Le site non officiel du Pays Cathare et du Languedoc (Aude, Haute-Garonne, Tarn, Ariège). Plongez dans la nature, l'histoire et la légende du Sud.

Devant le succès de l'article consacré à Bugarach et à Galamus, qui est l'un des plus lus du blog, j'ai décidé de vous livrer
ces deux cartes postales ancienne du coin, issues de ma collection. L'une représente le pic de Bugarach, et l'autre l'ermitage de Galamus. En mémoire de la légende de l'ermite de Galamus, qui
parcourait jadis ces contrées pour quêter sa subsistance et ramasser des plantes médicinales...
La Carte Postale du Bugarach.

Elle présente une vue d'ensemble du massif du Bugarach (au 3e plan), du côté sud, comme indiqué dans la légende. On voit une petite colline au deuxième plan, qui donne l'impression de
profondeur (la photo a sans doute été retouchée au niveau du noir profond des arbres et du brouillard qui nimbe la petite colline, à cet endroit de la carte, pour magnifier la grandeur du pech).
D'après la carte IGN, je pense que cette colline est la Serre de Ferran, du moins sa partie inférieure, là où elle vient mourir dans les prairies.

Le personnage du premier plan, un local sans doute, est vêtu de la tunique courte des paysans d'autrefois et d'un chapeau. Sa petitesse accroît d'autant la majesté écrasante du Pech....
La carte a été publiée par les éditions Labouche Frères, à Toulouse. C'est le numéro 85 d'une série consacrée aux Corbières. Elle a été envoyée
le 20 septembre 1910 par un certain Jules Faure, à Mme et M. Mers de Blan (Tarn). Ce qui est étonnant, c'est de constater à quel point, en l'espace d'un siècle, la végétation a repris ses
droits... Ce qui était alors prairie, sans doute consacré à l'élevage est devenu forêt de feuillus.
L'ermitage de Galamus.

Egalement de Labouche Fr., dans la série "Sites et Monuments du Sud-Ouest", 4e série, n. 31. Le cliché est signé Alari. Elle est adressée par un François à Mlle Jeanne Hébrard à Revel
(Hte-Garonne). Elle a été envoyée le 3 février 1903 ; elle représente l'ermritage de Galamus, brûlé de soleil et perdu dans sa montagne calcaire.
A l'époque où cette photo fut tirée, l'ermitage de Galamus devait être occupé, puisqu'il le fut jusqu'en 1936 (date fatidique à bien des points de vue...). Cela devait sans doute constituer une
curiosité pour les élégantes blasées de la Belle-Epoque... La carte joue d'ailleurs de cette étrangeté d'une manière un peu raccoleuse, en utilisant des caractères d'imprimeries inspirés du
gothique et une orthographe archaïsante ("Hermitage").

Comme je l'ai déjà évoqué dans l'autre article, l'ermite de Galamus se déplaçait dans la montagne pour chercher sa subsistance et peut-être trouver les éléments de remèdes ou de préparation
diverses qu'il vendait ensuite aux habitant du lieux, ou aux visiteurs de son ermitage (car un ermite n'est jamais tout à fait seul). Lors du Carnaval de Bugarach, une cérémonie était organisé
par les jeunes: l'un d'eux se déguisait en ermite et ils faisaient une quêtes de victuailles, en aspergeant de substances répugnates ceux qui refusaient de donner... On notera la similitude avec
la fête d'Halloween d'importation récente dans nos contrées.
Bref...
Ces images datent de plus d'un siècle mais, par la magie de la photographie, nous semblent contemporaines. Que diront les hommes du XXIIe siècle lorsqu'ils trouveront nos photos...
Mystère!