Le site non officiel du Pays Cathare et du Languedoc (Aude, Haute-Garonne, Tarn, Ariège). Plongez dans la nature, l'histoire et la légende du Sud.

Post tenebras lux.
D'abord, la date de Noël. On sait que l'on y célèbre la naissance du Christ. Mais nul texte ne nous dit que celui-ci est né le 25 décembre. La date a été fixée à la fin de l'antiquité, en
référence au solstice d'hiver, date du culte du dieu Mithra, où lui était sacrifié un taureau. Mithra était un dieu d'origine iranienne, lié à la lumière, appelé aussi le soleil
invaincu (sol invictus). Le Christ étant semblablement la vraie lumière (lux vera) selon l'évangile de Jean, c'est sans trop de mal finalement que la date a pu être récupérée. Avec la continuité
de la symbolique qui veut que le soleil naisse des ténèbres.
***
La peur de Noël ?
On l'a oublié aujourd'hui, mais dans les mentalités d'autrefois, Noël était une date qui faisait peur... Le solstice marquait la mort de la nature et les nuits interminables. C'était donc le
domaine tout désigné des chasseurs maudits, des sabbats de chats, des fantômes...
En même temps, toute mort étant porteuse de l'idée de renaissance, cette symbolique ne pouvait pas être purement négative, mais plutôt ambiguë.
***
Les sabbats de chat.
Dans certaines régions, les fêtes de Noël marquaient le moment des sabbats de chats. Ceux-ci se réunissaient, sans doute pour adorer quelque démon griffu... Si vous vouliez que votre chat n'y
aille pas, il fallait lui couper le poil blanc qu'il avait dans son pelage, ou lui roussir un peu la queue... Pauvre bête !
***

Coutume étrange de la montagne noire.
La nuit de Noël en effet, comme celle de la Toussaint, marque l'irruption des morts parmi les vivants. Dans la Montagne noire, sur le Causse de Sorèze, avait lieu une étrange cérémonie lors de la
nuit de Noël. On ouvrait des avens creusés en pleine terre. Le but de cette cérémonie était de faire "respirer les âmes des morts". Ce qui montre que cette nuit de Noël, et la période de
l'avent dans son ensemble, était conçue par les anciens comme un moment privilégié où les frontières de la mort et de la vie s'abolissaient, ou du moins étaient plus perméables.
***
Les chasseurs maudits.
C'est aussi dans la période de l'avent, ou de noël, que la tradition populaire place les expéditions nocturnes de chasseurs maudits. Ils sont obligés de chasser pour l'éternité des proies
invisibles, pour avoir quitté la messe de minuit ou une de celles dd'un dimanche de l'avent. Dans un autre de mes article pour ce Noël, lisez l'histoire d'Etbert d'Estouge...
***

Les trésors engloutis.
Nombreux sont les endroits où certains trésors cachés ne sont accessible que pendant les douze coups de minuit, pendant la messe. La montagne noire ne fait pas exception à la règle, si l'on en
croit le témoignage de Jean Mistler à propos de la vallée du Bout du monde, entre Durfort et les Cammazes (Tarn):
« … le Bout du Monde, c’était la fin de l’univers connu, et la porte du monde féerique, des gazons de montagne qui sonnent creux sous les pas, des souterrains dont l’entrée est perdue,
mais qui s’ouvrent avec leurs trésors la nuit de Noël, juste pendant que sonnent les douze coups de minuit. »
***
Bref...
Nuit de Noël fertile en légendes. Il est dommage que l'on ait plus gardé que le gros barbu, enseigne publicitaire imposée dans l'après-guerre au monde entier par une marque de soda américain bien
connu. Mais chaque temps a les mythes qu'il mérite, non ?
Alors joyeux Noël à tous et à toutes !