Le site non officiel du Pays Cathare et du Languedoc (Aude, Haute-Garonne, Tarn, Ariège). Plongez dans la nature, l'histoire et la légende du Sud.
Lors des chaleurs estivales, comme en ce moment, qui n'est pas heureux de déguster une boisson bien fraîche tirée du réfrigérateur... Mais
comment faisait-on avant l'invention du frigo, justement ? Eh bien, il y avait la glace naturelle, faite avec la neige de la Montagne noire, et portée à dos d'âne jusqu'en ville !
Revenons sur les glacières de Pradelles-Cabardès, où cette glace naturelle était conservée.
Et je remercie de tout coeur Promethazine, fidèle de la première heure de ce blog et commentateur avisé, de m'avoir prêté les belles photos qui figurent dans cet article. Celui-ci est donc
l'oeuvre de deux passionnés de la Montagne noire.
I. le business de la glace.

Les origines.
L'exploitation de la glace commença au XVIe siècle. A l'époque, elle était conservée dans de simples trou creusés dans le sol. Elles étaient communales.
Le développement et le déclin du commerce de la glace.
Le développement des glacières à une échelle plus industrielle semble se faire à la fin du XVIIIe siècle, époque où le phénomène des cafés se développe dans la région comme partout ailleurs. Il
décline dès le début du XXe siècle avec la concurrence de la glace industrielle.
Les glacières privées.
En 1849 fut construite la première glacière privée, par Pierre Piquemol. Son fils en construisit cinq à sa suite.
II. Structure et fonctionnement d'une glacière.
C'est un puits de 10 mètres de diamètre, dont les parois sont couvertes d'un parement de pierres. On y entreposait, dès le début de l'hiver, les neiges les plus compactes (congères). Le puits
était protégé par un tôit (poutres de chataînier, couvertures de lauzes).
Le touat (canal d'écoulement), situé au fond de la glacière, permettait l'écoulement de l'eau.

III. Le transport de la glace.
La glace était tassée dans des moules en bois, en pains de 50 à 150 kg. On la démoulait ensuite et on la plaçait dans un sac de jute.
Elle était alors chargé en charette, vers la ville. Un seul cheval pouvait tirer une cargaison d'une tonne et demi !
Bref...
Encore un beau métier disparu...
Cela nous rappelle que la Montagne noire fournissait jadis de ces industries d'autrefois où il entrait plus de cervelle et d'huile de coude que de mécanique...
Les glacières sont des édifices à la fois fonctionnels et beaux. Une leçon pour notre époque, qui a parfois du mal à relier les deux ?
Sources.
Villages perchés en Montagne noire: histoire et chemins de randonnée liés aux Glacières.
Guide Chamina "Montagne noire", circuits 31 et 32 (indique le chemin pour se rendre aux glacières).
PS. Le centième article !
Cet article est le centième du blog. Merci à tous, les amis que je connais, les fidèles et les nouveaux que je ne connais pas encore ! J'espère encore vous faire
découvrir beaucoup d'autres lieux.
Abellion.