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Le Pays cathare ou Languedoc (Ariège, Aude, Haute-Garonne, Tarn)...

Venez y découvrir
les lieux méconnus...

...qui vous parlent de l'histoire, du patrimoine, des légendes du sud de la France.

Un monde si proche et si lointain de châteaux, de villages perchés, de pics et de forêts profondes s'ouvre désormais à vous.



"Les êtres et les choses sont créés et mis au monde non pour la production mais pour la beauté"
Joseph Delteil

 

"Ne soyez pas des régionalistes. Mais soyez de votre région."

Joë Bousquet 

 

"Celui qui n'a pas de passion, il ne lui sert à rien d'avoir de la science."

Miguel de Unamuno

13 décembre 2009 7 13 /12 /décembre /2009 09:50

Dans les paysages grandioses et désolés des plateaux de l'Aubrac (Aveyron), un établissement accueillait, soignait et protégeait les pèlerins de Compostelle. Les bâtiments, tout de pierre rouge ou noire, méritent la visite pour leur beauté austère et rustique.  

Poussons donc cette belle porte de pierre pour évoquer ce lieu unique, à l'ambiance si particulière...

aubrac porte

Les plateaux de l'Aubrac

L'Aubrac est un pays horizontal, un plateau de 25000 hectares. Plus précisément, c'est un vieux socle granitique recouvert de basalte. Ici, pas de champs cultivés, mais de l'herbe et de la roche à perte de vue, jusque dans les vallonnements et les forêts de pins, les bois de hêtres et les tourbières. Ici poussent la gentiane et le colchique. Un vent mordant et glacial, en cette fin d'automne, vous y transperce jusqu'aux os...

aubrac plateau

Le grandiose paysage de désert n'est interrompu que par quelques villages, ou encore la silhouette trappue des burons (mazucs) où naguère encore, les buronniers fabriquaient le fromage de vache de Laguiole, vivant là comme des ermites, dans un confort rudimentaire.

La Via Podensis sur les chemins de Saint-Jacques

Si ce milieu nous semble encore hostile de nos jours, qu'en était-il jadis, lorsqu'aux rigueurs du climats venaient s'ajouter les attaques de brigands, les razzias des bandes armées pour soutenir la cause d'un souverain, ou d'une religion ?

En effet, sur le plateau de l'Aubrac passe un des chemins menant à Saint-Jacques le Compostelle, le chemin du Puy (Via Podensis), inauguré en 951 siècle par Godescalc, évêque de la cité de la Vierge Noire. De fait, les pèlerins étaient nombreux autrefois (ils le sont à nouveau aujourd'hui, semble-t-il), et les lieux n'étaient pas très sûrs...

aubrac domerie 3

"Dans ce lieu d'horreur et de profonde solitude"

Au XIIe siècle, la domerie d'Aubrac n'existait pas encore. La région était particulièrement hostile et mal famée, décrite selon les textes comme "loc[us] horroris et vastae solitudinis" (lieu d'horreur et de profonde solitude)...

Un pèlerin allait éprouver à ses dépens les dangers de l'Aubrac médiéval, en 1120. Il s'appelait Adalard, comte de Flandres, et se dirigeait lui aussi vers le Finistère espagnol et la tombe de l'apôtre. A l'aller, sur les plateaux de l'Aubrac, il dut repousser une attaque de brigands; au retour, il se perdit dans une tempête de neige.

La naissance de la dômerie-la règle de Saint Augustin

On dit alors qu'il fit voeu de construire un hôpital et un monastère, refuge et abri pour les pèlerins de passage. Les travaux firent sortir de terre un couvent et un hôpital, gérés par des religieux vivant selon la règle de saint Augustin, sous la direction d'un prieur (le "dom", qui n'est donc pas un bénédictin, contrairement aux apparences).

Cette règle imposait la vie commune, le silence, la chasteté, l'obéissance et l'abstinence de viande plusieurs jours par semaine et à l'occasion de certaines fêtes religieuses. La domerie dépendait directement du pape. Les religieux pouvaient nommer eux-même le dom.


aubrac domerie 8

Soigner, nourrir, prier, protéger

Telles étaient les principales vocations de cet établissement. Pour les assurer, il disposait d'un personnel important.

