village qu'ils habitèrent. Leur procession muette parcourt les rues et les chemins sans toucher le sol qu'elle effleure. Leurs yeux éteints retrouvent un moment la douceur de voir et regardent avec avidité les murs, les toitures, les maisons qui abritèrent les vicissitudes de leur vie terrestre achevée... Malheur au vivant qui sort pendant cette nuit terrible ! Les morts le saisissent. Personne ne le verra plus."  

Le retour des morts est également évoqué dans l'ouvrage de René Milhau, Lo Malhol d'una vida. Le récit concerne le Rialet (Tarn).

  Le jorn dels morts, es dit que cal pas trabalhar. Un esperit fort,  que volia pas escotar aquelis rasonaments, volguet se mudar los gatons et caussiguet just aquel jorn per aquo fa. La nueit tombava qu'era encara per camins et carrieras. Ausiget quicom que zonzonejava : "Zon ! Zon !" en pertot dins l'aire als alentours [...].


Ara, era escur coma de pega, volguet alucar la calelha mas, a cada alumeta que cracava, "Zon!" un buf venia l'atudar. E aget plan grand gaug de trapar una boria que lui balhesse la retira. A miejanueit, lo borratier que l'avia sarrat li diguet :

-Ten, venetz veser.

E per la gatiera, remiravan los morts tots emblancats que passejavan en longa procession en faguent "Zon ! Zon !".

Le jour des morts, il est dit qu'il ne  faut pas travailler. Un esprit fort, qui ne voulait pas écouter de tels racontars, eut envie de déménager et choisit précisément ce jour pour le faire. La nuit tombait qu'il était encore par monts et par vaux. Il entendit quelque chose qui faisait "Zon ! Zon!" partout dans l'air aux alentours [...]
Il faisait noir comme dans un four, il voulait allumer sa lampe mais, à chaque allumette qu'il craquait, "zon !" un souffle venait l'éteindre. Il fut bien heureux de trouver une borie qui lui donne l'abri. A minuit, le bourratier (fermier) qui l'avait recueilli lui dit :

-Tenez, venez voir.

Et par la chatière, ils regardaient les morts tout en blanc qui passaient en longue procession en faisant : "Zon ! Zon !".

   


Eléments récurrents

D'une légende à l'autre, des éléments sont récurrents. Le parcours des morts se fait dans le monde des vivants et emprunte des points de passage obligés (église, village, cimetière). Ce parcours, limité à l'espace public, revêt le caractère ordonné d'une "procession" ; en cela, la société des morts semble imiter celle des vivants.

Pourtant, dans les environs de Carcassonne, une étrange coutume rapportée par Gaston Jourdanne laisse supposer que les morts entraient aussi dans les maisons pour visiter leur famille vivante : 

"Certaines personnes, la nuit qui précède le jour des morts, avaient l'habitude de placer sous leur édredon des châtaignes bouillies. C'était à la fois une offrande aux morts et, de plus, un moyen de détourner l'attention de ceux-ci pour qu'ils ne vous tracassent pas."

A ma connaissance, c'est la seule légende de ce type.

(Cliquez sur les images pour les agrandir)

Se protéger des morts : interdits et rites

Du côté des vivants, il y a une défense absolue, implicite ou explicite, de croiser les morts. La transgresion de cet interdit amène une punition : la plupart du temps, c'est le malheur ou la mort qui est promise. Dans le texte de René Milhau déjà cité, "l'esprit fort", terrorisé, a eu grand-peur ; nul doute que s'il n'avait pas trouvé un abri dans une ferme, il aurait été bien puni de sa mécréance...

Des rituels existaient qui permettaient de se préserver de cette présence menaçante de l'armée des spectres. Ainsi, les sonneries de cloches. Je cite Les grandes heures des moulins occitans :

"J'étais carillonneur, et la nuit du premier au deux novembre, je sonnais le glas le soir, jusqu'à minuit. le matin, le recommençais vers trois heures et demie, jusqu'à six heures, pour pas que les morts fassent une sarabande"

Il est intéressant de noter que le glas est sonné avant minuit et après trois heures trente, aux heures où les vivants couche-tard ou lève-tôt ont le plus de chance de se retrouver sur les chemins. La partie de la nuit qui va de minuit à trois heure et demie est totalement abandonnée aux morts. Ce détail coïncide avec l'histoire rapportée par R. Milhau, où la procession fantômatique  "apparaît" à minuit.


