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Le site non officiel du Pays Cathare et du Languedoc (Aude, Haute-Garonne, Tarn, Ariège). Plongez dans la nature, l'histoire et la légende du Sud.

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Douleur et théâtralité du baroque : Notre-dame de Pitié à Figeac-Lot


Pénétrons dans ce joyau de l'art baroque occitan qu'est la chapelle Notre-dame de Pitié, dans l'église Saint-Sauveur de Figeac.

A l'origine, c'est une ancienne salle capitulaire ou chapelle gothique, voûtée en croisée d'ogives. C'est au cours du XVIIe siècle qu'elle est dotée d'un décor de boiseries.
Dix panneaux, en tout, évoquent les principaux épisodes de la passion du Christ, mais en donnant une place principale à la Vierge comme témoin et comme acteur des événements.

 

La paroi du fond de la chapelle présente ainsi trois compartiments, séparés par les piliers gothiques d'origine. Dans celui du centre, le tabernacle, surmonté de la Vierge de Pitié ou Pietà, rappelle la centralité de l'eucharistie dans le catholicisme, réaffirmée par le concile de Trente, mais aussi focalise l'attention du visiteur sur la souffrance de la Vierge.


Le côté gauche.


De chaque côté de cette Pietà, deux panneaux. A gauche (photo ci-dessus), c'est la descente de croix. Des soldats romains dont le vêtement vole au vent descendent du gibet un Christ d'allure athlétique. Faisant face à celui-ci, en bas de la croix, c'est encore la Vierge éplorée, figée dans une étrange attitude, comme si elle voulait prendre le corps mort dans ses bras.

Sous ce grand panneau, un autre plus petit montre la Madre de dolores, le coeur transpercé de ses sept épées. Pour mémoire, ces épées représentent les 7 épreuves imposées à Marie, dont 4 au moins sont en rapport avec la passion, qui est le thème de ce retable :
 
-le vieillard Siméon lui annonce que son fils sera en butte à la contradiction.
-Massacre des innocents et fuite en Egypte.
-la "fugue" de Jésus au Temple à 12 ans. 
-Marie voit Jésus chargé de la croix.
-Marie debout au pied de la croix.
-Marie reçoit le corps inanimé de son fils (c'est la scène qui est représentée ici).
-Marie au tombeau de Jésus (représentée de l'autre côté du retable).

Le côté droit.

On y voit sur un grand panneau la mise au tombeau du Christ: Marie est là aussi bien présente dans le coin gauche. Sous ce grand panneau, un autre plus petit mérite toute notre attention par son originalité. Il représente l'enfant Jésus au milieu des attributs de la passion.

 


Tout y est: la colonne ornée des attributs de la flagellation, l'épée de Pierre, le coq du reniement, la bourse des trente deniers, la couronne d'épine et le roseau, les dés des soldats qui se sont partagé les vêtements, la lance de Longinus et l'éponge vinaigrée... et enfin la croix elle-même, bien sûr, sur laquelle le Christ est couché.

Des détails pitorresques : l'épée de Pierre porte l'oreille du serviteur de Caïphe sur sa lame ! Les trente deniers sont tous représentés sur deux lignes, et vous pouvez comptez, il n'en manque pas un !

L'image, par-delà sa naïveté, semble avoir une vertu mnémotechnique ou emblématique : il s'agit de se souvenir des différents moments du récit évangélique de la passion, sans en oublier un seul. Verrait-on là l'influence des arts de mémoire, ou des livres d'emblèmes sacrés qui étaient si appréciés au XVIIe siècle ? Ou un support pour la méditation silencieuse des différentes phases de la passion ?

Bref...  

L'ensemble des trois panneaux forme une suite cohérente, et comme chronologique : descente de croix-Pietà-mise au tombeau. Merveilles de l'art baroque, qui use de toutes ses ressources théâtrales et visuelles pour proposer des images frappantes... Et finalement, interrogation sur la douleur adressée à chacun d'entre nous.

Le livre Baroque occitan crédite un certain Isaac Delclaux de la paternité de ce retable. Ce qui est étonnant, c'est qu'il porte un prénom protestant. Etait-ce un converti, ou un de ces sculpteurs huguenots qui travaillait pour les catholiques (comme Pierre Souffron, par exemple) ? On sait que Figeac, jusqu'en 1622, était une des places de surêté accordées aux protestants par l'édit de Nantes. Il serait intéressant de savoir, dans le contexte de l'époque, à quel moment et sur l'ordre de qui ce retable fut édifié. On peut penser à bon droit que ce retable fut édifié lorsque la ville revint aux catholiques après 1622, mais cela demande confirmation. Je vais me documenter pour en savoir plus sur l'histoire de Figeac et de cette église...

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C
Salut, je vais faire sur mon blog les articles (7 au moins) sur les retables de Baixas . Comme tu est bien mieux calé que moi , tu fera j'en suis sûr un très bonne usage que moi qui me montrera que les photos . Je t'envoie donc l'intégralité de ma sélection . A bientôt
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A
<br /> Ma foi, je ne suis qu'un passionné, je n'en sais certainement pas autant que toi, qui as en plus l'intelligence de la main et la savoir-faire irremplaçable... Je file voir ces beautés ! Merci,<br /> cher Christian.<br /> <br /> <br />
C
Oui , il y en a . J'ai même en photo l'un des plus beaux retables . Mais il n'est pas encore le temps de les montrer . Car j'ai travaillé dedans mais avec une interdiction verbale de prendre des photos . Mais je les aient faite , il faut dire que j'étais seul . Je pense que dans trois ans peut-être , cela en fera 10 en tout . Mais si tu veut les voir , je peut les scanner , car de toute facon je vais le faire . A+
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A
<br /> Bien sûr, que je veux voir ces fameuses photos ! J'attends avec impatience que tu les postes sur ton blog.<br /> <br /> <br />
C
Magnifique ... et que dire de plus ! A+
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A
<br /> Je crois que du côté de chez toi, il y a aussi pas mal de merveilles baroques. je crois me souvenir des retables de Banyuls et Port-Vendres.<br /> <br /> <br />
M
Le tableau de l'enfant Jésus et des attributs de la passion n'est vraiment pas commun, mais très explicite, la douleur qui n'est pas montrée est très forte par rapport à ce petit garçon joufflu.<br /> je n'ai jamais rien vu de semblable.<br /> et ce bien à Figeac que se trouve la copie de "la pierre de Rosette" ? la vrai étant maintenant en Angleterre. cette perfide albion qui nous l'a volé lorsqu'elle a détroné Napoléon.<br /> bonne semaine<br /> Moune
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A
<br /> Oui, on voit d'habitude ces attributs davantage sur des croix, notamment des croix de fers du XVIIIe siècle, assez nombreuses dans le Lauragais et la Montagne noire. A Figeac, il y a une copie<br /> géante de la pierre de Rosette sur la "place des Ecritures". Mais pour ce qui est de la perfide Albion, l'honneur est sauf, puisque Champollion a devancé des Anglais dans le déchiffrement des<br /> hiéroglyphes...<br /> <br /> <br />