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30 octobre 2008 4 30 /10 /octobre /2008 09:17

 

Etrange chapelle que celle-là, si proche de la mer et perdue dans les pinèdes de la Clape… On y accède par une allée bordée de tombeaux, élevés à la mémoire de marins gruissanais qui sont parfois morts au bout du monde.

 

Le plus mystérieux, c’est le rituel du double pèlerinage qui a lieu ici les lundis de Pâques et de Pentecôte : celui des adultes, officiel, plein de dignité et de souvenir pour les marins disparus, et celui des jeunes, officieux, alcoolisé, drolatique et un rien dissipé…

 

Evoquons un peu l’histoire et la légende de cette chapelle. Ce faisant nous rencontreront des ex-votos classés "monuments historiques", un ermite, des jeunes filles qui menacent un saint de coups d’épingles pour avoir un mari…

 

Histoire de la chapelle.

 

En ces lieux, des moines venus de l’abbaye de Cassan (Héraut) édifièrent un prieuré au XIe siècle. En 1223, les religieux de Boulbonne rachètent le prieuré, et pour la première fois on voit apparaître le nom : Notre-dame des Auzils.

 

Les Auzils, ce nom mystérieux n’a pas pu mettre les étymologistes d’accord : on l’a rapproche de l’occitan auzina (chêne vert) ou auzel (oiseau), mais aussi du latin de auxiliis (« du bon secours », hypothèse la plus vraisemblable) : ainsi Notre-Dame des Auzils serait la bonne mère, « Notre-Dame du bon secours ».

 

La chapelle, dans sa forme actuelle, semble dater de 1635. On trouve à un certain endroit de la nef ce qui semble un remploi d’une construction précédente : deux petits personnages à la tête ronde, comme encapuchonnés et d'allure franchement médiévale.

 

Les ex-voto.

Ce sont, par définition, des présents faits au sanctuaire à la suite d’un vœu (généralement prononcé par un marin en danger, lors d’un naufrage, etc.).

On admire beaucoup les ex-voto « tableaux », classés aux MH. Ces peintures représentent à la fois le moment du danger, et la Vierge qui intervient. Un grand nombre d’entre eux (50) a été volé dans les années 1960. Un seul a été retrouvé et mis en place, les autres étant remplacés par des peintures murales au début des années 1980.

D’autres sont plus spectaculaires : bannières, modèles de proues de navires, petites statues de la Vierge, maquettes.

 

Les ermites des Auzils.

 

Il existait autrefois des ermites qui vivaient près de la chapelle, « depuis la nuit des temps », disent les gens d’ici. Ils faisaient office d’accueil et de guides pour les visiteurs. Le dernier de ces ermites, Michel Cyprien, mourut en 1888. Le Conservatoire du littoral a reconstitué le jardin et la cabane de l'ermite.



Une légende rapporte que le dernier ermite s’était creusé une tombe dans le mur de soutènement de la chapelle mais que, pour une raison ou une autre, il n’y fut pas enterré.  

 

Le cimetière marin et le pèlerinage des adultes.

 

Trois pèlerinages ont lieu, dont chacun a sa finalité et son origine propre.

-le pèlerinage du Jour de Pâques, dédié aux marins disparu en mer. Ce pèlerinage aurait été instauré à la suite d’un terrible naufrage ayant eu lieu le 28 février 1797 (10 Ventôse an V), à la suite d’une tempête. L'événement est commémoré par un monument de style contemporain, à l'entrée du site (photographie ci-dessus).

-le pèlerinage de la Pentecôte, qui commémore la fin de l’épidémie de Choléra de 1835.

-le pèlerinage de fin août, destiné à s’attirer les bonnes grâces célestes avant les vendanges, moment crucial dans cette région vinicole.

Aujourd’hui, seuls les deux premiers pèlerinages semblent suivis.

 

L’allée des marins.

 

Lors de ces pèlerinages, la procession parcourt une allée qui monte à la chapelle, bordée de tombes tout au long de son parcours.

 

Ces tombeau vides (cénotaphes) ont des inscriptions parfois très émouvantes :

 

« Un père malheureux a élevé ce monument à son fils, égorgé au milieu de mers, juillet 1824 ».

