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Le design et les bannières du blog sont une oeuvre originale de Little Shiva. Un grand merci à cette graphiste de niveau international,  pleine de talent et de générosité. Son boulot est splendide.Vous pouvez aussi admirer son oeuvre d'artiste ici.

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Le Pays cathare ou Languedoc (Ariège, Aude, Haute-Garonne, Tarn)...

Venez y découvrir
les lieux méconnus...

...qui vous parlent de l'histoire, du patrimoine, des légendes du sud de la France.

Un monde si proche et si lointain de châteaux, de villages perchés, de pics et de forêts profondes s'ouvre désormais à vous.



"Les êtres et les choses sont créés et mis au monde non pour la production mais pour la beauté"
Joseph Delteil

 

"Ne soyez pas des régionalistes. Mais soyez de votre région."

Joë Bousquet 

 

"Celui qui n'a pas de passion, il ne lui sert à rien d'avoir de la science."

Miguel de Unamuno

23 octobre 2008 4 23 /10 /octobre /2008 23:02

Pour apporter un complément à cette histoire (et répondre tardivement à l'interrogation d'Abellion suite à mon commentaire sur l'article des hommes sauvages des Pyrénées): «L'Enfant sauvage» n'est pas une légende. Son histoire est relatée dans un premier temps dans le «Mémoire et rapport sur Victor de l'Aveyron», par le docteur Jean Itard. Elle a inspiré le réalisateur François Truffaut en 1969. Elle est confirmée grâce aux recherches réalisées par l'Association pour la recherche historique, la conservation du patrimoine et la valorisation du musée du Vieux-Lacaune.

De Joseph à Victor.

Guy Poujade, président de l'Office de tourisme de Lacaune, la rappelle ici: Nous sommes en 1798. Depuis trois-quatre ans, les paysans qui cultivent les terres situées près du col de la Bassine, à 8 km de Lacaune, aperçoivent un petit être étrange entièrement nu et vivant, a priori, à l'état sauvage. Il est capturé par des bûcherons. Exposé sur la place du Griffoul, pour satisfaire la curiosité des gens ou dans l'espoir que quelqu'un le reconnaisse, l'enfant parvient à s'échapper. Il est capturé à nouveau en 1799 par des chasseurs et confié à une veuve habitant Lacaune.

Il reste chez elle huit jours, n'acceptant que des glands, châtaignes, noix et pommes de terre pour nourriture. Puis il s'échappe encore. Appelé Joseph, cet enfant semble avoir 11-12 ans. Il est maigre mais vigoureux, il a la peau fine griffée de cicatrices. Il mesure 1,35 m. Il émet des sons gutturaux et porte une large balafre au niveau de la glotte. Il a un genou déformé et se déplace plus rapidement avec ses mains et ses pieds que debout. Ses origines familiales restent aujourd'hui incertaines et mystérieuses.

Victor, foyer d'interrogations...

C'est avec sa dernière escapade de chez la veuve que prend fin la vie de Joseph, l'Enfant sauvage de Lacaune, et que commence celle de Victor, l'Enfant de l'Aveyron. En effet, il est capturé une dernière fois à Saint-Sernin-sur-Rance (à 15 km). Envoyé à Paris, il fait l'objet d'études scientifiques et devient le sujet de nombreuses thèses sur les enfants autistes. Son histoire soulève encore de nombreuses questions quant à la survie de l'être humain dans son milieu naturel, l'utilisation des sens, le comportement et les compétences cognitives-intellectuelles. (tiré d'un article du site internet de la Dépêche). 

Merci Promethazine de ce commentaire si substantiel ; je ne peux faire moins que de le publier en article, au même titre que les réflexions fort intéressantes de Fée des Agrumes sur le sujet.  

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22 octobre 2008 3 22 /10 /octobre /2008 08:25

Le 8 Janvier 1800, un enfant nu, voûté, âgé d’environ 10 ans, est débusqué par trois chasseurs. Il s’enfuit, et réfugie dans la maison du teinturier Vidal, à St Sernin Sur Rance. Il s’est déjà évadé trois fois, depuis qu’une femme l’a trouvé dans les bois environnants. Il est nu, sale, porte des traces de cicatrices dues à son existence solitaire. Il ne parle pas, se montre farouche, sale, violent parfois. Il renverse la nourriture qu’on lui sert dans une écuelle, à même le sol, et pétrit des boulettes avec ses mains sales, les roule dans la poussière avant de les avaler.

