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Le design et les bannières du blog sont une oeuvre originale de Little Shiva. Un grand merci à cette graphiste de niveau international,  pleine de talent et de générosité. Son boulot est splendide.Vous pouvez aussi admirer son oeuvre d'artiste ici.

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Le Pays cathare ou Languedoc (Ariège, Aude, Haute-Garonne, Tarn)...

Venez y découvrir
les lieux méconnus...

...qui vous parlent de l'histoire, du patrimoine, des légendes du sud de la France.

Un monde si proche et si lointain de châteaux, de villages perchés, de pics et de forêts profondes s'ouvre désormais à vous.



"Les êtres et les choses sont créés et mis au monde non pour la production mais pour la beauté"
Joseph Delteil

 

"Ne soyez pas des régionalistes. Mais soyez de votre région."

Joë Bousquet 

 

"Celui qui n'a pas de passion, il ne lui sert à rien d'avoir de la science."

Miguel de Unamuno

13 novembre 2009 5 13 /11 /novembre /2009 15:05

Anglès, dans sa beauté rude, a tout pour séduire. Dans ce bourg du Haut-Languedoc, les maisons ont des murs couverts de plaques d'ardoise et des linteaux de granit. Le village, perdu dans des bois profonds, semble sommeiller au coeur des brumes de novembre, en paraissant oublier l'histoire agitée qui a été la sienne.

C'est elle que nous allons évoquer....

Le plateau d'Anglès

Entre la Montagne Noire et les Monts de Lacaune se trouve un vaste plateau boisé (10000 h.), le plateau d'Anglès. Ce plateau est compris entre le cours du Thoré et celui de l'Agoût. Plus loin, avec les monts de l'Espinouse, les Cévennes commencent.
(Cliquez sur les photos pour les agrandir)

Le Moyen-âge

Vers 1260 apparaît dans des documents royaux Anglès, ou plus précisément un certain "castrum de Angulis", littéralement le "village fortifié des angles", du fait de la forme de son enceinte peut-être. Anglès ne semble pas avoir souffert de la terrible croisade contre les Albigeois, protégé par son isolement. Toutefois, il n'est pas dit que son histoire fut un long fleuve tranquille... 

Du fait de son isolement, et de même qu'
Arfons dans la Montagne Noire tarnaise, Anglès dut payer un lourd tribut aux grandes Compagnies, ces bandes de soldats transformés en bandits après la Guerre de Cent ans. En 1362, ce sont les troupes d'Henri de Trastamare qui prennent et incendient le village. Henri de Trastamare, qui devint roi de Castille à la force de l'épée en tuant son frère, personnage que nous avons déjà croisé à Peyrepertuse (voir cet article pour plus de détail).




Rattachement à la couronne

Au cours du XIIIe siècle, Anglès est rattaché au royaume de France. Il dépend désormais du représentant du roi, le sénéchal de Carcassonne. Un juge est également envoyé sur place pour juger les affaires courantes. La ville élit par ailleurs deux consuls qui représentent l'autorités municipale.

Pour le spirituel, la paroisse d'Anglès dépendait du diocèse de Saint-Pons, partie de l'archevêché de Narbonne créé en 1318 par le pape lotois Jean XXII. Jean Aymeric précise qu'un pâté de maisons comportant le presbytère et l'ancienne gendarmerie était appelé "le château royal": est-ce là que siégeait le juge ?

Les anciens murs d'Anglès

 Ils avaient une forme rectangulaire, avec quatre portes aux quatre points cardinaux. Au nord, le rempart passait entre le cimetière et l'église. Une porte nord faisait face à la rue de la Vie Cave.  Au sud, le rempart suivait les contours de l'actuelle route départementale : c'est là que l'on voit la seule porte subsistante (photo).


Les armes d'Anglès

On ne peut les manquer, elles figurent en effet sur l'actuelle station service communale ! Elles ont été retrouvées au XIXe siècle sur une pierre sculptée. Elles représentent un soleil (sous la forme d'une étoile à huit branches) et contiennent le lys de France, ce qui serait une allusion à la situation privilégiée de la commune, dépendant directement de l'autorité royale. Les couleurs (soleil d'or -jaune- sur fond d'azur -bleu) ainsi que la devise "Fulget et floret" ne sont peut-être pas authentiques.

