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"Celui qui n'a pas de passion, il ne lui sert à rien d'avoir de la science."

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6 décembre 2010 1 06 /12 /décembre /2010 18:23

    IMGP5296

  Certains lieux reflètent encore l’éclat des fastes de jadis ; tels des galions engloutis avec leurs trésors, ils renferment le luxe des siècles passés. L’abbaye de Saint-Papoul est un de ces sites privilégiés. Edifiée à la gloire d’un mystérieux martyr, embellie par la volonté des abbés puis des évêques successifs, elle s’orne de plusieurs chefs-d’œuvre dus aux maîtres artistes de leur temps.

 

Franchissons donc la porte de l’ancien réfectoire pour remonter le cours des siècles… 

 

Un saint entre histoire et légende

 

Le personnage à qui l’abbaye est consacrée est des plus mystérieux. Depuis des siècles, les hagiographes se penchent sur les sources pour tenter d’éclaircir les étapes de la vie de Papoul, sans arriver à des certitudes ; loin de moi la prétention de trancher un débat aussi complexe ! Selon la version la plus répandue, né à Antioche entre la fin du IIe siècle et le début du IIIe siècle, il aurait suivi saint Sernin (ou Saturnin) – grec comme lui – à Rome, puis à Toulouse. Un temps collaborateur de Saturnin après son accession à l’épiscopat, Papoul aurait évangélisé le Lauragais et serait peut-être devenu évêque à son tour. Il périt martyrisé sur ordre du Sénat de Toulouse. Selon d’autres sources, Papoul était un ermite du Ve ou du VIe siècle. Bref, les différentes versions ne semblent concorder que par le martyre… A partir de ce matériau très réduit, la légende dorée a brodé un récit merveilleux.   

 

saint papoul abbaye (4)

 

Un martyre sanglant

 

Un manuscrit du XVe siècle rapporte la légende du martyre du saint, que la tradition situe au lieu-dit l’Ermitage, dans le vallon des Arnouls, à 3 kilomètres au nord du village. Jean Rivière donne un résumé du texte.

 

Lorsqu’il vit le glaive des appariteurs, Papoul appuya ses mains et ses genoux sur une pierre qui se trouvait au-devant de lui, et à l’instant, les traces de ses mains et de ses genoux s’y imprimèrent d’une manière sensible. Quand sa tête eut été tranchée, il jaillit une source d’eau vive, à l’endroit où, après sa décollation, le saint martyr, portant cette tête dans ses mains, parvint, sous la conduite de Dieu et avec l’aide de ses anges, pour y déposer son fardeau.

 

De cette source légendaire serait né le petit ruisseau – bien réel quant à lui – qui coule encore aujourd’hui, tout près de l’Abbaye. Quant à l’impression des membres du saint dans le rocher, elle rappelle les récits relatifs au plateau de Saint-Ferréol près de Dourgne (81).

 

saint papoul abbaye (14)

 

Une fontaine miraculeuse

 

La fontaine née à l’endroit où Papoul avait posé son chef était dotée par la tradition de propriétés guérisseuses, et on montrait aux incrédules d’autres signes miraculeux attestant de la véracité du martyre, toujours d’après J. Rivière.

 

La croyance des personnes du pays voit dans la fontaine une pierre rouge, qu’on dit devoir sa couleur au sang du martyr. De plus, les anciennes traditions locales soutiennent qu’au même endroit existerait aussi le tronc de bois sur lequel le saint aurait reposé sa tête au moment du supplice. Ce tronc aurait même été vu, il y a un siècle, rouge encore du sang de saint Papoul.

 

En accord avec les données de la légende, une iconographie spectaculaire se donna pour mission de graver dans les esprits les traits du personnage. Le saint céphalophore était représenté en pied, portant sa calotte crânienne sur la paume de la main, et parfois la mitre épiscopale dans l’autre ; on retrouve cette figuration dans les armoiries du chapitre de Saint-Papoul, mais aussi sur une statue de bois et un vitrail conservés dans l’église. Le culte de Papoul était encore important au début du XXe siècle, où l’on composait à la louange du saint patron des cantiques en occitan. Sa fête est célébrée le 3 novembre.

 

saint papoul abbaye (9)  saint papoul abbaye (17)

 

L’abbaye (IXe – XIIIe siècles)

 

La première abbaye bénédictine fut fondée en ce lieu vers l’an 800, et citée dans un capitulaire de Charlemagne en 817 en même temps que les établissements de Lagrasse et de Sorèze. Sa popularité fut assurée au XIe siècle par la réputation de sainteté d’un de ses abbés, Béranger (mort en 1093), si grande qu’on attesta que des miracles s’étaient produits sur sa tombe. La nouvelle se répandant dans le pays, les foules affluèrent bientôt. En 1119, Saint-Papoul est une dépendance de l’abbaye d’Alet.

 

Le maître de Cabestany

 

L’abbaye présente divers vestiges de l’époque romane (XIe - XIIe siècles) : l’ancien portail de l’église et l’abside sont les plus remarquables. Le portail, aujourd’hui muré, donne sur la rivière et est surmonté d’un chrisme. Les pèlerins de jadis devaient sans doute le franchir pour entrer dans l’église.

 

saint papoul abbaye (6)

 

L’abside (ci-dessus) est ornée de chapiteaux sculptés redécouverts en 1993 et dus au ciseau du maître de Cabestany (XIIe s.), un chef d’atelier catalan connu pour ses personnages aisément reconnaissables à leur visage triangulaire, à leurs yeux effilés en amande avec deux coups de trépan aux coins.

 

saint papoul abbaye (3)

 

Sur l’un des deux chapiteaux, on voit Daniel dans la fosse aux lions où le firent jeter les Babyloniens. Cette oeuvre est d’une grande finesse. Daniel assis en majesté occupe le centre de la composition, entouré de tous côtés par des gueules de lion menaçantes, garnies de crocs acérés mais réduites à l’impuissance ; il fait face au prophète Habacuc, qu’un ange (ou Daniel lui-même ?) tient par les cheveux.  L’image est d’une grande force ; le contraste entre la sérénité du visage de Daniel et l’expression de hargne sauvage des fauves suggère admirablement l’assurance du juste face au péril.

 

Entre autres chefs-d’œuvre, on doit au maître de Cabestany le remarquable sarcophage de l’abbaye de Saint-Hilaire.

 

Un hérétique à l’abbaye

 

Cette abbaye catholique accueillit, vers 1233, la dépouille de Jourdain de Roquefort, grand seigneur de la Montagne Noire et croyant cathare issu d’une famille gagnée à l’hérésie. Un tel événement laisse supposer, selon Jean Odol, une connivence entre catholiques occitans et cathares qui n’a rien d’inexplicable. En effet, les moines étaient probablement eux-mêmes issus des rangs de la noblesse occitane où la prédication des bonshommes trouvait un écho important ; ils faisaient preuve là d’une tolérance qui contrastait avec les exactions des Croisés.

