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3 avril 2008 4 03 /04 /avril /2008 09:41

 

 

 
Il existe dans la vallée de l’Orbieu, près de l’abbaye de Lagrasse, une vieille église oubliée. Elle semble crouler de décrépitude, poussiéreuse, encombrée de boiseries vermoulues, de décombres qui furent des bancs ou des retables. Mais une fois votre regard habitué à l’obscurité, quel n’est pas votre émerveillement d’apercevoir sur les murs des visages et des regards peints, qui s’associent pour former d’énigmatiques scènes.



 
Histoire de ce prieuré.

 



Le prieuré est de fondation carolingienne, et s’appelait Saint-Martin-des Puits, ou bien Saint-Martin-de-Montredon. Il dépendait de l’abbaye de Lagrasse qui, selon la tradition, aurait été fondée par Charlemagne venu combattre les Sarrazins. De multiples légendes évoquant d’ailleurs dans la région les exploits de Charlemagne ou de son neveu Roland (ce dernier étant assimilé à un géant édificateur de mégalithe).

Vers la fin du XIe siècle, les biens de l’abbaye appartenaient à des laïques (famille de Durfort). En 1093, Bertrand de Durfort doit en céder, ou en restituer l’essentiel à l’abbaye de Lagrasse. Et le prieuré a ensuite appartenu à l’abbaye, sans discontinuer, jusqu’à la Révolution.



 
La vie d’autrefois à Saint-Martin.

La vie n’était guère facile sur place, comme en témoigne un texte du XVIe siècle, qui évoque « une quantité de terres fort infertiles, à cause de la pauvreté du pays, qui est fort maigre… »

Le prieur de Saint-Martin (délégué de l’abbé désigné parmi les religieux bénédictins de Lagrasse) avait toute autorité sur le lieu, et y nommait un curé chargé de la paroisse. L’abbaye nommait également le viguier (juge) chargé de rendre la justice en ces lieux.



 
L’architecture.

Elle porte la marque de diverses époques, mais la partie la plus intéressante, le choeur, remonte au IXe siècle (époque carolingienne). Ce qui frappe le visiteur à l’intérieur, c’est bien sûr avant tout l’arc en fer à cheval, dit aussi outrepassé. On considérait jadis ces arcs comme « mauresques », mais selon Marcel Durliat,  ils appartiennent à l’arc carolingien, peut-être influencé, en cette ancienne province de Septimanie, par l’art antérieur des Wisigoths.

D’ailleurs, l’arc outrepassé est soutenu par deux colonnes qui proviennent d’un édifice antérieur (probablement d’époque mérovingienne). Au passage, notons que, d’après des sondages anciens, la base des colonnes, et donc le sol originel, se situe un mètre au-dessous du sol actuel ! 

Les murs, constitués de simples moellons, avec des pierres de taille aux angles, sont trop fragiles pour supporter une voûte. Les monuments historiques ont ainsi, à la fin des années 1960, remplacé une voûté décrépite du XIXe siècle par une charpente apparente, plus conforme à la forme originale de l’édifice.



 
Des peintures romanes.

On a noté pas moins de 4 couches de peintures sur les murs de l’Eglises ! La dernière correspond à un motif décoratif du XVIIIe siècle, la seconde représente des personnages du XIVe, et la troisième un ensemble de peintures du XIIe, le plus intéressant. Plusieurs éléments frappent d'emblée.

 



Dans la partie inférieure figurait une sorte de trompe-l’œil imitant des tentures orientales, ornées d’animaux fantastiques et de lions. Un visage énigmatique émerge également d’une autre partie du mur. Ailleurs, c’est le visage et l’aile d’un ange qui apparaissent (voir photos ci-dessus).



 
Les énigmatiques peintures du chœur.  

 



Elles représentent deux scènes bibliques. On reconnaît d’abord facilement une Annonciation (ci-dessus). La  la vierge est en compagnie d'une suivante, thème fréquent dans la peinture romane.  

 



Par ailleurs, on voit une scène énigmatique à plusieurs personnages (photo ci-dessus). On peut reconnaître les trois à la droite de la scène à leurs noms : A(B)DENAGO, M(I)SAC : ce sont les trois garçons que Nabuchodonosor, roi de Babylone, a fait jeter dans la fournaise après qu’ils ont refusé d’adorer son idole (livre de Daniel, dans la Bible), et qui ont survécu par miracle en chantant des cantiques dans la fournaise. L’idole d’or est d’ailleurs représentée sous une forme diabolique : une statue de forme humaine à la peau ocre jaune, vêtue d'une costume rouge fait de lanières, costume habituel des démons. Nabuchodonosor est également représenté avec sa couronne. Un autre personnage, appelé MIL(ES) (Chevalier) est sans droite le personnage envoyé pour exécuter les ordres du tyran.



 
Le sens de cette décoration.

Evidemment, il y a un parallèle entre la scène de l’Annonciation (extraite du nouveau Testament) et celle de la fournaise (ancien Testament) selon le principe de la lecture typologique propre au Moyen-âge (correspondance entre des épisodes de l’ancien et du nouveau Testament).

 Deux hypothèses :

-mariologie (M. Durliat): la fournaise qui ne brûle pas les jeunes gens est, comme le buisson ardent, un symbole de la conception virginale de la Vierge Marie. En effet, celle-ci donne la vie sans perdre sa virginité au « feu » de l’amour charnel (interprétation attestée dans un poème médiéval).

-christologie (H.-I. Marrou) : au Moyen-âge, des récits évoquent un personnage mystérieux qui serait descendu dans la fournaise pour assister les trois garçons. Cet homme « semblable à un fils des dieux », c’est-à-dire un ange, était une figure du Christ.

 

Bibliographie.

Marcel Durliat, L’Eglise de Saint-Martin-des-puits et son décor peint, Paris, Klincksieck, 1972.

 

 

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Abellion le Polygraphe - dans Lieux médiévaux
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