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6 septembre 2008 6 06 /09 /septembre /2008 16:36


La « lanterne de Bégon » et le « A de Charlemagne »… Des appellations bien poétiques pour deux objets énigmatiques, présentés sur cette carte postale. Comme leurs noms l’indiquent, l’un d’eux ressemble à une sorte de lanterne, l’autre à un grand triangle, ou un A majuscule.


Des reliquaires.


Quelles peuvent être l’origine et la fonction de ces objets ? Il s’agit en fait de deux reliquaires, fait pour l’abbaye de Conques (Aveyron) à la fin du XIe siècle ou au début du XIIe. Il existait alors, sous l’abbé Bégon, un atelier d’orfèvrerie important, qui produisit nombre de riches réalisation  aux formes exotiques à nos yeux…


Le A de Charlemagne.


Une tradition, rapportée par la Chronique du monastère, concerne cet étrange reliquaire triangulaire. On dit que le père de l’Europe, le mythique empereur à la barbe fleurie, offrit à  chacune des 24 abbayes qu’il aimait, un reliquaire en forme de l’une des 24 lettres de l’alphabet (à l’époque, les lettres u et v, i et j étant confondues). Sainte-Foy de Conques, la plus brillante de ces abbayes, reçut ainsi le A, première lettre de l’alphabet…


 
Tout ceci relève de la légende pure et simple. L’on sait que Charlemagne n’est jamais venu à Conques, même si son abbaye fut fondée par son fils Louis le Pieux. Mais il est représenté sur le tympan de Conques, et était sans doute une figure de fondateur prestigieuse, de nature à impressionner les visiteurs…

 

Une belle légende.

 

Donc, malgré son nom, le A n’est point de Charlemagne. On sait que ce reliquaire ne remonte pas avant l’époque de l’abbé Bégon (à la tête du monastère de 1087 à 1107). Soit plus de deux cent cinquante ans après Charlemagne ! On lit en effet sur l’objet cette inscription :


 
ABBAS ORNAVIT BEGO RELIQUIASQUE LOCAVIT

L'abbé Bégon a fait fabriquer –cet objet- et y a placé des reliques).


L’atelier d’orfèvrerie de Bégon.


En effet, des études ont montré que l’atelier d’orfèvrerie créé par l’abbé Bégon fut actif de la fin du XIe siècle au début du XIIe. Pour autant, à l’époque de Bégon, les techniques d’orfèvrerie n’avaient guère évolué depuis l’époque carolingienne. Il s’agissait avant tout de construire d’abord le squelette du reliquaire, son « âme » en bois, puis ensuite d’y plaquer une fine feuille d’or ciselée.


La monstrance.


L’âme de bois était parfois évidée afin d’accueillir les reliques ; ou bien celles-ci étaient placées dans une monstrance où elle était en évidence. C’est le cas du A de Charlemagne ;  la relique était placée à l'angle supérieur du A, derrière un demi-globe en cristal de roche (bien visible sur la photo ci-dessus).


La Lanterne
de Bégon.


C’est également un reliquaire-monstrance. Les reliques étaient placées dans la partie supérieure de l’objet, où elles étaient visibles derrière dans une sorte de cage de verre hexagonale. Le reste du reliquaire étant en argent. Il fait 42 centimètres de haut, et renferme les reliques de saint Vincent.


Mausolée ou lanterne des morts ?


Pourquoi ce nom et cette forme de lanterne ? D’après J.-Cl. Fau, la lanterne de Bégon marque l’influence de l’architecture sur l’orfèvrerie.

Sa forme rappelle les mausolées de l’Antiquité, et peut-être davantage les lanternes des morts, ces constructions ornés d’un fanal que l’on allumait la nuit, dans les cimetières, en hommage aux défunts. La Lanterne de Bégon en serait une reproduction miniature.


L’aspect architectural est également visible avec les colonnettes de la partie supérieure du reliquaire, et le couvercle conique qui imite un toit, avec des bandes représentant des tuiles, successivement dorées et argentées.  Une sorte de petite maison ou de sépulcre en réduction, en quelque sorte…








Les médaillons de la lanterne.

 

Si l’on s’attache aux détails, sur la lanterne de Bégon, on remarquera une riche iconographie. Le socle possède trois médaillons, dont l’un représente Dieu avec l’agneau sur ses genous, l’autre le christ, et le troisième un personnage qui combat victorieusement un lion. On pourrait croire qu’il s’agit de Samson, mais la légende nous révèle que c’est David :


 
SIC NOSTER DAVID SATANAM SUPERAVIT

Ainsi notre David a vaincu Satan.


