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Le beau lac de Saint-Ferréol, un lieu idyllique de villégiature? Peut-être. Mais peu de gens connaissent la terrible histoire de la tête de saint Loup, qu'on se murmure ici en tremblant à la
veillée ! Alors écoutez l'histoire, internautes, si vous en avez le courage!
La métairie de Bascaud.
Autrefois existait, au bord du lac de saint-Ferréol, une ferme du nom de Bascaud. Dans l'étable se trouvait une statue. D'assez bonne facture, elle représentait une tête d'homme. Elle évoquait le
style des scupteurs du XVIIe siècle. On l'appelait, nul ne sait pourquoi la statue de saint Loup. Elle était dans la ferme depuis toujours, appuyée sur un pilier.
Les premiers méfaits de la tête.
Un jour, le métayer la déplaça pour une raison inconnue. La nuit, on entendit un remue-ménage épouvantable dans l'étable : les animaux n'arrêtaient pas de crier et de s'agiter. Et bien sûr,
quand on allait voir, rien ni personne... Les fermiers remirent la statue en place le lendemain et tout rentra dans l'ordre. Ils se jurèrent bien de ne plus jamais y toucher...
Des soeurs qui étaient à Dreuilhe, un village voisin, apprirent l'existence de cette statue. Elle s'indignèrent hautement de ce qu'une statue de saint était conservée dans une étable. En
procession, elles vinrent la chercher et la ramènèrent à leur couvent de Dreuilhe. C'est alors qu'une épidémie épouvantable se déclara à la ferme de Bascaud. Les bêtes mourraient les unes après
les autres... On dut ramener saint Loup à l'étable. La femme du fermier la remit à sa place, contre le pilier, et lui offrit des fleurs. Peu après, l'épidémie cessa.
Suite des méfaits...

Plusieurs siècles s'écoulèrent: la révolution, le XIXe siècle, la première guerre mondiale passèrent sans que jamais on ne touchât à la mystérieuse tête. Mais, aux alentours de la deuxième guerre
mondiale, les propriétaires du château de L'Encastre, auxquels appartenaient la ferme, aperçurent la tête. Une telle oeuvre d'art, dit le châtelain, ne doit pas rester dans une étable. Et il la
prit au château, ce qu'il regretta amèrement, ainsi que tout son entourage...
Le châtelain et sa famille furent assaillis de malheurs. Maladies prrocès, problèmes financiers... Les catastrophes succédaient aux tracasseries. On dit même que l'homme qui transporta la tête
mourut peu après, miné par un mal foudroyant et mystérieux, inconnu des médecins. Puis, quelqu'un "qui savait" vint parler aux propriétaires. Ceux-ci remirent la tête dans l'étable, et la
mauvaise fortune se tarit.
Quelques années plus tard, les terrains de Bascaud furent vendus (avec la tête), à de riches toulousains. la métairie fut alors abandonnée. Elle était ouverte à tous les vents. Elle devint le
quartier général de la jeunesse désoeuvrée de Sorèze, Revel et même Toulouse. Et saint Loup dans tout cela? Parmi les jeunes gens qui fréquentaient Bascaud, on en montrait un qui avait eu "les
cheveux blancs avant l'âge". La tête mystérieuse avait donc encore frappé...
Un jour, l'épouse du nouveau propriétaire interrogea un sage habitant du coin: y croyez-vous, à cette malédiction de saint Loup ? Le sage resta un moment pensif et, d'un air mystérieux,
répondit: Quant votre mari est mort, c'était pas après avoir acheté la métairie ?
Qu'est-il devenu de la tête aujourd'hui? Quelqu'un aurait dit un jour aux propriétaires de l'Encastre cette phrase sibylline : Saint Loup ne fera plus de mal. Que fallait-il comprendre
par là?
Aujourd'hui encore, la tête mystérieuse fait jaser dans le canton de Sorèze. Une certaine famille était supposé posséder la tête: cela expliquerait poruquoi la fille aînée avait été renversée par
une voiture, ou pourquoi le fils avait aussi péri de mort violente.
Une belle légende: mais qu'est-ce qui est vrai ?
J'ai entendu cette légende racontée par M. Blaquière, en 1997, lors d'une soirée de contes à Sorèze. manifestation fort agréable et trop rare!
On peut la classer dans les récits d'objets ou de lieux maudits. Ces récits pullulent un peu partout.

Toujours est-il que la métairie de Bascaud existait vraiment. Elle figure sur la carte de Cassini (XVIIIe siècle, photo ci-dessus) sous le nom de Pascole, à côté de l'Encastre (orthographié
l'Enclastre). L'histoire de Revel du Frère Léodère Géry évoque un prieuré saint-Georges de Bascaud. Il faudrait vérifier l'info.
J'ai lu quelque part que saint Loup était un saint invoqué contre la peur, peut-être en raison de son homonymie avec le loup (l'animal). Mais je ne sais rien d'autre... Cette légende gardera donc
son mystère.
Photo.
Le lac de saint-Ferréol (en tout petit petit) vu de la montagne de Berniquaut toute proche. Photo de J.M Maurin parue dans Couleur Lauragais. www.couleur-lauragais.fr/pages/journaux/2003/cl54/rando.htm