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Le design et les bannières du blog sont une oeuvre originale de Little Shiva. Un grand merci à cette graphiste de niveau international,  pleine de talent et de générosité. Son boulot est splendide.Vous pouvez aussi admirer son oeuvre d'artiste ici.

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A l'instant même,
parmi les    visiteurs d' Over-Blog, il y a     amateurs de lieux secrets... 

 

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Invitation au voyage


Le Pays cathare ou Languedoc (Ariège, Aude, Haute-Garonne, Tarn)...

Venez y découvrir
les lieux méconnus...

...qui vous parlent de l'histoire, du patrimoine, des légendes du sud de la France.

Un monde si proche et si lointain de châteaux, de villages perchés, de pics et de forêts profondes s'ouvre désormais à vous.



"Les êtres et les choses sont créés et mis au monde non pour la production mais pour la beauté"
Joseph Delteil

 

"Ne soyez pas des régionalistes. Mais soyez de votre région."

Joë Bousquet 

 

"Celui qui n'a pas de passion, il ne lui sert à rien d'avoir de la science."

Miguel de Unamuno

3 janvier 2012 2 03 /01 /janvier /2012 17:09

 

minerve-crepuscule.JPG

 

 

Il ne nous reste qu'un peu plus de

 

300 jours à vivre,

 

(Oh my God !)

 

d'après les prophètes pseudo-mayas

 

et autres somnambules de Bugarach

 

ou d'ailleurs,

 

Profitons-en donc bien jusque-là !

 

* * *

 

Blague à part, que la colombe de lumière de Minerve vous accompagne et exauce tous vos voeux, bien au-delà du 21 décembre 2012...  

 

 

"Une colombe, en traversant l'espace,

vient tous les ans lui rendre sa splendeur..." 

 

(Richard Wagner, "Récit du Graal", Lohengrin)

 

  

 

 

(Oeuvre de Jean-Luc Sévérac, 1983, Eglise Saint-Rustique, Minerve)

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27 octobre 2008 1 27 /10 /octobre /2008 00:00

 

En ces temps de grisaille, de nuages fuligineux, voici une photo pleine de soleil. Le pont romain de Bugarach est situé près du village du même nom, dans la haute-vallée de l’Aude.

 

Cet article est dédié à Christian, le magicien du bois de Montner, en terre catalane pas si lointaine des Corbières audoises, où se trouve Bugarach…


 


Le pont.
 

 Il est situé dans la belle vallée de la Blanque, rivière encaissée entre deux murailles de rocher...

Qu’il ait été construit par les romains, ce n’est pas certain… Ces ponts « romains » étaient souvent des ponts servant aux pèlerins (ceux qui vont à Rome, les « Romains »). Il est très simple, fait d'une seule voûte de pierre.

L'énigme.  

Ici, pas de grande voie romaine, ni de chemin de pèlerinage. Pourquoi donc un pont ici, dans les gorges, à une certaine distance du village ? La réponse est sans doute à chercher dans l'hydrographie locale.

La Blanque, rivière capricieuse.

La Blanque est un mince filet d'eau qui prend sa source sur le Pech de Bugarach tout proche. Elle a creusé un profond sillon dans la pierre calcaire, où elle semble comme endormie. Mais il arrive que ce charmant ruisseau sorte de son lit...

C'est sans doute pour cela que le pont a été édifié en haut des gorges de la Blanque. De ce fait, il était accessible même en période de crue. Les bergers pouvaient ainsi, par tous les temps, traverser le cours du torrent ! 

Malheureusement, lors des inondations catastrophiques de 1992, le pont de pierre fut emporté par les eaux de la Blanque en furie. Il fut reconstruit à l’identique, l'année suivante, par huit compagnons. Ce qui nous amène au sujet de...

 

...l’avenir des métiers d’art.

 

Dernièrement, il y avait une discussion sur le blog de Christian, menuisier à Montner en Catalogne, de l’avenir des métiers d’art: les sculpteurs, les menuisiers, tous ceux que l'on désigne par le terme magnifique d'artisans. Leur situation est aujourd'hui préoccupante. Tous les jours, des savoirs anciens se perdent, faute d’apprentis.

