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Le design et les bannières du blog sont une oeuvre originale de Little Shiva. Un grand merci à cette graphiste de niveau international,  pleine de talent et de générosité. Son boulot est splendide.Vous pouvez aussi admirer son oeuvre d'artiste ici.

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A l'instant même,
parmi les    visiteurs d' Over-Blog, il y a     amateurs de lieux secrets... 

 

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Invitation au voyage


Le Pays cathare ou Languedoc (Ariège, Aude, Haute-Garonne, Tarn)...

Venez y découvrir
les lieux méconnus...

...qui vous parlent de l'histoire, du patrimoine, des légendes du sud de la France.

Un monde si proche et si lointain de châteaux, de villages perchés, de pics et de forêts profondes s'ouvre désormais à vous.



"Les êtres et les choses sont créés et mis au monde non pour la production mais pour la beauté"
Joseph Delteil

 

"Ne soyez pas des régionalistes. Mais soyez de votre région."

Joë Bousquet 

 

"Celui qui n'a pas de passion, il ne lui sert à rien d'avoir de la science."

Miguel de Unamuno

4 juillet 2010 7 04 /07 /juillet /2010 16:29

Pour compléter la prose d'Eurosix, voici quelques-unes de mes découvertes à Béziers, que je vous convie à partager...

 

pépézuc

 

 Pépézuc, empereur des Caritats

 

Cette statue antique (plus précisément, sa copie) élevée dans la rue Françoise représentait Caius Pius Esuvius Tetricus II (fils d'un usurpateur qui fut un temps empereur des Gaules). Toutefois, au long des siècles, le souvenir de ce Gallo-Romain qui voulut prendre la place de César s'est perdu et les Biterrois se sont réapproprié la statue.

 

Dans le légendaire populaire, elle était devenue l'image d'un capitaine qui défendit la ville des Anglais lors de la Guerre de Cent Ans, d'après un texte de 1657. Il est question dans certains textes d'un certain énigmatique "Monpézuc" qui s'illustra au XIVe siècle.

 

En tant que défenseur et symbole de l'indépendance de la ville, Pépézuc était honoré lors des Caritats (Ascension) ; on jouait même des pièces de théâtre où il apparaissait.  

 

Les Biterrois prenaient certaines libertés avec cette majestueuse silhouette... L'effigie de marbre tenait ainsi un rôle important dans les manifestations des Caritats. Au XVIIe siècle, elle était affublée d'un phallus postiche et de testicules, ainsi qu'en atteste le poème de Dame Bigorne. 

   

Je vous ai vu dans ma jeunesse
Plein de vigueur et d'allégresse.
Bien mieux : vous portiez en ce temps,
Là devant ces bien beaux pendants,
Si utiles aux courtisanes,
Comme aux cloches l'est leur battant.

       

Le cloître Saint-Nazaire. Une pierre tombale effrayante...

 

Attenant à la cathédrale, le cloître constitue un dépôt lapidaire où l'on on peut voir, outre divers chapiteaux historiés, des pierres tombales de toutes les époques. Le sépulcre des seigneurs de Maureilhan (daté de 1671) s'orne de magnifiques armes gravées dans la pierre, surmontées d'un casque dont les volutes font de splendides arabesques.

 

béziers (8)

 

Mais ce qui a frappé mon attention, c'est cette pierre longue, ornée de devises latines, et semble-t-il, de style maniériste, avec des jambes humaines sortant de fleurs. Voici ce que l'on y lit :

 

béziers (15)

  

Tunc Morimur

Cum vivere incepimus

 

Nous mourons

Dès que nous commençons à vivre

 

La phrase est extraite de la vie de Théophraste de Diogène Laërce.  N'est-ce pas une maigre consolation pour un mort que celle d'effrayer les vivants ? A méditer.

 

Liens et sources

Je vous conseille cette source internet capitale, tant au niveau de l'information que de l'illustration : Histoire de Béziers. J'y ai moi-même puisé les éléments de mon paragraphe sur Pépézuc, et vous y trouverez sans doute de quoi approfondir les beautés de Béziers.

