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Le Pays cathare ou Languedoc (Ariège, Aude, Haute-Garonne, Tarn)...

Venez y découvrir
les lieux méconnus...

...qui vous parlent de l'histoire, du patrimoine, des légendes du sud de la France.

Un monde si proche et si lointain de châteaux, de villages perchés, de pics et de forêts profondes s'ouvre désormais à vous.



"Les êtres et les choses sont créés et mis au monde non pour la production mais pour la beauté"
Joseph Delteil

 

"Ne soyez pas des régionalistes. Mais soyez de votre région."

Joë Bousquet 

 

"Celui qui n'a pas de passion, il ne lui sert à rien d'avoir de la science."

Miguel de Unamuno

8 septembre 2008 1 08 /09 /septembre /2008 21:01

Depuis plus d'un siècle, les archéologues ont découvert dans les Pyrénées centrales (Haute-Garonne et Hautes-Pyrénées) de nombreuses sculptures gravées dans le marbre local, après la conquête romaine. La récente exposition du Musée Saint-Raymond à Toulouse nous propose d'entrer dans cet univers des marbres sculptés du début de notre ère...

Pour la plupart, il s'agit d'autels très simples dédiés à des divinités ; parfois, l'autel est plus élaboré et comporte une représentation de divinité. Parfois encore la divinité est représentée seule (bas-relief ou stèle). Ces vestiges divers nous apprenent beaucoup sur les croyances et les société pyrénéenes d'après la conquête romaine.

Faisons donc un détour dans les croyances de Pyrénées païennes, avant l'avènement du Christianisme... 



 Un autel votif, qu'es aco ?

C'est une offrande faite par un individu, ou un groupe, à une divinité donné, sous la forme d'un petit bloc de marbre sculpté (cf ci-contre, un autel votif provenant du pays basque, similaire à ceux des Pyrénées centrales présentés dans l'expo).
 
Il est composé de trois parties: un couronnement sculpté parfois surmonté d'un "coussin", un corps où figure l'inscription dédicatoire à une divinité et le nom du dédicataire ("champ épigraphique"), et une base (socle). Le tout était sculpté directement dans un bloc de marbre par un artisan spécialisé.

La pratique de dédier ces autels était fort répandue sous l'occupation romaine, si bien que l'on compte, dans l'ancienne région de Lugdunum des Convènes (St Bertrand de Comminges à l'époque romaine) pas moins de 600 autels votifs, et autant d'objets divers (sarcophages, auges cinéraires) sculptés dans le marbre local. 

Le marbre,  industrie locale.

En comparaison, les bassins voisins du Salat et de l'Adour n'ont livré qu'une trentaine de vestiges  d'autels ! Les archéologues pensent que, dans le haut bassin de la Garonne, il y a eu une dynamique économique incroyables, une "culture de la pierre", sans égale dans les Pyrénées.

Il y a aussi des raisons symboliques. le marbre représente l'éternité, la perennité des offrandes aux dieux, comme du souvenir des morts.

La vie des marbriers à l'époque romaine.

D'après des inscriptions de l'époque (seul document historique disponible), on distinguait les officinatores (entrepreneurs) et les marmorarii, les ouvriers spécialisés dans la taille des pierres. Leur dieu était Erriape, sans doute un dieu des carrières.

Ainsi, dans la carrière de Rapp, à St-Béat (31), on a trouvé pas moins de 40 autels consacrés à Erriape !

Les marbriers utilisaient, à l'image des sculpteurs sur pierre d'aujourd'hui, des massettes en fer et des ciseaux de différentes formes, comme en attestent les traces laissées sur les blocs sculptés.


La religion romaine. 

Contrairement à la religion chrétienne, finalement tournée vers l'individu, la religion romaine mettait l'accent sur la vie harmonieuse de la société "ici-bas". C'est pourquoi les offrandes n'étaient pas seulement le fait d'individus, mais aussi de communautés entières. 

On ne disait pas encore "tu" à Dieu... La religion consistait à fournir une bonne offrande au bon dieu, dans les respect des convenances, pour qu'il vous soit propice le moment opportun... 
 