 

saint papoul abbaye (12)

 

Les fastes d’un évêché (XIVe - XVIIIe siècles)

 

Un événement majeur changea le destin de ce lieu. L’abbaye de Saint-Papoul fut érigée en évêché par le pape d’Avignon Jean XXII en 1317. Diverses raisons ont été invoquées par les historiens pour expliquer cette décision pontificale: s’agissait-il de rendre honneur à un saint vénéré et évangélisateur du pays, de limiter la puissance de l’archevêque de Toulouse ou bien de réprimer plus efficacement les restes de l’hérésie cathare en Lauragais, après la chute de Montségur ? Chacune de ces hypothèses a peut-être sa part de vérité. La période épiscopale s’étendit du XIVe siècle à la Révolution ; loin de viser à l’exhaustivité, nous  évoquerons de manière épisodique œuvres et moments marquants.

 

Le cloître

 

saint papoul abbaye (10)

 

Il est d’époque gothique et fut remanié au XVIIIe siècle, pour ce qui concerne les charpentes. Maintes fois dévasté, saccagé, il fut aussi restauré à plusieurs reprises. Parmi les chapiteaux subsistants caractéristiques de l’art du XIVe siècle, certains associent un décor végétal des personnages capuchonnés, tête nue ou couronnés qui en jaillissent ; d’autres représentent de petites scénettes : festin d’Hérode avec Salomé portant la tête du Baptiste, adoration des mages guidés par l’étoile de Bethléem… ça et là, un bestiaire imaginaire de griffons, et même des chimères, comme cette étonnante femme à corps de félin ; le monstrueux et le fantastique font ici le lien entre le roman et le gothique, sous le signe d’un Moyen-âge fantastique.

 

saint papoul abbaye (7)

 

Heurs et malheurs

 

La richesse de l’évêché attira sans doute les routiers, qui le pillèrent en 1361. En 1427, Pierre de Soybert entame un épiscopat de bâtisseur : l’église reçoit une nef unique en berceau brisé, le cloître et l’ensemble des bâtiments sont restaurés. Au XVIe siècle, sous l’influence de Catherine de Médicis, reine de France et comtesse du Lauragais, se succèdent des évêques italiens, dont Bernard de Salviati, qui fut évêque de Saint-Papoul de 1549 à 1561. Le musée conserve encore la splendide chasuble de velours brodé offerte à l’épiscope par Catherine, où dansent arabesques et feuillages fantastiques (ci-dessous). En 1595, l’église et le cloître sont dévastés par des troupes protestantes venues de Castres.

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Un tombeau raffiné du XVIIe siècle

 

 saint papoul abbaye

Il est une merveille de Saint-Papoul dont on parle trop peu. Dans la chapelle de la Vierge (près du chœur de l’église), le tombeau de François de Donnadieu (élevé de 1629 à 1630) est un chef d’œuvre sculpté par le ciseau de Pierre Affre, maître d’atelier toulousain auquel on doit également le retable de Garaison. Le sépulcre de marbre est remarquable à plusieurs titres. D’abord, le spectateur est frappé par la vigueur du ciseau qui a modelé des gueules de lions et d’opulentes guirlandes de fruits, ou encore des pots à feu dont s’échappent les flammes en volutes. Ensuite, le regard est arrêté par le portrait de l’évêque lui-même. Il est représenté en orant, comme en réaction aux tombeaux en gisant des époques précédentes.

 

Une attention particulière a été donnée par le sculpteur à l’expression de la vie intérieure du personnage ; ainsi que l’a remarqué Catherine Bourdieu, le visage du prélat laisse transparaître à la fois « la détermination farouche d’un homme puissant »  et « la sérénité et la plénitude qui conviennent à un évêque ».

 

saint papoul abbaye (1)  saint papoul abbaye (5)

 

Ce monument a souffert du passage des siècles et du vandalisme volontaire ou bien intentionné. Détail amusant autant que désolant, le grave dignitaire a, comme le sphinx d’Egypte, été amputé du bout de son nez. Bien pire, au XIXe siècle, un curé zélé sortit la statue du sépulcre pour le transporter au centre du cloître, où il avait aménagé un calvaire ! Tous les mauvais goûts sont dans la nature…

 

Le palais épiscopal

 

Le palais épiscopal témoigne, par ses dimensions imposantes, de la puissance passée des évêques de Saint-Papoul. Il porte la marque de plusieurs restaurations. Dans son état actuel, il est organisé autour d’une cour intérieure dont deux côtés disposent d’une galerie voûtée.

 

saint-papoul-abbaye--2-.JPG

 

Si le premier état du palais remonte au Moyen-âge, l’aménagement intérieur est dû aux travaux menés par François de Barthélémy de Gramont de Lanta entre 1677 et 1716. De cette époque date la monumentale porte de la cour intérieure, ornée d’un blason et située en faut d’une volée de marches de pierre ; au-dessus d’elle, un cartouche décoré de cariatides et de rinceaux siècle portait des armoiries martelées à la Révolution, qui étaient sans doutes celles de François de Gramont.  

 

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Enfin, il faut évoquer, avant de quitter à regret ce beau palais, la façade qui donne sur le parc, majestueuse dans son classicisme épuré.  Ses grandes fenêtres et son corps central flanqué de deux ailes évoquent le raffinement du XVIIIe siècle, où elle fut construite grâce aux libéralités de Mgr. Jean-Baptiste de Maille (dernier quart du siècle).

 

En bref…

 

La Révolution met fin aux beaux jours de Saint-Papoul. L’évêché est supprimé, le cloître sert de carrière de pierre. Le palais épiscopal est acheté par la famille d’Hautpoul, qui fait réaliser la grille actuelle du grand portail.

 

saint papoul abbaye (18)

 

L'abbaye demeure aujourd’hui un lieu où il fait bon flâner ou rêver. Le mélange d’abandon et de luxe qui règne ici permet de méditer sur les bouleversements de la société au fil des âges, de songer notamment à la puissance qui fut jadis celle de l’Eglise. On peut  aussi s’émerveiller devant les aléas de l’histoire, qui firent ériger une abbaye et un palais épiscopal aussi importants dans une paisible bourgade du versant sud de la Montagne Noire.

 

saint papoul abbaye (13)

 

L’association des amis de Saint-Papoul, très active, a entrepris de longue date la rénovation du lieu ; récemment, le grand baldaquin du cœur a été entièrement restauré, ainsi que les stalles. Qu’elle soit remerciée pour son labeur de longue haleine, qui permet aux visiteurs éblouis de rencontrer ce témoin des siècles passés.

 

Sources

Bulletin de l’association des amis de Saint-Papoul.

L’âge d’or de la sculpture. Artistes toulousains du XVIIe siècle, Somogy.

Jean Odol – Guy Jungblut, L’abbaye de Saint-Papoul, Stéphan Arcos.

Jean-Marie Pérouse de Montclos (dir.) Guide du patrimoine, Languedoc-Roussillon. Hachette.

Jean Rivière (Mgr), La sainteté en pays d’Aude, Brille et Gautier.

