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Le site non officiel du Pays Cathare et du Languedoc (Aude, Haute-Garonne, Tarn, Ariège). Plongez dans la nature, l'histoire et la légende du Sud.

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L’eau et le rocher : légendes et histoire de Saissac en Pays cathare

 

Ce village de l’Aude, blotti dans les forêts de la Montagne noire, est magique. Les bergers du néolithique y ont mené leurs bêtes et érigé des pierres à légendes. Les gallo-romains y ont établi leurs exploitations agricoles. Des seigneurs belliqueux en ont fait le point de départ de leurs expéditions punitives. De paisibles meuniers y ont fait fortune. Et on y murmure d’étranges légendes de trésors wisigothiques et de pierres qui grandissent comme des plantes…

 Entrons donc ensemble dans les mystères et l’histoire de Saissac !

 

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Une pierre à légendes qui grandit et qui saigne!

Près de Saissac, au lieu-dit Picarel, se trouve une étrange pierre levée. Les anciens rapportent que jadis, les enfants pouvaient s’asseoir dessus, mais que depuis, elle a grandi !

Une autre légende tout aussi mystérieuse disait que, lorsqu'on la frappait trop violemment, la pierre saignait (cette légende s'expliquant peut-être par la présence de fer dans la roche?).

En fait, il s’agit d’un menhir érigé jadis par les peuples du néolithique, le long d’un chemin très ancien appelé dans le pays Cami Roumieu ou Saissaguès (de Saissac). Ce chemin traverse les forêts de la Montagne noire, sans doute depuis la plus ancienne antiquité, et a vu défiler, après les troupeaux de la préhistoire, les romains et les pèlerins de Saint-Jacques.

 

 





Les origines romaines.

 Trois éléments nous permettent de parler des origines romaines de Saissac.

 -d’une part, l’étymologie du nom de Saissac : c’est un nom de lieu formé, avec le suffixe gallo-romain, -acum, sur le gentilice (nom de grande famille) Sacius, sans doute le nom du propriétaire. Saciacum signifie donc : la « propriété de Sacius ».

 

-d’autre part, les vestiges d’occupation romaine présentes sur la commune, et tout près à Saint-Denis. On a fouillé les vestiges de la villa de Co d’Espérou, qui en fait était la demeure d’un maître de forge gallo-romain.

 

Saissac et les Wisigoths : l’histoire et la légende.  

 

Le nom de Saissac, dans la tradition populaire, est associé au trésor des Wisigoths. En effet, on racontait autrefois une bien étrange histoire. Après la bataille de Vouillé (près de Poitiers) où le roi wisigoth Alaric fut tué par Clovis et son armée mise en déroute par les Francs, le trésor des Wisigoths, comportant entre autre le chandelier sacré des Juifs pris aux romains, devait être caché. Un petit contingent mené par Théodogote, la femme de Clovis, serait venue l’enfouir à Saissac.

 

Cette histoire n’est sans doute qu’une belle légende, et on n’a aucune preuve, à l’heure actuelle, qu’il existait un château à l’époque wisigothique à Saissac. Néanmoins, il faut noter que plusieurs auteurs indiquent que la Montagne noire, où se trouve Saissac, a été longtemps la frontière du royaume wisigoth et du royaume franc. La légende serait-elle une confuse mémoire de cette ancienne situation politique ?   

 

Par contre, on a trouvé un vrai trésor à Saissac, mais il date de l’époque de saint Louis, et comporte 2000 pièces (trouvé en 1979).

 

(Un vieux pont en bas du château).

Saissac à l’époque médiévale.

 

C’est au Moyen-âge que Saissac devient importante, avec la famille de Saissac. Apparemment, le lieu est un centre dès l’époque carolingienne. Le château est cité en 960, et la famille de Saissac en 1031. Les seigneurs de Saissac étaient du genre remuant ! Théoriquement vassaux du comte de Carcassonne, ils s’opposent à lui dans les faits : ainsi, en 1150, Hugues de Saissac conteste à Roger, vicomte de Béziers, les droits de justice et d’administration sur la terre de Valsiger (Montolieu).