Le Théâtre de Besiers, édité par Jean Martel, 1657 

 

Illustrations

Photographie de la galère tirée du site Histoire de Béziers

Photographie du Pont Vieux et de la Vielle ville tirée de la Base Mémoire (Monuments Historiques) 

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3 juillet 2010 6 03 /07 /juillet /2010 20:55

pont vieux béziers

 

Eurosix nous présente ici, pour notre plus grand plaisir, quelques pages de l'histoire et du légendaire de Béziers. Après un récit du siège de Béziers et de son "grand mazel" (effroyable boucherie), vous participerez à la fête des Caritats en compagnie du chameau de Saint-Aphrodise...

 

   

béziers (37) 

Le siège de Béziers

 

 

22 juillet 1209

 

A cette époque où le catholicisme régnait en maître sur la France, une hérésie, pour les prélats de l’Eglise Catholique, prit naissance dans le sud du Pays. Ces hérétiques, les Cathares, se trouvaient surtout entre Toulouse et l’Aveyron, beaucoup dans l’Aude mais très peu à Béziers. Une croisade fut déclarée contre eux et elle fut menée par Arnaud Amaury, l’Abbé de Cîteaux qui devint plus tard Archevêque de Narbonne. Simon de Montfort qui, jusqu’à la prise de Carcassonne, ne commandait pas cette immense troupe, la dominante étant Française, c'est-à-dire d’Île-de-France, ne dirigeait pas les opérations.

 

Les fortifications de Béziers étant mal entretenues, les assiégeants mirent le feu aux constructions hors les murs, enfoncèrent les portes qui fermaient la ville avec des massues, preuve de leur fragilité. Il s’agissait des murailles du nord-est dont les fossés n’avaient pas été refaits depuis longtemps, les Biterrois, depuis la création de la ville ayant toujours fait preuve de tolérance en accueillant tous ceux qui se présentaient, y compris même quelques hérétiques. La majorité des habitants étaient croyants et, conservée dans les archives de l’Évêché de Carcassonne, une liste d’hérétiques Biterrois ne présente qu’une petite centaine de noms, dans toutes les couches de la population.

 

béziers (14)

 

Alors, pourquoi cette attaque ?

 

Pourquoi ce sort si différent de celui de Narbonne ou Montpellier ?

 

Que Montpellier paraisse hors des querelles, on le comprend, mais Narbonne contient sans doute plus d’hérétiques que Béziers. Beaucoup plus que l’hérésie elle-même, c’est la résistance à la croisade, aux Légats Pontificaux, à l’autorité Pontificale qui est condamnée initialement. Mais Béziers résistait doublement. La ville était fidèle à son Seigneur, Vicomte de Carcassonne et  Béziers. Pourtant, à l’annonce de l’arrivée des croisés, le Vicomte rejoignit Carcassonne. Ce furent les Bourgeois qui prirent les armes pour montrer leur jeune puissance en face de leurs Seigneurs.

 

Quant au Vicomte, il était en désaccord avec le Comte de Toulouse dont il était le vassal et le neveu. Le Comte, contre qui la croisade avait été lancée, fit soumission à Saint Gilles, prit la croix et, désormais guida l’armée et mina auprès des autorités religieuses la position de son neveu. Raimond VII, Comte de Toulouse, était désormais l’ennemi de son neveu, Raimond Roger, Vicomte de Béziers, vassal indocile, point d’appui de la Maison rivale, celle du Roi d’Aragon. L’orgueil des Bourgeois de Béziers ne fit qu’ajouter à la rancune du Comte.

 

béziers (18)

 

Le signal du massacre

  

L’Abbé de Cîteaux, se présenta donc, le 22 juillet 1209, devant les remparts de Béziers, au pied de la Cathédrale forteresse Saint Nazaire qui résista vaillamment à plusieurs assauts. Malheureusement pour les Biterrois, la ville fut d’abord attaquée sue son côté fable. Elle finit par capituler et, durant ce dernier assaut, tomba entre les mains d’Arnaud Amaury. Les hommes de cette armée, ne sachant reconnaître les bons chrétiens des hérétiques, demandèrent au Légat du Pape comment faire. Celui-ci, emporté par sa fureur ordonna le massacre en ces termes : ‘’Tuez les tous, Dieu reconnaîtra les siens !’’

