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Le design et les bannières du blog sont une oeuvre originale de Little Shiva. Un grand merci à cette graphiste de niveau international,  pleine de talent et de générosité. Son boulot est splendide.Vous pouvez aussi admirer son oeuvre d'artiste ici.

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parmi les    visiteurs d' Over-Blog, il y a     amateurs de lieux secrets... 

 

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Invitation au voyage


Le Pays cathare ou Languedoc (Ariège, Aude, Haute-Garonne, Tarn)...

Venez y découvrir
les lieux méconnus...

...qui vous parlent de l'histoire, du patrimoine, des légendes du sud de la France.

Un monde si proche et si lointain de châteaux, de villages perchés, de pics et de forêts profondes s'ouvre désormais à vous.



"Les êtres et les choses sont créés et mis au monde non pour la production mais pour la beauté"
Joseph Delteil

 

"Ne soyez pas des régionalistes. Mais soyez de votre région."

Joë Bousquet 

 

"Celui qui n'a pas de passion, il ne lui sert à rien d'avoir de la science."

Miguel de Unamuno

9 mai 2009 6 09 /05 /mai /2009 14:53

Est-ce parce que je me sens profondément mélancolique en ce moment ? Je suis tombé sur ces vieilles photos de panneaux, prises dans les détours de la Montagne noire tarnaise...

J'ai toujours eu un faible pour les vieux panneaux, ceux que l'on croise au détour d'une route de forêt...




J'adore le charme désuet du vieux combiné téléphonique...

Dans les villes, les panneaux sont invisibles, masqués par une signalétique omniprésente. Dans un décor sauvage, devant un vieux mur moussu, ils prennent on ne sait quel relief...

 

Il semblent augurer de rencontres possibles : avec la grâce d'un cervidé, ou la lourdeur d'un chargement de bois...

Ailleurs, ce sont les charmes d'une toponymie insolite : Travers des Ombres, qui attirent l'attention, à l'orée d'un chemin sous la brume...

 

 Finalement, même un objet aussi utilitaire qu'un panneau peut devenir intriguant... C'est tout ce qui fait la poésie de la vie.

(Photos prises dans le coin d'Arfons, le moi dernier).

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4 octobre 2008 6 04 /10 /octobre /2008 10:38


Un sarcophage de marbre, taillé vers le XIIe siècle. Un chef-d'oeuvre réalisé par un maître du XIIe siècle, et qui par l'harmonie de ses formes, la délicatesse et l'énigme de ses figures, nous charme toujours.

Ce sarcophage est conservé dans l'abbaye de St Hilaire, entre Carcassonne et Limoux, dans l'Aude.

Le sujet du sarcophage.

Il représente l'arrestation et le martyre de St Sernin (ou Saturnin), évangélisateur et évêque de Toulouse (IIIe siècle). La lecture des scènes s'effectue de droite à gauche. 

Côté droit.


Sernin est représenté en évêque, avec Papoul (évangélisateur du Lauragais) et un évêque espagnol. Son visage barbu exprime sérénité et majesté. Il porte la crosse et l'habit d'évêque.

Face principale, à droite.


Sernin , porteur du livre de l'Evangile,  est arrêté par des soldats romains, vêtus à l'antique. On aperçoit sur la droite une construction (Eglise ? Bâtiment public ?).

Face principale, à gauche.

Il représente le martyre de Sernin. Selon la tradition, il a été jeté du haut du Capitole de Toulouse puis attaché à un taureau et tiré depuis le Capitole de Toulouse, jusqu'au lieu actuel de la Basilique Saint-Sernin. La rue où le corps a transité porte d'ailleurs toujours celui de Rue du Taur. 

Un incunable du XVe siècle, la chronique de Nuremberg raconte ainsi la scène:

" Dans (la ville de Toulouse) les dépouilles de saint Saturnin et des autres saints sont vénérées avec le plus grand honneur. Saturnin, premier évêque de la ville fut capturé par les païens. Il fut précipité du haut de la forteresse du Capitole, du haut en bas des marches. Après que sa tête eut été heurtée, que son cerveau fut extrait de son crâne, et que tout son corps eut été mis en pièces, il rendit au Christ une âme digne, en ces lieux".
 