La naissance du messager des âmes

Un autre thème légendaire important lié au Jour des morts est la naissance de l'armièr ou armassiès, souvent appelé "messager des âmes" en français. Le mot armier vient de l'ancien occitan arma, qui signifie "âme". Ce personnage avait une fonction importante dans la société d'autrefois, celle d'apaiser les morts en colère ou tourmentés qui dérangeaient les vivants. On croyait en effet que les morts hantaient leur famille, au point de les tourmenter la nuit (rêves, spasmes, etc). Généralement, l'armier conseillait de faire dire quelques messes pour apaiser les mânes du disparu.

D'après les sources, l'armier naissait la veille du jour des morts, ou encore ce jour même. Ainsi, en Montagne Noire, selon Adolphe de Chesnel (début XIXe s.)

"...on nomme Armaciès celui qui est né le lendemain de la Toussaint, et que l'on suppose alors doué de la faculté de seconde vue."

Dans l'Hérault, selon un témoignage recueilli par J.-P. Piniès:  

"Mon grand-oncle, à Lezignan, était né le jour des Morts et il les voyait défiler dans sa chambre."



Une période privilégiée

Par-delà les légendes particulières, c'est toute la période comprise entre la Toussaint et le jour de Noël qui constituerait un temps privilégié où les morts se manifestent aux vivants. Ainsi, Adelin Moulis écrit, pour le comté de Foix : 

" Mama Jouane dit que maintenant la campagne vide et glacée appartient aux âmes. Elles errent en foule, pareilles à de grands troupeaux sans berger : elles sont mêlées au souffle du vent, aux gouttes de pluie, aux flocons de neige [...]. la nuit, on les entend déranger, en passant, les tuiles sur le toit. 
Heureusement que la Noël est proche ! 
Après la fête de la Nativité, tout rentre dans l'ordre, la terre est rendue aux vivants." 




Origine de ces légendes


Pourquoi de telles croyances ? Les hypothèses sont toujours délicates...

Bien sûr, le Jour des morts (institué au XIe s. par l'Eglise) et la Toussaint (instituée au IXe s.) sont des fêtes chrétiennes. On faisait dire autrefois à l'église des messes pour les âmes du Purgatoire ; l'idée même du Purgatoire, en pays souvent majoritairement catholiques, avait imprégné fortement la tradition orale, et l'armier était le messager des âmes en peine. Toutefois, cette idée de morts "en liberté" semble assez étrangère à la religion conventionnelle. En effet, selon le dogme catholique, si le Jugement dernier est à venir à la fin des temps, la mort est suivi du jugement individuel, aboutissant à l'envoi au paradis, au purgatoire, ou à l'enfer (idée plus ou moins acceptée depuis le XVe s. au moins). Lieux, dont, par définition, il est impossible de s'échapper pour venir hanter les vivants...

Certains ont pensé que ces coutumes avaient des origines païennes, et plus précisément celtiques. L'ancienne fête celtique de Samain est attestée par des documents anciens à la fois en Irlande et en Gaule. C'était une fête religieuse qui marquait le début de l'hiver. Durant cette période, le monde et l'au-delà communiquaient. On n'a pas manqué non plus de mettre en rapport la convergence des croyances liées à la Toussaint et au jour des morts en Languedoc avec celles concernant Halloween en Irlande et en Ecosse, et à postuler une origine celtique commune pour les deux fêtes : Samain toujours, bien sûr.

Qu'en est-il vraiment ? Difficile de le dire ; cet article n'a pas la prétention de trancher une question aussi complexe, seulement de l'effleurer. 

Bref... 

A l'opposé du "déni de la mort" présent dans nos sociétés, nos anciens avaient apprivoisé la crainte de la mort par un certain nombre de récits et de pratiques. Une confontation avec notre temps serait sans doute pleine d'enseignements...

J'en profite pour lancer une petite enquête. Existe-t-il dans vos villes et villages, dans vos régions, des usages liés au Jour des morts et à la Toussaint ? N'hésitez pas à me laisser un commentaire ou à me contacter si vous en connaissez.