 

Envoyé à Sainte Affrique puis à Rodez, il est pris en charge par un certain Abbé Bonnaterre, puis, sa réputation grandissant, le ministre Lucien Bonaparte le réclame à Paris. Il y  est exposé comme un phénomène de foire.  Mais il reste sale et sauvage, n’apprend rien, et refuse tout contact. Le Docteur Pinel déclare qu’il est atteint « d’idiotisme ». Le tout Paris se désintéresse de lui.

 

Le Docteur Itard le fait entrer dans son institut pour sourds-muets. Son avis est très proche de celui de Monsieur Pinel :

 

« Procédant d'abord par l'exposition des fonctions sensoriales du jeune sauvage, le citoyen Pinel nous présenta ses sens réduits à un tel état d'inertie que cet infortuné se trouvait, sous ce rapport, bien inférieur à quelques-uns de nos animaux domestiques ; ses yeux sans fixité, sans expression, errant vaguement d'un objet à l'autre sans jamais s'arrêter à aucun, si peu instruits d'ailleurs, et si peu exercés par le toucher, qu'ils ne distinguaient point un objet en relief d'avec un corps en peinture : l'organe de l'ouïe insensible aux bruits les plus forts comme à la musique la plus touchante : celui de la voix réduite à un état complet de mutité et ne laissant échapper qu'un son guttural et uniforme : l'odorat si peu cultivé qu'il recevait avec la même indifférence l'odeur des parfums et l'exhalai­son fétide des ordures dont sa couche était pleine ; enfin l'organe du toucher restreint aux fonctions mécaniques de la préhension des corps. Passant ensuite à l'état des fonctions intellectuelles de cet enfant, l'auteur du rapport nous le présenta incapable d'attention, si ce n'est pour les objets de ses besoins, et conséquemment de toutes les opérations de l'esprit qu'entraîne cette première, dépourvu de mémoire, de jugement, d'aptitude à l'imitation, et tellement borné dans les idées même relatives à ses besoins, qu'il n'était point encore parvenu à ouvrir une porte ni à monter sur une chaise pour atteindre les aliments qu'on élevait hors de la portée de sa main ; enfin dépourvu de tout moyen de commu­nication, n'attachant ni expression ni intention aux gestes et aux mouvements de son corps, passant avec rapidité et sans aucun motif présumable d'une tristesse apathique aux éclats de rire les plus immodérés ; insensible à toute espèce d'affections morales ; son discernement n'était qu'un calcul de gloutonnerie, son plaisir une sensation agréable des organes du goût, son intelligence la susceptibilité de produire quelques idées incohérentes, relatives à ses besoins ; toute son existence, en un mot, une vie purement animale. » (Jean Itard, 1801).

Les différents savants ne seront jamais d’accord : son retard mental est-il dû à son isolement, ou un handicap précoce aurait-il conduit à son abandon ?

 

Itard s’attache pourtant à sa réinsertion sociale, alors que personne n’y croit.

Son mémoire de 1801 présente ses choix pédagogiques :

 

1-    L’attacher à une vie sociale, en lui rendant la vie plus douce que celle qu’il menait.

2-   Réveiller sa sensibilité nerveuse, (bains glacés puis brûlants, émotions vives.) La progression de son éveil sensitif devant développer ses fonctions intellectuelles.

3-   Eveiller son esprit en lui donnant des besoins nouveaux afin qu’il les désigne, et en multipliant ses rapports avec d’autres.

4-   Lui faire apprendre le langage, considéré non comme une expression de la pensée, mais un déterminant de son élaboration.

 

L’enfant, sollicité par le médecin, finit au bout de plusieurs semaines à tourner la tête en entendant le son « o » ; Il s’appellera donc Victor.

Il lui faut quatre à cinq mois pour qu’il relie l’audition s’une voix à une personne.

 

Il ne peut utiliser un mot comme signifiant. Il désigne le mot sur une étiquette lorsqu’il voit l’objet, mais si celui-ci disparaît, il ne peut en demander avec la même étiquette.

Victor, dont l’intelligence pourtant hors du commun l’a aidé à survivre dans un monde sauvage, n’a pas bénéficié d’un être parlant, (une mère), qui pouvait lui transmettre le langage.