Par ailleurs, l’Etat et les décideurs semblent se désintéresser du problème de ces métiers. A Montner, par la faute de l'organisation baclée de la journée des métiers d'arts, Christian n'a vu que de rares visiteurs, alors qu'il avait pris sur son temps précieux pour exposer ses oeuvres et initier le grand public à son métier.

 

Mon humble avis.

Malgré tout, je suis pour ma part (modérément) optimiste. Je pense qu’à côté des masses qui se ruent sur les commodes en panneaux de particules fabriquées on se sait où, il y a des gens qui aiment et aimeront toujours la beauté d'objets d'art, façonnés patiemment par des mains expertes.

 

Et surtout, j’espère qu’il y aura toujours des artisans talentueux, qui feront vivre ces savoir-faire. Le pont de Bugarach est le symbole de cette permanence, lui qui a été reconstruit, par des artisans d’aujourd’hui, héritiers des techniques des bâtisseurs d’autrefois. Le travail de passionnés comme Christian nous fait espérer pour l'avenir.  

 

Bref...

Allez donc faire un tour sur le blog de Christian pour voir ses créations et toutes les belles images de sa terre catalane.

Liens.
Cartes postales anciennes de Bugarach.
Le Pech de Bugarach.

Liens externes.
Chez Christian.
Le pont de Bugarach.


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16 octobre 2008 4 16 /10 /octobre /2008 09:14
En ce moment, je suis bloqué en ville et ne puis visiter mes lieux secrets préférés. Je pense que je ne suis pas le seul à soupirer auprès de ces bouts de nature... Pour les autres, comme pour moi, quelques photos de ces coins merveilleux !


Décembre 2006, à Sainte-Juliane (Tarn).

Une petite cabane sous un majestueux pin parasol, dans une belle région du Tarn...


Décembre 2006, Bourg d'Oueil (Haute-Garonne).

Un grand bol d'air, en regardant ces photos des Pyrénées... entre prairies et forêts. Un village belvédère sur une montagne sublime.

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Abellion le Polygraphe - dans Resveries
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27 septembre 2008 6 27 /09 /septembre /2008 22:58

Cette semaine, quel n'a pas été ma joie de recevoir une lettre d'une grande amie, et une fidèle de toujours de ce blog, Hélène. Elle m'a fait l'honneur de me dédier un acrostiche, bien trop flatteur à mon goût, mais tellement gentil avec ses petits dessins.


Vous êtes bien trop gentille, Hélène, mon grec est plus que sommaire ! En revanche il est bien vrai que je préfère un bon vieux volume aux articles de Wikipédia (l'attardé de l'époque de Gutemberg, c'est moi !). Et c'est avec plaisir que je serai votre guide dans ces pays du Sud. 
 
C'est donc avec plaisir, pour la remercier de son poème, que je répondrai à ses deux questions sur le graphisme de mon blog (en supposant que d'autres curieux aussi se les étaient posées).


La Monade...

Le signe étrange, c'est la Monade Hiéroglyphique, un symbole qui remonte à l'Angleterre de la fin du XVIe siècle, et qui a fait parler de lui en Europe tout au long du XVIIe siècle.

Je l'ai placé là pour rappeler le XVIIe siècle et ses figures de polymathes (savants universels) que les lecteurs de romans d'Umberto Eco connaissent bien : John Dee, Athanase Kircher.

La monade est un symbole géométrique de l'univers: le soleil la lune, les quatre directions et quatre éléments, les signes du Zodiaque, etc... Il symbolise le monde dans son ensemble, et comme ce blog se veut ouvert sur le monde...



Le masque.


Quand au personnage, ce n'est ni moi (quoique, une légère ressemblance quand je suis en rogne...), ni un compagnon de tablée, mais le masque de la maison des Cornards, au Puy-en-Velay  !

Et je suis sûr que vous vous en souveniez, Hélène ! Si je l'ai mis là, c'est sans doute mon côté rabelaisien qui m'a inspiré, vous avez mis dans le mille en parlant d'agapes !