 

Pour s’y rendre

L’abbaye et ancienne cathédrale de Saint-Papoul se dresse sur le versant audois de la Montagne Noire, à quelques kilomètres de Castelnaudary.

 

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30 octobre 2009 5 30 /10 /octobre /2009 10:00


Verdun,
Mérens... Ces chapelles romanes ariégeoises ont toutes un air de famille. L'harmonieuse simplicité de leur construction l'explique sans doute, mais aussi le payage de montagnes sur lequel elles se détachent.

Elles ont été construites voici des siècles dans des pays escarpés, difficiles, exigeants. La chapelle de Verdun garde d'ailleurs le souvenir de la furie des éléments... Elle fut mamenée par l'histoire, mais plusieurs fois reconstruite par de patientes mains.

Quelques mots d'histoire : l'Antiquité ?

Le toponyme Verdun (autrefois "Verdu" ou "Berdu") est d'origine gauloise. On pense généralement qu'il désigne une hauteur fortifié (dunum : colline). A Sorèze (Tarn), le lieu-dit Verdun, sur la montagne de Berniquaut, avait vu se développer un oppidum gaulois. Pour le Verdun de l'Ariège qui nous intéresse, cela laisse supposer une occupation ancienne des lieux, mais je n'ai pas trouvé mention de découvertes archéologiques sur place.


(Cliquez sur les images pour les agrandir)

Le Moyen-âge


Au Moyen-âge, il y avait sans doute une bourgade et une église. Au Xe siècle, Roger de Carcassonne et sa femme Adalaïs donnent la "villa" de Verdun à l'abbaye St-Volusien de Foix. L'église de Verdun est mentionnée en 1224, sa dîme dépend de Saint-Volusien de Foix.

L'église, parties romanes


On date généralement l'église de Verdun du XIIe siècle. Le plan d'ensemble de l'église est roman. C'est un bel édifice à trois nefs. La partie incontestablement romane est formée par les trois absides acollées au chevet de l'édifice. La grande abside centrale est entourée de deux absidioles plus petites. De petites fenêtres à ébrasement extérieur donnent un peu de lumière à l'intérieur...

Bandes lombardes

Le premier art roman d'Ariège est lsous l'influence de maçons italiens, les Lombards (Maestri Comacini), qui avaient importé leur technique en Catalogne. De là, le nouveau style a essaimé sur le territoire du Comté de Foix. Il avait l'avantage d'être facile à réaliser, pour des communautés humaines diposant de peu de moyens. Je trouve que cet art est modeste et grandiose, certainement émouvant...

On trouve sur les absides comme sur les absidioles de magnifiques bandes lombardes, témoins de ce premier art roman (photo ci-contre) . La bande lombarde se compose d'une série d'arcatures en demi-cercle, appuyées sur de légers pilastres (lésènes). La photo montre également que la toiture des absidioles a été relevée, à une époque indéterminée.

Inondations

Hélas, si le site de Verdun est enchanteur, c'est aussi un terrible piège. Le village est dans une cuvette naturelle, vallée étroite entourée de montagnes, ce qui accroît considérablement le risque d'inondations. Actuellement, une politique a été mise en place, qui prévoit l'usage de la végétation pour faire bouclier à une cure éventuelle. Il n'en était pas ainsi autrefois...

Un premier déluge eut lieu en 1613, qui endommagea sévèrement l'église ; il fallut alors attendre 1701 pour que l'édifice soit reconstruit. Une seconde innodation, en 1875, dévasta le village, emportant avec elle 500 têtes de bétail... La catastrophe fut telle que le maréchal et président Mac-Mahon en personne vint en visite pour consoler les habitants.

Le clocher

En apparence, de type clocher-mur.  Ce qui est étonnnant, car l'époque romane affectionnait les clochers carrés.

En fait, le clocher était à l'origine une tour de base carrée, comme en témoigne le départ de piliers et d'arcatures (photo). Voici ce que dit à ce sujet la base de donnée des monuments historiques:

A l'ouest s'élevait un clocher carré dont une moitié a été enlevée par les inondations successives d'un torrent. Il en reste une face complète avec quatre arcades dont les baies sont ornées de colonnettes engagées avec chapiteaux sculptés.

Le clocher actuel ne serait donc, à en croire l'auteur de cette notice, qu'une des faces du clocher originel.

En bref...

Une église romane sur fond de montagnes... Rien ne me plaît davantage ! Je voulais simplement partager ce coup de coeur avec vous.

Liens
Autre église du premier art roman en Ariège, celle de Mérens-le-vieux

Sources papier

Pyrénées romanes, Zodiaque.
Agnès Jacquet, Connaître l'art roman en Ariège.

Sources électroniques
Page de Verdun sur le site Histariège (la référence !)
Base mémoire des Monuments historiques 
Article de Wikipédia
Article de la Dépêche

Iconographie
Photos anciennes

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12 septembre 2009 6 12 /09 /septembre /2009 00:00

De très loin, on aperçoit cet énorme édifice qui domine la ville. Ses dimensions sont telles que tout dans la cité paraît petit relativement  à elle... A distance, le monument semble massif et monolithique, tandis que de près se révèlent mille dentelles de pierres.

Colossale...

La cathédrale résume plus de 700 ans d'histoire à elle seule, portant la trace de l'ère gothique, de la Renaissance et même des artisans du XXIe siècle qui restaurent les vieilles pierres et continuent ce chantier jamais achevé...

Visiter un tel monument, c'est donc un véritable voyage, dans l'espace comme dans le temps. Je vous y invite... Le périple ne sera pas sans péripéties mouvementées, chutes de pierres ou  incendies... Ce sera aussi l'occasion d'évoquer tous les souvenirs et toutes les légendes qui témoignent de l'importance du lieu dans la mémoire des Ruthénois. On croisera ainsi un chanoine turbulent, des anges bâtisseurs, et un évêque qui voulut faire de cette cathédrale la huitième merveille du monde !

A vous de juger, après la visite, si c'était de l'orgueil ou la vérité pure et simple !

Les "planètes" (toits) de la cathédrale

Une catastrophe aux conséquences positives

Notre histoire débute dans la belle ville de Rodez, dans la nuit du 16 au 17 février 1276. Les habitants furent réveillés par un bruit tonitruant. Le clocher de la cathédrale romane s'effondrait, détruisant le chevet du bâtiment... De manière providentielle, le bel autel de marbre blanc avait été mis en lieu sûr le mois précédent. Certains, dit-on, n'hésitèrent pas à y voir un signe du ciel...

L'autel de Deusdedit (Xe siècle), peint au XVIIe siècle

Cet autel est l'un des derniers vestiges de la cathédrale romane, aujourd'hui entièrement disparue. Il est toujours conservé dans la cathédrale actuelle, qui est, quant à elle, du pur gothique. C'est un marbre magnifiquement travaillé. Une zone centrale lisse est entourée d'un rebord décoré, fait d'arceaux et de bandeaux. On le doit à un certain évêque Deusdedit (épiscope de 961 à 1004). Son style l'apparente à d'autres autels du IXe et du Xe siècle conservés dans l'Hérault, et laisse supposer une influence byzantine. En 1662, il a été peint d'une Vierge à l'enfant sur l'ordre des chapelains de la cathédrale. Elle est nimbée de rayons en forme de flammes, et accompagné de deux anges porteurs de lys.