Sources

1839. A. de Chesnel, Usages, coutumes et superstitions des habitants de la Montagne Noire.
1899. G. Jourdanne, Contribution au folk-lore de l'Aude.
1935. F. Dezeuze, Souvenirs et gaîtés du terroir narbonnais.
1975. A. Moulis. Croyances, superstitions, observances en comté de Foix.
1986. R. Milhau, Lo malhol d'una vida.
1984. J.-P. Piniès, Croyances populaires des Pays d'Oc.
1994. J.et H. Bézian, Les grandes heures des moulins occitans.

Voir

Un article qui défend la thèse de la filiation Samain - Haloween - Jour des morts

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10 juillet 2009 5 10 /07 /juillet /2009 10:11


Une des fêtes traditionelles du début de l'été est celle des feux de la Saint-Jean, qui marque le solstice d'été (24 juin). Toutefois, une autre partie des traditions de la St-Jean concerne les eaux, aussi étonnant que ce que cela puisse paraître ! Pour évoquer de paradoxe, rendons nous près de Dourgne dans le Tarn, dans le vallon de Saint-Macaire.

Le Vallon de St-Macaire

Il est située tout près du village de Dourgne. C'est une petite vallée fraîche et boisée, au nord de la Montagne noire, où coule une rivière un peu torrentueuse, le Baylou. On y touve une petite chapelle édifiée dans les années 1950, et dédiée à Notre-Dame de Fatima. Saint Macaire, un ermite, aurait vécu là d'après la légende. Mais les rites et croyances associées à ce lieu semblent remonter à beaucoup plus loin dans le temps.


Une source guérisseuse

Près de la chapelle coule une source. Celle-ci était jadis fréquentée par ceux qui espéraient une guérison. Une coutume en particulier était observée ici, comme en beaucoup d'endroits d'ailleurs: celle de laver la partie malade avec un linge qui était ensuite abandonné sur place. D'où le nom de monies donné au lieu-dit, mot désigne en occitan, selon B. de Viviès, les linges abandonnés près des sources cultuelles.   

Une coutume identique est attestée près de diverses fontaines guérisseuses et, non loin du Tarn, à Betharram, selon P. Sébillot.

"Vers 1818, ceux qui baignaient la partie de leur corps affectée de quelque incommodité dans la fontaine de Bétharram, avaient soin de déposer sur les ronces qui l'environnent, le linge qui leur avait servi, persuadés que sans cette formalité, le remède n'aurait aucun effet."

En d'autres endroits, on pouvait, selon le même principe magique, laisser une épingle ayant touché l'organe malade. Qu'il s'agisse d'un linge ou d'une épingle, la démarche était la même. On pensait abandonner "le mal avec l'objet".

Le soleil qui danse

Toutefois, c'est principalement à la date de la Saint-Jean qu'est lié le légendaire de la source, comme l'indique un témoignage du début du XIXe siècle.  

... "c'est surtout le Jour de la Saint-Jean que [les eaux de la fontaine] jouissent de la plénitude de leurs vertus curatives. Aussi, ce jour-là, disent les habitants, elles descendent à flot, elles bouillonnent dans le bassin et le soleil danse à son lever."

Voilà pour le légendaire. Il y a aussi le rite : on rapporte qu'autrefois, garçons et filles venaient chercher de l'eau à la fontaine, la nuit de la Saint-Jean.


Mythes et rites identiques

La source de Mouniès n'est pas une exception. Paul Sébillot, dans son Folklore de France, rapporte plusieurs autres cas de sources guérisseuses dont le pouvoir se manifestait au solstice d'été. On les visitait généralement dans la nuit qui précédait la Saint-Jean. Ainsi, à Bétharram (Hautes-Pyrénées), les eaux guérissaient le 23 juin à minuit. En Tarn-et-Garonne, la source de Saint-Jean à Saint-Quentin était réputée couler seulement le jour de la Saint-Jean, de midi au lever du Soleil. Fait plus intéressant, Sébillot parle de certaines sources en Poitou, dont on croyait que les eaux bouillonnaient le matin du 24 juin, sans plus de précision hélas.

La raison des mythes

D'après Bertrand de Viviès, le vallon de Saint-Macaire témoigne de la subsistance de rituels anciens, fondés sur la croyance aux vertus de l'eau, du soleil. Ce n'est que par la suite que l'Eglise aurait essayé de christianiser la dévotion en important en ces lieux le culte de Saint-Macaire, ermite, célébré le 5 septembre.