 

 Le carnage fut ‘’épouvantable’’ pour l’époque (150 à 200 morts) car, depuis, on a vu mieux. Pourtant, son souvenir se transmet encore entre Biterrois. La Cathédrale Saint Nazaire, qui ‘’explosa’’, fut restaurée mais en porte encore les traces. Depuis, l’ordre donné par Arnaud Amaury, mots historiques comme d’autres, est devenu proverbe. On l’emploie chaque fois qu’un châtiment frappe indifféremment innocents et coupables. Toutefois, torturés et massacrés comme ils le furent, Dieu a-t-il pu reconnaître les siens ?   

 

La fête des Caritats

 

galère des caritats

 

 Les Charités

 

Au mois de mai, à Béziers, pendant deux ou trois jours, en principe pour l’Ascension, une fête est organisée afin de promouvoir ‘’la charité’’. Les origines de cette fête se perdent dans la nuit des temps. Elles remonteraient au V° siècle. On l’appelait aussi ‘’La Fête du Triomphe de Béziers’’ mais cette appellation a aujourd’hui disparu au profit de ‘’La Fête des Caritats’’ plus proche de son but. Des foules immenses participaient aux célébrations présidées par les plus hautes autorités. La véritable raison des Caritats était de venir en aide aux pauvres de la ville auxquels on distribuait des pains recueillis tout au long de la fête. Ces pains étaient bénis par l’Évêque et le clergé. On distribuait aussi aux nécessiteux le revenu d’un ‘’fief’’ : un prélèvement financier spécial institué pour l’occasion.

 

béziers (4)Un chameau et une galère

 

Durant de nombreuses années, les Caritats offraient aux spectateurs le défilé du Chameau, totem de la ville depuis la venue de Saint Aphrodise, accompagné d’une foule de participants déguisés comme ceux d’un carnaval d’aujourd’hui. Il y avait, en outre, le spectacle de la Galère. Un bateau sur roues permettait d’entreposer des pains bénis ou d'autres victuailles réservées aux pauvres. 

 

En 1564 ou 1565, le jeune Charles IX, accompagné de sa mère et suivi de toute sa cour, assista au défilé devant la Porte des Carmes . La Galère était munie d’un mécanisme qui donnait l'illusion du tangage et du roulis. L’équipage était constitué d’hommes habillés en Turcs ; la cour de France raffollait alors de ce genre de tenue. En 1661, le clergé interdit la Galère mais, malgré un procès perdu par la ville, elle reparut en 1662. Malheureusement, elle fut incendiée dans la nuit du 2 au 3 mai 1663 ! Il fallut attendre l'an 2000 pour que le Lycée Professionnel Mermoz de Béziers lui redonne vie. Depuis, elle a repris sa navigation charitable ! 

 

Eurosix.  

      

Liens et sources

Je vous conseille cette source internet capitale, tant au niveau de l'information que de l'illustration : Histoire de Béziers.

 

Illustrations

Diverses photos prises à Béziers, dans les rues et le cloître

Photographie de la galère tirée du site Histoire de Béziers

Photographie du Pont Vieux et de la Vielle ville tirée de la Base Mémoire (Monuments Historiques) 

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21 décembre 2009 1 21 /12 /décembre /2009 14:37

012

Dans la partie du nord de l’Aveyron qui touche au Cantal, il est un ancien village aux toits couverts de lauzes. Il suffit d’y passer quelque temps pour être frappé par la douceur du pays et l’amabilité de ses habitants, mais aussi la richesse de son patrimoine.
 Qu’il fait bon flâner dans les rues du Mur-de-Barrez, parmi tant de témoignages d’une riche histoire… N'hésitez pas, chemin faisant, à cliquer sur les photos pour les agrandir.

 

Paysages

La commune actuelle de Mur-de-Barrez occupe une superficie de 2018 hectares, et comprend Mur, Bromme, Sinhalac (anciennes paroisses médiévales). On y trouve peu de forêts, mais de nombreux pâturages, un sol où les affleurements de roches volcaniques sont nombreux. Les vallées du Lot et de la Truyère ne sont pas très éloignées. Mur est construit sur une butte dominant un paysage de prairies et de bois clairsemés. De l’esplanade du château qui domine le bourg, on apprécie la belle unité du village, entièrement couvert de lauzes et bâti de pierre sombre. Les toits sont pentus comme il se doit en pays de neige.

 

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Une forêt de toits de lauze pentus, en pays de neige...