Les donats, frères laïcs ayant fait le triple voeu (pauvreté, obéissance, chasteté) s'occupaient des exploitations agricoles où on tirait de la terre de quoi satisfaire les appétits les pèlerins... Les possessions de la domerie étaient importantes, comprenaient des pâturages, des prés, des bois et des vignes. L'élevage était un activité importante (1800 brebis en 1663).

Les prêtres célèbraient sur place les offices; on dit qu'il y en eut jusqu'à cinquante sur place. Les frères et les soeurs s'occupaient des malades à l'hôpital construit sur place. Enfin, les chevaliers se chargeaient de maintenir l'ordre et de protéger les pèlerins des attaques des maraudeurs.

aubrac domerie 5

L'église

C'est une belle construction sur laquelle j'ai pour l'instant bien peu d'informations. Le clocher actuel date de 1467. Un détail amusant que l'on peut noter : on y trouve Maria, que l'on appelle parfois "la Cloche des perdus" (1772). C'était en effet elle dont le son guidait les pèlerins égarés dans la nuit, la brume, la neige... L'inscription qu'elle porte nous rappelle les pouvoirs merveilleux que nos ancêtres prêtaient aux cloches :

 

Deo jubile
Clero canta
Daemones fuga
Errantes revoca
Jubile pour Dieu,
Chante pour les clercs,
Chasse les démons,
Rappelle les égaré
s


aubrac domerie 6

La Tour des Anglais (photo)


C'est une construction imposante, toute de pierre rouge. Elle fut achevée en 1353 ; comme la date et son nom l'indique, elle fut donc achevée pendant la Guerre de Cent Ans. Nul doute que l'Aubrac eut alors à souffrir des déprédations des bandes de soldats ou de routiers... La tour était englobée dans les fortifications aujourd'hui disparues. Les fenêtres révèlent évidemment qu'elle a subi des aménagements postérieurs, lors de périodes moins tourmentées.

Une histoire monumentée

La richesse de la domerie a dès le départ suscité les convoitises, et en particulier celle des ordres religieux militaires, Templiers et Hospitaliers. Les fameux Albigeois ne firent pas preuve de détachement des biens matériels en cette occurence, vu qu'ils essayèrent aussi de s'en emparer. Malgré la tour et les fortifications, les Anglais l'occupèrent de 1370 à 1385. Pendant les guerres de religion, les Huguenots (1569) l'occupent et les Ligueurs la ravagent (1595). En 1793, les derniers frères sont expulsés. Il faudra attendre la fin du XIXe siècle pour que l'on commence à restaurer la dômerie.

aubrac domerie 4

Bref...

Les bâtiments subsistants forment comme un oasis de pierre sur ce plateau grandiose et désolé... Quand je me promène à Aubrac, je médite sur le courage de ces gens qui firent le pari dans une époque d'insécurité, de s'installer dans un lieu aussi isolé et dangereux, et qui sont même parvenus à y prospérer. C'est la grandeur de l'homme de pouvoir s'adapter au lieu le plus hostile, pour y vivre selon les idéaux qu'il s'est donné. Folie qui est un écho à une autre folie, celle des pèlerins jetés sur des chemins, sans assurance de retour, mais mus par un rêve...

D'autres articles viendront dans les jours prochains sur les merveilles de l'Aveyron. Restez donc à l'écoute.

Localiser Aubrac sur la carte interactive

Sources
L'Aveyron d'Alain Drignon, Fil d'Ariane éditeur. De superbes photos et de nombreux détails historiques.

Liens
Dans un site personnel sur l'Aveyron, une belle visite érudite et en images de la domerie
Visite du village d'Aubrac (Aveyron tourisme)
La domerie d'Aubrac (Chamina)

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25 mai 2008 7 25 /05 /mai /2008 19:12

 

 

Il n’est guère de ville plus mystérieuse que le Puy. Bâtie sur la roche volcanique, elle s’orne de magnifiques sanctuaires édifiés à l’époque romane. Ils sont le lieu d’un pèlerinage à la Vierge qui daterait, selon certains, de quinze siècles.