 

« Le capitaine A. Pons, né le 30 avril 1800, commandant le brick Jean-Albert, et son fils, A. Pons, né le 11 février 1835, ont péri, sur la côte de Sicile ».

 

« A la mémoire de Jules Mathieu Fournier, né le 22 mai 1851, décédé à bord du Roucou, le 5 mars 1867, à 30 milles du cap Partivento, atteint par la foudre. Regrets de son père, de sa mère, de ses frères et amis. P.P.L. »  

 

D'autres encore évoquent les guerres navales de la première guerre mondiale (photographie ci-dessus).

Elles disent les dangers de la mer et la douleur des familles.

 

Le pèlerinage des jeunes.

 

On a pu le trouver irrespectueux, par son côté alcoolisé et chahuteur. Néanmoins, il rend hommage, à sa manière, aux marins disparus.

 

Son déroulement est le suivant. Le même jour que le pèlerinage « officiel » des adultes, les jeunes gravissent l’allée bordée de tombeaux, s’arrêtent devant chacun d’aux comme leur aînés. Mais ici, ce n’est pas pour dire des prières, mais pour « boire un coup » devant chaque tombeau. Les tombeaux sont parfois arrosés de vins, et on feint d’être ivre plutôt qu’on ne l’est vraiment.

 

L’ethnologue Christiane Amiel a vu dans ce rituel une sorte de libation, d’offrande faite à l’âme des morts défunts en mer.

 

« Condamnées à l’errance faute de sépulture, les âmes des morts ont, plus que toutes autres, besoin de l’aide des vivants.  Prières et libations se complètent dans le cimetière marin de Gruissan, facette d’un même rituel qui, en assurant le repos de ces morts, met la communauté villageoise à l’abri de leurs tracasseries ».

 

Le pèlerinage des jeunes ne s’arrête pas là : ils descendent ensuite de la chapelle par un autre chemin, avec arrêt dans des grottes, des falaises, tout un chemin sauvage et périlleux où il faut faire attention de ne pas se rompre le cou… On faisait un ultime plongeon dans la mer en rentrant. Manière symbolique de quitter l’espace des morts (le cimetière) pour rentrer dans le monde des vivants.

 La légende de la grotte de Saint-Salvayre.

 

Enfin, dernière légende associée à ce lieu. Au-dessous de la chapelle des Auzils, il existe une grotte dite « de saint Salvayre », dans laquelle se rendaient jeunes gens et jeunes filles. C’était un lieu propice à l’apprentissage amoureux. Les filles y allaient pour demander un mari, en menaçant saint Salvayre d’un coup d’épingle : « Balha me un fringaire o te foti un cop de pic ».

 
Bref… 

 

Un lieu insolite, à quelques kilomètres en voiture de Gruissan, dans le massif de la Clape. A ne pas manquer.

 

Sources.

 

Article publié par la municipalité de Guissan .

L’Aude, encyclopédies régionales Bonneton, « Ethnographie » (Chr. Amiel)

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commentaires

strong magnets 14/04/2014 13:45

Chapel Auzils: marine cemetery and pilgrimage is a good share and considering the historical remains in the present days, this is one among the valuable collections. i am happy for the information you have here and i will be back again for more.

Maylhi 18/04/2009 17:32

Bonjour, vous pouvez publier mon commentaire en article séparé bien sûr (je l'ai relu il y a pas mal de fautes d'orthographe, désolé!)Je me souviens d'autre chose au niveau de la chapelle. On peux se demander pourquoi dans la chapelle les ex-voto sont peint en trompe l'oeil directement sur le mur.A la fin des années 60 une cinquantaine d'ex-voto ont été volés dans la chapelle. Grâce à des vieilles photos, elles ont été reproduites mais directement sur le mur. Ici les gens ont beaucoup été marqué par cet acte de vandalisme, et peut-être si ils ont été peint, plutôt que reproduit c'était pour décourager les pilleurs d'art (et d'histoire). Anecdote : Ma tante de Gruissan a retrouvé une dizaine d'années plus tard chez un brocanteur de la région marseillaise un des ex-voto, après quelques renseignements chez le marchand, elle est allée chercher la police (son mari était policier)de retour le tableau avait disparu malheureusement. Sur le site de gruissan (www.ville-gruissan.fr), il y a a des information plus précise sur toute l'histoire de la chapelle. Je voulais au passage vous remercier pour ce blog qui est pertinent, ouvert et d'un grand interêt.

