Le site non officiel du Pays Cathare et du Languedoc (Aude, Haute-Garonne, Tarn, Ariège). Plongez dans la nature, l'histoire et la légende du Sud.

On connaît le tuffeau dont sont bâties les merveilleuses demeures du Val de Loire. Ou le marbre du Taj Mahal. Toutefois, il est un pays où les châteaux sont bâtis de briques. C'est le Lauraguais,
charmante région qui s'étend entre Toulouse et Carcassonne, autour des vieilles cités de Castelnaudary et Villefranche.
Auzielle, Fourquevaux... Tant de noms ignorés du grand public, mais qui évoquent pour moi des demeures prestigieuses, construites
avec le matériau de prédilection de la Ville Rose. Aujoud'hui, je vous présente l'un des plus méconnus, et pourtant l'un des plus charmants de ces édifices : le petit château de Tarabel
(près de Lanta).
Visite des extérieurs
L'impression d'ensemble, c'est celle d'une demeure qui, malgré des restaurations remontant sans doute aux deux derniers siècles, a gardé certains caractères médiévaux et renaissants. Un fossé
conserve, semble-t-il, le souvenir d'anciennes douves : voilà peut-être pour le Moyen-âge.
La porte
Ce fossé est enjambé par un petit pont qui mène à la porte d'entrée en plein-cintre, surmontée d'un fronton et encadrée de pilastres. A sa gauche, elle est flanquée d'une belle tour
octogonale, sans doute une tour d'escalier (je n'ai pas pu entrer pour vérifier !). Cette tour protège la porte par deux meutrières encore visibles ; aux étages supérieurs, elle a des fenêtres,
dont l'une à croisée sculptée ; au dernier étage, une sorte de belvédère ou de galerie, immédiatement sous le toit.
A gauche de la porte, une tour de forme rectangulaire, avec en bas d'autres bouches à feu qui protègent la porte. Les propriétaires avaient donc souci de leur sécurité !
Une fenêtre
Au-dessus de la porte, une fenêtre, de style Renaissance ou maniériste. Elle est surmontée d'un fronton avec une petite corbeille pleine de fruits, appétissants... J'ai cru y reconnaître des
grenades. Les croisées sont joliment scupltées. Il semble que tous les éléments ne soient pas authentiques et que la fenêtre a été restaurée.
Un château du pastel
On doit à Jean Odol, historien du Lauragais, d'avoir recueilli des éléments sur l'histoire du château. Pour lui, il s'agit d'un de ces châteaux de l'époque du pastel. Pour ceux qui
ignoreraient ce qu'est le pastel, il s'agit d'Isatis tinctoria, une plante tinctoriale (permettant de teindre le tissu d'un beau bleu). Elle était cultivée dans le Toulousain et
l'Albigeois à la Renaissance.
Son commerce était organisé à l'échelle européenne par
des marchands intrépides, Assézat, Bernuy, et autres... Il enrichit tellement les négociants que ceux-ci firent construire de magnifiques hôtels et demeures, à Toulouse ou dans les villages
(Hôtel d'Assézat, château de Montgeard, etc...)
Quelques mots d'histoire
Quoi qu'il en soit, Tarabel est caractéristique de l'architecture de ce beau XVIe siècle. Il y eut probablement à l'origine un château fort. Tarabel était alors une seigneurie, qui appartint la
Famille Palais jusqu'en 1523. En 1540, c'est Pierre de Coustous qui est seigneur de Tarabel.
C'est sans doute vers cette époque bénie du pastel que Tarabel est construit (ou reconstruit) en style Renaissance. En 1587, Jeanne de Coustous épouse un membre de la famille du Faur. Michel
du Faur-Tarabel le restaure en 1626. Le château sera à nouveau restauré aux XIXe et XXe siècles.

Bref...
Une belle demeure... Que dire de plus ? Il faut avoir vu le rose de ses briques se détacher sur la neige, dans les frimas de l'hiver, au coeur du village endormi.

Sources
Patrimoine de France (Hte-Garonne), éds. Flohic.
Le château est une demeure privée et on ne peut visiter que les extérieurs.