 

Mais le Puy n’est pas uniquement dévote et chrétienne : il suffit de parcourir ses rues pour y voir des sculptures scatologiques, le siège d’une « confrérie des cornards » aux accents carnavalesques…

 

Même le souvenir des anciens dieux des romains y a sa place, comme en témoignent un « temple de Diane », et même l’emplacement de sa cathédrale, construite sur un ancien lieu de culte païen… Baladons-nous donc dans cette ville mystérieuse, confluent d’influences multiples. 

 

« Entrer par le nombril ».

 

Les origines du sanctuaire d’Anicium, ancien nom du Puy, se perdent dans les brumes du passé. Le premier sanctuaire du Puy aurait été construit au Ve siècle par l’évêque Scutaire sur les restes d’un temple païen. Il est dit que Charlemagne y vint deux fois. Théodulphe, évêque d’Orléans, offrit une Bible précieuse, de style carolingien, qui est toujours conservée sur place.

Une chose est sûre néanmoins. Les premières pierres de la cathédrale actuelle datent du Xe siècle. Au XIIe siècle, devant l’affluence des pèlerins, l’Eglise parut trop étroite, et il fallut songer à l’agrandir. Un problème de taille se posa alors : l’église était construite sur le sommet d’une hauteur ; comment alors l’élargir latéralement ? Les architectes romans durent alors, littéralement, construire au-dessus du vide…

 

Du fait de cette particularité, jusqu’au XVIIIe siècle, l’escalier conduisait directement au cœur même de l’Eglise, ce qui avait fait dire à l’époque que l’on entrait dans l’Eglise « par le nombril » ! Du XIIe siècle date aussi le magnifique cloître, joyau de l’art roman. De l’avis des spécialistes, les influences mozarabes et byzantines se remarquent un peu partout dans l’architecture de la cathédrale.

 

La Pierre des Fièvres

 

Le pèlerinage médiéval était scandé de lieux sacrés. L’un d’eux était la Pierre des Fièvres, qui est de nos jours située près de l’entrée de l’Eglise, en haut de l’escalier de 134 marches de la Porte dorée menant à la cathédrale. La légende dit qu’un infirme s’y était couché et avait retrouvé la santé. Au Moyen-âge, les pèlerins venaient s’y agenouiller pour implorer leur guérison, si bien qu’ils perturbaient les cérémonies et que l’on dut la transporter à l’entrée. Elle fut ensuite souillée par un adultère et brisée par la foudre.

 

Il s’agirait en fait à l’origine d’une ancienne dalle de dolmen auprès de laquelle la Vierge serait apparue, et qui aurait été par la suite transportée là. S’agit-il de la christianisation d’un lieu de culte païen ? Une chose est sûre : de nos jours, le rituel de la Pierre des Fièvres est encore réalisé par certains pèlerins.

 

Une ville de savants.

 

Mais le Puy n’était pas seulement une ville de miracles et de pèlerins. Depuis le Moyen-âge, elle a une vocation de centre intellectuel et d’enseignement. En témoigne l’ancienne université qui était attachée à la cathédrale du Puy, et dont les activités sont évoquées par une fresque du XVe siècle.




On y aperçoit quatre jeunes femme, allégories des trois arts du trivium (premier cycle des études universitaires médiévales), plus un art du quadrivium (la musique). La musique joue de l’orgue, la rhétorique tient une lime, la logique est accompagnée d’un lézard et d’un scorpion, et la grammaire de deux jeunes élèves. Chaque allégorie est accompagnée d'un personnage emblématique : Tubalcaïn pour la musique, Cicéron pour la rhétorique, Aristote pour la logique et Priscien pour la grammaire.

 

A la fin du XVIe siècle, ce sont les Jésuites qui installent un collège (1588), à la demande des habitants. En 1595, suite à l’attentat de Chastel contre Henri IV, les Jésuites de France sont soupçonnés et le collège menacé de fermeture. Mais la Compagnie tient bon et reste là jusqu’à sa supression par Louis XV, après quoi le collège des pères deviendra collège royal, puis lycée.

 

La Vierge noire du Puy.