Bref, ce sont des messages d'amitié et de soutien comme celui d'Hélène qui me poussent à continuer, malgré le boulot et l'investissement que demande un blog...

Merci Hélène, merci aussi à tous les autres, et à très bientôt sur ce blog qui est le vôtre !


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Abellion le Polygraphe - dans Resveries
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28 juillet 2008 1 28 /07 /juillet /2008 00:21


Enfin les vacances...


Abellion part prendre quelques jours de vacances dans les Pyrénées...



Merci de lui rendre une petite visite de temps en temps ! 



Soyez encore tous remerciés de votre fidélité pour ces 6 premiers mois du blog.  


En vous souhaitant un excellent début de semaine,


Abellion.

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Abellion le Polygraphe - dans Resveries
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11 juillet 2008 5 11 /07 /juillet /2008 13:39

 

Puisqu’en ces temps estivaux il fait définitivement trop chaud pour aller dénicher de nouveaux lieux secrets du Pays cathare, j’ai décidé de faire une pause télé (et oui on ne se refait pas). Je vais vous parler aujourd’hui de ce qui est à mes yeux LA série culte de la télévision française (6 saisons de 1974 à 1983) : les Brigades du tigre.

 

Alors, sortez chapeaux melons et casquettes, faites chauffer les fers à moustache et tout le monde en De-Dion-Bouton, avec Valentin, Pujol et Terrasson !

 

Le concept de la série.

 

Pour les Rip Van Winkle qui auraient passé les 30 dernières années à dormir au fond d’une grotte, voici le concept général de cette série.

 

1907. Alors que les bandits s’organisent, se fournissent en mitraillettes, torpédos et autres bijoux de la technique moderne, la police française a encore des méthodes qui datent du temps de Vidocq. Chevaux et bicyclettes sont les seuls moyens de transports de sergents armés de sabre, aussi magnifiques qu'inutiles… L’inspecteur Paul Valentin en fait la cruelle expérience lorsqu’il est sur le point de coincer la bande des charbonniers, qui lui file sous son nez au volant d’un bolide ultramoderne (pour l'époque, s'entend)…

Mais bientôt, grâce à Georges Clémenceau, de nouvelles unités de police sont créées, pourvues de moyens d’investigation et de transports plus modernes. Elles sont nommées "Brigades mobiles", ou plus familièrement "Brigades du tigre", en hommage au "tigre" (Clémenceau himself). Valentin est nommé commissaire au sein de la première Brigade Mobile (Paris), avec sous ses ordres les inspecteurs Pujol, le titi parisien, et Terrasson, "le colosse de Rodez". La série raconte les enquêtes du trio de 1907 à 1930 environ. Quatre saisons concernent la période avant 1914 (1907-1914), deux autres l'entre-deux-guerres (1919-1930).

 

La série évoque l’introduction dans les enquêtes policières de méthodes d’investigations modernes, le bertillonnage, les empreintes digitales, les photographies anthropométriques, les analyses chimiques… mais aussi les fausses informations lancées dans la presse ! Ce virage historique de la police a été immortalisé dans « La Complainte des apaches », chanson que l’on entend lors du générique de la série dans les 4 premières saisons. Voici quelques extraits de la version longue (paroles et musique Bolling-interprétation Clay)  :

 

Incognito, 
Vos flic maint’nant sont dev’nus des cerveaux,
Ni grands ni gros,
Ils ont laissé leurs vélos, leurs chevaux
En Torpédo,
De vrais casse-cous à 35 au chrono…
M’sieur Clémenceau,
C’est plus réglo c’est la mort du boulot

De face de dos,
Profil ils ont nos bobines en photos,
M’sieur Clémenceau,
Pensez à nos femmes et à nos marmots

 

 

La vérité et la fiction.

 

Les Brigades, si elles ont eu avec Victor Vicas un réalisateur talenteux, ont également bénéficié d’un scénariste génial en la personne de Cl. Dessailly. Celui-ci, pour créer la série, a d’abord consulté des documents d’époque, puisque ces célèbres « Brigades mobiles » ont bel et bien existé (et elles existent toujours, puisqu’elles sont devenues les Services régionaux de police judiciaire). Le 30 décembre 1907, un décret de Georges Clémenceau avait instauré 12 brigades régionales de police mobile (paris, Lille, Caen, Nantes, Tours, Limoges, Bordeaux, Toulouse, Marseille, Lyon, Dijon, Châlons-sur-marne).