En bref

La Saint-Jean était une des fêtes les plus importantes dans l'ancienne civilisation agricole du Languedoc. Un de ces temps sacré, où toutes les guérisons semblaient possibles. dans les mentalités anciennes, les pouvoirs guérisseurs des sources étaient en lien avec le soleil, même si la figure chrétienne de Saint-Jean Baptiste est tout aussi importante. Il est fort possible que l'Eglise ait réinterprété en un sens chrétien des pratiques très anciennes.

Cet article voulait simplement évoquer les légendes et les rites de cette civilisation paysanne d'autrefois, dont nous sommes issus, et qui sont bien oubliés aujourd'hui...

Sources

Bertrand de Viviès, Saints et géants au pays de Dourgne.
Paul Sébillot, Le Folklore de France (réédité sous le titre "Croyances, mythes et légendes des pays de France" par Francis Lacassin, aux éd. Omnibus).

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10 février 2009 2 10 /02 /février /2009 22:41
Le 5 février est la fête de Sainte-Agathe. Rien de spécial, si ce n'est que certaines légendes du Lauragais et de la région Toulousaine prétendaient que la sainte revenait jadis la nuit de sa fête, sous forme de chatte, pour faire respecter un étrange interdit de faire la lessive... Enquêtons.

La légende de la nuit de la Sainte-Agathe

Nous devons cette version à J. Vézian (repris dans J. -P. Piniès, Croyances populaire des Pays d'Oc).

Un étrange chat

" Une femme dit à sa voisine qu'elle veut faire sa lessive. La voisine fait observer que c'est le jour de la Sainte-Agathe et que, ce jour-là, on ne doit pas laver. La femme répond irrévérencieusement: "Sainte Chatte fera des petits chats et la lessive se fera" (Santa Gata gatarà et la ruscada se farà)... Il y a ici un jeu de mots intraduisible en français, et reposant sur le fait qu'en languedocien "Gata" veut dire également "Agathe" par aphérèse, et "chatte". La femme fait donc sa lessive. Une sorte de chat se met au coin du feu et crie : "Vide! vide ! vide!" chaque fois qu'elle va vider le chaudron.

Subterfuge

La femme, effrayée, va raconter ce qui se passe à sa voisine. Celle-ci lui conseille de se mettre à la fenêtre quand elle aura à vider le dernier chaudron et de crier: "Le feu au cimetière"! La femme aussitôt suit le conseil. Aussitôt l'apparition s'écria : "A ma petite maison ! A ma petite maison !" et partit aussitôt. La femme vida le chaudron et alla se coucher. Quand elle fut dans son lit, l'apparition revint et lui dit : "Ah ! Tu es bien  heureuse ! Autrement il te fallait y aller, dans le cuvier, avec le chaudron dessus ! " C'était la sainte qui avait quitté sa tombe sous la forme d'un chat, pour punir la femme qui n'avait pas respecté le jour de sa fête."


Une sainte fort peu catholique ?

Une sainte qui se déguise en chatte, animal diabolique par excellence, forme animale de prédilection du masc ou du breish, le sorcier dans le légendaire d'Oc, voire du diable lui-même ?

Une sainte revenante qui habite dans un cimetière ?

Une sainte qui menace de noyer une pauvre femme dans un cuvier ?

Il y a bien de quoi s'étonner ! Alors comment Sainte-Agathe, pieuse martyre, est-elle devenue dans le Lauragais cette étrange chatte diabolique, qui semble imposer cet interdiction absurde de ne pas faire de lessive le 5 février ? Il y a bien une raison au mystère...  

Sainte Agathe, d'après la Légende dorée

Elle naquit au IIIe siècle à Catane en Sicile. Elle refusa de se sacrifier aux dieux et de consentir aux désirs du consul Quintianus. Celui-ci obtint alors des édits impériaux contre les chrétiens. Agathe fut envoyée dans un lupanar, puis jetée dans une prison et torturée. On lui arracha les seins avec des tenailles. Survint, en plein martyre, une éruption de l'Etna. Le peuple, voyant là un signe de la colère divine, supplia Quintianus de gracier Agathe. Elle mourut en prison.