A droite, le capitole de Toulouse est représenté par un bâtiment monumental, sorte de grande arche.

Un bouvier pique le taureau avec un aiguillon pour l'exciter, tandis que deux jeunes filles assistent au martyre, les saintes Puelles, disciples de Saturnin.

Côté gauche.


Sur la face de gauche, le corps de Sernin est mis au tombeau par les Puelles, tandis que son âme s'élève au ciel sous la forme d'un enfant, accueilli par un ange.

Le Maître de Cabestany.


Les magnifiques figures, en plus d'être somptueusement drapées, ont été scupltées dans un style très caractéristique : grand yeux effilés, parfois en amande, larges mains très détaillées (voir par exemple la paume de Sernin bénissant sur la photo ci-dessus: on distingue nettement les lignes de sa main !)

Ces traits sont caractéristiques d'un maître anonyme de la sculpture romane, dont les oeuvres sont disséminées dans le sud du Languedoc (Aude) et en Catalogne. Il s'agit du maître de Cabestany.

Mystères et splendeurs de l'art roman.

L'élément qui m'a le plus frappé, c'est le taureau qui tire le martyr. Sans être représenté de manière naturaliste, son corps arqué évoque explicitement une idée de force et de tension.

Il y a aussi ces étranges et énigmatiques masques qui surgissent des jambes des personnages...

Bref, nul besoin de commanter davantage cette merveille de l'art roman. Ces images, certes bien imparfaites, sont bien plus éloquentes que tout ce que l'on peut en dire.

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6 septembre 2008 6 06 /09 /septembre /2008 16:36


La « lanterne de Bégon » et le « A de Charlemagne »… Des appellations bien poétiques pour deux objets énigmatiques, présentés sur cette carte postale. Comme leurs noms l’indiquent, l’un d’eux ressemble à une sorte de lanterne, l’autre à un grand triangle, ou un A majuscule.


Des reliquaires.


Quelles peuvent être l’origine et la fonction de ces objets ? Il s’agit en fait de deux reliquaires, fait pour l’abbaye de Conques (Aveyron) à la fin du XIe siècle ou au début du XIIe. Il existait alors, sous l’abbé Bégon, un atelier d’orfèvrerie important, qui produisit nombre de riches réalisation  aux formes exotiques à nos yeux…


Le A de Charlemagne.


Une tradition, rapportée par la Chronique du monastère, concerne cet étrange reliquaire triangulaire. On dit que le père de l’Europe, le mythique empereur à la barbe fleurie, offrit à  chacune des 24 abbayes qu’il aimait, un reliquaire en forme de l’une des 24 lettres de l’alphabet (à l’époque, les lettres u et v, i et j étant confondues). Sainte-Foy de Conques, la plus brillante de ces abbayes, reçut ainsi le A, première lettre de l’alphabet…


 
Tout ceci relève de la légende pure et simple. L’on sait que Charlemagne n’est jamais venu à Conques, même si son abbaye fut fondée par son fils Louis le Pieux. Mais il est représenté sur le tympan de Conques, et était sans doute une figure de fondateur prestigieuse, de nature à impressionner les visiteurs…

 

Une belle légende.

 

Donc, malgré son nom, le A n’est point de Charlemagne. On sait que ce reliquaire ne remonte pas avant l’époque de l’abbé Bégon (à la tête du monastère de 1087 à 1107). Soit plus de deux cent cinquante ans après Charlemagne ! On lit en effet sur l’objet cette inscription :


 
ABBAS ORNAVIT BEGO RELIQUIASQUE LOCAVIT

L'abbé Bégon a fait fabriquer –cet objet- et y a placé des reliques).


L’atelier d’orfèvrerie de Bégon.


En effet, des études ont montré que l’atelier d’orfèvrerie créé par l’abbé Bégon fut actif de la fin du XIe siècle au début du XIIe. Pour autant, à l’époque de Bégon, les techniques d’orfèvrerie n’avaient guère évolué depuis l’époque carolingienne. Il s’agissait avant tout de construire d’abord le squelette du reliquaire, son « âme » en bois, puis ensuite d’y plaquer une fine feuille d’or ciselée.


