Le site non officiel du Pays Cathare et du Languedoc (Aude, Haute-Garonne, Tarn, Ariège). Plongez dans la nature, l'histoire et la légende du Sud.
L'Eglise de Saint-Aventin est un des joyaux de l'art Pyrénéen, dont nous avons parlé dans un premier article. Mais il ne faut pas oublier que toutes ces Eglises furent construites pour
rendre hommage à des saints, organiser leur culte en pélerinage. On disait également qu'elles avaient été construites dans des lieux où le saint avait passé sa vie.
Dans la vallée du Larboust, deux édifices ont trait à Saint-Aventin et à sa légende : une petite chapelle sur la route de Luchon, et la grande Eglise du village de Saint-Aventin. Ces lieux
faisaient jadis l'objet d'un pèlerinage et sont encore de nos jours, fréquentés par de pieux visiteurs...
Revenons sur la légende et les lieux qui lui sont associés.
La légende de Saint-Aventin.
Jadis, les habitants du Pays de Luchon étaient païens. Une femme souffrait les douleurs de l'accouchement depuis plusieurs heures, sans pouvoir être délivrée... Une servante raconta que
l'eau bénite des chrétiens faisait des miracles. On en envoya chercher, et effectivement, dès que la parturiente en fut touchée, elle fut délivrée instantanément, et le petit Aventin
naquit.
Une fois adulte, son zèle de prédicateur fut mal vu des Maures qui occupaient la régions. Ceux-ci le firent enfermer dans le château de Saint-Blancat, près de Luchon. Mais Aventin sauta
sans mal du haut du sommet de la tour... Là où il atterrit, son pied s'imprima dans la pierre.
Un autre épisode met Aventin en lien avec le roi des animaux Pyrénéens. Un ours de la montagne, fou de rage,s 'était jeté sur le saint. Celui-ci retira de sa patte une épine, ce qui creva
l'abscès. De ce moment, l'ours devint docile et suivit partout son sauveur.
Les Maures finirent par s'impatienter pour de bon, et décapitèrent Aventin en l'an 800. Il prit sa tête coupée entre les mains, descendit la vallée d'Oueil, remonta la vallée du Larboust.
Là, il alla s'enterrer lui-même sous la
pierre où s'était gravé
jadis son pied, lorsqu'il avait sauté de la tour.
Trois siècles passèrent, et nul ne se souvenait de l'emplacement du tombeau
d'Aventin.
Jusqu'à ce que l'emplacement de celui-ci soit connu, grâce à un boeuf qui venait s'agenouiller. On tenta d'en extraire le corps, mais un essaim d'abeilles le protégeait. il ne fallut rien moins
qu'une lettre du Pape pour leur ordonner de partir !
On put alors transporter le corps d'Aventin, jusqu'à un lieu où les boeufs s'arrêtèrent et où on édifia l'Eglise qui porte son nom.
La chapelle de Saint-Aventin (photo ci-contre).
Elle est édifiée sur la route de Luchon, à l'entrée de la vallée du Larboust. Elle s'élève sur le lieu où la légende place le premier tombeau de Saint-Aventin, et l'endroit où
il "atterrit" après avoir sauté de la tour. C'est une sorte d'oratoire, édifice de dimension modestes. Il a été réédifié à une date indéterminée, mais sans doute pas très ancienne, ainsi que nous
apprend une inscription:
CHAPELLE
RECONSTRUITE
PAR LA CHARITE DES FIDELES EN L'HONNEUR DE ST AVENTIN, SUR LE LIEU OU SON CORPS FUT DECOUVERT, TROIS SIECLES APRES SON MARTYRE QUI EUT LIEU EN L'AN 800.
Le texte est surmontée de la représentation du saint céphalophore... La peinture est frappante de réalisme naïf, elle m'a beaucoup impressionné.