Et pour se rendre un dieu favorable, rien de tel que le sacrifice, bien sûr ! Sa nature et son déroulement étaient extrêmement codifiés. Ainsi, dans le cadre du sacrifice d'un animal, le sexe de la bête, la couleur du pelage étaient prévus par les règlements. L'animal était immolé, en public ou en privé, une partie de sa viande pouvant être consommée dans un banquet rituel


L'autel votif, signe d'une offrande.

 
C'est le signe, le souvenir du sacrifice qui a été accompli. Il porte le nom du dieu, le nom de celui qui a offert le sacrifice, et la formule VSLM, qui signifie littéralement : " (Untel) s'est acquitté de son voeu de bon gré et avec reconnaissance". 

Sur les côtés du vase, on voyait parfois un guttus (vase) et une patère (sorte de plat), en mémoire du rituel qui consistait à verser dans la patère, à l'aide du guttus, une libation (de vin ou de lait) en l'honneur du dieu. 

Parfois même, l'autel était la seule offrande, sans qu'il y ait eu de sacrifice.  

Quelle société ?

Mais ceux qui offraient ces autels, qui étaient-ils ? quelle société derrière ces sacrifices ?

Il y avait d'abord les esclaves, qui faisaient suivre leur nom de la lettre S. (servus).

Les hommes libres se distinguaient en plusieurs catégories: hommes libres, esclaves affranchis (liberti), et membres des grandes familles portant les trois noms, prénom, gentilice (nom de famille) et surnom (ex: Marcus Tullius Cicero).

Ce sont les gentilices les plus intéressants à étudier. E effet, les habitants de la région utilisaient des surnoms qui étaient soit latin (par exemple Fortunatus), soit issus de l'ancienne langue aquitaine de l'époque, qui n'est pas sans rapports avec le basque actuel (Siricon, Anderitia).

Parfois, c'était une communauté entière qui dédait un autel: les Conferani, les Consorani, les pagani ferrarienses ( "habitants du canton des mines de fer").  



Les dieux.

Quels étaient-ils ? Pour résumer rapidement, on peut dire que les urbains adoraient les divinités de l'occupant (romaines), tandis que, dans les coins plus excentrés, ont vénérait encore les divinités pré-romaines. Pour autant, certaines divinités romaines en raport avec la nature (Diane, Sylvain, les montagnes) ont été adoptés dans les campagnes.

Les divinités romaines sont celles bien connues de la mythologie : Jupiter, les Nymphes, Mars....

Les divinités aquitaines ne nous sont connues que par leurs noms : Abellio, Lahe, Edelat, Ilixo, Xuban (une quarantaine de noms sont recensés). Plusieurs noms de ces dieux ont pu être transposés en latin par la suite.

Trois objets majeurs de l'expo.

Autel à Abellio.



Abellio est un dieu connu par plus de dix insciptions: un record pour les dieux locaux ! Ici, un autel avec une représentation en buste, très rare.

Stèle à Sutugius.


Une divinité locale représentée en guerrier, et assimilée au dieu romain Mars.

Bas-relief funéraire d'Attis.



La plus belle pièce de l'exposition à mes yeux... Tout le monde connaît la légende d'Attis ou Adonis, compagnon de Cybèle mort dans la fleur de l'âge, après avoir été émasculé (on peut faire le parallèle avec la légende de Vénus et Adonis). Le mythe représente la mort et la renaissance de la nature.

Bref.
L'archéologie amène au rève par la reconstitution du passé qu'elle nous offre, ainsi que la beauté de ces vestiges où les canons de l'art romain "officiel" sont interprétés par le talent des artistes locaux...

Liens.
Un autre de mes articles sur les dieux pyrénéens.

Infos.
Exposition "Marbres, hommes et dieux", Musée St-Raymond, Toulouse.
Les photos des objets de l'exposition sont extraites du livret.

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Abellion le Polygraphe - dans Lieux antiques
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25 juin 2008 3 25 /06 /juin /2008 11:38

 

L’Angleterre a Shakespeare et son Songe d’une nuit d’été, avec Puck, Obéron et le cortège des fées… L’Allemagne a son Walpurgisnachttraum, avec ses sorcières chevauchant le mont Brocken.