La monstrance.


L’âme de bois était parfois évidée afin d’accueillir les reliques ; ou bien celles-ci étaient placées dans une monstrance où elle était en évidence. C’est le cas du A de Charlemagne ;  la relique était placée à l'angle supérieur du A, derrière un demi-globe en cristal de roche (bien visible sur la photo ci-dessus).


La Lanterne
de Bégon.


C’est également un reliquaire-monstrance. Les reliques étaient placées dans la partie supérieure de l’objet, où elles étaient visibles derrière dans une sorte de cage de verre hexagonale. Le reste du reliquaire étant en argent. Il fait 42 centimètres de haut, et renferme les reliques de saint Vincent.


Mausolée ou lanterne des morts ?


Pourquoi ce nom et cette forme de lanterne ? D’après J.-Cl. Fau, la lanterne de Bégon marque l’influence de l’architecture sur l’orfèvrerie.

Sa forme rappelle les mausolées de l’Antiquité, et peut-être davantage les lanternes des morts, ces constructions ornés d’un fanal que l’on allumait la nuit, dans les cimetières, en hommage aux défunts. La Lanterne de Bégon en serait une reproduction miniature.


L’aspect architectural est également visible avec les colonnettes de la partie supérieure du reliquaire, et le couvercle conique qui imite un toit, avec des bandes représentant des tuiles, successivement dorées et argentées.  Une sorte de petite maison ou de sépulcre en réduction, en quelque sorte…








Les médaillons de la lanterne.

 

Si l’on s’attache aux détails, sur la lanterne de Bégon, on remarquera une riche iconographie. Le socle possède trois médaillons, dont l’un représente Dieu avec l’agneau sur ses genous, l’autre le christ, et le troisième un personnage qui combat victorieusement un lion. On pourrait croire qu’il s’agit de Samson, mais la légende nous révèle que c’est David :


 
SIC NOSTER DAVID SATANAM SUPERAVIT

Ainsi notre David a vaincu Satan.


 
Le lion est ici le symbole du diable, vaincu par David, ancêtre et symbole du Christ. Ce médaillon, finement sculpté, n’est sans doute pas un travail local.


 
Bref…


 
Ces deux objets qui nous paraissent si riches et étranges à la fois nous ramènent au Moyen-âge, où la possession de reliques était une question de survie pour les abbayes. C’était en effet le seul moyen d’attirer des pèlerins en grand nombre.

Au fur et à mesure des dons, pierres précieuses et ornements divers étaient parfois ajoutés aux reliquaires. D’où l’aspect composite de telles pièces…

La lanterne de Bégon et le A de Charlemagne figurent encore aujourd’hui dans le trésor de l’abbaye de Conques, en Aveyron.


Source.


Carte postale ancienne (édition G. Florens).
Jean-Claude Fau, Conques, Zodiaque, 1973 (photo du médaillon de la lanterne).


Liens.
Abbaye et trésor de Conques.

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25 juillet 2008 5 25 /07 /juillet /2008 08:07

J'ai déjà évoqué dans l'article précédent un livre très mystérieux de Cordes, le Libre Ferrat.

A Cordes, un autre livre est étrange à la fois par les circonstances de sa découverte et son contenu. C'est le Livre du sort des apôtres, manuscrit du XIIIe siècle ayant trait aux sciences occultes, puisqu'il permet une forme de divination.

Le Livre.

Le livre a été trouvé dans une cachette, par hasard, en 1868, dans un mur de la maison Prunet, dans le centre historique de Cordes.  

Il avait été dissimulé là à un époque indéterminée. C'est le premier mystère de ce livre: qui l'a placé là, à quelle époque, et pourquoi ?

On pense que ce fut à l'issue de la Croisade contre les Cathares... Ce sont donc les contemporains de Simon de Montfort, de Trencavel et des bonshommes qui se utilisaient de tels ouvrages, pour prédir l'avenir.

Usage divinatoire. 