 

Victor n’apprit jamais à parler. Jean Itard finit par considérer son incapacité, ou son refus de parler,  comme un échec personnel.

 

Victor fut confié à sa gouvernante, Madame Guérin, qui prit soin de lui et le soigna pendant 17 ans, de 1811 à sa mort, en 1828, dans une maison de l’Impasse Feuillantine.

 

Que retenir de cette histoire ?

 

Tout d’abord, que les différents acteurs ne sont pas toujours d’accord sur les dates et sur l’interprétation des progrès de Victor. Il a donc fallu se résoudre à prendre le parti du milieu. (Qui n’est pas plus juste pour cela.)

 

Ensuite, que le professeur Itard, bien qu’animé des meilleurs intentions, créa chez cet enfant des besoins faisant qu’il ne pouvait plus être capable de revenir dans son milieu naturel ; en effet, lui qui ne souffrait auparavant ni du chaud, ni du froid, devint incapable de vivre sans un confort minimum. De plus il perdit sa faculté à trouver de la nourriture.

Mais il ne fut jamais heureux non plus dans la « civilisation ». Il passa toute sa vie de « captif », collé à une fenêtre, regardant les forêts avec désespoir.

 

Bref, un fort intéressant sujet d’étude…

 

La question qui se pose alors est : Aurait-il été plus heureux en restant sauvage ? Aurait-il pu toute sa vie supporter sa solitude, et jusqu’à quel âge aurait-il vécu, à l’état de nature ?

 

Autant de pistes de réflexions qui demeurent du ressort de chacun…

Hélène.


Merci à Hélène d'avoir accepté d'écrire sur sur ce sujet qui m'intéresse fort, un article substantiel, bien documenté et qui pose les vraies questions. Faites-donc un tour sur son blog, radicalement différent ! Franc-parler, ténacité, elle a toute ces qualités à la fois, même si cela embête certain(e)s...
C'est une grande amie pour moi.

Illustrations.

Photos de l'Enfant sauvage, le film de Truffaut.
Diverses photos prises à St-Sernin-sur-Rance, où Victor fut trouvé (elles datent de la fin 2005). La première montre la statue de Victor.

Liens
Les hommes sauvages, légendes et réalité.

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29 février 2008 5 29 /02 /février /2008 06:39
On sait que, depuis 1516, date de la parution de l’Utopie de Thomas More, divers écrivains se sont plus à imaginer des sociétés imaginaires. Ce que l’on sait moins, c’est que certains ont essayé de créer des villages utopiques réels. Ainsi Voltaire à Ferney au XVIIIe siècle, ou, en pays cathare, Hervé-Louis César de la Panouse à Saint-Rome, près de Villefranche de Lauragais, à partir de 1872.
 
L'utopie, ou le monde résumé en un village.
Une utopie en effet, c’est un monde clos et autarcique, un microcosme à l’image de la totalité du monde extérieur. Ainsi, la cité du Soleil, de Tommaso Campanella (début du XVIIe siècle) nous montre une ville utopique fait de sept enceintes, au centre desquelles se trouve un temple consacré au soleil. Image de l’univers, de ses planètes (7 étaient connues à l’époque de Campanella) et du soleil central.
Saint-Rome, village utopique réel de la fin du XIXe siècle, ne déroge pas à la règle. Mais ici, la modélisation de l’univers n’est pas astronomique, elle est géographique. C’est-à-dire que les différentes maisons offrent un condensé étonnant de tous les styles architecturaux du monde entier, du moins une interprétation de ceux-ci en termes d’architecture occidentale. Il règne une peu ici une atmosphère d'exposition coloniale !

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Ainsi, on trouve en ces lieux une maison mauresque dont la terrasse et les fenêtres sont en arc outrepassé.
Plus loin, la maison du régisseur du domaine semble toute droite sortie d’un Vermeer : elle imite le style flamand. Elle est d’ailleurs accolée, étrange association, à une citerne d’inspiration mauresque.
 
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Voyage dans le temps.

Les styles architecturaux se réfèrent non seulement à la géographie, mais aussi à l’histoire de la civilisation. C’est ainsi qu’un portique monumental de style néo-classique semble référer à l’antiquité grecque ou romaine, telle que vue depuis le XIXe siècle. 