Mais revenons en 1276. Une église détruite, c'est l'opportunité d'une reconstruction. Hélas, pendant près de deux cents ans, on dut se contenter des ruines de l'ancienne cathédrale effondrée, et du chantier de la nouvelle...

L'Aveyron, vu du haut du clocher...

Plusieurs siècles pour reconstruire une cathédrale

Le visiteur est écrasé par la grandeur majestueuse de l'édifice. C'est qu'il a fallu plusieurs siècles pour venir à bout d'une contruction aussi titanesque... Les bâtisseurs commencent par le chevet de la cathédrale : c'est ainsi qu'entre 1277 et 1300 sont construites l'abside et les chapelles rayonnantes. Ces premiers travaux sont dus aux libéralités de l'évêque Raymond de Calmont. Celui-ci peut voir les deux premières travées du coeur achevées en 1298, date de sa mort.

L'architecture conçue par Jean Deschamps est grandiose et ingénieuse. Les murs sont soutenus par un système d'arcs-boutants et de contreforts, particulièrement visibles au niveau des "planètes"' (les toits de la cathédrale, ci-contre).

Malheureusement, après 1300, le chantier se ralentit considérablement, sous l'effet de la diminution des revenus de l'évêché. Toutefois, à partir du milieu du XVe siècle, les travaux reprennent à cadence accélérée. Sous l'épiscopat de Guillaume de la Tour d'Oliergues (1430-1457) est élevé le portail sud aux 108 statues, et la troisième travée du choeur. En 1468, son successeur, Bertrand de Chalençon, termine le choeur et le transept, construit le jubé. Quelques années plus tard est achevé le magnifique portail du transept nord (voyez la photo ci-dessous), dont le tympan représente le couronnement de la Vierge et les rois mages. A la même époque fut également réalisée une autre merveille : un retable d'argent, une oeuvre d'une richesse et d'un rafinnement inouïs, hélas disparue.

Le transept nord (3e quart XVe siècle)

Maçons et évêques bâtisseurs : le souffle de la Renaissance

Arrive le grand courant de la Renaissance, qui n'est pas tant la sortie d'un âge de ténèbres qu'un retour à l'antique. Plusieurs hommes hors du commun vont apposer une marque indélibile à cet édifice : les évêques François d'Estaing et Georges d'Armagnac, et les Salvanh, une dynastie de bâtisseurs.

Deuxième catastrophe aux conséquences encore plus positives

Une nuit de 1510, le désarroi est immense dans Rodez. Un ouvrier qui travaillait dans la tour de l'horloge a oublié d'éteindre les braises avant de partir se reposer. La tour brûle. L'évêque François d'Estaing réveille ses bons paroissiens pour les faire prier, afin que le ciel empêche le sinistre de s'étendre. Il faut croire qu'il fut entendu, car le feu ne causa de dommage ni au reste de la cathédrale, ni aux maisons proches.

Des anges bâtisseurs

Loin de se lamenter, François d'Estaing voit dans ce sinistre une occasion providentielle de donner à sa cathédrale le clocher qu'elle mérite, "digne de la magnificence de l'église" ainsi qu'il aimait à dire. La vieille tour de l'horloge doit céder sa place à une merveille du gothique flamboyant... Pour mener à bien son projet, François fait appel à Antoine Salvanh, un jeune architecte talentueux. Le chantier dure de 1513 à 1526.

Le grand clocher construit par François d'Estaing

Le clocher est à la fois massif et élégant. Le bas de la tour est de plan carré, et au fur et à mesure que l'on monte dans les étages, la forme en devient plus élaborée, avec l'apparition de tourelles d'angle ; enfin, le sommet est bâti selon un plan octogonal, d'un grand raffinement. Les étages supérieurs sont ornés d'une véritable menuiserie de pierre. On y trouve des niches abritant des statues de saints, des balustrades, des arcs trilobés ou quadrilobés, des pinacles... Un véritable répertoire de l'art gothique !

Inscription commémorant la contruction du clocher, entourée de deux angelots
et des armes de François d'Estaing (fleurs de lys)

L'ascension du clocher est agrémentée de belles surprises. Les tailleurs de pierre semblent s'être amusés à soigner toutes sortes de détails. Tantôt c'est un oiseau fantastique qui se cache derrière un arc, tantôt c'est un élégant escalier de pierre en colimaçon qui vous emporte toujours plus haut....


Au bout d'une centaine de marches environ, on arrive à la terrasse du dernier étage, où la Vierge domine la ville, entourée de ses anges thuriféraires (porteurs d'encensoirs). Etonnamment, les traits des anges sont assez grossiers. Bien sûr, il fallait qu'on puisse les distinguer d'en bas, et c'est sans doute pour cela qu'on leur a fait d'énormes têtes, des yeux exorbités et de grosses mains aux doigts tentaculaires ! A propos d'anges, on rapporte que la nuit, à l'époque de François d'Estaing, ils venaient travailler à la construction de la cathédrale... Belle légende !


Un des quatre anges thuriféraires qui entournent la Vierge, au sommet du clocher

Priez pour le pauvre Gaillard Roux

Une des chapelles de la cathédrale date également de la Renaissance. On peut y admirer une mise au tombeau aux figures très expressives. On y remarque le chiffre GR : Gaillard Roux, nom du commanditaire des travaux. Une inscription en caractères gothiques nous en apprend davantage sur le personnage: chanoine attaché à la cathédrale, il fit élever ce monument grandiose pour obtenir le pardon de ses nombreux péchés, parmi lesquels le jeu, le blasphème et la débauche. Contemporain de François d'Estaing, Gaillard a même été emprisonné pour mauvaise conduite sur l'ordre de l'évêque. Datée de 1523, la chapelle mêle les figures de la mise au tombeau, d'inspiration résolument gothique, aux feuilles d'acanthes et oves de la Renaissance...


Mise au tombeau de la chapelle du Saint-Sépuclre

Plus belle que les pyramides d'Egypte...

Le clocher de François d'Estaing est une pièce d'architecture telle qu'il ne restait aux futurs évêques qu'à vivre dans son ombre... Toutefois, Georges d'Armagnac est bien décidé à rivaliser de projets grandioses avec son prédécesseur. Avec Georges, c'est l'esprit de l'humanisme qui souffle sur Rodez. Le prélat s'entoure de savants, parmi lesquels Guillaume Philandrier. Philandrier avait édité et commenté l'ouvrage de Vitruve, le classique de l'architecture antique. Pour cette raison, on pense généralement que le savant personnage fut une sorte de conseiller architectural du prélat.