Ce récit de la Légende dorée a fait qu'Agathe est invoquée contre les incendies, les maladies du sein, les éruptions volcaniques, et qu'elle est la patronne des fondeurs de cloche (soit à cause de la lave de l'Etna comparable au métal en fusion, soit de la forme de la cloche, proche de celle d'un sein).


D'Agathe à la gato...

Comment cette martyre respectée est-elle devenue dans nos contrées cette étrange sainte se métamorphosant en chatte ? Et pourquoi celle-ci empêche-t-elle de faire sa lessive la nuit du 5 février ?

Les mystères de la nuit du 5

La nuit de la Ste-Agathe n'était pas une nuit comme les autres en Occitanie. En effet, plusieurs rituels répertoriés par les ethnologues en faisaient un moment extrêmement important dans l'ancienne société rurale du toulousain. Cette nuit était en effet dédiée à la protection magique contre le mauvais temps, moment capital dans une région profondément agricole.

Jadis, en effet, on sonnait les cloches toute la nuit de la Ste-Agathe pour éloigner l'orage. De la tombée de la nuit à l'aube, le carillonneur et ses aides faisaient leur office sans discontinuer. A Villemagne, dans l'Aude, les habitants observaient les nuages toute la journée. Leur direction indiquait le chemin qu'emprunteraient, tout le long de l'année, les orages (d'après Chr. Amiel).



La raison de l'interdit: hypothèse haute

Ainsi peut se comprendre l'interdit de faire la lessive : par un principe de magie imitative simple. En effet, dans beaucoup de civilisations, agiter de l'eau peut causer, par un principe de correpondance symbolique, des orages: troubler les "eaux d'en bas" peut entraîner des troubles dans les "eaux d'en haut", le firmament étant souvent considéré comme liquides dans l'imaginaire populaire comme dans l'imaginaire de l'écrit (voir Genèse). Dans le Lauragais, on prétendait autrefois que les prêtres pouvaient, en troublant une surface d'eau avec leur bâton, provoquer des averses. 

Dans cette nuit cruciale et décisive pour le temps de toute l'année, il était évidemment  interdit de faire quoi que ce soit qui puisse provoquer un orage, comme, par exemple, faire la lessive. Voilà pourquoi l'interdit existe et que la chatte est chargé de le faire respecter, y compris par l'homicide s'il le faut...

Quant à la forme prise par la sainte, c'est sans doute un jeu de mot sur Agato-gato (Agathe-Chatte) en occitan.

La raison de l'interdit : hypothèse basse

Même si on ne retient pas cette hypothèse liée à la magie des eaux, peut-être trop spéculative, on peut en proposer une autre. Jadis, en Languedoc, il existait des jours durant lesquels il était interdit de faire la lessive : le 5 février bien sûr, mais aussi d'autres fêtes religieuses comme le Jour des Morts ou la Semaine Sainte.

Il est dit que, si l'on transgresse ces lois, une personne de la maisonnée mourra dans l'année, et que l'on "lave son linceul"... Sainte Agathe sous sa forme animale, la chatte qui habite au "Cimetière vieux" selon les termes de la légende, a partie liée avec ce domaine de la mort, comme avec celui du religieux. Elle incarne la menace de mort qui pèse sur celui qui transgresse...

Bref...

Certains y verront pure superstition, mais c'est sans doute là l'expression du mode de pensée magique qui était parfois celui de nos ancêtres...

Sources

Chr. Amiel, "Ethnologie" in L'Aude, éditions Bonneton.
J.-P. Piniès, Croyances populaires des pays d'Oc, art. "Chat".
Rosa Giorgi, Les saints (Iconographie).

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25 décembre 2008 4 25 /12 /décembre /2008 06:08



Post tenebras lux.


D'abord, la date de Noël. On sait que l'on y célèbre la naissance du Christ. Mais nul texte ne nous dit que celui-ci est né le 25 décembre. La date a été fixée à la fin de l'antiquité, en référence au solstice d'hiver, date du culte du dieu Mithra, où lui était sacrifié un taureau. Mithra était un dieu d'origine iranienne, lié à la lumière, appelé aussi le soleil invaincu (sol invictus). Le Christ étant semblablement la vraie lumière (lux vera) selon l'évangile de Jean, c'est sans trop de mal finalement que la date a pu être récupérée. Avec la continuité de la symbolique qui veut que le soleil naisse des ténèbres.

