Le site non officiel du Pays Cathare et du Languedoc (Aude, Haute-Garonne, Tarn, Ariège). Plongez dans la nature, l'histoire et la légende du Sud.
Le Mas-Cabardès est un de ces magnifique villages de la Montagne noire audoise, dont les rues les plus petites
s'apparentent à de charmants escaliers de pierre ! Ces goulots étroits protègent du vent glacial de la vallée...
Quelle n'est pas la joie du visiteur de voir, au hasard de l'une de ces rues, un véritable joyau de sculpture s'élever modestement... Dans la lumière bleue des couchants d'hiver, ses personnages,
que l'on dirait issus de quelque calvaire breton, ont été taillés jadis d'un ciseau de maître.
Harmonie en bleu.
Sur une des faces, le crucifié, entre Marie et Saint Jean. Des anges recueillent le sang qui s'écoulent du creux des mains, transpercées par leurs clous. Au-dessus de son visage, un ange tient un
phylactère "INRI".
La Vierge, corsetée dans sa robe et la tête couverte d'un voile, laisse une impression de profond abattement, la tête penchée
mélancoliquement sur son épaule gauche. Quant au Jean, juvénile, il croise les bras, dans une attitude pleine de réserve. On sent que l'artiste a voulu exprimer une certaine émotion...
Les Tisserands
Au pied de la croix, un étrange objet oblong dans une forme d'écu (voir photo). On y a vu une navette de métier à tisser. En effet, selon la tradition, cette croix a été commandée par
un corps de métier, les Tisserands. Ce qui est sûr, c'est qu'elle date du XVIe siècle, de 1545 plus précisément. L'attribution de la croix aux Tisserands n'a rien d'improbable dans la mesure où,
dès la fin du Moyen-âge, la Montagne noire est connue pour sa production de lainages et de tissus, à partir de la laine des ovins élevés dans ses vertes praires... Dès 1400, les marchands
italiens achetaient en effet les étoffes venues du Cabardès, la région du Mas.
Nul doute que cette communauté avait les moyens financiers de faire travailler un artiste ou plusieurs, pour tailler cette belle pièce...