 

Mais voilà, vrai casse-tête pour Dessailly, ces brigades ne semblent pas avoir eu en leurs débuts un rôle très prestigieux…. Il a lui-même avoué, après consultation des archives, qu’elles enquêtaient bien souvent sur des « vols de poule »… En effet, ces unités avaient été créés principalement pour surveiller les bandes qui sévissaient dans les campagnes, comme les chauffeurs de la Drôme. Ceux-ci mettaient les pieds de leurs victimes sur le feu pour leur faire avouer l’emplacement du bas de laine, d’où le nom de chauffeurs. A priori, donc, il n’y a pas de quoi faire un polar à l’anglo-saxonne là-dessus. D’autant plus que les premières missions des Brigades du tigre ne sont guère reluisantes : on les utilisa principalement pour ficher les populations nomades…  

 

Malgré tout, même si leur quotidien apparaît parfois un peu plat, les Brigades mobiles avaient rapidement connu d’éclatants succès dans la chasse au crime : dès 1909, elles enregistraient plus de 2600 arrestations. En 1912, elles traquaient les anarchistes de la Bande à Bonnot, en 1913 les meurtriers de l’industriel breton Louis Cadiou. Lors de la Première Guerre, elles servaient dans le contre-espionnage. En 1919, c'étaient les hommes du tigre qui arrêtaient Landru. Dans les années 1930, ils enquêtèrent sur l’affaire Stavisky et le meurtre des frères Roselli, antifascistes italiens. Il semble que les Brigades mobiles aient collé au plus près de l’actualité de leur époque.

 

C’est sans doute cela qui a pu permettre à Dssailly, malgré un matériau parfois fragile au départ, d’élaborer des scénarios fort divers, de 1907 à 1930 environ. Entre fidélité à la vérité historique, et imagination pure… « Il faut violer l’histoire pour lui faire un enfant », disait crûment A. Dumas.

 

Les personnages et les acteurs.

 

Pour assurer une large audience à cette série populaire, il fallait des personnages attachants, qui rendent l’identification ou l’admiration possible… Là aussi on a envie d’invoquer Dumas et les trois mousquetaires : le commissaire Valentin et ses hommes, les inspecteurs Pujol et Terrasson, sont unis par des liens d’amitié plutôt que d’obligation hiérarchique, comme Aramis, Porthos, d’Artagnan… Bonne humeur et vannes sont au rendez-vous… De plus, tout en étant très proches, les personnages sont complémentaires.  

 

Valentin (J.-Cl. Bouillon) représente l’idéal du flic travailleur et intelligent. Idéaliste, il croit en la justice et ne se laisse jamais corrompre par les malfrats, ni impressionner par les hommes de pouvoir. Véritable acteur, il lui arrive de se déguiser en mondain ou en ripoux pour le besoin d’une mission. Beau gosse, il utilise son charme dans les enquêtes ; Bouillon qui interprète le personnage recevait régulièrement, paraît-il, des lettres d’admiratrices. Extrêmement rusé, Valentin n’hésite pas à user de stratagèmes retors, comme par exemple lorsqu'il insère de fausses informations dans la presse… Cela ne l’empêche pas d’être un bon camarade et de rire volontiers avec ses hommes.

 

Alors que Valentin représente le chef naturel, pourrait-on dire, ses deux hommes, les inspecteurs Pujol et Terrasson représentent deux pôles opposés du peuple français : le nord et le sud, la ville et la campagne.

 

Pujol (Jean-Paul Tribout) est le type même du populo parisien, sorte de voyou des banlieues qui aurait bien tourné…  Il compense un physique un peu gringalet par un esprit vif et un bagou intarissable. C’est lui qui se charge des filatures et des infiltrations dans le milieu. Comme Terrasson le dit dans un épisode, Pujol a toujours rêvé de voir comment ça se passait « de l’autre côté ». Tête brûlée, Pujol est souvent en mauvaise posture. Son intérêt pour les femmes est inversement proportionnel à son adresse pour leur faire la cour… et il se trouve souvent gratifié d’une gifle ou d’un commentaire déplaisant. Pujol est un vrai maniaque du déguisement, son préféré étant celui de l’apache (foulard, casquette, costume d’ouvrier).