Le livre servait à la divination. Sur la tranche du livre se trouvent des fils alternativement jaunes et bleus. On demandait à celui qui voulait connaître son avenir de formuler sa question, puis de choisir un fil de couleur qui dépassait. On ouvrait alors le livre à la page indiqué par le fil, et on lisait la réponse figurant sur la ligne correspondante. 

Le livre est en effet divisé en un certain nombre de réponses concernant la vie quotidienne, etc... 

La tradition des livres de sorts.

En cherchant un peu, on se rend compte que le Livre des sorts des apôtres de Cordes n'est pas un hapax, mais qu'il existait au Moyen-âge une véritable tradition de ce type d'ouvrages, les livres de sort, particulièrement aux XIIIe et XIVe siècles.

Le principe était simple: celui d'une forme de divination par le hasard (cléromantie). Généralement, les réponses étaient numérotées, et on faisait tirer les dés au client. On additionnait ensuite le total des dés et on se reportait au numéro de la réponse correpondante.

Le livre de Cordes a la particularité de ne pas fonctionner par ce système de numéros, mais par des signets reliés aux réponses. L'ouvrage appartient néanmoins à la lignée des livres de sort des apôtres, comme l'indique son titre.

Le livres des sorts des apôtres étaient ainsi appelés sans doute pour leur donner la caution et l'autorité de hauts personnages (importante dans la mentalité médiévale). Il s'agissait peut-être aussi d'endormir la méfiance des autorités religieuses quant à la divination, généralement interdite par l'Eglise. La prière du pater noster était également insérée au début de l'ouvrage pour donner un caractère religieux, ou pseudo-religieux, à l'ensemble.

Un autre livre mystérieux de Cordes, le Libre ferrat (cliquer sur la photo).

Les pronostics de Socrate.

Il existait également les Prenostica Socratis Basilei, qui se plaçaient sous l'égide de Socrate, le sage grec. Là, il fallait tirer un nombre de 1 à 10, avec une roulette ou une roue giratoire (du genre de celles des casinos ou de la "roue de la fortune"-le jeu télévisé !). Un savant système de tableaux permettait d'accéder aux réponses, qui étaient listées sous la figure d'un roi (de France, de Turquie). Sur cette liste, on prenait la réponse correpondant au nombre de départ, obtenu avec la roulette.

Le Dodechedron.

On notait aussi le Dodechedron, ouvrage fondé sur la valeur symbolique du nombre douze. pour le consulter, on utilisait un dé à 12 faces pentagonale, familier aux amateurs de jeux de rôle ! Les réponses sont listées selon un système qui fait référence aux 12 signes du Zodiaque. L'un de ces manusrcits est également écrit en ancien occitan, ce qui nous permet d'augurer de la diffusion de ces ouvrages en Occitanie à la fin du Moyen-âge.   


L'origine de telles pratiques.

Les avis divergent, mais elles semble issues du monde gréco-romain avec une influence juive ou arabe.

Les anciens connaissaient la rhapsodomancie, divination qui consistait à considérer comme un oracle un vers de Virgile ou d'Homère tiré au hasard. Des méthodes de divination par le hasard étaient aussi pratiquées dans la tradition juive ou chrétienne, par exemple avec des extraits de la Bible. C'est la rhapsodomancie qui serait à l'origine de la tradition des livres des sorts des apôtres.

Les Prenostica Socratis et Dodechedron semblent d'origine arabe. Ils ont été néanmoins plus ou moins bien christianisés pour s'adapter à la sensibilité occidentale d'alors.

Bref... 

Ces étranges pratiques divinatoires jettent un éclairage inattendu sur les croyances du passé. Cette fureur qui pousse à vouloir connaître l'avenir, que ce soit dans la marc de café, l'horoscope ou "un coup de dé" qui n'abolit pas le hasard... avant d'être celle de nos contemporains, fut aussi celle des contemporains des cathares.  

Elle nous montre aussi, et c'est là le principal, l'influence du monde antique et du monde musulman sur le Moyen-âge.

Sources.

Dictionnaire de la magie et des sciences occultes, sous la direction de J. M. Sallmann (Paris-X Nanterre), Le livre de poche.