 

Mais qui a chanté les anciens dieux des Pyrénées ? Qui étaient-ils ?

 

L’archéologie et l’ethnologie nous donnent des commencements de réponse. Evoquons ces quelques éléments arrachés au livre de l’oubli, à l’occasion de cette nuit de la Saint-Jean dont les origines sont si mystérieuses. Qu’il nous soit donné, à notre modeste niveau, d’esquisser un « songe d’une nuit de la Saint-Jean » pour évoquer ces divinités disparues.

 

Petite litanie.

 

Erriape, Sex Arbores, Leherren, Jupiter Auctor bonorum tempestatum, Herauscorritzehe, Abellio, Fagus, Horolat, Ageio, Ilixo, Artae, Sutugius, Erge, Aereda, Agheion, Averanus, Baesert, Baïcorrix, Belco, Belisama, Erditse, Exprecenn, Dei Montes, Garus, Ilixon, Ilumber, Iluro, Iscitt, Montes Nimidae, Nymphae, Sylvanus, Tutela, Vaxus, Mit.

 

Et tant d’autres ! Quels dieux se trouvaient derrière ces noms étranges ?

 

Nomen numen.

 

Première constatation : ces noms de dieux, nous ne les connaissons généralement que par l’épigraphie, étude des inscriptions votives laissées sur des autels.

 


Qu’est-ce qu’un autel votif ? Une sorte de petit bloc de pierre sculpté, de moins de 1 mètre de haut, souvent beaucoup plus petit. Sur les côtés, on peut voir souvent la patera (assiette, plat) et le guttus (vase à libations), qui sont la représentation de l’offrande faite aux dieux. L’inscription porte le nom du dieu, celui du dédicataire, et la formule rituelle VSLM (Votum solvit libens merito, a acquitté son vœu en reconnaissance d’un bienfait).

 

La plupart de ces inscriptions datent des premiers siècles de notre ère, époque où l’influence méditerranéenne était déjà importante. La mode de ces autels est clairement romaine, selon les archéologues, mais cela n’a pas empêché que les populations locales les consacrent à des dieux dont les linguistes ont révélé que les noms étaient parfois préromains ou pré-celtes.

 

L’étude des dédicaces.

 

C’est ainsi que nous avons conservés les noms de dieux dont les noms peuvent être rattachés aux langues pré-celtiques, comme le basque. Par contre, d’autres dieux ont vu leurs noms indigènes traduits en latin ; ainsi a-t-on vu apparaître un dieu Fagus ("le hêtre") ou un Dieu Sex Arbores ("les six arbres").

 

Parfois, les dieux antérieurs ont été assimilés à des dieux romains. Ainsi, Leherren honoré dans le sanctuaire d’Ardiège est devenu Leherren Mars, Mars Leherren ou Mars tout court. Cela montre l’acculturation progressive des populations locales au fils des échanges avec l'Urbs et la culture latine. A Luchon, Ilixo, divinité indigène de la source, devait cohabiter avec les Nymphae, les nymphes venues d'Italie.

 

Les dieux topiques.

 

Ce qui est fascinant avec ces divinités, c’est le fait qu’elles étaient adorées dans un tout petit espace ; un sanctuaire, ou une vallée. Ce qui a permis de parler de dieux topiques (attachés à un lieu). Seul le dieu Abellion est attesté à la fois dans la vallée de Larboust, près de Saint-Béat, et dans la vallée de la Garonne. Beaucoup de dieux, comme Exprecenn à Cathervielle, Erge à Montserrier, Herauscorritsehe à Tardets-Sorholus ne sont connus que par une inscription dédicatoire unique. Ce sont des dieux « super-locaux », en quelque sorte !

 

On peut expliquer ainsi cet état de fait selon les archéologues de l’UTAH (Toulouse) :

 

« Il faut interpréter cette dispersion comme une manifestation de l’émiettement des communautés montagnardes primitives, qui avaient chacune leur divinité protectrice. »

 


La signification des noms.