Abellion 19/04/2009 11:22



Merci beaucoup pour vos contributions, je vais publier cela dès que possible !

Le vol des ex-voto était effectivement odieux. L'anecdote est inétéressante et prouve que le monde des antiquaires et brocanteurs est souvent opaque...


Merci beaucoup pour tout !


 



Maylhi 13/04/2009 19:20

Bonjour,
Je suis originaire de Gruissan et je peux témoigner de la commémoration du lundi de Pâques à "la Chapelle" pour ceux que ça intéresse. Effectivement les jeunes du village "montent" à la chapelle comme le veux la coutume (du moins on le faisait encore il y a dix ans lorsque j'étais adolescente)le lundi de Pâques (aujourd'hui d'ailleurs!). On part du village à pied avec de quoi manger et aussi boire c'est vrai (selon mon grand père nos ancêtres y montaient pieds nus, aujourd'hui ça ne se fait plus, du moins je ne l'ai jamais vu)En effet lorsqu'on arrive enfin sur le chemin qui monte à la chapelle où se trouve les cénotaphes, beaucoup son ivre (et ce n'est pas simulé!)et les arrose d'alcool, comme pour dire on boit à votre santé, le tout dans une ambiance bon enfant en général. Arrivé en haut au niveau de la Chapelle les jeunes n'assistent pas à la messe, mais s'éparpille dans la clape derrière la chapelle, et se rejoignent souvent au lac artificiel qui se trouve non loin de là et finissent la journée là bas.Malgré l'alcool je trouve ça bien que les jeunes (il n'y a cependant pas que les jeunes qui font se "pèlerinage") de Gruissan continuent de perpétrer cette tradition même si ils y vont pour faire la fête, les marins ne tombent pas dans l'oubli des Gruissanais.

Abellion 18/04/2009 06:36



Mayli, désolé du temps mis pour vous répondre, mais je ne me suis pas connecté ces derniers jours.


Votre témoignage est très intéressant. Je trouve moi aussi que c'est une manière originale de commémorer la mémoire des disparus. On oublie souvent que, dans beaucoup de civilisations, l'alcool
(et même parfois l'ivresse) font partie intégrante de la spiritualité et des rituels religieux, que ce soit dans la Grèce antique ou dans certaines branches du Judaïsme, ou encore même dans le
Christianisme... Il y a quelque chose d'universel là-dedans. Je vais sans doute vous écrire pour vous demander si je peux publier votre témoignage en article séparé. Merci encore de ce
commentaire excessivement intéressant.



christian 06/11/2008 11:35

Je l'ai vu . Merci pour tous ses commentaires . Je pense que faire un article pour m'aider au passage au mode privilège n'est bon que si l'audience de blog est bonne et se n'ai pas le cas pour autourde et ses 30 à 40 visiteurs par jour par rapport au 125 pour l'autre blog . Je tiens plus par le nombre d'article pas jour . Le vais mettre du lourds en article avec le bosquet de l'encelade à Versailles , des animaux , des couleurs de la vigne , des paysages ... J'ai prévu beaucoups de photos pour ses deux jours . A bientôt

Abellion 06/11/2008 13:08


Détrompe-toi Christian, si tu fais cet article tu auras des coms de la part de gens qui n'en laissent jamais en temps normal. Si tu as des photos de l'Encelade, un de mes bosquets préférés à
Versailles, je suis preneur !


Promethazine 01/11/2008 12:40

Un lieu très agréable où il faudra que je retourne à l'occasion.
Le massif de la Clape est vraiment beau, dommage qu'il soit rongé un peu plus par les flammes chaque année (merci à l'inconscience des touristes...).

Abellion 01/11/2008 13:53


Moi aussi, j'adore les Pinèdes et cela me désole de les voir partir en fumée. Plus que l'inconscience, il y a aussi la malveillance, voire la pathologie mentale (c'est fou le nombre de pyromanes
qui peuvent exister...)