 

Le Puy était réputé jadis pour sa Vierge noire qui fut adorée du Moyen-âge à la Révolution. Elle fut brûlée en effet le 8 juin 1794, en l’honneur de " l’être suprême", divinité mort-née des Révolutionnaires. La statue actuelle exposée dans la cathédrale est une copie datant du XVIIe siècle.

 

On connaît l’aspect de la statue originaire d’après un dessin (photo ci-dessus) et une description du géologue Faujas de saint-Fond (1778). C’était une Vierge de 72 cm de haut environ, taillée en ronde-bosse dans un bois dur (cèdre ou sétin), et recouverte d’une toile marouflée, selon un procédé courant au Moyen-âge. Les proportions du visage étaient étranges, note Faujas : « La forme du visage représente un ovale extrêmement allongé ». Les traits étaient sévères, avec des yeux de verre ou de pierreries.

 

Une première énigme se pose à propos de cette statue : son origine. On a longtemps pensé, sans preuves, qu’elle avait été ramenée des Croisades par Louis IX, voire même que c’était une idole datant du temps des Gaulois ! Ces hypothèses naïves, datant d’un autre temps, font sourire… Plus raisonnablement, il doit s’agir d’une statue romane de fabrication locale. En effet, comme la plupart des Vierges romanes auvergnates, elle est en majesté (assise sur un trône), et présente au peuple l’enfant Jésus sur ses genoux.

 

Le mystère des Vierges noires.

 

Pourquoi une vierge noire ? La question a fait couler beaucoup d’encre. Les esprits religieux y ont vu un symbole mystique, en rapport avec le Cantique des cantiques : « Je suis noire, mais belle, filles de Jérusalem », appliquant les paroles de la Sulamite à la Vierge Marie. Les savants positivistes ont pensé que la couleur noire venait de la bougie des cierges, ou d’un séjour des statues dans la terre. Ce qui faux, car de nombreuses statues de la même époque n’ont pas noirci, et que certaines avaient le visage noirci, mais pas les mains (voir le dessin de Faujas ci-dessus, qui le montre bien pour la Vierge du Puy).

 

De récentes recherches tendent à prouver que le noircissement des statues était intentionnel : les statues étaient repeintes en noir à intervalles réguliers.  Cela était effectué par des prêtres, qui perpétuaient là un rituel mystérieux dont on ignore les origines. Ce rituel était-il d’inspiration païenne (référence au noir, couleur de la déesse-mère) ou chrétienne ? Nul ne saurait le dire… Cela restera sans doute à jamais un mystère.

 

Une autre énigme subsiste à propos de la Vierge noire. En 1794, on la fit charger sur la charrette de l’éboueur. D’un coup de sabre, un soldat lui trancha le nez, et l’on vit que l’intérieur était de bois de cèdre. On la jeta dans un feu où brûlaient toutes sortes d’objets confisqués au clergé ; on aurait vu alors quelque chose tomber de l’arrière de la statue. Plus tard, lorsque les cendres provenant du bûcher furent épandues dans un champ, on y trouva une pierre dont des experts dirent qu’elles était couverte de hiéroglyphes égyptiens. Venait-elle de la Vierge ? On ne le saura, là aussi, jamais, pour autant que l’histoire est authentique…

 

La mystérieuse confrérie des Cornards.

 

Après avoir parlé du Puy, lieu sacré, évoquons maintenant la face rabelaisienne et carnavalesque de la ville avec… la maison des Cornards, située au 16, rue Chamarlenc. On y voit un masque grimaçant ou barbu, sculpté en ronde-bosse dans la pierre, et ornée d’une magnifique paire de cornes. Une inscription au-dessus dit :

 

Voies le cornar rian.

Ah que les cornes vont
bien sur un front
comme le mien

 

La maison était en fait le siège de la "confrérie des Cornards". Cette société était une sorte d’académie de bons vivants, fondée au lendemain des guerres de religion. Ses membres formaient cortège et allaient festoyer sur la rive droite de la Loire, à saint-Germain la Prade. Lors du rite d’intronisation d’un nouveau membre de la confrérie, celui-ci et tous les compagnons devaient embrasser un peuplier qui se trouvait là. D’après un témoignage de 1887, le rituel existait encore, même si la société elle-même avait depuis longtemps disparu.