Isarn Jourdain, seigneur de Saissac, donne des terres aux cisterciens de l’abbaye de Villelongue en 1149 : « fonds incultes et cultivés, revenus et redevances, eaux, emplacements de moulins et pâturages ».

 

Bertrand de Saissac, seigneur médiéval et fin politique.

 

Bertrand de Saissac était un puissant seigneur en Montagne noire, à la veille de la tourmente qui allait frapper la contrée, celle de la croisade contre les cathares. Il était également un des familiers de Roger Trencavel, le puissant vicomte de Carcassonne.


Bertrand était sans doute, comme d’autres seigneurs de la Montagne noire, ceux de Roquefort (les Cammazes-81) et de Cabaret (Lastours-11) un sympathisant du catharisme. Il usait d’ailleurs de manières bien cavalières avec l’Eglise… Ainsi, lorsque Bertrand de Saint-Ferréol fut élu comme abbé d’Alet dans l’Aude, Bertrand le fit jeter en prison ; il mit ensuite le cadavre de l’abbé défunt sur le siège abbatial, et fit procéder à une nouvelle élection truquée. Celle-ci lui permit de mettre à la tête de l’abbaye « son » candidat, Boson, que l’archevêque de Narbonne confirma dans ses fonctions en échange d’une grosse somme d’argent…

 

La tourmente de la Croisade.

 

Bertrand, tout en utilisant l’Eglise catholique pour ses desseins politiques, protégeait les cathares et hébergeait les Troubadours. Il aurait accueilli ainsi le célèbre Pierre Vidal, l’amoureux de la Louve de Pennautier… Il était sans doute lui-même croyant cathare, et était consulté sur des points de foi. La « parfaite » (prêtresse cathare) Blanche de Laurac vint ainsi prêcher à Saissac.

 

En 1209, Simon de Montfort prend Carcassonne. Trencavel, le vicomte, est vaincu à Carcassonne et ses vassaux doivent reconnaître Simon de Montfort comme légitime seigneur ou être bannis. C’est ce qui arrive à Saissac, fief qui revient désormais au seigneur franciman Bouchard de Marly. La Montagne noire appartient désormais au roi de France, qui y fera construire la bastide de saint-Denys.

 

Le château de Saissac.

 

C’est l’un des plus beaux ensembles de l’Aude. Son donjon s’élève à 18 mètres ! On pourrait presque s’attendre à y voir chevaucher l’irascible Bertrand de Saissac !

 

Saissac moderne, ses drapiers et ses meuniers.

 

Avec l’époque moderne (XVIe-XVIIIe siècles) viennent des temps plus calmes.

Le commerce des draps est alors florissant dans la Montagne noire en général, et à Saissac en particulier. Tout cela grâce à la laine des ovins qui pullulent ! La famille des Saptes se fait construire dans le village un bel hôtel de style XVIe siècle finissant, un peu rustique mais admirable, que l’on peut toujours voir.

 

Les meuniers sont aussi bien implantés dans la ville à l'époque. Encore aujourd’hui un petit ruisselet canalisé passe dans le village, que l’on appelle le Béal des Treize Meuniers, cité en 1658. Il servait sans doute à alimenter en eau les moulins et usines où la laine était foulée pour la fabrication du drap.

 

Le cimetière et la petite chapelle.

 

Si vous cherchez dans le village un lieu isolé, c’est le cimetière de Saissac, situé dans un endroit bucolique, avec son ancienne chapelle de Saint Jean de Saissaguet. Une procession avait lieu là à l’occasion de la fête de la saint-Jean.

 

Autre coin isolé : un ancien moulin situé près de la rivière, en bas du château. Le lieu est difficilement accessible, mais on peut y gravir un escalier acrobatique, une meule et un petit pont qui ne tient plus guère que par un grand mystère !

 

Voilà !

 

J’espère que ces quelques lignes vous aurons donné envie de visiter Saissac et son château. Vous pouvez y accéder à partir de Carcassonne (route de Montolieu) ou de Revel (Route des Cammazes). Profitez bien de cette montagne magique qu’est la Montagne noire.


Sources.

Canton de Saissac-opérations vilatges al pais. Une véritable mine d'informations, comme tous les ouvrages de cette collection. A consulter impérativement!

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