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Et voici, en guise d'épilogue à notre débat sur Victor, l'avis plein de sagesse et de pondération, comme
toujours, de Fardoise. De quoi nous donner à penser.
Sur Victor, l'enfant sauvage.
Merci pour cet article tout aussi passionnant que pertinent. Car la véracité du "cas" Victor a été remise en cause, il aurait pu souffrir d'un handicap ou de maltraitances. Mais quoi qu'il en
soit, ce qui est intéressant c'est l'expérience menée par le professeur Itard pour le ramener vers la société de ses semblables et son semi échec.
Car la théorie n'est pas tout et la froide méthode ne remplacera jamais l'amour dont un enfant a besoin, aussi, pour s'épanouir. Il a manqué à Victor/Joseph une Françoise Dolto qui lui permette
d'accéder à sa personnalité propre.
Acquérir un langage, c'est utile, mais si ce n'est pas pour communiquer, à quoi bon. Lorsqu'on est différent, on reste étranger et donc solitaire. A-t-on seulement cherché vraiment ce qu'il lui
était arrivé pour pouvoir le guérir de cette différence ?
Faudrait-il être optimiste ou pessimiste pour un Victor aujourd'hui ?
Merci pour ce débat, qui porte sur un problème essentiel, l'humain et l'humanité. Ces enfants "sauvages", pour reprendre le titre du film de Truffaut, d'après le cas de Victor, ont bousculé
les certitudes concernant notre supériorité. Pour nos ancêtres, ces enfants ne pouvaient être que des attardés mentaux.
Mais, si des scientifiques se sont penchés sur leur cas et si la plupart d'entre nous sommes "avertis" sur les questions d'inné et d'acquis, je n'en suis pas moins persuadée que le sort qui
serait réservé à un "Victor" contemporain ne soit pas que le fruit du hasard qui conduirait ses pas. Tout dépendrait des premières personnes rencontrées et des structures qui le prendrait en
charge.
Je pense au cas de cette femme qui a passé la majeure partie de sa vie en hôpital psychiatrique aux USA, car elle parlait un dialecte russe que personne ne comprenait. Nous pouvons être
optimistes, car nous avons fait de grands progrès dans la compréhension et l'enseignement. Mais, il y a toujours lieu d'être pessimiste quant au comportement de l'homme face à ce qui le dérange,
ce qu'il ne comprend pas. Je ne crois pas non plus à un véritable progrès moral. Mais, il y a des gens qui cherchent à comprendre les loups, l'espoir est donc permis.
Fardoise.
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