Vus du clocher, les travaux de l'épiscopat de Geroges d'Armagnac:
à gauche, la tour sud inachevée ; à droite, l'arrière du fronton


Sous l'impulsion de Georges d'Armagnac et de son docte conseiller, l'architecte Jean Salvanh -le fils d'Antoine, le bâtisseur du clocher- conçut un projet grandiose. Il s'agissait de couronner la tour sud d'une construction à plusieurs étages, montrant les trois ordres antiques de colonnes (dorique, ionique, corinthien). Le projet était si ambitieux que l'on fit graver sur la tour une inscription latine, sans doute composée par Philandrier. Elle ordonne avec orgueil aux "masses insensées des pyramides d'Egypte" de disparaître devant les "vraies merveilles du monde"... Toutefois, Georges d'Armagnac quitta Rodez en 1562, avant l'achèvement ces coûteux travaux que son successeur jugera bon d'interrompre...   

L'autre réalisation de l'épiscopat d'Armagnac est l'étrange construction acollée au bout de la charpente de la cathédrale (ci-contre). C'est une fausse façade d'Eglise, totalement aveugle. Elle est surplombée d'un fronton flanqué de deux consoles en colimaçon et agrémenté de plusieurs statues de saints. Elle évoque une prémonition des églises jésuites bâties à partir du XVIe siècle sur le modèle du Gesu (Rome).

Bref...

Tant de découvertes, et encore, je n'ai pas tout dit... Il faut visiter la cathédrale l'été, pour faire l'ascension du clocher en visite guidée et le soir, visiter l'extérieur de la cathédrale avec un audioguide très bien fait (se renseigner auprès de l'Office de Tourisme).

Ce qui est magnifique dans un tel édifice, c'est que des hommes vivant à des époques différentes, ayant des goûts esthétiques parfois opposés concourent tous à la même oeuvre. Cela donne à penser sur la continuité d'une civilisation...


Sources
Claire Delmas, La cathédrale de Rodez, éditions du Bastion. Ouvrage court, mais dense et très complet.
Collectif, Rodez, 2000 ans d'histoire, éditions du Rouergue. Un régal !
La Revue du Rouergue

Crédits photographiques
Les photos en noir et blanc sont extraites de la base mémoire des Monuments historiques. Les photos de l'autel de marbre et de la petite façade Renaissance sont extraits de l'ouvrage Rodez, deux mille ans d'histoire.
 

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19 mars 2009 4 19 /03 /mars /2009 11:20


Vraiment étrange cette carte postale... Peu lisible même, mais si mystérieuse, dans son absence totale de profondeur. On y aperçoit des figures, des tentures, des personnages longs et émaciés, assis ou debout. Quittons un instant la grisaille du quotidien pour, dans les grisés de cette carte postale, capter un rayon de soleil de la Catalogne romane.

Saint Martin de Fenollar

Plaisamment francisé en "Fenouillard" sur la carte postale, le nom de ce site a une belle sonorité catalane...
Il désigne une charmante petite église des Pyrénées Orientales, non loin du village de Maureillas las Illas. Bien sûr, le site n'a pas le grandiose d'un Saint Martin du Canigou ou encore du Prieuré de Serrabonne. Toutefois, cette église miniature recèle des peintures admirablement conservées.

 

Histoire de la chapelle

 

En 844, le roi Charles le Chauve -fils de Charlemagne- déclare, parmi les possessions de l'abbaye d'Arles-sur-Tech, l'église de Sant Marti de Fenollar, cella (petit monastère). L'architecture de l'Eglise semble clairement pré-romane. Elle est en effet divisée en deux parties bien nettes, la nef et l'abside carrée ; la première est destinée aux fidèles, et la seconde à l'officiant. On ne peut que noter la similitude  avec le plan d'autres églises de la Catalogne ou du Languedoc, comme celle de Saint-Martin des Puits.

 

A l'époque romane, la nef est voûtée et les admirables peintures sont réalisées (XIIe siècle)...

 
L'église est par la suite abandonnée pendant longtemps. Elle servit, jusque dans les années 1950, de dépendance agricole, mais elle était sans doute déjà visitée des curieux, comme en témoigne cette carte postale envoyée en 1909. Néanmoins, ce n'est qu'en 1968 qu'une campagne de restauration déblaie la terre qui encombrait l'édifice. Le niveau du sol était un mètre plus bas !

 

La fresque de notre carte

 

Elle représnete en fait deux épisodes de la vie de la Vierge. A gauche, l'annonciation avec sa Vierge debout, à droite, la nativité, avec la Vierge en couches, étendue sur son lit.

 

L'annonciation (photo de gauche)

 

L'annonciation est difficilement reconnaissable ici du fait de l'absence de l'ange Gabriel, éliminé par le cadrage... Il figure pourtant à gauche de Marie. Celle-ci est penchée vers le messager céleste. La représentation du visage est étonnante: les yeux, comme ceux de l'ange, sont peints en blanc, ovales et étrangement fixes. Le visage est émaciée, l'arête des pomettes est souligné par des traits de peinture ocre, ce qui lui donne un air étrangement ascétique.

 

La nativité

Là aussi, le cadrage a supprimé un personnage : le saint-Joseph assis au chevet du lit. La vierge est en effet couchée sous une sorte de tente ou de dais fait d'un tissu à carreaux.

Elle est surmontée d'un feston coloré. La tête de Marie repose simplement sur sa main, dans l'attitude habituelle des personnages couchés caractéristique  des représentations médiévales.

Il peut être éclairant de comparer avec un relevé de la scène complète, réalisé par les Monuments historiques (ci-dessous).


Autres fresques

Les rois mages

Le reste des représentations de la chapelle concerne l'annonce aux bergers, mais aussi une représentation des vingt-quatre vieillards qui, dans l'Apocalypse, chantent les louanges divines... Un historien local a identifié le verset suivant sur la peinture :

"et comme il ouvrait le livre, les quatre animaux et les vingt-quatre viellards rendirent 'hommage à l'Agneau..."

Le plus beau dans cette chapelle, c'est peut-être la représentation des trois Rois mages, accompagnés de l'inscription suivante -en latin- qui permet de les reconnaître (elle est empruntée à l'évangile de Matthieu) :

"vidimus stellam ejus in oriente et venimus cum muneribus adorare dominum"
(Nous avons vu son étoile à l'orient et sommes venus avec des présents pour adorer le Seigneur).

J'aime beaucoup leur étrange costume, avec leurs couronnes, leurs capes pourpres, leur habits ornés de motifs géométriques, alternativement verts et blancs...

Peinture et illusionnisme ?

Bien  sûr, nous ne dirions pas que cette peinture est illusionniste, nos qui sommes habitués à la perspective "centrale" élaborée à la renaissance en Italie. Pourtant, telle a été l'intention du peintre... La partie inférieure des fresques est ornée d'une sorte de motif de tissu, comme à Saint-Martin des Puits: il imite des draperies fixées au bas des murs, par des clous.

Bref...