Liens.

Le libre ferrat, autre bouquin étrange trouvé à Cordes.

Le livre du sort des apôtres est une des fiertés de Cordes (même s'il est conservé aux archives d'Albi). On lui a même fait une place de choix dans l'intrigue du spectacle La Mémoire des Pierres, joué de 96 à 98 lors des festivités estivales de Cordes.

 

 

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24 juillet 2008 4 24 /07 /juillet /2008 00:25

 

 

Cette carte postale est assez insolite. Ni paysage, ni portrait, elle nous présente un livre. Mais pas un livre ordinaire. Celui-ci date du XIIIe siècle et s’appelle le « Libre Ferrat », qu’une coquille a transformé en Perrat sur la carte postale. Evoquons cet ouvrage, ainsi qu’un autre encore plus énigmatique, également retrouvé à Cordes, le Livre du sort des Apôtres.  

 

Le livre ferrat.

Il doit probablement son nom à la chaîne de fer qui est attachée à sa couverture. Sa reliure est elle aussi ornée de cabochons métalliques.

 

 

Il date du XIIIe siècle. Il contient une soixantaine de feuillet de parchemin. Sur ces feuillets courent des caractères gothiques, et parfois une lettrine calligraphiée, comme ce beau S qui apparaît sur notre carte postale.

 

Un livre à trois usages.

 

Sa vocation est triple.

-astronomique : il contient un calendrier lunaire.

-règlementaire : il contient, en occitan les règlements des foires et des marchés.

-chronique : il relate les grands événements de la ville.

 

Le Livre du sort des apôtres.

 

Malgré son caractère insolite pour nous, hommes du XXIe siècle, le Libre Ferrat a une fonction assez compréhensible. Mais il y a bien plus mystérieux : le Livre du sort des apôtres, qui servait à la divination.

 

Celui-ci est composé d’une série de lignes d’oracle. Pour la consultation, il faut tirer au hasard celui des fils de couleurs qui se présente le premier. On ouvre ensuite la page et on regarde ce qui est écrit sur la ligne correspondante.

 

Ce livre étonnant date également du XIIIe siècle. Il a été trouvé dans un mur de la maison Prunet, où il a été dissimulé après la Croisade contre les cathares.

 

Bref…

 

De bien étranges livres, qui nous ramènent de manière insolite à cette époque troublée du XIIIe siècle, qui marqua aussi une forme de prospérité et d’âge d’or pour le Languedoc.

Liens

Le livre du sort des apôtres.

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23 juillet 2008 3 23 /07 /juillet /2008 14:52


Le musée de la Specola.

Lors de ma visite à Florence, J'ai beaucoup aimé le musée de la Specola qui présente des modèles anatomiques en cire.

Univers vraiment étrange, baroque, que ces modèles de corps humains démontables et parfaitement exacts anatomiquements, qui présentent les os, les veines, etc.


Les cires de la Specola à Florence.


La technique employée à la Specola est la céroplastie, qui consiste à modeler en cire muscles, viscères, os sur l'original. A Florence, l'atelier de céroplastie fut actif de 1771 à 1850 environ.

Ces modèles en cire représentent les parties du corps humain. Le clou de la collection, c'est une femme enceinte en cire, qui porte en elle un embryon développé.

Cire ou plastique?

La collection de Fontana avait pour but l'apprentissage de la médecine, de la chirurgie, de l'anatomie humaine.

La cire était utilisée autrefois en partie de manière utilitaire, parce qu'à l'époque la plastification des cadavres n'existait pas, et que c'était le seul moyen de présenter des échantillons anatomiques aux étudiants en médecine, à part la dissection "en direct".


But de ces cires.

Le but de Fontana, le fondateur de l'atelier de céroplastie de la Specola, n'était pas de s'enrichir. Il voulait juste servir la science.

D'autre part, Fontana poursuivait un but très précis avec ses modèles en cire: rendre l'exhumation de cadavres superflue, en proposant des modèles plus vrais que nature.

Source.

Encyclopedia anatomica (Taschen).

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