 

Elle est souvent très obscure, même pour les spécialistes. Elle donne parfois lieu à des débats amusants : ainsi Camille Jullian, qui détestait Julien Sacaze, n’a pas hésité à venir à venir dans les Pyrénées pour le contredire sur un point d’épigraphie (à propos d’une certain dieu « Mit », assimilable ou non à Mithra). Le nom du dieu Herauscorritsehe a également donné lieu à des interprétations divergentes et plus pittoresques les unes que les autres : le dieu de la poussière rouge, le dieu de la foudre rouge, etc.

 

Tout cela pour vous dire que l’on est sur un terrain glissant. On peut donner quelques traductions, sous toutes réserves, pour ce qui n’est pas des noms latins, bien sûr. Comme on n’a aucun témoignage écrit sur le culte de ces dieux, le décryptage de leurs noms est souvent affaire d’hypothèses… Voici ce que j’ai glané çà et là.

 

-dieux-arbres : Fagus le hêtre, Sex arbores les six arbres. Il est à noter que les pratiques et rituels magiques liés aux arbres se sont longtemps maintenus dans les Pyrénées. Certaines photographies du XIXe siècle attestent d'un rituel prophylactique consistant à faire passer un enfant entre deux parties du tronc d'un arbre.

 

-dieux de la nature sauvage et des montagnes : Sylvanus, le dieu des forêts. Dii montes, les montagnes sacrées. Il est à noter que selon Marliave, Sylvain a peut-être été à l’origine de Sylvan, personnage de contes aragonais jusqu’à une époque récente, et associée à une grotte.

 

-divinités féminines : Diane, Horolat, Belisama. Vénus semble présente dans l’étymologie de Port-Vendres (Portus Veneris).

 

-dieux animaux : Baesert, le dieu sanglier ( ?). Artahe, dieu ours ou déesse ourse ( ?).

 

 
-dieux célestes : Jupiter auctor bonarum tempestatum ("auteur des bonnes tempêtes"), Herauscoritsehe « dieu de la foudre rouge » ( ?). Abellion, dieu du soleil à rapprocher de Bel ou Belenos ( ?).

 

-dieux liés à l’eau et aux fontaines : Nymphae, Ilixo, Baicorrix ("dieu de la rivière -ou de la source- rouge").

 

-dieux associés à des métiers ou des lieux : Erriape, dont les inscriptions votives ont été trouvées en grand nombre dans une carrière à Saint-Béat. Pour les archéologues, Erriape a pu être un ancien génie de la Montagne, qui devint le dieu tutélaire des marbriers lorsque leur activité se développa.


-dieux de la fécondité (?): Aherbeltse, rapproché d'Aker-Beltz, le bouc noir, figure du diable en Pays basque.  
 

Dieux invisibles.

 

Les représentations de ces dieux ne sont pas pléthore, c’est le moins que l’on puisse dire. On a parfois proposé de reconnaître un dieu dans la figure trouvée dans la fontaine de Lurbe Saint-Christau, mais ce n’est qu’une hypothèse. De même à propos du visage étrange sur la croix de Béliou. Certains auteurs ont pensé qu’il s’agissait d’un autel romain christianisé et retaillé en croix, et, à partir du nom Béliou, on supposé que la figure pouvait être une représentation du dieu Abellion, peut-être divinité solaire. Maintenant, où est la vérité ?

 

 
La persistance des anciens dieux.

 

Pendant des siècles, les autels votifs des anciens dieux furent pieusement conservés par les populations, et intégrés aux nouvelles églises chrétiennes. Au XIXe siècle, lorsque les archéologues voulurent les mettre dans des musées, les habitants et leurs curés protestèrent vivement. Attribuaient-ils encore une importance sacrée à ces pierres, ou y voyaient-ils un héritage ancestral ? Mystère…

 

Avis aux savants visiteurs.

 

Voilà, c’est tout ce que je peux dire sur les dieux pyrénéens à partir de mes lectures diverses. Je ne suis point spécialiste, alors de grâce, de l’indulgence. Je serai heureux qu’un historien ou un archéologue ou un passionné, s’il vient à en passer un par ici, nous donne des renseignements supplémentaires, ou des références bibliographiques.