 

Terrasson (Pierre Maguelon), comme son nom l’indique, représente au contraire l’homme de la terre, de la campagne. Son accent lui assigne sans ambiguïté une origine méridionale. Il est infatigable, doté d’une force physique prodigieuse : ainsi, lorsqu’une porte est fermée à clef, Valentin a coutume d’appeler : « Terrasson », pour que celui-ci la force. Mais le colosse sait aussi se servir de son cerveau. Il adore les techniques modernes, relève les empreintes digitales, et même invente dans un épisode… le portrait-robot! Terrasson est aussi sensible que Pujol au charme féminin, mais néanmoins beaucoup plus fleur bleue: la preuve, il finira par se marier !

 

On ne peut pas ne pas citer le divisionnaire Faivre, joué exquisément par François Maistre. C’est un homme dur et autoritaire, pour ne pas dire un tantinet sadique, et par là même très drôle. Lors de la première mission de Valentin, il dira : «  ce sera votre premier succès, ou votre dernier échec ». Son leitmotiv est : "Pas de fiasco!" L’un de ses passe-temps favoris consiste à surgir dans la salle de gymnastique au moment de la pause, et de demander à ses hommes s’ils veulent une tasse de thé et des petits gateaux… 
Sous des dehors impitoyables, il est secrètement inquiet pour la sécurité de ses subordonnés, qu’il aime comme un père. Maniaque et ordonné à l’excès, il a des tics caractéristiques : il joue sans cesse avec deux boules et a toujours une petite rose sur son bureau. Son grand regret est d’être cantonné dans un poste de commandement et de ne pouvoir prendre part personnellement aux opérations « Vous vous imaginez que j’ai toujours eu le c… posé sur une chaise », s’exclame-t-il, indigné, à Valentin. Enfin, Faivre est un homme de poids et d'influence, un peu comme M. de Tréville dans les Trois Mousquetaires. Il connaît personnellement Clémenceau, et ses relations vont jusqu’au haut clergé… il ne manque jamais de signaler à ses hommes la dimension politique de leur investigations (« Je saute et vous avec »).

 

Le Brigades et l’histoire.

 

Ce qui fait le charme des Brigades, c’est qu'elles ne sont pas uniquement une série policière, mais peut-être avant tout une série historique. Desailly a voulu évoquer, dans ses scenarii, ces années de fracture du début du XXe siècle, où l’on bascule d’un monde dans l’autre, dans des bouleversements scientifiques, sociologiques, civilisationnels.

La portée historique de chaque épisode est évoquée dans le pré-générique de chacun d’eux par un prologue. Celui-ci est une introduction historique brève mais éclairante, qui permet d’ancrer la fiction dans le cadre de l’histoire. Lors de ce prologue défilent des illustrations au style délicieusement désuet, dans le goût un peu théâtral de ce que l’on pouvait voir à la une de L’Illustration, et autres journaux du début du siècle… Une idée géniale, si vous voulez mon avis.

 

On peut faire un bref inventaire des thèmes historiques abordés :

-les attentats anarchistes (Nez de Chien, Le défi)

-l’émancipation des femmes (Le temps des garçonnes, Les demoiselles du Vésinet, Lacs et entrelacs).

-les débuts de l’aviation (Les vautours).

-les prodromes de l’ère atomique (Le village maudit).

-les perversions et autres joyeusetés psychologiques cataloguées par Freud et alii (L’homme à la Casquette).

-les sectes d’illuminés, alors aussi nombreuses qu’aujourd’hui (Les cavaliers de l’Apocalypse, L’auxiliaire).

-la doctrine de la pureté raciale et la montée du fascisme (L’auxiliaire, Réseau Brutus).