Antiquité et haut Moyen-âge

Sur le territoire de la commune se trouvait une voie romaine, ou plus précisément un itinéraire secondaire. En 987 apparaît la première mention de Mur dans une donation d’un certain Matfredus à l’abbaye de Conques. Il ne s’agissait donc encore que d’une « manse », domaine agricole, avec des prés, des jardins, des pâturages, consacré aux productions fruitières et céréalières.

 

Une ville à l’allure médiévale

 

La ville a conservé dans les grandes lignes sa topographie médiévale. Le tracé de l’enceinte rectangulaire est encore visible, une grand’rue matérialise l’axe nord-sud et deux portes médiévales subsistent. La cité est dominé par les ruines du château, rasé au XVIIe siècle (ci-dessous).


mur vestiges château
Vestiges du château rasé sur ordre de Louis XIII


Le Moyen-âge

 

Au XIe siècle sont citées les principales paroisses du territoire de Mur : Bromme (1061-1065), Sinhalac (1087-1107), Mur (1065-1090). Mur était dès cette époque doté d’un château. Quelque temps après (XIIIe s.), il est dit que les Albigeois s’emparent de la forteresse, mais que Mur est délivré par le seigneur de Thénières qui réclame ensuite à la ville délivrée une rente de six moutons d’or par an en guise de compensation… Toutefois, aucun document d’époque n’atteste cet épisode controversé.

 

Eglise et château

 

Au XIIe siècle est également construite une chapelle Saint-Thomas, qui deviendra l’église paroissiale (citée en 1191). Le château de Mur est entouré d'un bourg fortifié et de faubourgs. Aujourd’hui, il ne reste du château, détruit au XVIIe siècle, qu’une partie de la courtine sud, avec les fondements d’une tour ronde.

 

Mur semble être à cette époque dans la mouvance des Comtes de Rodez, qui y font installer un juge et un bailli (1270) ; Hugues de Rodez et son épouse Alcaïte accordent une charte de franchise (1246). Cette charte accorde un certain nombre de droits et de privilèges :

-exemption de la taille accordée aux habitants du bourg et des faubourgs

-protection des biens immeubles

-amendes pour troubles à l’ordre public

-absence de taxes sur les produits des jardins, le foin, la paille.

 

Le lieu était sans doute important sur le plan des échanges, jalon sur le parcours des estivages de troupeaux se rendant du Rouergue vers l’Auvergne.

 

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Porte du Pourtalou

Des temps troublés

 

En 1373, les Anglais s’emparent du château de Mur et de celui de Vallon, dans la vallée de la Truyère. Il semble qu’à la fin du XIVe siècle, la région de Mur, dévastée, ait été en fâcheuse situation, puisque le roi Charles VI exempte les habitants d’impôt pendant 2 ans (1392).

 mort-albinhac-t-te-danse-macabre.jpg
La mort d'Albinhac, près de Mur
 (XVe s.)


Le XVe siècle semble voir réapparaître une certaine prospérité, avec des marchés importants où se vendent bétail mais aussi sel, huile, draps, fer, acier, marmites de cuivre, fromages, mercerie. Toutefois, à la même époque, les bandes armées menacent le village… En 1414, les Anglais reprennent la ville et l’église est incendiée, si bien que les voûtes de cet édifice roman sont refaites en style gothique après 1436. Les fortifications sont reconstruites également à partir de 1438. C’est de cette époque que date la porte monumentale « de Monaco », d'après les Monuments Historiques. Cette tour abrite une porte fortifiée, autrefois porte principale de la ville lorsque les fortifications existaient encore.  

 

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Porte de Monaco (XVe s.)

Les pestes et les troubles divers du XVe siècle ont dû causer, ici comme ailleurs, un certain sentiment de désolation, comme en témoigne l’étonnante représentation de la mort à Albinhac, non loin de Mur.

 
La Renaissance
de Mur de Barrez

 

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Maison de Cadilhac ou maison consulaire (XVIe s.)

Après les épreuves du siècle précédent, le XVIe siècle marque une prospérité retrouvée. D’après un témoignage de 1552, Mur était «  ville close de muraille et fossé », « les gens de ladite ville riches et aisés », et de grands marchés avaient lieu avec « grande dépêche et vente de bétails et de marchandises ». En 1515 est fondé un hôpital pour accueillir les pauvres et les pèlerins de Saint-Jacques. Il est transformé en 1555 en Hôtel-Dieu.

