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Le site non officiel du Pays Cathare et du Languedoc (Aude, Haute-Garonne, Tarn, Ariège). Plongez dans la nature, l'histoire et la légende du Sud.

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Villages insolites du Cabardès, en Montagne Noire (article complet).

Si, venant de Carcassonne, vous laissez le gros des touristes aux châteaux de Lastours, et continuez dans la Montagne, un univers nouveau s’offre à vous. Il conjugue la douceur méditerranéenne et la beauté sauvage d’une zone montagneuse. Vous voilà dans le Cabardès, dont nous allons évoquer deux merveilleux villages, Les Ilhes et Fournès.  
 
Les Ilhes, pays de l’olivier.
 
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Ce petit village, le premier après Lastours, se blottit au bord de l’Orbiel (la rivière). Son origine remonte au XIIe siècle. Il semble cerné par les bois de chênes verts ; mais il suffit de s’aventurer dans les bois pour voir partout les traces anciennes d’une grande activité. Toutes les montagnes avaient été terrassées en vue de cultures. De nombreuses oliveraies, dont certaines subsistent encore, couvraient les côteaux du village. Le cadastre mentionne cinq moulins à l’huile, fonctionnant à l’énergie hydraulique, répartis le long de la rivière. Aujourd’hui, il n’en reste qu’un au Sud.
 
Industries éphémères.
 
Sous l’ancien régime, il y eut d’abord une manufacture de drap. Ensuite, au XXe siècle, il existait là une mégisserie, qui fonctionna jusque dans les années 1930. Dans les années 1960, un industriel de Mazamet créa une affaire de délainage dans l’ancienne manufacture de drap. Mais en mai 68 (hasard ?) un feu détruisit le magnifique édifice, dont la forme originelle datait de Colbert. En 1970, l’entreprise redémarra pour 23 autres années, avant de fermer. Aujourd’hui, l’ancienne usine est le siège de la communauté de communes, où vous pourrez trouver quelque information.
 
Les Ilhes secrètes.
 
Les Ilhes sont certes un humble village assoupi et comme rêveur, mais qui a son charme et ses secrets.
 
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Sa première beauté réside dans la gentilhommière de son seigneur, Beynaguet de Pennautier (vers 1775). Elle est doté d’un puits et d’un porche qui enjambe une rue couverte (photo), ce qui donne ainsi un cachet unique à l’artère du village, qui débouche sur la place de l’église.
 
Mais c’est sans doute l’Eglise la plus intéressante. Son humble aspect recèle des trouvailles intéressantes pour le curieux. Son architecture extérieure est assez étonnante, avec son escalier qui part à l’assaut de la façade. On remarquera ainsi une belle porte de tabernacle en bois doré, sans doute XVIIIe, très jolie, portant des épis de blé, symboles du pain et du corpus Christi. Un autre élément beaucoup plus insolite réside dans les figures de soutènement des voûtes (le gros de l’édifice semble remonter à l’époque gothique).
 
L’ours de l’église.
 
Dans ces figures, on voit une étrange faune composée d’animaux fantastiques. Mais l’observateur plus avisé remaquera la présence d’un étrange animal, corpulent et doté d’un long museau, dans lequel tout permet de reconnaître.. un ours ! On peut s’interroger sur la signification de la présence de cette figure qui n’est pas si fréquente que cela dans nos région. Trois hypothèses à ce sujet:
 
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-Peut-être est-ce une figuration de la gourmandise, dont l’animal est l’emblème dans la tradition (il se fait piquer par les abeilles pour manger le miel, poussé par sa gloutonnerie).
 
-Ou alors si on l’associe au visage de jeune homme qui l’accompagne, ce serait l’animal de compagnie d’un saint, et les saints à ours sont nombreux dans le légendaire du sud de la France (Saint-Martin, saint-Vallier, etc…). La légende est toujours la même : un saint dompte un ours qui devient son serviteur. La légende, selon les spécialistes, indique la christianisation d’un culte païen de l’ours.
 
-Ou alors (3e hypothèse), pourquoi ne pas penser qu’il y avait, encore à l’époque de la construction de l’Eglise (donc pas avant le XIIIe siècle) des ours dans ce coin de la Montagne noire ? Le sculpteur se serait alors inspiré d’un specimen tué par des paysans ?... il faudrait confirmer ces hypothèses…
 
Au-dessus des Ilhes : Fournès.
 
Les Ilhes sont un village proche de la route de la vallée, et point trop isolé. Mais si vous suivez un petit raidillon qui part du village, vous arrivez en un demi-heure environ à un autre village plus isolé. Il s’agit de Fournès-Cabardès. Si les Ilhes présente un passé surtout médiéval et moderne, Fournès porte des traces d’occupation humaine depuis l’époque préhistorique, et c’est le mystère des âges sombres que nous y retrouvons.
 
Le plateau sacré.
 
Fournès est surplombé par un plateau sauvage, d’une rare beauté, où la végétation est presque absente. Je m’y suis trouvé un jour d’orage c’était terrifiant ! Le tonnerre faisait un bruit épouvantable. Là, on vit de l’élevage du mouton, depuis fort longtemps. Témoignage de cette activité pastorale depuis le Néolithique, un dolmen, un menhir et des pierres à cupules. Ces monuments sont l’expression du sens du sacré d’une civilisation disparue, celle des pasteurs des plateaux. Le dolmen, ébranlé par des fouilles sauvages, tient à peine debout, mais est d’une beauté grandiose en ce pays sauvage.
 
Les mines de fer.
 
A l’époque du métal, celle des Celtes et des Romains, Le Cabardès fut réputé pour sa production de fer. A Fournès, les spéléologues ont retrouvé d’impressionnantes tranchées, de 100 mètres de profondeur. Il s’agit d’anciennes mines d’époque proto-historique, dont l’exploitation s’est prolongé jusqu’à l’Antiquité. L’ampleur des vestiges laisse penser qu’il y eut jadis, ici, une population nombreuse.
 
Certains imaginatifs disent que le nom de Cabardès vient de caps ardents, têtes ardentes en occitan, nom qui aurait été donné à la région en raison des lueurs des fourneaux où l’on fondait le métal. Plus sérieusement, à mon avis, Fournès semble bien venir de fourn, équivalent occitan de four.
 
Pour les amoureux de l’art sulpicien, l’Eglise de Fournès, émouvante dans sa naïveté, est un ensemble d’une rare homogénéité. Parfaitement entretenue, elle mérite le détour.
 
Un avenir en sursis ?
 
Il est question, dans ce beau pays, de faire une décharge pour caser les déchets dont les villes ne veulent plus. Où est la justice ? Ce pays magnifique ne doit pas être souillé, lui qui porte les humbles vestiges de tant d’époques grandioses de notre histoire.
 
Bibliographie.
 
Guide randonnée Chamina « Montagne Noire », randonnée 38 « Les Oliviers » (un très bon guide qui vous indiquera comment prendre le sentier qui va des Ilhes à Fournès).
 
Guide randonnée « Montagne noire et Cabardès », édité par le conseil Général de l’Aude (disponible dans les OT), randonnées 25 et 26.

La sidérurgie antique en Montagne noire (site de chercheurs en archéologie du Mirail) http://w3.univ-tlse2.fr/utah/fer/
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