***

La peur de Noël ?

On l'a oublié aujourd'hui, mais dans les mentalités d'autrefois, Noël était une date qui faisait peur... Le solstice marquait la mort de la nature et les nuits interminables. C'était donc le domaine tout désigné des chasseurs maudits, des sabbats de chats, des fantômes...
En même temps, toute mort étant porteuse de l'idée de renaissance, cette symbolique ne pouvait pas être purement négative, mais plutôt ambiguë.

***

Les sabbats de chat.

Dans certaines régions, les fêtes de Noël marquaient le moment des sabbats de chats. Ceux-ci se réunissaient, sans doute pour adorer quelque démon griffu... Si vous vouliez que votre chat n'y aille pas, il fallait lui couper le poil blanc qu'il avait dans son pelage, ou lui roussir un peu la queue... Pauvre bête !

***



Coutume étrange de la montagne noire.

La nuit de Noël en effet, comme celle de la Toussaint, marque l'irruption des morts parmi les vivants. Dans la Montagne noire, sur le Causse de Sorèze, avait lieu une étrange cérémonie lors de la nuit de Noël. On ouvrait des avens creusés en pleine terre. Le but de cette cérémonie était de faire "respirer les âmes des morts". Ce qui montre que cette nuit de Noël, et la période de l'avent dans son ensemble, était conçue par les anciens comme un moment privilégié où les frontières de la mort et de la vie s'abolissaient, ou du moins étaient plus perméables.

***

Les chasseurs maudits.

C'est aussi dans la période de l'avent, ou de noël, que la tradition populaire place les expéditions nocturnes de chasseurs maudits. Ils sont obligés de chasser pour l'éternité des proies invisibles, pour avoir quitté la messe de minuit ou une de celles dd'un dimanche de l'avent. Dans un autre de mes article pour ce Noël, lisez l'histoire d'Etbert d'Estouge...

***



Les trésors engloutis.

Nombreux sont les endroits où certains trésors cachés ne sont accessible que pendant les douze coups de minuit, pendant la messe. La montagne noire ne fait pas exception à la règle, si l'on en croit le témoignage de Jean Mistler à propos de la vallée du Bout du monde, entre Durfort et les Cammazes (Tarn):

« … le Bout du Monde, c’était la fin de l’univers connu, et la porte du monde féerique, des gazons de montagne qui sonnent creux sous les pas, des souterrains dont l’entrée est perdue, mais qui s’ouvrent avec leurs trésors la nuit de Noël, juste pendant que sonnent les douze coups de minuit. »

***

Bref...

Nuit de Noël fertile en légendes. Il est dommage que l'on ait plus gardé que le gros barbu, enseigne publicitaire imposée dans l'après-guerre au monde entier par une marque de soda américain bien connu. Mais chaque temps a les mythes qu'il mérite, non ?

 

 

Alors joyeux Noël à tous et à toutes !

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24 février 2008 7 24 /02 /février /2008 08:34
 
Les origines de Dourgne et la guerre des Albigeois.
 
Dourgne est un charmant petit village du Tarn blotti au pied de la Montagne noire, entre Revel et Labruguière. Avant la guerre des Albigeois au XIIIe siècle, Dourgne était un castrum (village fortifié) qui s’élevait autour d’un donjon montagnard, au lieu-dit le Castellas (dont les vestiges existent encore, paraît-il). Or, nous dit la légende, ce village primitif ayant été dévasté pendant les combats (22 avril 1212), les habitants demandèrent au roi de France Philippe IV le Bel, un siècle plus tard, la permission de reconstruire leur village au pied de la montagne. L’autorisation lui fut demandée en 1301, nous dit la légende, par une escorte composée des plus belles jeunes filles et des plus beaux jeunes gens du village, tous tenant des branches de romarin, et fut finalement accordée par le roi, séduit par une si belle jeunesse.
  
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La fête du romarin.
 
Chaque année, lors de la Fête du Romarin (dimanche de la Sexagésime), les habitants de Dourgne organisent défilé et festin pour commémorer, ce qui fait que la fête a lieu sans discontinuer depuis 800 ans environ. Bel exemple de continuité !
 