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Maison consulaire : étages

Le village se modifie, de nouvelles maisons apparaissent. C’est notamment le cas pour une belle maison du XVIe siècle, actuellement siège de la mairie et que l’on appelle « maison de Cadilhac » ou "maison consulaire". Son rez-de-chaussée a de superbes arcades qu’une intelligente restauration a dégagées (elles avaient été murées). Les clés de voûtes des arcades sont gravées de pieuses citations.  

 

In te domine speravi (En toi j’ai espéré Seigneur)- extrait du Te Deum

Cum apparuerit gloria tua (Quand ta gloire sera apparue) –Psaume XVI

 
Les étages ont de belles fenêtres à meneaux et des plafonds à la française. Détails décoratifs : la maison porte des armoiries (qui seraient celles de la famille de Vinzac ou Venzac) ; deux bustes en saillie, une figure masculine et une figure féminine.

 

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 Figure féminine  Figure masculine


Lors des guerres de religion, les Calvinistes prennent la ville et l’Eglise est à nouveau dévastée. L’ancien chevet comportant des chapelles rayonnantes est détruit. Dans le jardin de l'église, on peut encore voir le départ des voûtes détruites (photo ci-dessous).


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L’âge classique 

 

En 1620, Louis XIII ordonne de raser le château. En 1641, par le traité de Péronne, la vicomté de Carlat, dont Mur, entre en possession d’Honoré II de Grimaldi, Prince de Monaco, pour compenser des terres perdues dans le royaume de Naples et le Milanais. Mur-de-Barrez sera ainsi sous administration monégasque jusqu'à la Révolution (1791).


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Le monastère des clarisses 


Le XVIIe siècle voit aussi l’établissement d’une communauté de Clarisses, à l’initiative de François d’Humières, un seigneur du Carladez, qui donne une maison pour accueillir la future communauté et des revenus pour l’entretenir.  Les six premières clarisses ne sont autres que les trois sœurs et les trois filles de François d’Humières. Plus tard, la communauté s’installe dans le monastère actuel. Les Clarisses, d’après des témoignages du XVIIIe, se consacraient principalement à l’éducation des filles. On a pu compter jusqu’à 37 religieuses.

 
mur retable
Le retable (dernier quart du XVIIe siècle)

L’église est reconstruite au XVIIe siècle, son chevet est rebâti très en retrait du chevet roman originel, ce qui donne à l’édifice son plan allongé. La fin du XVIIe et le début du XVIIIe siècle poursuivent les améliorations à l’église : dans le dernier quart du XVIIe siècle est sculpté l'imposant retable, auquel Antoine Lacombe aurait participé comme doreur (selon les Monuments Historiques). Au centre du retable, un tableau assez saisissant représente le meurtre de Saint Thomas Becket, archevêque de Cantorbéry tué sur ordre du roi d’Angleterre Henri II Plantagenêt. Sur les parties latérales, les statues de Saint Pierre et de Saint Jean. L'année 1758 voit la réfection du clocher.

mur retable beckett mur retable saint pierre
Détail du retable: assassinat de Thomas Becket
 Détail du retable : St Pierre


Autres curiosités

-une maison qui aurait appartenu à Fualdès notaire anti-royaliste qui fut tué sur la restauration ; une affaire trouble qui a donné lieu à un procès retentissant


mur maison fualdès
Façade de la maison de Fualdès

-Dans l’église de Mur-de-Barrez, une particularité unique : un gisant figure en clé de voûte, à plusieurs mètres du sol !


 mur barrez gisant


Bref… 

Les richesses d’une histoire plus que millénaire, inscrites dans un beau village. Une visite que je vous conseille de tout cœur.

 

Localiser Mur-de-Barrez sur la carte interactive

Suggestions bibliographiques

Jean-Louis Boudartchouk, Le Carladez de l'Antiquité au XIIIe siècle.

Christophe Bellat, Mur-de-Barrez en Carladez. Au fil de l’Histoire.