-L’importance croissante de la presse dans la vie publique (L’ère de la calomnie)

 

Desailly n’hésite pas à disséminer des références à une actualité plus récente. Ainsi, l’un des personnages de La confrérie des loups, un perceur de coffres, s’appelle… Spagiari !

 

Une série multi-genres.

 

Ce qui est fascinant aussi, c’est la pluralité des genres qui sont convoqués : pas seulement l’enquête policière type, mais aussi la référence à d’autres genres filmographiques ou littéraires.

-ainsi, « Don de Scotland Yard » met les brigades aux prises avec un alter ego d’Arsène Lupin Tony Bennett.

-deux épisodes au moins ont trait au fantastique : le Vampire des Karpates et le Village Maudit.

-plusieurs épisodes enfin évoquent les films d’espionnage (Les filles de l’air, Collection 1909, Les anges de l’Apocalypse).

 

Le ton des brigades.

 

Il est très varié. Il y a des moments d’angoisse, notamment quand Pujol ou Valentin se font enlever par leurs ennemis…. Du suspense, toujours. Mais souvent l’ambiance est à l’humour. L’épisode le plus drôle de la série est sans doute Les demoiselles du Vésinet, où deux suffragettes d’un âge respectable prennent en otage un homme politique pour obtenir le droit de vote des femmes… Du grand art. Le duo comique Pujol-Terrasson, le petit futé hâbleur et le grand taciturne qui n’en pense pas moins, fonctionne particulièrement bien, de même que celui formé par Valentin et Faivre (le subordonné débordé et le chef irascible).

 

Bref.

Cette série cultissime fut trop tôt arrêtée, puisqu’une septième saison était prévue qui ne fut pas tournée. En tout cas, l'intégralité de la série est disponible en DVD chez TF1 vidéo, il ne faut pas la manquer. La bande originale est elle aussi facile à trouver, chez Play-Time (1992). Les musiques de Claude Bolling sont parfaites.

Si vous ne connaissiez pas encore les Brigades, vous savez donc ce qu'il vous reste à faire.

Lire.

Histoire et dictionnaire de la Police, éd. Bouquins.

Les Brigades du tigre (le livre): je crois qu'il y a plusieurs tomes parus. Un tome par saison, avec une novélisation des scénarios de Dessailly par le maître lui-même. J'ai chiné dans un vide-grenier le tome I "La main noire", aux éditions Nathan, 1976, pour un euro je crois... Il contient six nouvelles correspondant aux 6 épisodes de la première saison.

Photos.

Le magazine des séries, une mine d'informations et de photographies, qui a bien voulu me prêter nombre de ces images.

Les photos NB proviennent du livret de la BO chez Play Time.

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Abellion le Polygraphe - dans Resveries
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5 mai 2008 1 05 /05 /mai /2008 07:57




C'est l'interrogation du blogueur face à ses lecteurs... Qui êtes-vous donc, vous qui lisez mes articles ?

Il ne s'agit pas d'un interrogatoire de police, ni de lever le sacro-saint "anonymat de l'internaute". Mais, si vous avez passé quelques instants sur ce blog, s'il vous a intéressé, pourquoi ne pas en retour dire quelques mots très simples sur vous?  

Par exemple, ce ne sont que des suggestions.
-votre tranche d'âge, sexe, métier, passions diverses...
-votre région...  Habitez-vous l'occitanie ou êtes-vous un lointain admirateur de notre pays?
-ce qui vous plaît dans la vie, etc.
-n'importe quel autre renseignement intéressant...
- ce que vous appréciez ou pas sur le blog.
-ce que vous aimeriez y voir à l'avenir...

Je suis sûr que cela intéressera aussi les autres internautes.
N'hésitez pas à laisser en commentaire quelques mots. Je compte sur vous !

A bientôt,
Abellion.  
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Abellion le Polygraphe - dans Resveries
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6 janvier 2008 7 06 /01 /janvier /2008 14:08

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La lumière nous intrigue à juste titre. Elle est fascinante, car paradoxale.

Un être paradoxal, qui relie les contraires 

Depuis l'Antiquité (autant que les textes en témoignent, mais sans doute bien avant), les propriétés extraordinaires de la lumière ont surpris les hommes.