Un bijou de l'art roman catalan, qui, dit-on, frappa par la beauté de ses couleurs Braque et Picasso...
Ouvert toute l'année.

Sources

"Eglise de St Martin de Fenollar", collection "L'histoire de nos monuments", fiche numéro 5.

Autres merveilles de l'art roman en Languedoc et Catalogne
Saint-Martin des Puits, prieuré méconnu aus belles fresques
Le Prieuré de Serrabona, et l'énigme des regards de pierre

Si vous voulez voir, les peinture de Saint-Martin en couleurs, c'est ici...

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10 février 2009 2 10 /02 /février /2009 21:23



Sur les pics de la Montagne noire, battus par les vents, on aperçoit parfois de modestes vestiges. Des fondations, de simples murs de moëllons, des vestiges de maisons et de tours témoignent qu'il y eut en ces lieux escarpés, en des temps obscurs et incertains, des villages. La montagne était l'ultime refuge, face à la menace des bandes armées ou des envahisseurs... 

Contrast, roche désolée


Au-dessus du village de Massaguel, un caillou désolé et solitaire. Surplombant d'une centaine de mètres la vallée encaissée où coule le Sant, ce sont les ruines du village de Contrast, peuplé d'une époque indéterminée jusqu'au XIII ou au XIVe siècle, et aujourd'hui bien oublié, si ce n'est de quelques promeneurs.


Un poste de guêt...

C'était sans doute là un poste de surveillance stratégique, qui donnait à la fois sur la plaine (du côté du village de Verdalle) et sur la profonde vallée. On peut encore s'en persuader en regardant l'à-pic vertigineux que l'on a du point culminant du site (photo à gauche)...

La structure du site

Elle semble assez claire. Je la décris en m'inspirant d'un petit article de Sylvie Campech.

Du côté ouest, un premier groupe de bâtiments occupe le sommet. Il est protégé par des falaises abruptes du côté ouest et, à l'est, par un fossé qui l'isole du reste du plateau.    



Sur les pentes sud et est, le reste des constructions, en partie englobées dans la forêt.

Autres beautés du site

On y voit des vestiges de murailles, avec des meurtières de forme très simple, sur lesquelles courent le lierre. Elles rappellent bien la fonction défensive de ce site, en des temps troublés...


Bref...

Voilà, ce n'est pas grand chose, mais je n'ai pas trouvé d'étude sur Contrast. C'est un de ces villages fortifiés médiévaux de la Montagne noire, comme Berniquaut ou le Castelar de Durfort. Ces sites à la fois humble et grandioses, en des lieux naturels splendides, je les affectionne particulièrement.

Même s'il n'ont pas la réputation et les vestiges spectaculaires d'un Montségur ou d'un Roquefixade, ils témoignent, à leur manière, de la vie difficile de nos ancêtres occitans, mais aussi de leur courage et de leur volonté de vivre.

Autres nids d'aigles de la Montagne noire

Berniquaut, au-dessus de Sorèze.
Le château de Roquefort (en fait, un castrum).
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9 février 2009 1 09 /02 /février /2009 18:41

Le Mas-Cabardès est un de ces magnifique villages de la Montagne noire audoise, dont les rues les plus petites s'apparentent à de charmants escaliers de pierre ! Ces goulots étroits protègent du vent glacial de la vallée...

Quelle n'est pas la joie du visiteur de voir, au hasard de l'une de ces rues, un véritable joyau de sculpture s'élever modestement... Dans la lumière bleue des couchants d'hiver, ses personnages, que l'on dirait issus de quelque calvaire breton, ont été taillés jadis d'un ciseau de maître.

Harmonie en bleu.

Sur une des faces, le crucifié, entre Marie et Saint Jean. Des anges recueillent le sang qui s'écoulent du creux des mains, transpercées par leurs clous. Au-dessus de son visage, un ange tient un phylactère "INRI".


La Vierge, corsetée dans sa robe et la tête couverte d'un voile, laisse une impression de profond abattement, la tête penchée mélancoliquement sur son épaule gauche. Quant au Jean, juvénile, il croise les bras, dans une attitude pleine de réserve. On sent que l'artiste a voulu exprimer une certaine émotion...

Les Tisserands

Au pied de la croix, un étrange objet oblong dans une forme d'écu (voir photo). On y a vu une navette de métier à tisser. En effet, selon la tradition, cette croix a été commandée par un corps de métier, les Tisserands. Ce qui est sûr, c'est qu'elle date du XVIe siècle, de 1545 plus précisément. L'attribution de la croix aux Tisserands n'a rien d'improbable dans la mesure où, dès la fin du Moyen-âge, la Montagne noire est connue pour sa production de lainages et de tissus, à partir de la laine des ovins élevés dans ses vertes praires... Dès 1400, les marchands italiens achetaient en effet les étoffes venues du Cabardès, la région du Mas.

Nul doute que cette communauté avait les moyens financiers de faire travailler un artiste ou plusieurs, pour tailler cette belle pièce...


L'autre face de la croix

De l'autre côté de la croix, La Vierge, couronnée par deux anges. Elle a encore le déhanché des Vierges gothiques. Elle porte un Christ décapité, qui tient un oiseau, le bouvreuil ou le chardonneret, symbole de son sacrifice à venir. Ainsi est assuré, pourrait-on dire, le lien entre les deux faces de la croix, la naissance et la mort...


La Vierge est entourée à gauche d'un Saint Michel assez androgyne, le visage enfantin, les cheveux longs. A ses pieds, un diable quadrupède, qui tient du tigre et de la tarasque, qu'il pourfend d'une lance désormais disparue...


Le saint inconnu

A gauche, un personnage avec deux attributs: un livre et une sorte de massue. la massue est l'attribut de Saint Jude ou de saint Jacques le mineur (parmi les apôtres), mais le livre ? Il y a aussi Séverin, le saint Patron des tisserands, mais il et habituellement représenté avec une navette. Alors, selon vous, qui est ce saint mystérieux ?

Bref...

Somptuosité des drapés, rond des visages, émerveillement des anges, hymne à la vie... Et aussi énigme de la souffrance et de la mort. Il y a tout cela dans cette croix. Elle m'est chère car elle est dans un lieu que j'apprécie.
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23 décembre 2008 2 23 /12 /décembre /2008 22:22


En Ariège, sur le route de l'Andorre se trouve le petit village de Mérens. Plusieurs centaines de mètres au-dessus de celui-ci, dans la montagne, une étrange église ruinée en pleine campagne, avec son cimetière.

Le lieu est grandiose, plein d'une âpre beauté. L'architecture de l'édifice est simple et majestueuse, et le clocher se dresse au milieu de beaux sommets enneigés, en cette saison hivernale.

Quel est le mystère de cette église, construite là puis détruite et abandonnée ?

Une église du premier art roman.