Les guerres de religion

Anglès semble avoir été sensible aux idées de la Réforme. Les huguenots d'Anglès participent, sous la conduite de
Guillaume Guillot, le seigneur de Ferrières, les seigneurs de Boissezon et de Montlédier à la prise de Castres en 1563. Quatre années plus tard, Sébastien de Génebrousse, vicomte de Saint-Amans, prend Saint-Pons de Thomières, saccage les édifices religieux. C'est sans doute à cette époque que les anciennes églises d'Anglès, Saint-Martin d'Uscadelles et Saint-Pierre de la Besse, sont détruites. 


Retournements de situation...

L'époque est à la plus grande confusion, et les retournements ne sont pas rares. Les intrigues des notables et la rapacité d'aventuriers sans scrupules sont également à l'ordre du jour et augmentent encore le chaos. Ainsi en 1568 Anglès repasse brièvement aux catholiques, pour redevenir place huguenote un peu plus tard... L'époque est propice aux aventuriers, en l'occurence le capitaine Bacou qui, se disant réformé (mais prêt à changer de camp toutefois selon l'intérêt) pille le pays et prend Anglès en 1586... Toutefois, durant les guerres de religion, Anglès fut plus souvent huguenote que catholique.

 
Trahisons et vengeances

En 1580, des catholiques de la ville ourdirent un complot pour que la ville soit prise par un capitaine du Minervois (Uscadelles), le mercredi, jour du prêche où la porte de la ville était ouverte. Toutefois, un sergent de la ville prévint les protestants. Lorsque les troupes catholiques se rassemblèrent dans une grange, le sergent y mit le feu, tandis que des tireurs achevaient à coups d'arquebuses les soldats qui essayaient de s'enfuir...

La paix ne revint dans la région qu'après l'édit de Nantes. 

Le XVIIe siècle

Lorsque les armées de Rohan passèrent à Anglès en 1627, les habitants refusèrent de les accueillir : ils avaient pris goût à la paix... Ce n'est toutefois qu'en 1629 avec la paix d'Alais que les guerres de religion finissent. L'église est alors construite à l'emplacement actuel, ouverte aux fidèles en 1675. Les relations entre catholiques et protestants sont pacifiées jusqu'à la révocation de l'Edit de Nantes (1685).

Révocation et émigration

Après la révocation, le temple est détruit (1686). Pour le roi, les protestants, officiellement, n'existent plus ; ils résistent néanmoins, malgré la perte de leurs emplois ou de leurs biens. Certains simulent la conversion. Le curé de l'époque faisait peut-être preuve de tolérance à leur égard, car il est dénoncé à l'évêque pour son indulgence... Plusieurs huguenots émigrent alors, qu'il s'agisse de familles nobles (Oulès, Alquier) ou d'artisans (forgeron, cardeur de laine, chapelier). Des descendants d'une de ces familles existent encore en Angleterre.

La Révolution

Marc-David Alba Lassource, pasteur issu d'une ancienne famille protestante, est né à Anglès en 1763. Révolutionnaire convaincu (Girondin), il osa critiquer les excès de Robespierre et des Montagnards, ce que, bien sûr, il paya de sa vie en 1793. Ses dernières paroles furent prophétiques : "Je meurs dans le moment où le peuple a perdu sa raison, vous mourrez le jour où il la recouvrera".

La Révolution trouve Anglès assez frondeuse. Les habitants se montrent parfois fidèles aux prêtres réfractaires. Jean-Jacques Azaïs est le plus célèbre d'entre eux dans la région, qu'il parcourait à cheval et en armes, en se cachant des autorités. Mais surtout, les habitants se rebellent contre la conscription et les réquisitions ordonnées par le pouvoir central. Celui-ci use d'ailleurs de moyens assez radicaux pour empêcher les désertions, envoyant des soldats en garnison chez les familles des déserteurs...  

On a conservé, du XVIIIe siècle, le beau linteau en granit d'une maison datée 1791 (photo ci-dessous et détail ci-dessus).


Le XIXe siècle

C'est, pour Anglès, le siècle des grands travaux, des changements dans l'urbanisme. Le temple, à l'architecture simple et harmonieuse, est fini en 1819. Le milieu du siècle voit la  construction de la mairie (1851), l'aménagement de la grande place centrale, le percement de l'entrée actuelle de l'église à l'est.