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Par ailleurs, un charmant petit pavillon semble interpréter librement  l’architecture de la France classique. Quand au logement du comte de la Panouse,  il reproduit fidèlement le style cossu et décoratif des demeures bordelaises de la Belle-époque, et a pris la place de l’ancien château médiéval.
Même les parties fonctionnelles du grand domaine agricole qu’était saint-Rome portent leur note de fantaisie architecturale : ainsi, sur les hangars, on trouve d’étonnants motifs en bois représentant des animaux fantastiques.
 
On est donc dans la fantaisie et l’éclectisme architectural les plus débridés ! Tout ici semble tout droit sorti de l’imagination d’un Schuiten et d’un Peters (Les Cités obscures), ou d’un architecte utopique…
 
Les hommes qui ont bâti Saint-Rome.
Pourquoi cette fantaisie ? Quel architecte a contruit ce lieu ? Qui a financé les travaux, qui devaient atteindre des sommes inconcevables ? Et pourquoi ?
A la fin du XIXe siècle, comme beaucoup d’endroits du Lauragais, saint-Rome était une petite bourgade agricole où tout le monde travaillait pour le comte, propriétaire des terres qui vivait au château (ailleurs, cela pouvait être pour une riche famille bourgeoise). Le domaine a été constitué à partir de 1837 par Alexandre-César de la Panouse. Il faisait partie des nobles légitimistes qui, sous la monarchie de Juillet, ont investi dans la terre. C’est son fils Henri-Louis César qui a agrandi le domaine et l’a entièrement reconstruit. Il aimait sans doute son village, puisqu’il a voulu y être enterré, dans un tombeau aussi modeste que ses constructions avaient été extravagantes.

Ce personnage était un grand voyageur, qui avait couru le monde. Saint-Rome est le fruit de sa collaboration avec l’architecte Henri Vergnes.
  
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La structure du village.

Il se découpe en trois parties principales : primo, le lotissement des estivandiers ; deuxio, le cœur du village, groupé autour de la maison du propriétaire ; tertio, les bâtiments publics.
-Le lotissement des estivandiers est une suite de petites maisons rejetées comme en dehors du village.
-Le cœur du village regroupe les bâtiments agricoles et les maisons du personnel, autour de la résidence du propriétaire. Cette dernière est composée de la maison de maître proprement dite, d’un fumoir dans le style des chinoiseries, d’une oragerie, d’un parc à l’anglaise. Atour d’elle, les bâtiments domestiques et agricoles : maison du régisseur et des serviteurs, écuries, remise des voitures.
-L’espace public, formé de la mairie et de l’église, occupe une part assez réduite au regard du reste des constructions. La mairie est toute petite, ce qui s’explique aisément quand on sait que les La Panouse s’y sont succédés, et que le véritable centre du pouvoir est en fait le château.
 
Un projet de société. 

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Saint-Rome donne une double impression. D’une part, l’organisation de lespace, comme dans d’autre petits villages du Lauragais, donne bien l’impression des hiérarchies sociales : la maison du maître est au cœur du village, tout gravite autour d’elle. Mais, d’autre part, l’agencement révèle un souci de bien-être et de confort à l’égard des travailleurs du domaine, si bien que l’on a pu parler, à propos de saint-Rome, de paternalisme, terme qui me semble un tantinet trop péjoratif. On est ici dans un monde fortement marqué par la personnalité du fondateur et sa famille, et où l’espace public (mairie, église) occupe une portion minuscule. Une alternative de droite, en quelque sorte, à l’utopisme socialiste des fouriéristes.
 
Visiter saint-Rome.

Un petit panneau vous indiquera comment y arriver, à partir de la RN 113, entre Toulouse et Villefranche-de-Lauragais. Le village lui-même ne se visite pas, même pas pour les journées du Patrimoine, et on peut le déplorer. Mais vous pouvez toujours faire le tour du domaine et vous promener dans le lotissement.
 
C’est un endroit vraiment singulier, qui vaut le détour, et résume, dans son caractère à la fois suranné et grandiose, les idéaux du XIXe siècle. Un endroit étrange où un homme a cru à ses rêves et les a gravés dans la pierre.
 
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Bibliographie.
 
Collectif, Châteaux en Haute-Garonne, Editions Daniel Briand.
 
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Abellion le Polygraphe - dans Lieux XIXe siècle
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