 

Liens.

 

Archéologie : site de l’UTAH, une approche scientifique de la question. 
Légendes pyrénéennes, avec illustrations : une approche plus ludique.

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Abellion le Polygraphe - dans Lieux antiques
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16 juin 2008 1 16 /06 /juin /2008 09:50

 

Lurbe Saint-Christau (Pyrénées-Atlantiques) est un lieu réputé pour sa source thermale. Il jaillit là une eau riche en cuivre. Elle a la propriété de combattre les maladies de peau. Au Moyen-âge en particulier, les lépreux venaient y soulager leurs membres mutilés. Si bien qu’un hôpital y avait été fondé par les Hospitaliers, sous la protection de Gaston IV le croisé (1114). Celui-ci dura jusqu’au XVIe siècle. Nul ne se doutait, encore au XIXe siècle, que les origines du lieu remontaient bien plus loin dans le temps…

 

La découverte d’une statue.



 

En 1897 eut lieu le nettoyage du bassin de la source des Arceaux. Nul ne se doutait alors que ce serait l’occasion de retrouver la preuve que l’occupation du site et son utilisation remontaient bien en deçà du Moyen âge.

 

En effet, venu du fonds des temps apparut un étrange buste. Il avait été taillé dans un marbre gris et grossier. Seul le visage avait été ouvragé, le reste du corps ayant été laissé à l’état de bloc, on pourrait presque dire d’ébauche. Ni bras, ni jambe, seulement un tronc informe. De ce tronc émergent de puissantes épaules, dont l’artiste anonyme s’est attaché à restituer la rondeur. Dans les épaules est enfoncée une tête étonnante.

 

Un visage venu de la nuit des temps.  

 

La tête elle aussi suggère la robustesse. C’est un personnage masculin et viril, doté d’un puissant menton, et de larges moustaches. Le cou, presque totalement escamoté, renforce l’expression de puissance. Le visage porte une chevelure épaisse, qui semble groupée en tresses ou en mèches, mais peut-être est-ce là pure convention de la part de l’artiste.

 

La bouche, rectangulaire, est ouverte comme pour prononcer des paroles en langue inconnue… Quant aux yeux, suggérés par de simples ronds, et au nez, simplement figuré par une sorte de triangle, avec des arcades sourcilières rapprochées, ils ne sont pas sans rappeler ceux d’un autre visage gallo-romain (peut-être celui du dieu Abellion?) dans la vallée de Lesponne.


(Croix de Béliou)
 


(Statuette de Lurbe).



L’art gaulois.

 

Cette représentation n’est pas naturaliste, comme celles de l’art grec ou romain, mais au contraire stylisée. Les parties du visage se réduisent à de simples figures géométriques : des ronds pour les yeux, un triangle pour le nez un rectangle pour la bouche. Les moustaches, quant à elles, sont représentées par des sortes de crochets, d’une forme également très simple. Toutes ces caractéristiques et des comparaisons ont permis aux spécialistes, il y a longtemps déjà, de rattacher cette figure à l’art gaulois, peut-être à celui des Volsques qui occupaient la région.

 

Il y a en effet dans la vallée de Lurbe certains vestiges d’occupation celtiques, comme par exemple un oppidum connu dans la région sous le nom de « Camp de César ».

 

Signification de cette œuvre.

 

Que représentait cette pierre pour ceux qui la gravèrent ? Etait-ce une effigie divine ? Certains ont supposés que la statue devait être posée sur une gaine, comme les Hermès orientaux, ou bien enterrée. Qu’en était-il vraiment ?

 

On a rapproché cette statue du nom d’un dieu connu, Baïgorrix, connu par des inscriptions votives dans les parages de Luchon, et qui se serait perpétué localement dans le nom de Bager, la montagne qui domine le vallon de Saint-Christau. Mais il y a, là aussi, plus de questions et d’hypothèses que de réponses. Alors si vous en savez plus, n’hésitez pas à poster un commentaire…

 

Source.

 

B. Duhourcau, Guide des Pyrénées mystérieuses.

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