Elle semble bien tangible, parce qu'elle a en commun avec le feu la faculté de brûler et d'éclairer, mais aussi presque immatérielle, traversant l'espace à une vitesse inconcevable. Si bien que longtemps, en Occident, on l'a cru immatérielle, ou intermédiaire entre les choses corporelles et immatérielles. 

Elle semble prendre naissance dans la région des astres (le ciel), mais venir jusqu'à nous et éclairer la moindre parcelle de la terre.
 
Pour les anciens penseurs, avant les certitudes de la science moderne, la lumière était donc radicalement insaisissable; on avait juste tendance à y voir ce par quoi les astres agissait sur terre. D'où sa place fondamentale dans toute cosmologie. D'où aussi le développement rapide de l'optique (relativement aux autres sciences) en Grèce, Arabie puis en Occident, car les scientifiques tentaient de percer l'énigme.  

Qu'est-ce que la lumière ?

Pendant des siècles, on a essayé de percer la nature de la lumière. Pour certains, elle est une émanation du feu. Pour d'autres, elle est une propriété (un accident) du milieu. D'autres encore y voient un atomes, d'autres une onde. La physique moderne apporte des réponses à ces question, mais les hommes n'ont cessé de se les poser depuis l'origine des temps, faisant s'entrechoquer des théories contradictoires. Particulièrement au XVIIe siècle, où les conceptions occultistes, aristotéliciennes et mécanistes de la lumière se combattent. Marsile Ficin a pu dire a propos d'elle: Rien n'est plus clair, rien n'est plus obscur.

Lumen Numen: la lumière divine. 

Si bien que l'étrangeté de la lumière, de même que sa capacité à rapprocher les contraires, ont souvent laissé croire que la lumière était divine, ou tout du moins l'image du divin. Ainsi les textes attribués à Hermès Trismégiste (IIe s. ap JC) décrivent la divinité comme lumière, voire comme la vie secrète qui pénètre le monde. Le christianisme affirme que Dieu est la vraie lumière (Prologue de l'Evangile selon saint Jean). On pourrait multiplier les affirmations allant dans ce sens, dans toutes les religions.

Divinisation, métaphysique, théologie, métaphorisme de la lumière. 

C'est ainsi que se sont développés des conceptions reliant la lumière et l'expérience religieuse, selon quatre modes sucessifs ou parfois cohexistants dans l'histoire de l'Occident. Ces division étant très grossières et générales.

-la divinisation de la lumière ou du soleil, ou des astres: dans la religion astrale de la fin de l'antiquité (textes hermétiques, Julien l'Apostat, Proclus, Jamblique).

-la métaphysique de la lumière: où la lumière, intermédiaire entre le matériel et le spirituel, est à la fois l'agent physique de la formation de l'univers et l'agent métaphysique de la connaissance et de l'intelligence (certains néoplatoniciens, Robert Grosseteste, Patrizi, Kepler). 

-la théologie de la lumière: propre au christianisme, où la lumière devient l'analogie ou la métaphore du Dieu chrétien sans se confondre avec elle (Denys l'Aréopagite, Thomas d'Aquin). Ainsi l'on parle de lumières de foi, de la raison, etc... 

-le métaphorisme simple de la lumière: ainsi, dans la pensée laïque et sécularisée du XVIIIe siècle, la métaphore du "siècle de la lumière" ne se relie plus à une croyance en un lien entre la lumière et la divinité, mais simplement comme une métaphore du progrès de l'humanité amené par la raison (la lumière naturelle). 

Conclusion qui ne conclut rien. 

Bref, ces quelques réflexions pour montrer la richesse de la lumière, et ses implications diverses. Je serai amené à aborder ces thèmes à nouveau sur le blog. n'hésitez pas à me faire part de vos réflexions et de votre expérience sur le sujet.

Postface (octobre 2009)
Un autre de mes articles qui date de l'époque où le blog s'appellait "Cabinet de curiosités éclectiques", et s'intéressait à l'histoire intellectuelle de l'Europe, notamment du XVIIe s.. Depuis, le blog a pris une direction différente, en se consacrant au patrimoine du Languedoc. L'article est intéressant même si mal fagoté et diablement mal présenté... Je comprends que mes premiers visiteurs aient été rétifs à laisser des commentaires !