 
Le lion est ici le symbole du diable, vaincu par David, ancêtre et symbole du Christ. Ce médaillon, finement sculpté, n’est sans doute pas un travail local.


 
Bref…


 
Ces deux objets qui nous paraissent si riches et étranges à la fois nous ramènent au Moyen-âge, où la possession de reliques était une question de survie pour les abbayes. C’était en effet le seul moyen d’attirer des pèlerins en grand nombre.

Au fur et à mesure des dons, pierres précieuses et ornements divers étaient parfois ajoutés aux reliquaires. D’où l’aspect composite de telles pièces…

La lanterne de Bégon et le A de Charlemagne figurent encore aujourd’hui dans le trésor de l’abbaye de Conques, en Aveyron.


Source.


Carte postale ancienne (édition G. Florens).
Jean-Claude Fau, Conques, Zodiaque, 1973 (photo du médaillon de la lanterne).


Liens.
Abbaye et trésor de Conques.

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commentaires

gene 10/12/2009 22:14


bruno devrait emmener un groupe au mois de mai visiter l'abaye , donc s'il peut suivre , il verra les reliques . la tradition des reliques datent-elles des 1er chrétiens ? je suis en train de lire
le livre de jean soler , l'invention du monothéisme , très intéressant . bonne soirée


Abellion 10/12/2009 22:24


Geneviève, je ne saurais pas dire pour les reliques. Tout ce que je sais, c'est que les premiers chrétiens se faisaient enfouir auprès des corps des martyrs dans les catacombes et les nécropoles
(ex: autour du corps de S Sernin à Tlse). A ma connaissance, il n'y a de reliquaires conservés que depuis l'époque carolingienne. En existait-il avant ? je ne sais pas.
Le pèlerinage de St Jacques a commencé lorsque l'on a "retrouvé" les reliques du saint au IXe siècle, à ma connaissance c'est le premier cas de pèlerinage organisé autour de reliques. Mais j'ai lu
quelque part que dès le IVe siècle on vendait des reliques de la vraie croix.

Le culte des reliques a donné lieu à des abus parfois grotesques, toutefois il est émouvant de voir des gens faire des milliers de kilomètres, comme dans le cas de Saint-Jacques, pour venir
les saluer. Dans ce cas-là, la course vers la relique n'est plus qu'une sorte de prétexte pour engager un chemin, une réflexion.

A St-Sernin de TLSE, il y a tout un tas de reliques des apôtres, martyrs et évangélisateurs de la région contenu dans des bustes reliquaires et des armoires d'époque baroque. cela vaut vraiment le
détour !

Amitiés.


christian 09/10/2008 22:44

Cela faisait longtemps que je ne me suis pas aller sur ton blog et je ne suis régalé encore une fois . Très jolie ces cartes postales

Abellion le Polygraphe 10/10/2008 07:01


J'ai une petite collection de quelque trois cents cartes postales anciennes chez moi. j'adore les regarder, pour le noir et blanc, l'état des lieux d'autrefois, mais aussi pour lire ce que les gens
s'écrivaient ! C'est souvent passionnant...


Uline 12/09/2008 09:23

A propos des destruction : c'est l'éternelle question : rien ne peut rester figé tout évolue mais que garder ? qui sommes-nous aussi pour vouloir figer le temps à ce qui nous plait ? je me pose souvent la question et je me la suis posée cet été à Salers ...

Abellion le Polygraphe 12/09/2008 11:23


Cela est très vrai. Des gens continuent à vivre dans les lieux historiques, et aussi à en vivre. Des lieux comme Conques ou Carcassonne ont un intérêt économique capital. Et puis il y a aussi la
difficulté pour les habitants de ces lieux d'entretenir leurs maisons selon des normes très strictes. 
Par ailleurs, la création artistique contemporaine peut aussi investir (de manière plus ou moins réussie) les lieux historiques (c'est d'ailleurs le thème des JP de cette années).
Trouver un juste milieu entre patrimoine et vie, cela paraît nécessaire.   


Michka/Le Pirate :0051::0032: 08/09/2008 10:59

je ne sais si Charlemagne est allé à Conques, mais moi oui!!! et je me suis régalé!

Abellion le Polygraphe 08/09/2008 12:46



Encore un amoureux de Conques. merci Michel et à bientôt !



rene 08/09/2008 05:34

c'est vraiment etrange ces objets
bon lundi amities de canton
qing et rene

Abellion le Polygraphe 08/09/2008 06:57


Merci de votre passage, et à bientôt. J'espère qu'il fait beau à Canton !