L'église de Mérens est signalée dans les textes dès le Xe siècle, comme dépendance de la lointaine abbaye audoise de Lagrasse. L'analyse du style de l'édifice montre qu'elle fut sans doute construite à cette époque (X-XIe siècles ?). Les caractéristiques du premier art roman y sont en effet bien visibles:

-nef unique qui n'était pas voûtée de pierre, mais était recouverte d'une charpente aujourd'hui disparue. Elle mesure tout de même 17 mètres sur 8, ce qui est impressionnant pour une église située à flanc de côteau, du moins à mes yeux... Le mur sud a été renforcé de deux contreforts.


-clocher massif, avec des baies géminées (doubles) ; le dernier étage seulement montre des bandes lombardes, ces sortes de motifs en feston ou en arcature typiques du premier style roman.




-abside semi-circulaire avec ses absidioles. l'abside et les absidioles furent ajoutées dans un deuxième temps, lorsqu'on suréleva la nef. Abside et absidioles sont voûtées en cul-de-four.


Partout comme on peut le voir, un appareil de pierres assez grossier, de simples moellons, point de pierre de taille. D'après Marcel Durliat, ce style roman simple et efficace était venu du sud, notamment de l'Andorre où s'étaient élevés de magnifiques édifices à cette époque (nous en reparlerons sur ce blog).

Des tombes simples et émouvantes.

L'église était là pour les vivants, mais aussi pour les morts. Tout autour d'elle, on voit de modestes tombes, aux simples croix de fer. Elles portent le nom des anciens paroissiens de Mérens, et datent du XIXe siècle...


La destruction de l'église.

Quant et comment cette église fut-elle détruite et abandonnée ? C'est une histoire qui remonte aux jours anciens de l'époque napoléonienne.



Jusqu'en 1811, il faut se figurer que cette église, dédiée à saint Pierre, était entourée des maisons du village de Mérens. Le 19 octobre de cette année, des troupes du général espagnol Villamil pénétrèrent en Ariège, mirent le feu à Mérens-le-vieux. Les habitants reconstruisirent par la suite le village dans la vallée.

C'est alors que l'ancienne église fut abandonnée à la rigueur des hivers ariégeois. Ce n'est que dans les années 1970 que les Monuments historiques, sous la direction de Bernard Voinchet, ont dégagé et consolidé les quelques murs restants.


En bref.

Alors, la prochaine fois que des Espagnols vous parlent du vandalisme de Napoléon dans leur pays, racontez-leur l'histoire de la petite église de Mérens...

Ses murs se dressent encore face à la montagne enneigée, peut-être encore pour des millénaires, qui sait...




Sources

Collectif, Pyrénées romanes, Zodiaque.  
Agnès Jacquet, Connaître l'art roman en Ariège, Sud-Ouest 
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17 novembre 2008 1 17 /11 /novembre /2008 21:30

Sur la façade d'une maison de Cordes, au-dessus de belles baies gothiques, court une frise de statues en relief. Cavalier, archer, bêtes pouchassées, molosses féroces, tout semble renvoyer ici à l'art cruel de la chasse.



Pourquoi le riche bâtisseur de la demeure la fit-il orner de cette étrange scène ? Quels secrets conserve en son sein cette belle et intrigante demeure ?

Levons donc le mystère...

Beauté du grès...

La maison du Grand-Veneur au début du XXe siècle. Une fabrique de chaussures et une épicerie
(parisienne, siou plet) occupaient le rez-de-chaussée de la bâtisse !


La Maison du grand Veneur est édifiée avec de belles pierres de taille de grès, aux coloris divers. Le style gothique est aisément reconnaissable aux ouvertures en forme d'ogives, présentes aux trois étages de la bâtisses. Au rez-de-chaussée, quatre grands porches. Au deux étages supérieurs, de belles baies géminées (doubles) gothiques, acollées deux à deux. Il existe un troisième étage, situé sous le toit

Les trois étages sont soulignés par des gouttières en moulure.  

La frise.

Elle est située au deuxième étage, et se poursuit de part et d'autre des baies, ou en leur milieu.

A l'extrême gauche, le piqueur, cavalier armé d'une lance est à l'arrêt, en poste. Il guette sa proie, qui arrive à sa droite : un sanglier qui se précipite vers lui, poursuivi par un chien qui l'a fait sortir du bois. La forêt est symbolisé par un bel arbre aux feuilles qui dessinent des volutes.

La scène est représentée avec un certain naturalisme. Les figures sont pleines de dynamisme. Le cavalier, arc-bouté sur son cheval, est figé dans l'attente, prêt à frapper le coup mortel. le sanglier, harcelé par le chien, semble retourner vers lui son groin énorme.



Le souci du détail va jusqu'à la nature du sol. Le cavalier et le sanglier foulent un sol jonché de feuilles appartenant aux essences locales, chênes et châtaigniers.

Le mythe du "relais de chasse" des comtes de Toulouse.

Aujourd'hui, le centre-ville de Cordes est classé aux monuments historiques et rénové. La maison du Grand-Veneur n'échappe pas à la règle (
vous pouvez la voir dans son état actuel ici).
Le nom de cette maison est issu d'un contre-sens des historiens du XIXe siècle. Ceux-ci avaient cru pouvoir conclure de la décoration de la maison à sa fonction, et avaient pensé que la maison était un relais de chasse à destination du comte de Toulouse Raymond VII.

Les véritables propriétaires de la demeure.

Au début du XXe siècle, des études historiques plus poussées ont montré que la maison n'avait été édifiée que 70 ans environ après le comte. Elle appartenait à la famille de Rabastens, dont le comte Bertrand fut le mécène, nous dit Claire Targuebayre, dans l'ouvrage qu'elle a consacré à Cordes.

Une décoration intérieure soignée.

Le luxe de cette demeure ne se limitait pas à la façade. Certaines parties de la demeure ont conservé un décor peint, fait de motifs géométriques (carrés posés sur la pointe). Vous pouvez l'apercevoir sur la photo ci-dessus.  

Un urbanisme raffiné.

Les historiens ont souligné l'homogénéité des maisons du Centre-ville gothique de Cordes : Maison Prunet, Maison du Grand-Fauconnier, maison du Grand-Veneur. Elles furent construites en l'espace de soixante-dix ans environ, de 1290 à 1370 environ. La Maison du Grand-Veneur, quant à elle, date du début du XIVe siècle.

Toutes les maisons, soigneusement alignées, formaient et forment toujours un bel ensemble. On a pu parler de "Moyen-âge italien" ici, tant l'influence des cités transalpines et de leur urbanisme raffiné semble prégnante ici...

Autre carte postale ancienne. Notez que la maison représentée au premier plan n'est pas celle
du Grand-veneur, mais du Grand Ecuyer (hôtel de ville).


L'air de la méditerrannée...

Beaucoup d'éléments font penser à l'influence italienne. Les maisons ont des toits plats, des gouttières horizontales, des fenêtres à ogives. En particulier, on remarque sur les façades d'étranges anneaux suspendus au bout d'un manche en fer coudé, les mêmes que l'on trouve par exemple à Venise. Ceux-ci servaient, aux jours de fêtes, à recevoir des bâtons pour tendre tapisseries, étoffes précieuses et draps brodés, pour pavoiser les rues.