Le temple (1819)

Le XXe siècle

La guerre de 1914-1918 provoqua une véritable hécatombe. Quatre-vingt sept jeunes hommes de la commune ne revinrent jamais. Ainsi qu'en atteste le monument au mort, les familles Rouanet et Cabrol furent particulièrement touchées. Le XXe siècle marque aussi l'exode rural : les jeunes gens partis travailler dans les usines de Mazamet allèrent fonder des familles ailleurs La population passe de 1550 habitants en 1920 à 650 en 1982.

Bref... 

En dépit des bouleversements du XXe siècle, Anglès a su maintenir des commerces, installer des commodités (station-service communale), conserver des artisans... Il semble que c'est un village où il fait bon vivre. C'est ce que semblent penser les estivants qui viennent ici nombreux ! Pour ma part, j'aime bien visiter ses rues à l'automne, où le village s'endort dans ses brumes et où la petite échoppe typique propose à son étalage de beaux champignons, joliment présentés sur leur lit de mousse... 


Sources
Jean Aymeric, Anglès et son terroir.
Ce livre d'histoire et de souvenirs agréable à lire m'a donné envie de redécouvrir Anglès et a fourni la substance de cet article.
Jean Roques, Guide du Tarn.

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16 août 2008 6 16 /08 /août /2008 11:09



Cordes, dite "'sur Ciel", est une des cités les plus vénérables de notre beau Tarn. C'est une de ces villes nouvelles fondées au détour du XIIIe siècle (1222) par le comte de Toulouse, Raymond VII, dans l'intervalle de tranquillité qui suivit la fin du premier choc de la croisade contre les Albigeois.

Présentation de Cordes.

Cordes est donc originellement, au même titre que le Pavillon dit d'Adélaïde à Burlats (construit par les Trencavel) l'expression de la grandeur défunte des comtes méridionaux, avant le rattachement du Langedoc à la Couronne de France (1271).

Le nom de la ville trahit les ambitions: le même que Grenade, Cadix, il fait parti de ces toponymes méridionaux empruntés aux cités glorieuses et mystérieuses de l'Espagne... Cordes viendrait en effet du nom de Cordoue.

Après l'écrasement de la noblesse locale, c'est l'évêque d'Albi qui veillera jalousement sur la ville.

Au XIIIe et au XIVe siècle, l'ascension de la bourgeoisie voit l'édification d'impressionants hôtels particuliers, dont nous parlerons bientôt, sans doute, dans la section consacrée aux demeures. L'hôtel du Grand Veneur est l'un des plus connus.


Le légendaire.

Maintenant, aucune ville aussi ancienne et belle que Cordes ne peut exister sans susciter son florilège de légendes, plus ou moins authentiques... Les plus persistantes sont celles qui touchent le grand puits de la Cité, situé sous la halle.

Le massacre des Inquisiteurs. 

La légende raconte que, dans ce puits de 113 mètres de profondeur, on précipita jadis plusieurs inquisiteurs. La date de 1233 a été avancée.  D'après d'autres sources, les inquisiteurs y auareint été jetés à la suite de la dénonciation d'une vielle femme et d'un paysan.

Seulement voilà... On a déjà exploré le puits en 1961 et 1997, et absoluement rien n'a été trouvé ! Du moins, aucune traces de ces fantômatiques inquisiteurs !


Autre légende.

Cette légende serait en fait le symbole d'une constante de l'imagination populaire associée aux puits, qui sont souvent évoqués comme les tombeaux de victimes de luttes religieuses (moines, inquisiteurs) ou bien points de départ de souterrains divers.

Ceci nous amène naturellement à la seconde légende: certains auteurs plus récent prétendent qu'ils y auarait des salles souterraines, doté de douze colonnes.... Evidemment, une pure légende !

Bref.

En tout cas, on peut relier cette histoire aux rêveries diverses qui courent sur le puits de Carcassonne, lui aussi fouillé sans profit à diverses reprises, et où la légende localisait à la fois un trésor, un souterrain... 

Alors, la vérité est-elle dans le puits, ou est-ce seulement la légende ? Sans doute, à mi-chemin des deux, l'imaginaire ! Laissons le dernier mot à Robert Manuel, ancien président des Amis du vieux Cordes: 

"La vraie richesse de Cordes reste son patrimoine architectural et la réalité de son histoire".

 
Bibliographie

Legendas d'Occitania de la Talvera.
Pays Cathare Magazine n°2
(ouvrage que je n'ai pas encore consulté) Charles PORTAL, Le puits de Cordes, 1914.


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Abellion le Polygraphe - dans Villages tarnais
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