Pourquoi ce symbole du romarin ? Il était d’usage pour les jeunes de Dourgne de le voler rituellement dans les jardins la nuit précédant la fête. On se souvient aussi que ce sont des jeunes gens qui sont allées demander à Philippe le Bel la reconstrution de leur village. Le romarin est donc fortement lié à la jeunesse. Il est également lié à la « jeunesse » de la nature, car il pousse au début du printemps (en février). On lui prête également des vertus de fécondité : ainsi, au XVIIe siècle, on disait aux enfants qu’ils naissaient dans des romarins, et non dans des roses ou des choux comme ajourd’hui.
 
Une chanson célèbre.
Pour toutes ces raisons, le romarin symbolise l’amour naissant aux beaux jours, comme l’indique la chanson :
 
J’ai descendu dans mon jardin
Pour y cueillir du romarin
J’en avais pas cueilli trois brins
Qu’un rossignol vint sur la main.
Il me dit trois mots en latin
Que les hommes ne valent rien
Et les garçons encore bien moins.
 
La jeune fille dans cette chanson va cueillir du romarin pour l’offrir à son amoureux, selon une tradition attestée de longue date. Dans beaucoup de privinces du Languedoc, offrir du romarin équivaut en effet à offrir son cœur, ou du moins à révéler ses sentiments. C’est donc pour cette raison que le rossignol arrive à propos, pour mettre en garde la jeune fille inexpérimentée de la roublardise masculine.
                                                                                           
Le romarin et le laurier.
 
Dans le légendaire de Dourgne, le fête du romarin est opposée à celle du laurier, organisée cette fois-ci non plus par la jeunesse mais par les gens mariés. En effet, la légende de la refondation de Dourgne nous dit que les notables de la ville, après avoir obtenu la permission de reconrtuire leur villae du roi de France en 1301, durent aller chercher la charte à Puylaurens où se trouvait le roi. C’est à cette occasion qu’ils cueillirent des brins de laurier qui poussaient en nombre dans le village, au point, nous dit la légende, de lui donner son jom (Puy-laurens, le puy du laurier selon une étymologie fantaisiste). Or, le laurier représente la stabilité et la perdurabilité, traditionnellement associées à la symbolique du mariage, par opposition au romarin qui symboliserait la force mais aussi l’évanescence des premiers émois.
 
Une hypothèse : évolution du sens de la fête ?
 
Ce que suggère B. de Viviès, c’est que la fête du romarin était traditionnellement une fête de la jeunesse, liée au printemps et à l’éveil de la fécondité, et que c’est peu à peu qu’a été privilégiée la commémoration historique de la reconstruction de la ville. D’ailleurs, aujourd’hui, la fête du romarin a presque totalement perdu son aspect de fête de jeunesse pour devenir avant tout une fête costumée, commémoration historique.
 
Quoi qu’il en soit, il faut souligner la vitalité des gens de Dourgne qui savent si bien faire vivre leurs traditions. Allez donc à la fête du romarin vous-même pour en avoir la preuve !
 
Pour approfondir.
B. de Viviès, Saints et géants au pays de Dourgne, troisième partie, chapitre II, « les rituels laïques ».
Le dimanche de la sexagésime : www.abbaye-saint-benoit.ch/voragine/tome01/035.htm
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23 février 2008 6 23 /02 /février /2008 08:48


Il s'agit des grandes fêtes qui rythmaient la vie du Languedoc rural d'autrefois. Ces fêtes étaient intégrées au calendrier catholique, mais étaient l'occasion de rites et de légendes traditionnels qui débordaient les cadres de la religion dominante. C'étaient avant tout des moments de passages et de partage autour desqueles les communautés villageoise faisaient leur unité. 

Le calendrier sera actualisé au fur et à mesure des articles qui paraîtront...

Décembre
Noël : un comte de Noël (Lacaune),
Traditions de Noël en Languedoc.

Février
5, la Sainte-Agathe : une fête liée aux chats...

Pâques et période après Pâques
Sexagésime : fête du romarin à Dourgne

Juin
24 juin : la Saint-Jean et le légendaire des eaux (Dourgne).

Novembre
1 et 2 novembre : la Toussaint et le Jour des morts

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