Bref...


Cordes, bastide méridionale et médiévale, sur laquelle soufflait déjà, en ce début de XIVe siècle, un vent de renouveau venu d'Italie...

La richesse culturelle inouïe d'un lieu où se rencontrèrent la civilisation occitane, française et italienne en cet âge qui n'a pas grand chose de "moyen", mais qui, à mes yeux, est bien grand et exceptionnel.

Laissons le dernier mot à Albert Camus qui appréciait tant ces lieux:

"Le voyageur qui, de la terrasse de Cordes, regarde la nuit d'été sait ainsi qu'il n'a pas besoin d'aller plus loin et que, s'il le veut, la beauté ici, jour après jour, l'enlèvera à toute solitude".

Références.
Les études de Charles Portal sur Cordes.
Claire Targuebayre, Cordes en albigeois. Privat.

Sources de l'iconographie.

1, 3, 4: Carte postale Carlus libraire éditeur à Cordes (711-"Fragment de la maison du Grand-Veneur")

2: Monuments historiques, base Mémoire.

5 et 7:
bases de données Internet des sociétés savantes de Toulouse.

6: Carte postale Labouche Fr., Toulouse. Sites et monuments du Sud-Ouest, 7e série, n. 17 "Cordes. Maison du Grand Veneur (Hôtel de Ville)".

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11 septembre 2008 4 11 /09 /septembre /2008 10:19


Voici quelques renseignements que j'ai pu glaner sur cette tour, dans un article de l'Indépendant. Ceci en guise de complément à mon article sur l'histoire de cette tour, qui résista aux pirates ! C'est toujours cela de pris, et les Audois aiment tant leur patrimoine qu'ils en parlent même dans les journaux régionaux, ce qui est bon signe !

Une tour du XIIIe siècle.

"C'est en 1246 que Guillaume de Broa, archevêque de Narbonne, rénove et consolide le vieux château. Sa position par rapport à la mer en faisait une puissante sentinelle ainsi qu'un lieu de refuge. En 1632, sur les conseils de Richelieu, Louis XIII fait démolir les places fortes et le château est abandonné."

La légende de Barberousse.

"Les amateurs d'histoires légendaires et mystiques [sic] seront sans doute un peu déçus. Qui était ce personnage du nom de "Barberousse" ? Un pirate ? Cette légende a traversé les siècles. Le pirate turc Barberousse, commandant de la flotte de l'empire Ottoman en Méditerranée effrayait les habitant à l'époque. Longtemps, marins et pêcheurs feront perdurer la légende en racontant combats, supplices et souffrances. De génération en génération, on finirait presque par croire que le château était la demeure du pirate ! Alors qu'au contraire, la Tour protégeait des incursions".


























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Abellion le Polygraphe - dans Lieux médiévaux
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8 septembre 2008 1 08 /09 /septembre /2008 09:31


Gruissan est un village du littoral audois, connu pour sa station balnéaire, et ses chalets, cadre du film 37°2 le matin... Mais c'est aussi un village fort ancien, dont le plan circulaire et la fameuse tour "Barberousse" attestent le passé médiéval.

Retour sur un lieu fort en patrimoine... Avec une petite nostalgie des vacances !

Une occupation ancienne.

Les premières traces d'occupation sur la commune remontent au Mésolitique (-10000 à -6000 ans environ), ère de transition entre Paléolithique et Néolithique. A cette période, le climat se réchauffe progressivement, mais l'homme est encore totalement dépendant de la chasse et de la cueillette pour sa subsistance.

On a retrouvé sur place des pierres taillées en forme de triangle ou de trapèze, de moins de deux centimètres, carcatéristiques de la période Mésolithique. Ces pierres taillées de silex ou de quartz étaient utilisées par nos lointains ancêtres comme pointes de flèches et de harpons.


Un lieu stratégique à l'époque médiévale.

Stratégique, le lieu l'était à un double titre :
-il commandait l'entrée de l'étang, qui menait au port de Narbonne (avant ensablement).
-les marais salants de Gruissan étaient une source de revenus importants, concédée à l'Evêque de Narbonne par Pépin le Bref. Plus tard, le comte de Narbonne à son tour percevra des revenus... C'est dire l'enjeu du sel, véritable manne financière convoitée par les puissants de l'époque !

La tour Barberousse et les pirates.

En arrivant en Gruissan, c'est elle que l'on remarque en premier sur sa butte. Ce nom est étrange, il pourrait laisser penser qu'elle a été construite par on ne sait quel pirate des Caraïbes, mais il n'en est rien...
 


Le nom de Barberousse lui a sans doute été donné en mémoire des raids que faisaient les pirates barbaresques venus d'Afrique du Nord pour chercher les esclaves sur les côtes françaises. Les frères Barberousse étaient les plus connus de ces pirates (jointure des XVe et XVIe siècles), mais rien de précis ne rattache ces trois personnages à Gruissan en particulier. Les esclaves français en Afrique du Nord étaient parfois rachetés par l'ordre des Mercédaires, fondé par un autre audois célèbre, Pierre Nolasque, né au
Mas Saintes-Puelles en Lauragais.

En ces ères d'insécurité, la tour était sans doute un outil important pour surveiller les côtes et prévenir les fameux raids.

Origine de la tour et du village.

Une première tour devait exister au XIe siècle, que se disputaient l'Archevêque de Narbonne et le coseigneur local. Dès le XIe siècle, les travailleurs des marais salants doivent se réfugier dans le château pour se protéger des incursions de pirates.

La tour actuelle, d'après les monuments historiques, remonte au XIIIe siècle.

On peut noter la fenêtre en ébrasement (photo ci-dessous), et la belle voûte circulaire du dernier étage. La tour avait probablement trois étages. L'un d'eux a une fenêtre à coussièges (d'un beau mot que j'ai appris sur le lexique d'architecture médiévale du blog du Chevalier). Il s'agit de ces bancs aménagés dans l'ouverture d'une fenêtre (visibles sur la photo ci-dessus, au-dessous de la voûte).


Le village castral.

Comme en beauoup d'autres endroits dans l'Aude, entre le Xe et le XIIe siècle s'édifient des villages castraux ou castra (singulier castrum). Guissan, avec son plan circulaire autour du château, a un plan caractéristique de ce type de village, que l'on a parfois appelé les "circulades".

Le château fut malmené lors des guerres de religion, et servit de carrière à partir du XVIIIe iècle, d'où son état actuel...


Bref...

Je reviendrai sans doute dans d'autres articles sur Gruissan, ses traditions, la chapelle des Auzils, la vie des marais salants et des pêcheurs... A bientôt donc si le coeur vous en dit !

Liens.

Article très intéressant du chevalier Dauphinois, plein d'informations très intéressantes, et sans lequel le mien n'aurait sans doute pas pu exister ! 
 

Article sur les frères Barberousse dans Imago Mundi.

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Abellion le Polygraphe - dans Lieux médiévaux
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