 

La confrérie comme le rituel semblent s’inscrire dans la lignée des charivaris, manifestations populaires bien connues, qui avaient pour fonction de rappeler aux jeunes mariés la menace du cocuage, ou de sanctionner les couples infidèles, adultères, mal assortis…

 

En bref…

 

Enfin, derniers éléments que je signale, car on pourrait écrire des volumes entiers sur le Puy…

-Une chapelle de l’église saint-Laurent conserve dans un mausolée les entrailles du preux chevalier Du Guesclin (remanié au XIXe siècle).

- La chapelle des pénitents blancs a été construite du XVIe au XVIIIe siècle. Elle a une belle entrée ornée de colonnes torses salomoniques, et un plafond de bois à caissons du XVIIe siècle. La confrérie des pénitents existe encore et, chaque Jeudi saint, effectue le chemin de croix dans la ville, puis l’ascension du rocher Corneille.

 

- au numéro 6 de la rue Chenebouterie, la maison d'un aromateur du XVIe siècle est dite maison du "cagaïre" parce qu'elle présente en façade une amusante sculpture scatologique. C’est ce qu’on appelle une enseigne parlante !

-le Puy connut au XVIIe siècle une peste effroyable qui fit plus de 10000 victimes. C’est alors que les habitants firent un vœu solennel à la Vierge du Puy, immortalisée par un tableau contemporain des événements, au style puissant. L’œuvre de Jean Solvain (1630) représente le clergé et les notables de la ville en procession.

Iconographies.
Cartes postales anciennes (éd. Cazes-Bonneton, Margerit-Brémond, Lévy et Neurdrin).
Base Mérimée (Ministère de la culture).

Référence.
S. Cassagnes-Brouquet, Les Vierges noires.
Annette Lauras-Pourrat, Guide de l'Auvergne mystérieuse.
Office de tourisme du Puy-en-Velay.
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17 avril 2008 4 17 /04 /avril /2008 21:37

 

D’un côté, Donneville est un petit village de la banlieue toulousaine, absorbé dans le tissu « rurbanisé » de la métropole régionale, avec son cortège de « villas » Mikit et de résidences Kauffman-Broad (sic transit gloria mundi). De l’autre, c’est encore un village typique du Lauragais au riche patrimoine, en particulier religieux. Et ceux qui passent à toute vitesse sur la RN 113 ne risquent pas de remarquer cet étrange vestige du passé : une croix ornée de signes mystérieux…

 

 



Description de la croix.


Un socle monolithe massif supporte une sorte de fine colonne d’environ un mètre de haut, dont la partie supérieure est ornée de plusieurs personnages. La colonne supporte à son tour une petite croix de fer noire, très simple.

Le socle et la colonne sont sans doute d’époque gothique, la croix de fer est, quant à elle, sûrement plus récente.

 

Les chemins de saint-Jacques.


Plusieurs personnages, sans doute des saints, sont présents sur cette croix. On reconnaît facilement saint Jacques, à son chapeau et à son bourdon (bâton) de pèlerin. Pour cause : nous sommes sur un des chemins du pèlerinage espagnol.

 


Des signes énigmatiques.


Sur le socle et la colonne, on remarque un certain nombre de signes énigmatiques, en forme de fer à cheval. Certains sont vides, d’autres sont ornés en leur milieu de croix. On ignore la signification de ces signes. Le béotien dira, peut-être non raison, que le fer à cheval est un porte-bonheur ! Mais en était-il de même au Moyen-âge ?

Certains ont dit qu’il s’agissait d’ex-votos laissés sur place par les voyageurs : ceux-ci remerciaient sans doute la Providence de leur avoir assuré un bon voyage... Nul n'en saura jamais la raison !

 

Incroyable mais faux.


Vous vous demandez sans doute comment on a pu laisser un tel joyau au bord d’une route à grande circulation, sans surveillance ? Et bien tout simplement, parce que la croix est fausse ! Plus précisément, il s’agit d’un moulage effectué par les  monuments historiques. La copie est parfaite, du moins au premier coup d’oeil !

 

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