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4 janvier 2008 5 04 /01 /janvier /2008 22:36
caravaggioconversionmm.jpgLe Caravage, Conversion de Marie-Madeleine. 


Voilà une mise en scène apparemment sans mystère. Une fenêtre d'où se déverse la lumière. Un miroir. Une dame que l'on appelle à se contempler dans la glace.

La fenêtre illuminée est invisible, et révélée par son seul reflet, alors que le visage de la femme nous est directement visible. La lumière, que les hommes tentent de définir depuis la naissance du mythe et de la philosophie, reste mystère, énigme. D'où son caractère sacré dans l'histoire des doctrines philosophiques et religieuses. Dans le miroir, nous apercevons le plus familier: notre visage, et le plus énigmatique: la lumière. 

Mais n'est-ce pas plutôt l'inverse? La fenêtre semble si lumineuse, alors que la visage de la femme est dans l'ombre. La lumière se donne à tous comme clarté, sans faux-fuyant, alors que notre visage reste masque et énigme pour les autres, et peut-être aussi parfois pour nous-même... La dame ne semble-t-elle pas fuir le miroir du regard? A-t-elle peur de l'image ?

Parmi toutes ces paradoxes, une certitude s'impose. La lumière est énigme, mon visage est énigme; mais au croisement des deux énigmes se produit quelque chose d'évident, d'immédiat: l'image. Cette image que je contemple dans le miroir. Image qui est tout sauf énigme, et que je reconnais sans y penser comme mienne. Comme le reflet de ma réalité.

Deux énigmes additionnées, la lumière et le visage, produisent une évidence, presque une certitude, le reflet.
D'où l'idée suivante: 
Si une énigme en elle-même est incompréhensible, la rapprocher d'une autre énigme produit sens et évidence.
 
Ou: 
L'incompréhensible prend sens au contact d'un autre incompréhensible. 

En clair:
Le mystère du monde prend sens au contact du mystère des signes.

Ainsi en rapprochant l'énigme des signes mathématiques de l'énigme de l'univers, le savant crée la science. 
L'écrivain, dans la littérature, fait sens en entrechoquant le mystère du langage et le secret de l'existence. 
L'amoureux, dans l'amour, tente de percer le mystère de l'aimé en lui révélant son propre mystère, par ses paroles et ses gestes.  

Qui oserait affirmer que les signes mathématiques sont la clé de l'énigme de l'univers? Personne n'en est certain, pas même les scientifiques eux-mêmes. 
Qui pourrait assurer que les mots sont la clé de nos existence? Selon nos contemporains, c'est encore moins sûr. 
Qui pourrait assurer l'amoureux que l'aimé lui livre sa vérité? Rien d'autre que l'amour lui-même...

Et pourtant, ces signes énigmatiques, comme une lumière mystérieuse, révèlent le visage de l'homme ou du monde dans le miroir de la connaissance. Libre à notre époque, à tort ou à raison, de révérer la lumière de la science, là où d'autres temps préféraient celle des mots ou du mythe. Mais la situation reste la même.

Quelle valeur pour l'image qui se peint dans le miroir de la connaissance? Est-elle image trompeuse ou véridique? Dans l'impossibilité de trancher cette alternative réside toute la condition humaine. Homo viator, homme voyageur conduit à promener, incessamment, et peut-être sans profit, son miroir le long du chemin.  

Que ce blog soit un petit miroir où, à la lumière de la pensée des philosophes, écrivains, et autres penseurs, ou d'une simple photo, quelque chose de notre visage ou de celui du monde puisse se refléter. Ou plutôt se réfracter, se diffracter, à travers les mille éclats d'un miroir brisé.

Postface novembre 2009

Un de mes premiers articles. Il y a des idées intéressantes, mais c'est diablement embrouillé... A l'époque, je me lançais dans de grandes envolées lyriques sans souci d'être compris... C'est un  des grands mérites des blogs de nous apprendre à écrire pour les autres...
 
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