 

Liens

Historique (OT de Mur-de-Barrez)

Historique du couvent (Clarisses de Mur)
Historique (Collège public de Mur)


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27 janvier 2008 7 27 /01 /janvier /2008 22:32

Ce Samedi, je me suis rendu à Montaillou, le fameux village occitan. Et j'y ai rencontré une descendante des cathares! Je reviens en quelques mots sur cette rencontre peu banale.

Montaillou est un village de montagne, isolé dans un plateau jadis glaciaire et battu par les vents,où il ne pousse rien ou presque. Un lieu comme je les aime ! Le village est étonnant, presque insulaire. On se croirait sur une île bretonne tellement ici, tout à l'air de respirer la fierté et l'indépendance. 

Le village.

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Le château de Montaillou, photo provenant du site Terres Cathares


Sur la place principale, outre la radio locale, une gentilhommière, avec un beau proche fortifié. Il paraît qu'autrefois le gros bâtiment du fond de la cour était aussi fortifié, mais que l'ancien propriétaire l'a fait modifier, sous prétexte de travaux à une cheminée qui fumait. Résultat: l'édifice a été dénaturé, et la chemine fume encore... La rumeur dit que là vivait la belle et lascive châtelaine Béatrice de Planissoles...

Plus loin se dresse une petite chapelle, et, dominant le village, un château, ancienne garnison du comte de Foix, dresse trois murs fiers et dérisoires vers un ciel silencieux...

L
es decendants des cathares.

Ceux qui ont lu le livre d'Emmanuel Le Roy Ladurie savent qu'au XIVe siècle, toute la population de Montaillou fut déportée pour être jugée sous le soupçon d'hérésie cathare, par l'inquisiteur Jacques Fournier. Celui-ci, non content de les interroger sur leurs possibles accointances avec l'hérésie, leur fit déballer toute leur vie, leur vision du monde, leurs amours, leurs hontes secrètes et leurs vices. Ainsi on apprend l'existence d'un "quattuor" d'homosexuels, d'une châtelaine amatrice de jeunes gens, d'un curé usant de moyen de contraceptions étranges, d'un sacristain alcoolique doté de la capacité de voir les morts... Sans doute nul village à aucune époque n'a été à ce point là radiographié dans son intimité la plus profonde.

Montaillou, tel que révélé par le registre d'inquisition de Jacques Fournier, apparaît dominé par une famille ou plutôt une maison, les Clergue. Ce sont eux les plus grands propriétaires du bourg, le curé est aussi un Clergue. Or quel n'a pas été mon étonnement, en visitant la petite chapelle romane du village, de voir qu'elle était pleine de tombes de Clergue... dont le décès ne remontait pas à plus d'une centaine d'années, pour les plus anciennes! 

Ce qui était étonnant, lorsqu'on regardait ces tombes, c'est que l'on voyait que les Clergue avaient traversé les siècles, mais qu'en plus ils avaient gardé leur position dominante. Détail révélateur, à une époque où ce n'était pas encore l'usage, les femmes Clergue qui s'étaient mariées faisaient suivre le nom de leur mari de leur nom de jeune fille. 

Rencontre.

Tout pensif, je revenais du cimetière, lorsque j'aperçus une dame âgée qui marchait le long du chemin. Une Clergue, sans doute, dis-je à mon épouse. J'engageai la conversation. La dame avait de beaux yeux verts et un visage fort expressif. Elle me confirma qu'elle faisait elle-même partie de la famille Clergue ! J'avais rencontré  une descendante des contemporains des cathares, de ceux qui allaient écouter les sermons de Bélibaste! 

Très aimable, elle me parla notamment de la gentilhommière sur la place du village, qui autrait été la demeure de Béatrice de Planissoles. Elle évoqua aussi l'hémorragie des Clergue, qui partaient pour des cieux mieux lotis en manière d'emploi. Mais aussi de l'été, où tous reviennent passer un mois mémorable sur la terre de leurs ancêtres.

N'est-il pas dommage que le monde moderne, avec sa centralisation abusive et ses nécessités économiques, dissémine une famille qui vivait dans ce village depuis plus de 700 ans? J'en laisse le lecteur juge. 

Là où ni le roi de France, ni l'inquisition n'ont triomphé, les nécessités de notre triste époque dévastent sans pitié les signes et la mémoire du passé.  L'or tombe sous le fer.

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Lieux secrets du Pays Cathare - dans Villes et villages du Languedoc
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